Quels ont été, cette année, les principaux axes de travail du SNBH ?
Dr Raphaël Bérenger : Nous avons poursuivi les travaux engagés les années précédentes, notamment sur la décarbonation de la biologie médicale. Aux JFBM 2025, nous avions d’ailleurs proposé pour la première fois une thématique de posters consacrée à cet enjeu, avec plusieurs soumissions. Cela témoigne d’une réelle volonté de la profession de progresser sur les questions environnementales. Nous avons également continué à travailler sur le numérique, notamment l’alimentation du DMP, l’interopérabilité des logiciels et la cybersécurité. La biologie médicale, particulièrement à l’hôpital, produit énormément de données : les enjeux liés à leur circulation et à leur sécurisation sont donc considérables.
Vous avez aussi continué à travailler sur l’attractivité de votre spécialité…
Oui. La biologie médicale connaît actuellement une période plus difficile en matière d’attractivité. Nous avions déjà abordé cette question aux JFBM 2025, en présentant les différentes facettes de notre métier. Nous avons poursuivi cette démarche en participant à de nombreux congrès et en multipliant les échanges avec les internes. Nous avons notamment organisé un webinaire gratuit dans le cadre des eJFBM pour mieux faire connaître la spécialité aux jeunes et mettre en avant ses spécificités. Ce travail est indispensable pour susciter des vocations et assurer l’avenir de la profession.
De nouvelles problématiques ont-elles émergé en 2026 ?
Nous avons effectivement constaté une augmentation du nombre de collègues rencontrant des difficultés professionnelles. Est-ce parce que notre syndicat est mieux identifié ? Parce que les difficultés sont réellement plus nombreuses sur le terrain ? Ou un peu des deux ? Il est difficile de se prononcer. Nous avons en tout cas pleinement joué notre rôle en les accompagnant et en les conseillant. Nous ne maîtrisons évidemment pas les conditions de travail locales, mais nous pouvons informer, orienter et aider à identifier les leviers d’action.
Qu’en est-il du futur « Pacte pour l’avenir de la biologie médicale », annoncé en mai dernier par la ministre de la Santé ?
Nous avons participé à la mission confiée à Laurent Habert, qui travaille notamment sur l’efficience des dépenses et l’évolution de la profession. Nous avons mis en avant les spécificités de la biologie médicale hospitalière et été force de proposition sur l’attractivité, le RIHN et le financement de l’innovation à l’hôpital. Nous avons également travaillé sur la question des consultations. Aujourd’hui, le pharmacien biologiste ne peut pas consulter, contrairement au médecin biologiste. Nous sommes favorables à une évolution, car ce droit permettrait de renforcer l’attractivité de la spécialité en ouvrant de nouvelles missions et en favorisant les échanges avec les cliniciens et les patients.
Les prochaines JFBM se tiendront du 14 au 16 octobre 2026 au Havre. Quels en seront les temps forts ?
Les thématiques retenues font directement écho aux sujets qui ont mobilisé le SNBH cette année. Le volet environnemental sera notamment à l’honneur, avec une table ronde inaugurale consacrée aux enjeux environnementaux et à la responsabilité sociétale. En lien avec l’identité maritime du Havre, nous clôturerons également les journées par une conférence consacrée à la pollution marine et à ses conséquences sur la santé, avec le Dr Hervé Raps, médecin délégué au pôle santé humaine du Centre scientifique de Monaco. La décarbonation et la transition environnementale seront également abordées dans les ateliers, notamment à travers les travaux du groupe « Décarbonation de la biologie ».
Pourriez-vous nous en parler ?
Aujourd’hui, la démarche RSE repose encore largement sur la bonne volonté des biologistes, en ville comme à l’hôpital. Les leviers d’action sont encore peu identifiés et chacun travaille parfois de son côté. Nous avons donc créé ce groupe pour permettre aux biologistes d’échanger sur les initiatives qui fonctionnent. Nous cherchons à identifier des personnes-ressources dans les laboratoires pour mettre en place des « quick wins », des actions simples et rapidement réalisables – réduire les consommations d’eau et d’électricité, mieux réguler la température – susceptibles d’entraîner toute l’équipe. Pour les automates et les consommables, en revanche, nous sommes davantage dépendants des fournisseurs. Nous pouvons toutefois agir sur certains choix, par exemple en privilégiant des emballages en carton recyclables plutôt que des boîtes en polystyrène pour le transport des produits réfrigérés. Cela nécessite néanmoins un travail avec les services achats.
Quelles autres thématiques seront au cœur de cette édition ?
