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La mobilité informatique, un enjeu stratégique


Rédigé par Rédaction le Vendredi 25 Mars 2022 à 15:35 | Lu 23 fois


Corollaire de la transformation numérique des établissements de santé, l’accès aux données médicales en mobilité représente un enjeu quotidien, qui contribue à la qualité et à la continuité des soins tout en renforçant la performance des organisations sanitaires. Décryptage et bonnes pratiques à l’heure du choix des équipements informatiques.



Dans le contexte de l’accès au système d’information hospitalier, la notion de mobilité désigne la possibilité de consulter le dossier patient, « sans contrainte de lieu ou de temps, au plus près de la source ou du besoin d’informations », note l’Agence nationale d’appui à la performance sanitaire et médico-sociale (ANAP). Ses apports sont donc nombreux, à la fois en termes de service rendu aux patients, puisque les informations saisies sont dès lors de meilleure qualité et les actes mieux tracés, de réactivité des organisations sanitaires, grâce à des données transmises et mises à disposition en temps réel, et d’amélioration des conditions de travail pour les équipes soignantes, qui évitent ainsi les ruptures de tâches et les déplacements éreintants.
 

Dimensionnement informatique et réflexion sur les usages

Plusieurs prérequis s’imposent néanmoins pour la mettre en œuvre avec, en premier lieu, la disponibilité d’infrastructures réseau en tous points de l’établissement, dont le dimensionnement sera suffisant pour supporter le trafic engendré par les outils de mobilité sans perte d’exploitation, tout en garantissant la sécurité des accès au système d’information hospitalier – rappelons ici que les réseaux non filaires sont plus vulnérables aux risques cyber. Le contexte d’usage de ces outils doit par ailleurs être attentivement analysé pour retenir les solutions les plus pertinentes, parmi tout le panel aujourd’hui disponible sur le marché – smartphones, tablettes, PDA, chariots PC, etc. « Les smartphones sont utiles pour consulter les agendas en mobilité, mais ne sont à mon sens pas très pratiques lorsqu’il faut afficher une image médicale ou pour valider une dispensation médicamenteuse. Un ”vrai” poste de travail embarqué sur chariot serait ici à privilégier », avait ainsi souligné Philippe Boulogne, directeur des systèmes d’information de l’hôpital Foch de Suresnes, lorsque nous avions évoqué le sujet avec lui.
 

Quels éléments évaluer avant de choisir un équipement ?

D’autres critères, parfois perçus à tort comme secondaires, doivent également être pris en compte lors du choix de l’équipement, comme l’autonomie de la batterie, qui doit pouvoir tenir au moins 8 heures, soit la durée d’une journée de travail, malgré une sollicitation parfois intensive. La rapidité de sa charge, mais aussi la possibilité de la remplacer facilement et en toute sécurité par une batterie chargée, sont des éléments tout aussi importants. Dans le cas d’un terminal sur chariot mobile, qu’il s’agisse d’un chariot de visite dédié au médecin ou d’un chariot de dispensation utilisé par le personnel infirmier, il convient également d’évaluer l’ergonomie de la solution globale, qui doit être suffisamment légère pour être aisément déplacée, voire réglable en hauteur pour s’adapter à toutes les morphologies, ce qui permettra de limiter la survenue de troubles musculo-squelettiques. En fonction des secteurs, les possibilités de désinfection du terminal et de ses accessoires doivent enfin faire l’objet d’une attention particulière. Au bloc opératoire, par exemple, ou dans les unités de soins intensifs et de réanimation, les risques de contamination associés à l’utilisation d’un matériel standard sont bien réels. Il faut donc privilégier ici les postes médicalisés, c’est-à-dire nativement conçus sans ventilateur, mais aussi des modèles de chariots lisses, afin de pouvoir tout bionettoyer selon les règles d’hygiène définies localement.
 

Plusieurs applications possibles

L’exercice en mobilité concerne aujourd’hui tous les pans de l’activité hospitalière. Il permet, par exemple, de consulter une prescription d’analyses biologiques au lit du patient et d’y étiqueter directement les tubes de prélèvement, sous réserve, naturellement, de disposer d’un chariot informatique dûment équipé d’une imprimante. De la même manière, cette approche est synonyme de sécurisation renforcée pour le circuit du médicament, puisqu’elle permet de documenter et donc de tracer au fil de l’eau, l’administration des traitements, manuellement ou grâce à la lecture automatisée d’un code-barres. Cette dernière option offre d’ailleurs une sécurité supplémentaire en limitant les risques d’erreurs à toutes les étapes du processus : identification du soignant en scannant son badge professionnel, identification du patient par la lecture du bracelet recensant ses informations de séjour, et identification du traitement concerné avec l’acquisition automatique du nom de la molécule, de la posologie et du numéro de lot… sans oublier l’horodatage en temps de la dispensation – toutes ces infirmations étant automatiquement enregistrées dans le dossier patient.

Plusieurs établissements choisissent ici de s’équiper de solutions complètes – douchettes codes-barres comprises –, spécifiquement pensées pour ce processus particulier. Ainsi l’hôpital Foch de Suresnes utilise « des chariots informatiques non seulement ergonomiques et légers, mais aussi et surtout nativement conçus avec des piluliers intégrés » pour la gestion des doses à administrer, explique Philippe Boulogne, ce qui permet aux soignants de travailler dans les meilleures conditions possibles avec des solutions en adéquation avec leurs pratiques. Ces modèles multifonctions peuvent toutefois être mutualisés entre plusieurs métiers, afin de limiter les coûts d’acquisition et assurer un retour sur investissement rapide. Cette polyvalence représente d’ailleurs un autre élément à prendre en compte au moment d’arrêter son choix, eu égard aux actuelles difficultés financières des établissements de santé.

Article publié dans l'édition de février 2022 d'Hospitalia à lire ici.






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