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Hygiène

SPARES, pour surveiller et prévenir l’antibiorésistance


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Lundi 26 Juillet 2021 à 14:37 | Lu 2392 fois


Remplaçant les réseaux ATB-Raisin et BMR-Raisin, la mission SPARES recueille chaque année les données relatives à l’antibiorésistance dans les établissements français. Parallèlement, SPARES s’attache à développer des outils de prévention et de communication pour mieux lutter contre cet enjeu de santé publique.



Intégré au Réseau de Prévention des Infection Associées aux Soins (Répias), le programme de Surveillance et Prévention de l’AntibioRésistance en Établissement de Santé (SPARES) remplace, depuis 2018, les réseaux ATB-Raisin et BMR-Raisin. « La fusion de ces deux réseaux – le premier dédié à la surveillance de la consommation d’antibiotiques, le second à celle des bactéries multi-résistantes – ouvre de nouvelles perspectives à moyen terme, notamment en matière de prévention. Car, même si plusieurs types d’évènements peuvent contribuer au développement de cette résistance, la principale source demeure l’usage répété des antibiotiques. Il faut que tous en soient conscients », alerte le Docteur Loïc Simon, responsable du CPias Grand-Est, en charge de cette mission financée par Santé Publique France – qu’il pilote en association avec le CPias Nouvelle-Aquitaine.  

Le Dr Loïc Simon, responsable du CPias Grand-Est. ©DR
Le Dr Loïc Simon, responsable du CPias Grand-Est. ©DR

Surveillance via la plateforme ConsoRes

Dans cette optique, SPARES assure donc un suivi des établissements de santé en matière de consommation d’antibiotiques mais aussi de résistances bactériennes. Chaque trimestre – ou chaque année, au choix – les établissements peuvent ainsi renseigner leurs données au sein de la plateforme ConsoRes. Celles-ci sont structurées en quatre grandes familles : les données issues des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) sur la consommation d’antibiotiques, celles relatives aux résistances bactériennes observées par les Laboratoires de Biologie Médicale (LBM), les journées d’hospitalisation (JH) et enfin les informations administratives de l’établissement. « Toutes nos statistiques sont élaborées avec un dénominateur, qui peut-être des journées d’hospitalisation mais aussi des pourcentages de résistance », précise Loïc Simon. Autant d’éléments qui permettent ainsi aux responsables de la mission SPARES de générer plusieurs indicateurs, allant des volumes d’antibiotiques consommés en nombre de doses définies journalières pour 1 000 JH, en pourcentage de résistance au sein de l’espèce bactérienne, mais également aux taux d’incidence en passant par les indicateurs PROPIAS. « La plupart des établissements ne nous remettent leurs données annuelles qu’en mars de l’année suivante. Nous travaillons donc en rétrospective sur une année complète », complète l’hygiéniste pour expliquer la publication, au printemps 2021, des chiffres remontés durant l’année 2019.

2020, une année particulière

Cette année-là, 1 734 établissements avaient participé à la surveillance de la consommation d’antibiotiques [voir encadré], « soit près de 80 % des journées d’hospitalisation », se félicite Loïc Simon en reconnaissant toutefois que « 2020 devrait être différente ». Outre une participation en baisse, cette année si spéciale pose également la question de la vigilance des équipes en matière d’antibiorésistance. « Nous n’avons pas encore pu évaluer l’impact précis de la crise sanitaire sur les pratiques », confie le responsable qui indique avoir eu quelques difficultés à récupérer ces données au printemps 2021. « Nous travaillons à partir de données consolidées, qui reprennent notamment des éléments relatifs aux services de soins concernés. Mais ceux-ci n’étaient pas toujours bien identifiés durant le contexte difficile de la première vague, ce qui complexifie la consolidation des données », ajoute l’hygiéniste pour qui cette période « n’a pas forcément été un moment de sur-utilisation des antibiotiques, mais plutôt une période où les équipes ont certainement été moins vigilantes ».

Un nouvel outil prévu en 2022

Fortement mobilisées par la pandémie, les équipes des établissements hospitaliers n’ont également pas pu consacrer le temps habituellement prévu aux actions de prévention. Ainsi, si l’outil GEX d’audit sur la gestion des excreta, développé par SPARES, avait rencontré un franc succès en 2019, celui consacré à la prévention des transmissions croisées, EVA-BHRe, n’a pas eu le retentissement espéré. « Nous avons pu réaliser des audits sur 132 établissements, contre le double voire le triple en temps normal », indique Loïc Simon qui entend bien, en 2021, étendre ces travaux à la maîtrise du péril fécal. « Afin de nous laisser le temps de développer le nouvel outil, et pour ne pas surcharger les établissements qui font déjà face à une crise importante, nous ne proposerons les audits qu’à partir de 2022 », précise l’hygiéniste qui compte aussi sur les années 2021 et 2022 pour développer des campagnes de communication en partenariat avec les autres CPias, « afin d’avoir des relais un peu partout en France ».

ConsoRes fait aussi peau neuve

Fourmillant de projets pour les deux années à venir, les équipes de SPARES souhaitent également mettre leur expérience à profit pour développer et rénover la plateforme ConsoRes. « L’outil permet une surveillance nationale, régionale mais aussi par établissement et même par service », rappelle Loïc Simon. Toutes ces données pèsent lourd, plusieurs dizaines de millions de lignes qui ralentissent la plateforme créée en 2011. « Une nouvelle version, plus puissante et plus rapide pour traiter tous ces flux, est à l’étude et devrait être développée à partir de 2022 », annonce l’hygiéniste, ambitionnant par là-même de porter la lutte contre l’antibiorésistance en France à la vitesse supérieure.  

Article publié dans le numéro de mai d'Hospitalia à consulter ici
 

Les chiffres clés de l’antibiorésistance en 2019

Au début de l’année 2020, 1 734 établissements de santé ont renseigné leurs consommations et 991 les résistances observées eu sein de leur structure. Les résultats révèlent une consommation globale d’antibiotiques de 285 doses définies journalières (DDJ) pour 1 000 journées d’hospitalisation (JH), des résultats en baisse par rapport à 2012 – où la consommation moyenne des antibiotiques était de 309 DDJ / 1 000 JH. L’enquête met également en lumière des disparités selon les spécialités : l’infectiologie arrive en tête avec 1 432 DDJ pour 1 000 JH, suivie par la réanimation (1 180), l’hématologie (896) et la chirurgie (499). Les antibiotiques utilisés sont en majorité l’amoxicilline et l’acide clavulanique (25 %), puis l’amoxicilline seule (13 %) et la ceftriaxone (6 %). 

Concernant les résistances bactériennes, l’étude enregistre ainsi, pour 2019, 14,9 % de Staphylococcus aureus résistants à la méticilline (SARM), et une production de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE) de 8,5 % dans le groupe des entérobactéries. La densité d’incidence globale est donc de 0,17 pour 1 000 JH pour les SARM, et de 0,53 pour 1 000 JH pour les EBLSE. Ces chiffres montent respectivement à 0,73 et 3,10 dans les secteurs de réanimation.
 






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