Nous évoquerons notamment la certification périodique, appelée à remplacer le développement professionnel continu pour l’ensemble des professionnels de santé. Sa mise en œuvre reste progressive, malgré quelques avancées récentes. Nous ferons donc le point avec le Dr Isabelle Aimone-Gastin, MCU-PU au CHU de Nancy. Nous reconduirons par ailleurs les formats qui ont fait le succès des JFBM : le prix poster, qui favorise les échanges entre candidats, experts et partenaires, le « Challenge des 180 secondes », devenu un rendez-vous attendu, ainsi que la session « La biologie pour les nuls », destinée notamment aux biologistes souhaitant se remettre à niveau sur certains sujets. À noter, les JFBM 2026 seront également l’occasion d’annoncer le nouveau bureau du SNBH, élu pour un mandat de trois ans.
Le cœur de ces journées reposera une nouvelle fois sur un programme riche d’ateliers…
Oui, avec des sessions d’initiation, des ateliers consacrés aux pratiques quotidiennes et des thématiques plus spécialisées. En collaboration avec nos partenaires – les collèges Col.BVH, CHH et CNBH et les sociétés savantes SFTA et SFBC *–, nous proposerons d’ailleurs 27 ateliers scientifiques : neuf en biochimie-pharmacologie-toxicologie, neuf en microbiologie et neuf en hématologie-immunologie. Ce programme s’adresse ainsi à tous les professionnels de la biologie médicale, quel que soit leur mode d’exercice.
Évoquerez-vous certaines avancées diagnostiques, comme la nouvelle génération de tests rapides ?
Pas spécifiquement lors des JFBM. En revanche, le SNBH a repris l’organisation du symposium international « Alain Feuillu », consacré à la biologie d’urgence et aux gaz du sang. Devenu le Symposium international de biologie d’urgence (SIBU), avec une organisation et un format repensés, il se tiendra les 10 et 11 juin 2027 au Centre des congrès de Nîmes. Les nouvelles approches diagnostiques et les tests rapides pourront y être abordés, car ils sont largement utilisés dans le contexte de l’urgence. Le SIBU est en effet un événement qui a vocation à croiser les regards des biologistes et des cliniciens.
Quelles sont aujourd’hui les technologies qui ont le plus d’impact sur votre spécialité ?
Assurément, l’intelligence artificielle, dont nous avions déjà beaucoup parlé lors des JFBM de Troyes en 2024. Elle sera d’ailleurs abordée cette année dans un atelier coorganisé avec la SFBC. L’IA progresse à une vitesse fulgurante et transforme à la fois les activités biologiques et scientifiques et le quotidien des biologistes. Elle peut faciliter la rédaction documentaire, le croisement de données ou encore le suivi des automates. Les usages se développent très rapidement et dépassent largement la technologie elle-même. Sa place dans la spécialité dépend toutefois fortement de l’appétence des biologistes pour l’IA et, plus largement, pour l’informatique. C’est donc une dynamique que nous souhaitons continuer à accompagner.
(*) Col.BVH : Collège de bactériologie, virologie et hygiène des hôpitaux - CHH : Collège d’hématologie des hôpitaux - CNBH : Collège national de biochimie des hôpitaux - SFTA : Société française de toxicologie analytique - SFBC : Société française de biologie clinique.
> Plus d’informations sur https://www.jfbm2026.fr et https://snbh.org
Dr Raphaël Bérenger : Nous avons poursuivi les travaux engagés les années précédentes, notamment sur la décarbonation de la biologie médicale. Aux JFBM 2025, nous avions d’ailleurs proposé pour la première fois une thématique de posters consacrée à cet enjeu, avec plusieurs soumissions. Cela témoigne d’une réelle volonté de la profession de progresser sur les questions environnementales. Nous avons également continué à travailler sur le numérique, notamment l’alimentation du DMP, l’interopérabilité des logiciels et la cybersécurité. La biologie médicale, particulièrement à l’hôpital, produit énormément de données : les enjeux liés à leur circulation et à leur sécurisation sont donc considérables.
Vous avez aussi continué à travailler sur l’attractivité de votre spécialité…
Oui. La biologie médicale connaît actuellement une période plus difficile en matière d’attractivité. Nous avions déjà abordé cette question aux JFBM 2025, en présentant les différentes facettes de notre métier. Nous avons poursuivi cette démarche en participant à de nombreux congrès et en multipliant les échanges avec les internes. Nous avons notamment organisé un webinaire gratuit dans le cadre des eJFBM pour mieux faire connaître la spécialité aux jeunes et mettre en avant ses spécificités. Ce travail est indispensable pour susciter des vocations et assurer l’avenir de la profession.
De nouvelles problématiques ont-elles émergé en 2026 ?
