Softway Medical crée une fonction de directeur médical. Que traduit ce choix stratégique ?
Dr Arnaud Hansske : Cette fonction est rattachée à la direction de l’Innovation, de la Stratégie et de la Data, dirigée par Sherley Brothier, directeur général adjoint du groupe. La vision médicale est ainsi intégrée à la réflexion stratégique et aux projets d’innovation. On parle beaucoup de technologie, mais il faut avant tout comprendre les besoins réels des professionnels, leurs pratiques et leurs contraintes. En tant que médecin, je partage leur langage et connais leurs problématiques de l’intérieur. À la tête du numérique d’un groupe hospitalier, cette formation m’a souvent permis de désamorcer des incompréhensions entre soignants et équipes informatiques. Mon rôle sera de porter la voix des professionnels de santé et de faire le lien entre les équipes qui développent les solutions et ceux qui les utilisent au quotidien.
Votre parcours est justement marqué par cette double culture, médicale et numérique. Comment s’est-il construit ?
J’ai d’abord été médecin : médecine de campagne, urgences dans l’armée, puis responsable d’un service d’urgences hospitalier. Dans les années 1990, j’ai vu l’informatique arriver à l’hôpital et j’ai compris qu’elle pouvait mettre la bonne information entre les mains du bon professionnel au bon moment. Je me suis formé en biostatistique et en traitement de l’information, j’ai pris la direction de l’information médicale d’un centre hospitalier puis rejoint la Fédération hospitalière de France comme conseiller national. J’ai ensuite passé quinze ans au Groupe hospitalier de l’Institut catholique de Lille, successivement directeur de l’information médicale, directeur des systèmes d’information puis directeur des services numériques.
Quelles seront vos priorités chez Softway Medical ?
Je souhaite contribuer à développer des solutions toujours mieux adaptées aux besoins des utilisateurs. Depuis vingt-cinq ans, Softway Medical construit une relation de confiance avec les établissements de santé, notamment grâce à la coconstruction de ses outils avec les professionnels. Cette proximité permet de tenir compte des réalités hospitalières et d’améliorer concrètement l’organisation, l’efficacité et la qualité des prises en charge. Je connais d’ailleurs les solutions de Softway Medical depuis plusieurs années : au GHICL, nous avions choisi l’un de ses logiciels, notamment pour l’ergonomie, sa converture fonctionnelle et sa stabilité. Mon expérience hospitalière me permettra donc d’aborder ces enjeux avec une connaissance concrète des usages. L’intelligence artificielle sera un axe important de mon travail, en particulier pour la synthèse clinique. Certains établissements testent déjà ces outils, avec des retours encourageants. En gériatrie, par exemple, une synthèse peut être produite en quelques secondes. Au-delà du gain de temps, ces outils peuvent aider à repérer des informations importantes, parfois difficiles à identifier dans un dossier volumineux, mais potentiellement déterminantes pour le diagnostic ou la prise en charge.
Vous observez donc un réel intérêt pour l’IA au sein des établissements de santé ?
Oui, certains usages sont déjà bien établis, notamment en imagerie médicale et en cardiologie, où les techniques d’apprentissage profond (deep learning) contribuent à l’analyse des examens et à l’aide au diagnostic. L’IA générative soulève toutefois des enjeux supplémentaires, en particulier autour de la fiabilité des réponses et du risque d’hallucination. Il est donc indispensable d’encadrer les sources utilisées et de contrôler les résultats. L’approche dite de génération augmentée par récupération, ou RAG, qui s’appuie sur des bases documentaires définies, permet aujourd’hui de mieux maîtriser les informations produites. Elle ne supprime pas tous les risques, mais contribue à les limiter. Au GHICL, nous avons notamment testé l’IA générative de Softway Medical pour la lecture de dossiers, et comparé les synthèses obtenues à celles d’un médecin. Les résultats étaient globalement similaires sur les cas évalués.
Au-delà de l’intelligence artificielle, quels autres enjeux vous semblent prioritaires ?
