Le projet d’entrepôt de données de santé du CH du Mans s’inscrit dans le cadre d’un appel à projets Bpifrance. Pourriez-vous nous en parler ?
Dr Christelle Jadeau : Lancé en 2023, cet appel à projets visait à accompagner et soutenir la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers, en lien avec la stratégie d’accélération « Santé numérique » et le programme France 2030. Le GCS HUGO figurait parmi les six lauréats de la première vague avec le projet Ouest Data Hub 2.0, qui comporte deux volets : la création de quatre nouveaux entrepôts dans le Grand Ouest – aux CH du Mans, Groupe Hospitalier de Vendée, GH Bretagne Sud de Lorient et CHU d’Orléans – et la consolidation des entrepôts déjà en place dans les CHU d’Angers, Brest, Nantes, Rennes et Tours.
Pr Marc Cuggia : Ces cinq CHU disposaient chacun de leur propre entrepôt de données de santé, avec une gouvernance locale et la possibilité de développer des usages monocentriques, mais reposant sur une même technologie. Nous avons conservé cette logique pour les quatre nouveaux établissements, notamment afin de limiter les problématiques d’interopérabilité. Le projet Ouest Data Hub 2.0 va toutefois plus loin dans la mutualisation des ressources humaines, technologiques et méthodologiques.
Concrètement, qu’a permis cette mutualisation ?
Pr Marc Cuggia : L’hébergement en est un bon exemple. Les entrepôts historiques étaient hébergés sur site, alors que l’appel à projets de Bpifrance imposait un hébergement dans le cloud pour les nouveaux entrepôts. Nous avons ainsi pu mettre en place une infrastructure mutualisée et gagner en efficacité : il est plus simple de déployer et de maintenir une infrastructure commune que de reproduire les mêmes dispositifs dans chaque environnement technique local. Le soutien de Bpifrance et de l’ONDAM via le programme France 2030 nous a également permis de financer des ressources mutualisées à l’échelle du GCS HUGO. Nous avons ainsi pu avancer rapidement, en capitalisant sur l’expérience acquise au fil des années par les équipes des cinq CHU historiques.
Dr Christelle Jadeau : Lancé en 2023, cet appel à projets visait à accompagner et soutenir la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers, en lien avec la stratégie d’accélération « Santé numérique » et le programme France 2030. Le GCS HUGO figurait parmi les six lauréats de la première vague avec le projet Ouest Data Hub 2.0, qui comporte deux volets : la création de quatre nouveaux entrepôts dans le Grand Ouest – aux CH du Mans, Groupe Hospitalier de Vendée, GH Bretagne Sud de Lorient et CHU d’Orléans – et la consolidation des entrepôts déjà en place dans les CHU d’Angers, Brest, Nantes, Rennes et Tours.
Pr Marc Cuggia : Ces cinq CHU disposaient chacun de leur propre entrepôt de données de santé, avec une gouvernance locale et la possibilité de développer des usages monocentriques, mais reposant sur une même technologie. Nous avons conservé cette logique pour les quatre nouveaux établissements, notamment afin de limiter les problématiques d’interopérabilité. Le projet Ouest Data Hub 2.0 va toutefois plus loin dans la mutualisation des ressources humaines, technologiques et méthodologiques.
Concrètement, qu’a permis cette mutualisation ?
Pr Marc Cuggia : L’hébergement en est un bon exemple. Les entrepôts historiques étaient hébergés sur site, alors que l’appel à projets de Bpifrance imposait un hébergement dans le cloud pour les nouveaux entrepôts. Nous avons ainsi pu mettre en place une infrastructure mutualisée et gagner en efficacité : il est plus simple de déployer et de maintenir une infrastructure commune que de reproduire les mêmes dispositifs dans chaque environnement technique local. Le soutien de Bpifrance et de l’ONDAM via le programme France 2030 nous a également permis de financer des ressources mutualisées à l’échelle du GCS HUGO. Nous avons ainsi pu avancer rapidement, en capitalisant sur l’expérience acquise au fil des années par les équipes des cinq CHU historiques.
Comment cette organisation s’est-elle traduite au CH du Mans ?
