Pouvez-vous nous présenter la pharmacie à usage intérieur des Hôpitaux de Cornouaille ?
Dre Cécile Partant : La PUI des Hôpitaux de Cornouaille est organisée à l’échelle du territoire. Basée sur les sites de Quimper et de Concarneau, elle bénéficie d’une autorisation unique qui couvre également les établissements de Pont-l’Abbé, Douarnenez, l’EPSM Finistère Sud, le pôle de rééducation de Cornouaille ainsi que l’HAD, soit près de 3 000 lits. Les achats, les astreintes et une grande partie des activités de production, notamment les préparations magistrales et les chimiothérapies, sont centralisés à Quimper. En parallèle, nous avons développé une organisation de proximité avec, sur chaque site, la préparation automatisée des doses à administrer et une activité de rétrocession, afin de faciliter l’accès aux traitements pour les patients.
Quels projets de modernisation avez-vous menés ces dernières années ?
Nous nous sommes essentiellement consacrés à la modernisation de nos flux et de nos locaux, en particulier sur le site de Concarneau. La pharmacie a été entièrement réhabilitée et livrée en 2024, offrant des espaces conformes, fonctionnels et adaptés aux évolutions de nos pratiques. Nous y avons automatisé la préparation des doses à administrer, créé un espace de rétrocession garantissant un accueil confidentiel des patients et aménagé des locaux dédiés aux consultations pharmaceutiques. Ce site constitue aujourd’hui un véritable laboratoire de notre organisation territoriale. Les médicaments coûteux et les dispositifs médicaux y sont approvisionnés directement depuis Quimper, ce qui permet de limiter les stocks, de réduire le risque de péremption et d’optimiser la gestion logistique.
Et sur le site de Quimper ?
Ces dernières années, nous y avons profondément repensé nos organisations. Les flux d’approvisionnement ont été optimisés grâce au lissage des commandes fournisseurs, à la révision des dotations des services et à la mise en place de commandes planifiées, ce qui limite le recours aux demandes urgentes. Cette réorganisation s’est accompagnée de la création d’une zone logistique dédiée et d’un travail étroit avec le service logistique, avec l’appui d’un ingénieur spécialisé. Dès 2019, nous avons également déployé un logiciel de gestion des stocks (WMS), qui améliore la traçabilité des flux et le suivi des approvisionnements. Autre évolution importante, le transport des médicaments et des dispositifs médicaux est désormais assuré par une équipe de logisticiens, ce qui réduit les déplacements inutiles et fluidifie les échanges avec les services de soins. L’automatisation a également transformé le métier des préparateurs. Elle a permis de déployer leur activité directement dans les unités de soins pour anticiper les besoins, accompagner les équipes, participer à la conciliation médicamenteuse et contribuer à la sécurisation du circuit du médicament.
Quelle place occupe aujourd’hui l’automatisation dans votre organisation ?
L’automatisation est un levier essentiel, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine ; elle la complète. Les traitements les plus stables sont préparés automatiquement, tandis que les médicaments nécessitant plus d’expertise ou des adaptations fréquentes restent gérés par les préparateurs au sein des unités de soins. Cette organisation permet à la fois de sécuriser le circuit du médicament, de limiter le gaspillage et d’améliorer l’efficience de la PUI. La dynamique se poursuit avec le déploiement progressif d’armoires sécurisées dans les unités de soins, qui permettent de tracer chaque prélèvement, de sécuriser l’accès aux médicaments et d’automatiser le réapprovisionnement des stocks. Trois armoires sont déjà en service sur le territoire, notamment aux urgences de Quimper, et ce dispositif a vocation à être étendu à d’autres secteurs comme la réanimation ou le bloc opératoire.
Vous avez également entièrement rénové votre unité de production des chimiothérapies. En quoi consistait ce projet ?