La structuration des parcours de soins sera un axe de travail important. Adapter la prise en charge d’un patient suppose de considérer l’ensemble de son parcours et les professionnels qui interviennent. Le numérique peut faciliter les échanges, mieux articuler les différentes étapes et renforcer la continuité des prises en charge à l’échelle des territoires. Le partage des données constitue également un enjeu majeur, notamment avec l’Espace européen des données de santé (EHDS). Softway Medical dispose déjà d’outils permettant les échanges de données entre acteurs des territoires de santé. Cette dynamique va s’accélérer, avec des exigences fortes en matière de sécurité, de confidentialité et d’interopérabilité. Plusieurs projets sont en cours, dont les avancées pourront être présentées à SantExpo 2027.
Pour finir, quel regard portez-vous sur Softway Medical et sur les perspectives qui s’ouvrent aujourd’hui pour le groupe ?
Je suis frappé par le dynamisme de l’entreprise et sa capacité à faire évoluer ses solutions face aux défis du système de santé. Les transformations en cours sont profondes et les attentes des établissements sont fortes. Pour y répondre, il faut des équipes engagées, capables de comprendre les problématiques du terrain et de construire des réponses adaptées aux pratiques. Softway Medical dispose d'une expérience et d'une relation avec les utilisateurs qui constituent des atouts importants. La création de cette fonction de directeur médical vient renforcer cette dynamique en donnant une place plus directe à la vision des professionnels dans les réflexions stratégiques et les projets d’innovation. Le fait d'être médecin change aussi la nature des échanges avec les professionnels de santé. Lorsque l'on travaille dans une direction des services numériques hospitalière avec une formation médicale, on peut plus facilement désamorcer certaines incompréhensions, parce que l'on partage les mêmes références et que l'on connaît les contraintes de chacun. Je souhaite prolonger cette approche chez Softway Medical : rapprocher les équipes, faciliter le dialogue et contribuer au développement d’un numérique utile, adapté aux pratiques et au service de la santé.
Dr Arnaud Hansske : Cette fonction est rattachée à la direction de l’Innovation, de la Stratégie et de la Data, dirigée par Sherley Brothier, directeur général adjoint du groupe. La vision médicale est ainsi intégrée à la réflexion stratégique et aux projets d’innovation. On parle beaucoup de technologie, mais il faut avant tout comprendre les besoins réels des professionnels, leurs pratiques et leurs contraintes. En tant que médecin, je partage leur langage et connais leurs problématiques de l’intérieur. À la tête du numérique d’un groupe hospitalier, cette formation m’a souvent permis de désamorcer des incompréhensions entre soignants et équipes informatiques. Mon rôle sera de porter la voix des professionnels de santé et de faire le lien entre les équipes qui développent les solutions et ceux qui les utilisent au quotidien.
Votre parcours est justement marqué par cette double culture, médicale et numérique. Comment s’est-il construit ?
J’ai d’abord été médecin : médecine de campagne, urgences dans l’armée, puis responsable d’un service d’urgences hospitalier. Dans les années 1990, j’ai vu l’informatique arriver à l’hôpital et j’ai compris qu’elle pouvait mettre la bonne information entre les mains du bon professionnel au bon moment. Je me suis formé en biostatistique et en traitement de l’information, j’ai pris la direction de l’information médicale d’un centre hospitalier puis rejoint la Fédération hospitalière de France comme conseiller national. J’ai ensuite passé quinze ans au Groupe hospitalier de l’Institut catholique de Lille, successivement directeur de l’information médicale, directeur des systèmes d’information puis directeur des services numériques.
Quelles seront vos priorités chez Softway Medical ?