Dr Christelle Jadeau : Comme les autres établissements, nous avons conduit notre propre déploiement, en l’adaptant à notre environnement technique et à nos spécificités organisationnelles. Nous avons pu nous appuyer à la fois sur les ressources expertes mutualisées à l’échelle du GCS HUGO, et sur les profils spécialisés recrutés en interne grâce au soutien de Bpifrance et de l’ONDAM. Nous avons également dû travailler sur des enjeux propres à notre établissement, comme les procédures d’information des patients à mettre en œuvre dans le cadre de l’autorisation de la CNIL. En parallèle, les échanges avec les autres établissements nous ont permis de partager les expériences et les méthodes afin d’avancer autant que possible dans une même direction. Aujourd’hui, nous sommes dans la dernière phase du projet. Il reste notamment à installer le comité scientifique et éthique et à finaliser certains flux techniques liés aux médicaments. Nous devrions néanmoins achever le déploiement d’ici fin 2026.
Avez-vous été confrontés à des difficultés particulières ?
Dr Christelle Jadeau : Il n’y a pas eu de frein majeur au déploiement technique, car nous avons bénéficié dès le départ d’un soutien institutionnel fort, qui a facilité les échanges avec la direction des services numériques et les différentes directions concernées. L’enjeu est davantage de créer une dynamique auprès des médecins, pour leur donner envie de s’emparer de l’outil sans être freinés par l’idée qu’un entrepôt de données de santé serait avant tout un outil de CHU. Le CH du Mans est l’un des établissements non hospitalo-universitaires les plus importants en matière de recherche ; nous avons donc toute légitimité à nous en saisir et à développer nos propres projets.
Comment avez-vous embarqué la communauté médicale ?
Dr Christelle Jadeau : Nous avons d’abord travaillé sur l’information et la communication. Progressivement, le projet Ouest Data Hub 2.0 et l’entrepôt de données de santé ont commencé à être identifiés au sein de l’établissement. Nous avons alors constitué un club d’utilisateurs réunissant des professionnels susceptibles de porter cette dynamique. Nous formons désormais un petit groupe de médecins à l’utilisation de l’outil eHOP et avons déjà plusieurs idées de projets.
Dr Christelle Jadeau : Comme les autres établissements, nous avons conduit notre propre déploiement, en l’adaptant à notre environnement technique et à nos spécificités organisationnelles. Nous avons pu nous appuyer à la fois sur les ressources expertes mutualisées à l’échelle du GCS HUGO, et sur les profils spécialisés recrutés en interne grâce au soutien de Bpifrance et de l’ONDAM. Nous avons également dû travailler sur des enjeux propres à notre établissement, comme les procédures d’information des patients à mettre en œuvre dans le cadre de l’autorisation de la CNIL. En parallèle, les échanges avec les autres établissements nous ont permis de partager les expériences et les méthodes afin d’avancer autant que possible dans une même direction. Aujourd’hui, nous sommes dans la dernière phase du projet. Il reste notamment à installer le comité scientifique et éthique et à finaliser certains flux techniques liés aux médicaments. Nous devrions néanmoins achever le déploiement d’ici fin 2026.
Avez-vous été confrontés à des difficultés particulières ?
Dr Christelle Jadeau : Il n’y a pas eu de frein majeur au déploiement technique, car nous avons bénéficié dès le départ d’un soutien institutionnel fort, qui a facilité les échanges avec la direction des services numériques et les différentes directions concernées. L’enjeu est davantage de créer une dynamique auprès des médecins, pour leur donner envie de s’emparer de l’outil sans être freinés par l’idée qu’un entrepôt de données de santé serait avant tout un outil de CHU. Le CH du Mans est l’un des établissements non hospitalo-universitaires les plus importants en matière de recherche ; nous avons donc toute légitimité à nous en saisir et à développer nos propres projets.
Comment avez-vous embarqué la communauté médicale ?
Dr Christelle Jadeau : Nous avons d’abord travaillé sur l’information et la communication. Progressivement, le projet Ouest Data Hub 2.0 et l’entrepôt de données de santé ont commencé à être identifiés au sein de l’établissement. Nous avons alors constitué un club d’utilisateurs réunissant des professionnels susceptibles de porter cette dynamique. Nous formons désormais un petit groupe de médecins à l’utilisation de l’outil eHOP et avons déjà plusieurs idées de projets.
Qu’est eHOP et quel est son rôle dans cette démarche ?