La modernisation de notre unité de production des chimiothérapies a été l’un de nos plus importants chantiers. À l’occasion du renouvellement de l’autorisation de la PUI, nous devions mettre nos installations en conformité avec les nouvelles exigences réglementaires. Le principal défi consistait à maintenir l’activité durant les travaux. Pendant plus de six mois, nous avons ainsi assuré la production d’environ 33 000 préparations annuelles dans une unité mobile entièrement conforme, installée à proximité de la pharmacie. Les nouveaux locaux, livrés en 2025, offrent aujourd’hui des conditions de production et de travail nettement améliorées, en adéquation avec l’activité actuelle, et à venir.
Vous avez aussi développé la pharmacie clinique. En quoi consiste cet axe de travail ?
Notre ambition est d’accompagner davantage les patients tout au long de leur parcours de soins et de renforcer les liens avec les professionnels de ville. Nous participons notamment au dispositif national OncoLink, qui facilite le suivi des patients traités par thérapies orales anticancéreuses grâce à des entretiens pharmaceutiques et à une meilleure coordination entre l’hôpital et la ville. Nous avons également développé des consultations destinées aux patients sous immunosuppresseurs ou sous antibiothérapie prolongée, ainsi que des ateliers d’éducation thérapeutique en addictologie. Ces nouvelles missions illustrent l’évolution du métier de pharmacien hospitalier, désormais davantage tourné vers l’accompagnement des parcours de soins.
Quel fil conducteur relie l’ensemble de ces projets et quelles sont désormais vos priorités ?
Tous ces projets s’inscrivent dans une vision d’ensemble construite depuis plusieurs années, et qui s’est fortement accélérée à la suite de la crise sanitaire. Notre objectif est de transformer durablement le fonctionnement de la PUI afin de gagner en efficience, en qualité et en sécurité. Nous avons modernisé notre logistique, repensé le circuit du médicament, développé la pharmacie clinique et rénové notre unité de préparation des chimiothérapies. Désormais, notre priorité est de consolider ces évolutions en accompagnant les équipes, y compris dans la dimension territoriale et en poursuivant la transformation numérique de la pharmacie. Nous devrons également renforcer le pilotage des dépenses pharmaceutiques, dans un contexte marqué par l’arrivée des thérapeutiques toujours plus innovantes et par des modalités de financement de plus en plus complexes.
> Article paru dans Hospitalia #74, édition de septembre 2026, à lire ici
Dre Cécile Partant : La PUI des Hôpitaux de Cornouaille est organisée à l’échelle du territoire. Basée sur les sites de Quimper et de Concarneau, elle bénéficie d’une autorisation unique qui couvre également les établissements de Pont-l’Abbé, Douarnenez, l’EPSM Finistère Sud, le pôle de rééducation de Cornouaille ainsi que l’HAD, soit près de 3 000 lits. Les achats, les astreintes et une grande partie des activités de production, notamment les préparations magistrales et les chimiothérapies, sont centralisés à Quimper. En parallèle, nous avons développé une organisation de proximité avec, sur chaque site, la préparation automatisée des doses à administrer et une activité de rétrocession, afin de faciliter l’accès aux traitements pour les patients.
Quels projets de modernisation avez-vous menés ces dernières années ?
Nous nous sommes essentiellement consacrés à la modernisation de nos flux et de nos locaux, en particulier sur le site de Concarneau. La pharmacie a été entièrement réhabilitée et livrée en 2024, offrant des espaces conformes, fonctionnels et adaptés aux évolutions de nos pratiques. Nous y avons automatisé la préparation des doses à administrer, créé un espace de rétrocession garantissant un accueil confidentiel des patients et aménagé des locaux dédiés aux consultations pharmaceutiques. Ce site constitue aujourd’hui un véritable laboratoire de notre organisation territoriale. Les médicaments coûteux et les dispositifs médicaux y sont approvisionnés directement depuis Quimper, ce qui permet de limiter les stocks, de réduire le risque de péremption et d’optimiser la gestion logistique.
Et sur le site de Quimper ?
