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Retour sur les États Généraux de la Formation et de la Recherche Médicales


Rédigé par Rédaction le Lundi 3 Octobre 2022 à 11:04 | Lu 832 fois


A l‘initiative de la Conférence des Doyens de médecine plusieurs sujets essentiels de formation médicale et de recherche en santé ont été traités lors des États Généraux de la Formation et de la Recherche Médicales qui se sont tenus les jeudi 29 et vendredi 30 septembre*.



Retour sur les États Généraux de la Formation et de la Recherche Médicales
Ouverts par les Ministres Sylvie Retailleau et François Braun, l’un et l’autre ont évoqué les coopérations nécessaires pour former les étudiants. La formation constitue « la première marche d’une transformation importante de notre système de santé ».

Le Ministre de la Santé et de la prévention a poursuivi en évoquant le CNR (Conseil national de la refondation) qui se tiendra au Mans le lundi 3 octobre 2022.
Quant à une 4éme année « professionnalisante » pour les jeunes médecins, elle sera construite autour d’un projet pédagogique. Mais il n’y aura pas de coercition « parce que cela ne fonctionnerait pas ». Le ministre a annoncé la création d’un groupe d‘étude comprenant la présence de la Doyenne de Reims la Pr Bach-Nga Pham. Pour sa part, la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a mis en avant le nécessaire « bien être étudiant » et la lutte contre la précarité. A propos des réformes médicales en cours, elle a souligné que des améliorations seront apportées mais que « l’on ne réformera pas la réforme ».

Le système universitaire des formations médicales est en grand changement

En introduction des États Généraux, le Pr Didier Samuel, Président de la Conférence des Doyens des facultés de médecine est revenu sur les questions d’actualité touchant l’organisation des études médicales. Il a évoqué l’entrée en première année (R1C), l’installation de jeunes médecins en fin de formation en médecine générale (docteur junior) ainsi que l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires. Pour sa part, le Pr. Philippe Ruzniewski, Doyen de l’UFR de Médecine de l’Université Paris-Cité et organisateur des EGFR 2022, a abordé le bien-être des étudiants en santé. Il a exposé des données inquiétantes sur le mal-être des jeunes, en augmentation depuis quelques années. Pour cela, les facultés s’accordent sur une « tolérance zéro ». Le système universitaire des formations médicales est en grand changement. Il est important que les facultés, avec leurs enseignants et leurs étudiants, réfléchissent aux questions pédagogiques liées à l’enseignement des disciplines médicales. Aspirer à être un professionnel de santé nécessite des études exigeantes. Elles doivent être de qualité et développer des enseignements à la recherche. Il est important que cet enseignement soit en lien avec les CHU et les hôpitaux et la médecine de ville qui joue un rôle également essentiel.
 
La Conférence des doyens de médecine rappelle ses demandes autour de deux sujets d’actualité :
  • Elle considère que cette 4ème année pour la médecine générale est légitime, si la qualité pédagogique est assurée par un nombre suffisant de maîtres de stage
  • Elle affirme son soutien à l’idée d’incitation et non de coercition
Concernant le sujet de la réforme du 1er cycle, le Pr. Benoit Veber, doyen de l’UFR santé de l’université de Rouen et Vice-président de la CDD fixe les objectifs des réformes :
  • Éviter que les étudiants en échec n’aient pas de solutions acceptables
  • Diversifier les profils des étudiants recrutés
  • Mieux « irriguer » les territoires.
Il est à noter cependant que certaines disciplines médicales dont la pharmacie et la maïeutique n’ont pas assez d’étudiants entrants. Il faut donc redonner à ces disciplines un meilleur niveau d’attractivité.

La recherche, « un élément d‘attractivité des carrières »

Concernant la Recherche médicale et en biologie santé, on peut noter que les pouvoirs publics soutiennent mieux la recherche grâce à la récente loi Recherche et par le Plan Innovation 2030 qui sera créé dans les prochaines semaines. Il devrait être doté de 7 milliards d’euros comme l’a souligné Sylvie Retailleau en séance plénière.
La recherche est « un élément d‘attractivité des carrières », ont rappelé les ministres Braun et Retailleau.
Il est nécessaire de se pencher sur ce sujet car les jeunes médecins et chercheurs s’intéressent moins qu’ils ne le devraient à la recherche en biologie santé. Comme le précise le Pr. Didier Samuel, il y a « une fuite des meilleurs chercheurs ». Néanmoins, il note que le budget de l’INSERM augmente et que le lancement de l’agence d’innovation santé dans quelques semaines sont des signes positifs. Il poursuit : « Le Président de la République a certainement tiré les conséquences de la crise Covid ». Il a dû, en effet, constater que les entreprises et centres de recherche français ont eu des difficultés en comparaison d’autres pays notamment anglo-saxons.
La Conférence des doyens réaffirme sa volonté de relancer la recherche en France et en Europe. En effet, l’université est motrice de la vitalité de l’innovation en France. De ce point de vue, les médecins, les universités médicales, se rapprochent d’autres spécialités notamment des ingénieurs. Les enseignements développent l’intelligence artificielle et la digitalisation et ils cherchent à être plus transdisciplinaires. Le Pr. Bruno Riou, doyen de l’UFR de Médecine de Sorbonne-Université, a mis en évidence les retours d’expériences qui ont pu être tirés de la crise sanitaire, notamment sur les jeunes générations. Il a souligné « la mobilisation extraordinaire » des étudiants et des jeunes qui doit être saluée et reconnue. Pour autant, la crise des recrutements appelle à une agilité nécessaire dans la gestion des carrières et le recrutement. Les enseignants et les équipes administratives doivent se mobiliser autour de nouvelles pratiques pédagogiques, fondées sur une « hybridation » entre présentiel et distanciel amorcée par la crise sanitaire. Mais il appelle à « conserver l’esprit de la crise ». Le Dr. Salma El Batti, a ensuite exposé les enjeux du collectif Donner des Elles à la santé. L’objectif est de sensibiliser les hospitaliers sur les discriminations sexistes qui peuvent exister et qui sont bien identifiées par des études et baromètres. Ce collectif a aussi pour but de proposer aux facultés des outils pour développer « l’empowerment et les softskills » des femmes. Concernant la santé environnementale, le Dr. Florence Brunet-Possenti présente la création de modules nationaux délivrés dans toutes les facultés de médecine sous forme de vidéos et capsules pour que les nouvelles générations des professionnels de santé prennent la mesure des questions environnementales. *D’après la Conférence de presse du 29 Septembre 2022, Université Paris Cité

> Retrouvez la séance d’ouverture et les discours des Ministres sur le site de la Conférence des Doyens de Médecine






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