Pr Marc Cuggia : Cette infrastructure numérique, développée au CHU de Rennes par l’équipe « Données massives de santé » de l’unité Inserm LTSI, permet de centraliser les données médicales et de les exploiter dans un cadre sécurisé. eHOP est donc au cœur du projet Ouest Data Hub 2.0. Former les médecins à son utilisation leur permet de comprendre concrètement les possibilités offertes par l’entrepôt et de réfléchir aux projets qu’ils pourraient développer. Tous les établissements engagés dans Ouest Data Hub 2.0 ont désormais atteint cette phase de développement des usages, y compris dans le cadre de projets multicentriques.
Une fois les entrepôts déployés, quels sont les enjeux pour assurer leur pérennité ?
Pr Marc Cuggia : Ils concernent essentiellement le modèle fonctionnel et économique. Les entrepôts de données de santé hospitaliers sont aujourd’hui devenus un élément clé de la mise à disposition et de l’utilisation des données de santé en France. Encore faut-il financer durablement ces infrastructures et les compétences nécessaires à leur fonctionnement. Il existe de premières pistes, avec notamment des réflexions autour de financements socles qui pourraient être liés aux publications produites grâce aux entrepôts ou au succès des réponses à des appels à projets, comme l’appel « Données de santé et Applications » (DAtAE) lancé par la DGOS. Mais il faudra probablement d’autres dispositifs de soutien public pour maintenir dans la durée les infrastructures et les ressources mobilisées.
Il faudrait également financer et accompagner les projets qui vont les faire vivre…
Pr Marc Cuggia : C’est effectivement un autre défi. Les usages des entrepôts de données de santé restent largement dépendants des appels à projets, alors que les enveloppes budgétaires n’augmentent pas nécessairement au même rythme. Nous risquons donc d’arriver à un goulot d’étranglement, avec des appels à projets de plus en plus concurrentiels, au risque de décourager les médecins qui consacrent du temps à construire des projets sans avoir la garantie qu’ils pourront être financés. C’est dans cette logique que le GCS HUGO va lancer, sur ses fonds propres, un troisième appel à projets consacré à l’usage des données de santé. Cette nouvelle vague permettra notamment de financer des projets reposant sur des bases de données partagées et alimentées par les différents entrepôts. Jusqu’à présent, nous étions plutôt dans une logique de partage interrégional autour de projets spécifiques, avec des données mobilisées pour la durée du projet. Nous souhaitons désormais aller vers des programmes de recherche s’appuyant sur des données régulièrement rafraîchies, afin de favoriser les synergies entre cliniciens travaillant sur des thématiques communes.
Un autre enjeu se dessine à l’échelle européenne, avec l’Espace européen des données de santé. Comment l’anticipez-vous ?
Pr Marc Cuggia : La création de l’Espace européen des données de santé (EEDS) va faire évoluer le cadre dans lequel nous travaillons. Nous serons particulièrement vigilants à ce que la trajectoire du projet Ouest Data Hub et des entrepôts de données de santé du Grand Ouest puisse s’inscrire dans cette dynamique européenne. Cela suppose notamment de faire évoluer les modèles de partage des données et de poursuivre les efforts de mise en qualité des données. Mais c’est également une opportunité pour aller chercher de nouveaux financements européens.
Dr Christelle Jadeau : Dans cette dynamique, il ne faudra pas oublier les centres hospitaliers généraux. Au niveau national comme européen, on observe parfois une tendance à la centralisation des appels à projets et des financements vers les CHU. Or les centres hospitaliers ont eux aussi besoin de moyens pour maintenir et développer leurs entrepôts de données de santé. Au Mans, nous disposons d’une technologie identique à celle déployée dans les CHU. Nous devons donc pouvoir continuer à la faire vivre et à bénéficier de tout ce qu’elle peut apporter à la recherche, à l’innovation et aux collaborations entre établissements.
Pr Marc Cuggia : C’est aussi tout le sens d’Ouest Data Hub : construire des infrastructures locales solides tout en permettant aux établissements de travailler ensemble lorsque cela apporte une réelle valeur ajoutée. Le déploiement constitue une étape importante, mais c’est la capacité des entrepôts à faire émerger de nouveaux projets de recherche et de nouvelles collaborations qui permettra d’en mesurer pleinement l’impact.