Ces dernières années, nous y avons profondément repensé nos organisations. Les flux d’approvisionnement ont été optimisés grâce au lissage des commandes fournisseurs, à la révision des dotations des services et à la mise en place de commandes planifiées, ce qui limite le recours aux demandes urgentes. Cette réorganisation s’est accompagnée de la création d’une zone logistique dédiée et d’un travail étroit avec le service logistique, avec l’appui d’un ingénieur spécialisé. Dès 2019, nous avons également déployé un logiciel de gestion des stocks (WMS), qui améliore la traçabilité des flux et le suivi des approvisionnements. Autre évolution importante, le transport des médicaments et des dispositifs médicaux est désormais assuré par une équipe de logisticiens, ce qui réduit les déplacements inutiles et fluidifie les échanges avec les services de soins. L’automatisation a également transformé le métier des préparateurs. Elle a permis de déployer leur activité directement dans les unités de soins pour anticiper les besoins, accompagner les équipes, participer à la conciliation médicamenteuse et contribuer à la sécurisation du circuit du médicament.
Quelle place occupe aujourd’hui l’automatisation dans votre organisation ?
L’automatisation est un levier essentiel, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine ; elle la complète. Les traitements les plus stables sont préparés automatiquement, tandis que les médicaments nécessitant plus d’expertise ou des adaptations fréquentes restent gérés par les préparateurs au sein des unités de soins. Cette organisation permet à la fois de sécuriser le circuit du médicament, de limiter le gaspillage et d’améliorer l’efficience de la PUI. La dynamique se poursuit avec le déploiement progressif d’armoires sécurisées dans les unités de soins, qui permettent de tracer chaque prélèvement, de sécuriser l’accès aux médicaments et d’automatiser le réapprovisionnement des stocks. Trois armoires sont déjà en service sur le territoire, notamment aux urgences de Quimper, et ce dispositif a vocation à être étendu à d’autres secteurs comme la réanimation ou le bloc opératoire.
Vous avez également entièrement rénové votre unité de production des chimiothérapies. En quoi consistait ce projet ?
La modernisation de notre unité de production des chimiothérapies a été l’un de nos plus importants chantiers. À l’occasion du renouvellement de l’autorisation de la PUI, nous devions mettre nos installations en conformité avec les nouvelles exigences réglementaires. Le principal défi consistait à maintenir l’activité durant les travaux. Pendant plus de six mois, nous avons ainsi assuré la production d’environ 33 000 préparations annuelles dans une unité mobile entièrement conforme, installée à proximité de la pharmacie. Les nouveaux locaux, livrés en 2025, offrent aujourd’hui des conditions de production et de travail nettement améliorées, en adéquation avec l’activité actuelle, et à venir.
Vous avez aussi développé la pharmacie clinique. En quoi consiste cet axe de travail ?
Notre ambition est d’accompagner davantage les patients tout au long de leur parcours de soins et de renforcer les liens avec les professionnels de ville. Nous participons notamment au dispositif national OncoLink, qui facilite le suivi des patients traités par thérapies orales anticancéreuses grâce à des entretiens pharmaceutiques et à une meilleure coordination entre l’hôpital et la ville. Nous avons également développé des consultations destinées aux patients sous immunosuppresseurs ou sous antibiothérapie prolongée, ainsi que des ateliers d’éducation thérapeutique en addictologie. Ces nouvelles missions illustrent l’évolution du métier de pharmacien hospitalier, désormais davantage tourné vers l’accompagnement des parcours de soins.
Quel fil conducteur relie l’ensemble de ces projets et quelles sont désormais vos priorités ?
Tous ces projets s’inscrivent dans une vision d’ensemble construite depuis plusieurs années, et qui s’est fortement accélérée à la suite de la crise sanitaire. Notre objectif est de transformer durablement le fonctionnement de la PUI afin de gagner en efficience, en qualité et en sécurité. Nous avons modernisé notre logistique, repensé le circuit du médicament, développé la pharmacie clinique et rénové notre unité de préparation des chimiothérapies. Désormais, notre priorité est de consolider ces évolutions en accompagnant les équipes, y compris dans la dimension territoriale et en poursuivant la transformation numérique de la pharmacie. Nous devrons également renforcer le pilotage des dépenses pharmaceutiques, dans un contexte marqué par l’arrivée des thérapeutiques toujours plus innovantes et par des modalités de financement de plus en plus complexes.
> Article paru dans Hospitalia #74, édition de septembre 2026, à lire ici





