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Comment mieux prévenir les TMS ?


Rédigé par Rédaction le Lundi 28 Mars 2022 à 12:14 | Lu 498 fois


Premières causes de maladies professionnelles, tous secteurs confondus, les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent particulièrement les mondes sanitaires et médicaux sociaux. Comme l’a récemment encore noté l’Assurance Maladie, elles y constituent en effet « 95 % des maladies professionnels reconnues […] et 20 % des accidents de travail. 60 % des arrêts de travail sont liés au mal de dos ». Des chiffres qui imposent la mise en place d’une stratégie résolument ciblée sur la prévention d’un risque qui, aujourd’hui, pèse fortement sur les activités hospitalières.



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En effet, au-delà de leurs conséquences directes sur la qualité de vie des salariés concernés, les TMS ont également un impact fort sur l’organisation et la qualité des soins : « Plus de 2,3 millions de journées de travail sont ainsi perdues dans le secteur de l’aide et des soins à la personne, soit l’équivalent de plus de 10 000 emplois à temps plein », a souligné, fin 2021, l’Assurance Maladie en annonçant de nouvelles subventions fléchées sur les secteurs sanitaire et médico-social, auxquels elle a également ouvert son programme de prévention TMS Pro. L’enjeu est en effet de taille, puisqu’une meilleure prévention des risques professionnels, et plus particulièrement des troubles musculo-squelettiques, réduira non seulement les coûts pour la collectivité, mais permettra aussi d’améliorer l’attractivité d’un secteur qui peine actuellement à recruter. Ce désamour est, certes, étroitement corrélé à la crise sanitaire, période particulièrement éprouvante pour les professionnels de santé. Mais il est également à mettre en regard avec la pénibilité des métiers hospitaliers.

Certains postes sont ainsi particulièrement touchés par les troubles musculo-squelettiques. C’est par exemple le cas des brancardiers dont l’activité, véritable course d’obstacles à travers les services hospitaliers, les positionne comme une population à risque pour les TMS supérieurs et du rachis. Ou des aides-soignants et infirmiers, chez lesquels plus de la moitié des TMS concernent le tronc, et plus particulièrement la région lombaire. « La plupart sont attribués à des réactions à l’effort et à la répétitivité, non à un mécanisme de blessure », constate ainsi un assureur. Autant de constats qui ont donc poussés l’Assurance Maladie à s’engager en faveur de la transformation durable des conditions de travail dans le secteur de la santé, en construisant une campagne de prévention tenant compte des spécificités et des contraintes particulières des établissements sanitaires et médico-sociaux.
 

Trois formes principales de prévention

Mais ceux-ci sont nombreux à s’être déjà saisis de cet enjeu majeur en engageant d’eux-mêmes différentes actions de prévention. Il faut dire que d’après le Groupe Hospitalier Centre Bretagne, un établissement particulièrement engagé sur ce champ, les TMS sont, en France, caractérisées par « une progression annuelle de 18 % depuis dix ans ». Il est dès lors nécessaire de mettre en œuvre une stratégie de prévention globale pour tenter d’agir sur l’ensemble des facteurs de risques – physiques mais aussi psychiques et psychosociaux, qui sont autant de contraintes favorisant les TMS, d’après l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents de travail (INRS).

Néanmoins, si l’on s’en tient aux TMS stricto sensu, la prévention peut prendre trois formes principales. Celle dite primaire consiste à éviter leur survenue en disposant, par exemple, de suffisamment de personnel pour réaliser la manutention des patients non autonomes. Sa mise en œuvre est donc sans surprise difficile, eu égard aux tensions pesant sur les effectifs hospitaliers. La prévention secondaire, articulée autour de la détection précoce des troubles musculo-squelettiques, se développe pour sa part progressivement, soutenue par les services de santé au travail. Elle va généralement de pair avec la prévention tertiaire, c’est-à-dire la mise en place de mesures ergonomiques modifiant les situations de travail. En particulier, de plus en plus d’établissements organisent des sessions de formation aux bons gestes pour la manipulation des patients et aux bonnes postures pour le port de charges lourdes, tout en déployant des équipements spécifiques, lève-personnes, verticalisateurs, planches ou draps de transfert, afin de limiter les efforts physiques pour leurs salariés.
 

Plusieurs initiatives notables mises en œuvre sur le terrain

S’il est difficile, voire impossible, de retracer ici l’ensemble des initiatives notables mises en œuvre sur le terrain – et elles sont légion –, citons notamment le cas du Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph, qui a recruté une ergonome au sein de son département des Risques Professionnels « pour accompagner au quotidien tous les professionnels de l’hôpital », comme nous l’avait récemment indiqué Jean-Patrick Lajonchère, le directeur de cet établissement de santé privé non lucratif situé dans le sud de la capitale. Le groupement a également été l’une des premières structures à s’inscrire, dès 2012, dans une démarche régionale de prévention des TMS chez les soignants. « Le GHPSJ a à ce titre fournit un espace de formation spécifique intégrant une chambre équipée et 2 formateurs spécialisés », avait alors précisé Jean-Philippe Sabathé, le responsable de la prévention des risques professionnels.

D’autres structures sont allées plus loin encore en mettant en place de véritables activités Sport-Santé, conscientes que la pratique d’une activité physique adaptée peut contribuer à renforcer les muscles les plus sollicités durant l’exercice professionnel. L’hôpital Foch de Suresnes, par exemple, s’est rapproché d’un organisme agréé pour proposer à ses salariés une prise en charge globale et individualisée. « Cette démarche permet à chaque agent qui le souhaite de bénéficier d’un bilan personnalisé afin de mieux cibler le type d’activité physique qui lui conviendrait. […] L’enjeu étant de cibler en priorité les personnels faisant très peu de sport par ailleurs », avait expliqué Dorota Roll, responsable des conditions de travail et de la prévention des risques professionnels. Une approche également retenue par le Groupe Hospitalier Centre Bretagne qui, sans s’appuyer sur un organisme externe, a développé différents exercices de réveil et d’échauffement musculaire afin de « se mettre en condition » avant de démarrer sa journée. En tout état de cause, ces quelques exemples montrent que les ressources et les possibilités sont nombreuses pour que les TMS ne soient pas une fatalité à l’hôpital.

Article publié dans l'édition de février 2022 d'Hospitalia à lire ici.






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