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Mon Espace Santé à l'essai dans 150 établissements pilotes


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Mercredi 1 Mars 2023 à 11:33 | Lu 1047 fois


Conformément à l’objectif, affiché par les pouvoirs publics, « d’accélérer la feuille de route du numérique en santé », le Ségur Numérique s’est doté d’outils pour promouvoir et développer les différents projets nationaux, dont Mon Espace Santé. Au cours de ces derniers mois, 150 établissements pilotes ont déjà pu y tester plusieurs usages relatifs à la transmission de documents de sortie, au volet médico-administratif ou encore aux échanges entre professionnels de santé et patients.



©CHNDS
©CHNDS
Débloquant un investissement de deux milliards d’euros pour « soutenir le développement massif et cohérent du numérique en santé en France », le Ségur du numérique en santé commence à s’installer dans les établissements de santé, via notamment le programme SUN-ES (Ségur Usage Numérique en Établissements de Santé) qui, dans la suite du programme HOP’EN, vient promouvoir les usages des outils numériques au sein de ces structures. Trois principaux volets ont ainsi été définis par les pouvoirs publics : l’alimentation de Mon Espace Santé (MES), la promotion de la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) et l’association de l’identité nationale de santé (INS) « à tous les documents de santé transmis ».
 
Inscrit au cœur du dispositif, Mon Espace Santé a été progressivement ouvert au début de l’année 2022. Acceptée de manière tacite par 98 % des usagers concernés, cette interface personnelle enregistre aujourd’hui au moins une première connexion pour 7,2 millions de personnes, soit plus de 10 % de la population française. Si plusieurs applications y seront intégrées à terme, MES s’appuie pour l’instant sur deux briques principales : le dossier médical partagé (DMP) et la messagerie sécurisée MSSanté. Depuis avril 2022, 150 établissements pilotes se sont portés volontaires pour tester de premiers usages, notamment la transmission des documents de sortie, le volet médico-administratif ainsi que le suivi médical entre professionnels de santé et patients.

L’exemple de la Nouvelle-Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine, où se trouvent 25 de ces établissements, s’est ainsi engagée dans cette dynamique qui s’est déclinée de différentes manières suivant les structures. Certaines se sont concentrées sur les professionnels en exercice, nommant des ambassadeurs pour informer et former leurs confrères, tandis que d’autres ont porté leur attention sur les usagers, optant pour le développement de MSSanté auprès de leurs patients. « Quelle que soit l’approche retenue, elle cherche à répondre à des objectifs qualitatifs, conformément aux attendus du pilote », explique Bluenn Méheust, cheffe de projet Coordination régionale MSSanté et DMP auprès du Groupement Régional d’Appui au Développement de la e-Santé (GRADeS) E-Santé En Action (ESEA)*. « Il s’agit véritablement d’avoir des retours rapides, en termes de description des cas d’usages mis en œuvre et les freins identifiés au cours de ces essais », poursuit la coordinatrice, qui, avec les équipes de territoire ESEA et l’Assurance Maladie, travaille en lien étroit avec les établissements expérimentateurs.
 
C’est notamment le cas du Centre Hospitalier Nord Deux-Sèvres (CHNDS) qui, pour compléter sa participation au programme HOP’EN et l’enrichir avec les nouveautés du Ségur numérique, a entre autres participé au pilote MSSanté. « Qu’il s’agisse de l’alimentation du DMP ou de l’expérimentation autour de MSSanté, toutes nos actions s’inscrivent dans la stratégie de notre établissement, attaché à mieux s’ouvrir vers la patientèle et les praticiens de ville », confie Christophe Moreau, responsable des systèmes d’information du CHNDS. Deux filières relatives à MES ont été ici mises en place : le dépôt de dossier et le rappel de rendez-vous pour l’anesthésie et la chirurgie ambulatoire, et le déploiement de MSSanté dans le service de chirurgie viscérale et bariatrique.

Au CHNDS, de premiers essais en chirurgie bariatrique

« La messagerie sécurisée nous a intéressés parce qu’elle répondait des attentes bien réelles : nos patients, mais aussi nous, professionnels de santé, sommes demandeurs de possibilités d’échanges faciles, rapides et sécurisés », indique le Dr Patrick Buenos, chirurgien bariatrique au CHNDS. Un état de fait qui a, semble-t-il, facilité l’acceptation de l’outil par les usagers suivis au long cours, avec des professionnels de santé désormais en mesure de répondre plus rapidement à leurs interrogations. Et c’est loin d’être la seule application de MSSanté au sein du service : les équipes médico-soignantes y ont également recours pour informer leur patientèle d’événements à venir, pour organiser des consultations pluridisciplinaires ou encore pour se transmettre des photos utiles à la prise en charge d’un patient. « Ces images nous permettent de voir l’évolution du corps et la retente des tissus. Mais elles sont éminemment sensibles », indique le Dr Patrick Buenos, saluant ici l’aspect sécuritaire de la messagerie.
 
Au cours de ces derniers mois d’utilisation, le professionnel de santé a néanmoins identifié plusieurs freins dans l’utilisation de MSSanté avec, par exemple, l’impossibilité de partager des fichiers trop volumineux comme les vidéos, les difficultés pour constituer un carnet d’adresses ou encore la complexité de l’adresse mail du patient, dont le format INS@patient.mssante.fr « rend difficile le lien entre l’adresse de messagerie et l’usager ». À terme, le CHNDS envisage donc des évolutions et entend notamment se rapprocher de son éditeur de Dossier Patient Informatisé « pour intégrer un bouton d’envoi de mail directement depuis le DPI », indique Christophe Moreau.

Des premiers retours au niveau national

Ces freins concernant le format de l’adresse mail ou le besoin de lier MSSanté au DPI ont d’ailleurs été soulevés par plusieurs établissements participants à ce pilote. Dans un webinaire organisé le 9 novembre dernier et justement consacré au retour d’expérience de ces pilotes, Anne Lorin, responsable de missions au sein de l’Agence du Numérique en Santé (ANS), a ainsi listé les principales difficultés remontées par les établissements testeurs. L’on y trouve également la nécessité de faciliter la clôture d’une conversation avec un patient, de simplifier les modalités de connexion pour les professionnels multisites ou encore d’améliorer la lisibilité de l’affichage, pensé sous forme de conversation.

« Des discussions sont en cours pour intégrer des réponses à ces problématiques, notamment dans les exigences de la vague 2 du Ségur, qui comporte un volet fort sur l’intégration de la MSSanté, mais aussi dans les logiciels métiers ainsi que dans la nouvelle version du référentiel des opérateurs de messagerie », a précisé la chargée de mission. « Ces pilotes ont permis de recueillir des retours riches et utiles pour prioriser les évolutions à apporter à Mon Espace Santé », a complété Hela Ghariani, co-responsable de la Direction du Numérique en Santé (DNS) en précisant que « le service sera amélioré en continu, suivant les retours des acteurs du monde de la santé ».
 
*Au niveau des Régions, les GRADeS, l’Assurance Maladie et les Agences Régionales de Santé sont en charge de l’accompagnement au déploiement du Ségur numérique.

Article publié dans l'édition de décembre 2022 d'Hospitalia à lire ici.
 






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