Nous avons effectivement constaté une augmentation du nombre de collègues rencontrant des difficultés professionnelles. Est-ce parce que notre syndicat est mieux identifié ? Parce que les difficultés sont réellement plus nombreuses sur le terrain ? Ou un peu des deux ? Il est difficile de se prononcer. Nous avons en tout cas pleinement joué notre rôle en les accompagnant et en les conseillant. Nous ne maîtrisons évidemment pas les conditions de travail locales, mais nous pouvons informer, orienter et aider à identifier les leviers d’action.
Qu’en est-il du futur « Pacte pour l’avenir de la biologie médicale », annoncé en mai dernier par la ministre de la Santé ?
Nous avons participé à la mission confiée à Laurent Habert, qui travaille notamment sur l’efficience des dépenses et l’évolution de la profession. Nous avons mis en avant les spécificités de la biologie médicale hospitalière et été force de proposition sur l’attractivité, le RIHN et le financement de l’innovation à l’hôpital. Nous avons également travaillé sur la question des consultations. Aujourd’hui, le pharmacien biologiste ne peut pas consulter, contrairement au médecin biologiste. Nous sommes favorables à une évolution, car ce droit permettrait de renforcer l’attractivité de la spécialité en ouvrant de nouvelles missions et en favorisant les échanges avec les cliniciens et les patients.
Les prochaines JFBM se tiendront du 14 au 16 octobre 2026 au Havre. Quels en seront les temps forts ?
Les thématiques retenues font directement écho aux sujets qui ont mobilisé le SNBH cette année. Le volet environnemental sera notamment à l’honneur, avec une table ronde inaugurale consacrée aux enjeux environnementaux et à la responsabilité sociétale. En lien avec l’identité maritime du Havre, nous clôturerons également les journées par une conférence consacrée à la pollution marine et à ses conséquences sur la santé, avec le Dr Hervé Raps, médecin délégué au pôle santé humaine du Centre scientifique de Monaco. La décarbonation et la transition environnementale seront également abordées dans les ateliers, notamment à travers les travaux du groupe « Décarbonation de la biologie ».
Pourriez-vous nous en parler ?
Aujourd’hui, la démarche RSE repose encore largement sur la bonne volonté des biologistes, en ville comme à l’hôpital. Les leviers d’action sont encore peu identifiés et chacun travaille parfois de son côté. Nous avons donc créé ce groupe pour permettre aux biologistes d’échanger sur les initiatives qui fonctionnent. Nous cherchons à identifier des personnes-ressources dans les laboratoires pour mettre en place des « quick wins », des actions simples et rapidement réalisables – réduire les consommations d’eau et d’électricité, mieux réguler la température – susceptibles d’entraîner toute l’équipe. Pour les automates et les consommables, en revanche, nous sommes davantage dépendants des fournisseurs. Nous pouvons toutefois agir sur certains choix, par exemple en privilégiant des emballages en carton recyclables plutôt que des boîtes en polystyrène pour le transport des produits réfrigérés. Cela nécessite néanmoins un travail avec les services achats.
Quelles autres thématiques seront au cœur de cette édition ?
Nous évoquerons notamment la certification périodique, appelée à remplacer le développement professionnel continu pour l’ensemble des professionnels de santé. Sa mise en œuvre reste progressive, malgré quelques avancées récentes. Nous ferons donc le point avec le Dr Isabelle Aimone-Gastin, MCU-PU au CHU de Nancy. Nous reconduirons par ailleurs les formats qui ont fait le succès des JFBM : le prix poster, qui favorise les échanges entre candidats, experts et partenaires, le « Challenge des 180 secondes », devenu un rendez-vous attendu, ainsi que la session « La biologie pour les nuls », destinée notamment aux biologistes souhaitant se remettre à niveau sur certains sujets. À noter, les JFBM 2026 seront également l’occasion d’annoncer le nouveau bureau du SNBH, élu pour un mandat de trois ans.
Le cœur de ces journées reposera une nouvelle fois sur un programme riche d’ateliers…
Oui, avec des sessions d’initiation, des ateliers consacrés aux pratiques quotidiennes et des thématiques plus spécialisées. En collaboration avec nos partenaires – les collèges Col.BVH, CHH et CNBH et les sociétés savantes SFTA et SFBC *–, nous proposerons d’ailleurs 27 ateliers scientifiques : neuf en biochimie-pharmacologie-toxicologie, neuf en microbiologie et neuf en hématologie-immunologie. Ce programme s’adresse ainsi à tous les professionnels de la biologie médicale, quel que soit leur mode d’exercice.
Évoquerez-vous certaines avancées diagnostiques, comme la nouvelle génération de tests rapides ?
Pas spécifiquement lors des JFBM. En revanche, le SNBH a repris l’organisation du symposium international « Alain Feuillu », consacré à la biologie d’urgence et aux gaz du sang. Devenu le Symposium international de biologie d’urgence (SIBU), avec une organisation et un format repensés, il se tiendra les 10 et 11 juin 2027 au Centre des congrès de Nîmes. Les nouvelles approches diagnostiques et les tests rapides pourront y être abordés, car ils sont largement utilisés dans le contexte de l’urgence. Le SIBU est en effet un événement qui a vocation à croiser les regards des biologistes et des cliniciens.