Je souhaite contribuer à développer des solutions toujours mieux adaptées aux besoins des utilisateurs. Depuis vingt-cinq ans, Softway Medical construit une relation de confiance avec les établissements de santé, notamment grâce à la coconstruction de ses outils avec les professionnels. Cette proximité permet de tenir compte des réalités hospitalières et d’améliorer concrètement l’organisation, l’efficacité et la qualité des prises en charge. Je connais d’ailleurs les solutions de Softway Medical depuis plusieurs années : au GHICL, nous avions choisi l’un de ses logiciels, notamment pour l’ergonomie, sa converture fonctionnelle et sa stabilité. Mon expérience hospitalière me permettra donc d’aborder ces enjeux avec une connaissance concrète des usages. L’intelligence artificielle sera un axe important de mon travail, en particulier pour la synthèse clinique. Certains établissements testent déjà ces outils, avec des retours encourageants. En gériatrie, par exemple, une synthèse peut être produite en quelques secondes. Au-delà du gain de temps, ces outils peuvent aider à repérer des informations importantes, parfois difficiles à identifier dans un dossier volumineux, mais potentiellement déterminantes pour le diagnostic ou la prise en charge.
Vous observez donc un réel intérêt pour l’IA au sein des établissements de santé ?
Oui, certains usages sont déjà bien établis, notamment en imagerie médicale et en cardiologie, où les techniques d’apprentissage profond (deep learning) contribuent à l’analyse des examens et à l’aide au diagnostic. L’IA générative soulève toutefois des enjeux supplémentaires, en particulier autour de la fiabilité des réponses et du risque d’hallucination. Il est donc indispensable d’encadrer les sources utilisées et de contrôler les résultats. L’approche dite de génération augmentée par récupération, ou RAG, qui s’appuie sur des bases documentaires définies, permet aujourd’hui de mieux maîtriser les informations produites. Elle ne supprime pas tous les risques, mais contribue à les limiter. Au GHICL, nous avons notamment testé l’IA générative de Softway Medical pour la lecture de dossiers, et comparé les synthèses obtenues à celles d’un médecin. Les résultats étaient globalement similaires sur les cas évalués.
Au-delà de l’intelligence artificielle, quels autres enjeux vous semblent prioritaires ?
La structuration des parcours de soins sera un axe de travail important. Adapter la prise en charge d’un patient suppose de considérer l’ensemble de son parcours et les professionnels qui interviennent. Le numérique peut faciliter les échanges, mieux articuler les différentes étapes et renforcer la continuité des prises en charge à l’échelle des territoires. Le partage des données constitue également un enjeu majeur, notamment avec l’Espace européen des données de santé (EHDS). Softway Medical dispose déjà d’outils permettant les échanges de données entre acteurs des territoires de santé. Cette dynamique va s’accélérer, avec des exigences fortes en matière de sécurité, de confidentialité et d’interopérabilité. Plusieurs projets sont en cours, dont les avancées pourront être présentées à SantExpo 2027.
Pour finir, quel regard portez-vous sur Softway Medical et sur les perspectives qui s’ouvrent aujourd’hui pour le groupe ?
Je suis frappé par le dynamisme de l’entreprise et sa capacité à faire évoluer ses solutions face aux défis du système de santé. Les transformations en cours sont profondes et les attentes des établissements sont fortes. Pour y répondre, il faut des équipes engagées, capables de comprendre les problématiques du terrain et de construire des réponses adaptées aux pratiques. Softway Medical dispose d'une expérience et d'une relation avec les utilisateurs qui constituent des atouts importants. La création de cette fonction de directeur médical vient renforcer cette dynamique en donnant une place plus directe à la vision des professionnels dans les réflexions stratégiques et les projets d’innovation. Le fait d'être médecin change aussi la nature des échanges avec les professionnels de santé. Lorsque l'on travaille dans une direction des services numériques hospitalière avec une formation médicale, on peut plus facilement désamorcer certaines incompréhensions, parce que l'on partage les mêmes références et que l'on connaît les contraintes de chacun. Je souhaite prolonger cette approche chez Softway Medical : rapprocher les équipes, faciliter le dialogue et contribuer au développement d’un numérique utile, adapté aux pratiques et au service de la santé.