> Article paru dans Hospitalia #74, édition de septembre 2026, à lire ici
Pr Marc Cuggia : Cette infrastructure numérique, développée au CHU de Rennes par l’équipe « Données massives de santé » de l’unité Inserm LTSI, permet de centraliser les données médicales et de les exploiter dans un cadre sécurisé. eHOP est donc au cœur du projet Ouest Data Hub 2.0. Former les médecins à son utilisation leur permet de comprendre concrètement les possibilités offertes par l’entrepôt et de réfléchir aux projets qu’ils pourraient développer. Tous les établissements engagés dans Ouest Data Hub 2.0 ont désormais atteint cette phase de développement des usages, y compris dans le cadre de projets multicentriques.
Une fois les entrepôts déployés, quels sont les enjeux pour assurer leur pérennité ?
Pr Marc Cuggia : Ils concernent essentiellement le modèle fonctionnel et économique. Les entrepôts de données de santé hospitaliers sont aujourd’hui devenus un élément clé de la mise à disposition et de l’utilisation des données de santé en France. Encore faut-il financer durablement ces infrastructures et les compétences nécessaires à leur fonctionnement. Il existe de premières pistes, avec notamment des réflexions autour de financements socles qui pourraient être liés aux publications produites grâce aux entrepôts ou au succès des réponses à des appels à projets, comme l’appel « Données de santé et Applications » (DAtAE) lancé par la DGOS. Mais il faudra probablement d’autres dispositifs de soutien public pour maintenir dans la durée les infrastructures et les ressources mobilisées.
Il faudrait également financer et accompagner les projets qui vont les faire vivre…
Pr Marc Cuggia : C’est effectivement un autre défi. Les usages des entrepôts de données de santé restent largement dépendants des appels à projets, alors que les enveloppes budgétaires n’augmentent pas nécessairement au même rythme. Nous risquons donc d’arriver à un goulot d’étranglement, avec des appels à projets de plus en plus concurrentiels, au risque de décourager les médecins qui consacrent du temps à construire des projets sans avoir la garantie qu’ils pourront être financés. C’est dans cette logique que le GCS HUGO va lancer, sur ses fonds propres, un troisième appel à projets consacré à l’usage des données de santé. Cette nouvelle vague permettra notamment de financer des projets reposant sur des bases de données partagées et alimentées par les différents entrepôts. Jusqu’à présent, nous étions plutôt dans une logique de partage interrégional autour de projets spécifiques, avec des données mobilisées pour la durée du projet. Nous souhaitons désormais aller vers des programmes de recherche s’appuyant sur des données régulièrement rafraîchies, afin de favoriser les synergies entre cliniciens travaillant sur des thématiques communes.
Un autre enjeu se dessine à l’échelle européenne, avec l’Espace européen des données de santé. Comment l’anticipez-vous ?
Pr Marc Cuggia : La création de l’Espace européen des données de santé (EEDS) va faire évoluer le cadre dans lequel nous travaillons. Nous serons particulièrement vigilants à ce que la trajectoire du projet Ouest Data Hub et des entrepôts de données de santé du Grand Ouest puisse s’inscrire dans cette dynamique européenne. Cela suppose notamment de faire évoluer les modèles de partage des données et de poursuivre les efforts de mise en qualité des données. Mais c’est également une opportunité pour aller chercher de nouveaux financements européens.
Dr Christelle Jadeau : Dans cette dynamique, il ne faudra pas oublier les centres hospitaliers généraux. Au niveau national comme européen, on observe parfois une tendance à la centralisation des appels à projets et des financements vers les CHU. Or les centres hospitaliers ont eux aussi besoin de moyens pour maintenir et développer leurs entrepôts de données de santé. Au Mans, nous disposons d’une technologie identique à celle déployée dans les CHU. Nous devons donc pouvoir continuer à la faire vivre et à bénéficier de tout ce qu’elle peut apporter à la recherche, à l’innovation et aux collaborations entre établissements.
Pr Marc Cuggia : C’est aussi tout le sens d’Ouest Data Hub : construire des infrastructures locales solides tout en permettant aux établissements de travailler ensemble lorsque cela apporte une réelle valeur ajoutée. Le déploiement constitue une étape importante, mais c’est la capacité des entrepôts à faire émerger de nouveaux projets de recherche et de nouvelles collaborations qui permettra d’en mesurer pleinement l’impact.
> Article paru dans Hospitalia #74, édition de septembre 2026, à lire ici