Quelles sont aujourd’hui les technologies qui ont le plus d’impact sur votre spécialité ?
Assurément, l’intelligence artificielle, dont nous avions déjà beaucoup parlé lors des JFBM de Troyes en 2024. Elle sera d’ailleurs abordée cette année dans un atelier coorganisé avec la SFBC. L’IA progresse à une vitesse fulgurante et transforme à la fois les activités biologiques et scientifiques et le quotidien des biologistes. Elle peut faciliter la rédaction documentaire, le croisement de données ou encore le suivi des automates. Les usages se développent très rapidement et dépassent largement la technologie elle-même. Sa place dans la spécialité dépend toutefois fortement de l’appétence des biologistes pour l’IA et, plus largement, pour l’informatique. C’est donc une dynamique que nous souhaitons continuer à accompagner.
(*) Col.BVH : Collège de bactériologie, virologie et hygiène des hôpitaux - CHH : Collège d’hématologie des hôpitaux - CNBH : Collège national de biochimie des hôpitaux - SFTA : Société française de toxicologie analytique - SFBC : Société française de biologie clinique.
> Plus d’informations sur https://www.jfbm2026.fr et https://snbh.org
JFBM 2026 : le Programme en un coup d’œil
• Conférences : Enjeux environnementaux et de responsabilité sociétale • Pollution Marine et conséquences en santé
• Ateliers Biochimie-Pharmacologie-Toxicologie (avec le CNBH, la SFBC et la SFTA) : Innovations pré-analytiques • Biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer • Exploration des liquides d’épanchement • Paracétamol • Calcium • Biologie clinique et IA • Lipoprotéine(A) • Intoxication pédiatrique à la cocaïne • Choc anaphylactique.
• Ateliers Microbiologie (avec le Col.BVH) : Rougeole, oreillon, rubéole • Uropathogènes méconnus • Épidémie de Pneumocoque • Surveillance des EBLSE • Sérologie de la toxoplasmose • Cryptosporidies et parasites digestifs • Diagnostic moléculaire des virus respiratoires aux urgences • Candidozyma auris • Haemophilus influenzae.
• Ateliers Hématologie-Immunologie (avec le CHH) : Hémostase pédiatrique • Anomalie de groupage et phénotypage rare • Juste prescription en biologie moléculaire et cytogénétique • Hémophilie • Bilan d’une thrombopénie • Hémoglobinopathies • Myosites auto-immunes • Macrophage et SAM • Agrégation plaquettaire.
• Ateliers SNBH : Attractivité métier • Retraite • Certification périodique • RSE et gestion des déchets • Marqueurs biologiques et décision clinique (avec la FIFBCML) • Réforme des astreintes.
• Et aussi : Assemblée générale du SNBH • Présentation et prix Posters / Challenge 180 secondes • Sessions partenaires…
• Conférences : Enjeux environnementaux et de responsabilité sociétale • Pollution Marine et conséquences en santé
• Ateliers Biochimie-Pharmacologie-Toxicologie (avec le CNBH, la SFBC et la SFTA) : Innovations pré-analytiques • Biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer • Exploration des liquides d’épanchement • Paracétamol • Calcium • Biologie clinique et IA • Lipoprotéine(A) • Intoxication pédiatrique à la cocaïne • Choc anaphylactique.
• Ateliers Microbiologie (avec le Col.BVH) : Rougeole, oreillon, rubéole • Uropathogènes méconnus • Épidémie de Pneumocoque • Surveillance des EBLSE • Sérologie de la toxoplasmose • Cryptosporidies et parasites digestifs • Diagnostic moléculaire des virus respiratoires aux urgences • Candidozyma auris • Haemophilus influenzae.
• Ateliers Hématologie-Immunologie (avec le CHH) : Hémostase pédiatrique • Anomalie de groupage et phénotypage rare • Juste prescription en biologie moléculaire et cytogénétique • Hémophilie • Bilan d’une thrombopénie • Hémoglobinopathies • Myosites auto-immunes • Macrophage et SAM • Agrégation plaquettaire.
• Ateliers SNBH : Attractivité métier • Retraite • Certification périodique • RSE et gestion des déchets • Marqueurs biologiques et décision clinique (avec la FIFBCML) • Réforme des astreintes.
• Et aussi : Assemblée générale du SNBH • Présentation et prix Posters / Challenge 180 secondes • Sessions partenaires…
> Article paru dans Hospitalia #74, édition de septembre 2026, à lire ici








