Connectez-vous S'inscrire

Le magazine de l'innovation hospitalière

Hygiène

Journées ARBS 2026 : « Nous voulons structurer les pratiques du bionettoyage à l’échelle nationale »


Rédigé par Joëlle Hayek le Mercredi 23 Septembre 2026 à 08:18 | Lu 68 fois


À l’occasion des Journées d’études 2026 de l’Association des responsables Bionettoyage en santé (ARBS), qui se tiendront du 23 au 25 septembre à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse, sa présidente, Stéphanie Burel, revient sur les temps forts de cette édition, les grands chantiers engagés par l’association et les ambitions de la profession.



Les Journées d’études 2026 affichent déjà un fort engouement. Comment se présentent les inscriptions ?

Stéphanie Burel : Nous sommes très satisfaits. Les 37 stands autorisés par la configuration de la salle patrimoniale de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse ont tous été vendus. La capacité d’accueil est de 200 stagiaires et d’une centaine de partenaires pour l’exposition technique, et nous espérons atteindre cette jauge. Les inscriptions se poursuivent d’ailleurs à un rythme soutenu. 

Cette dynamique reflète-t-elle aussi celle de votre association ? 

Oui, l’ARBS poursuit sa structuration. Nous avons modernisé notre site internet pour faciliter les échanges entre responsables de bionettoyage, créé un blog favorisant les interactions entre adhérents et lancé notre première newsletter, qui a vocation à devenir un rendez-vous régulier. L’association compte aujourd’hui une soixantaine d’adhérents et douze membres actifs au sein de son conseil d’administration. Cette année marque également une étape importante puisque nous organisons, pour la première fois, nos Journées d’études en totale autonomie. Pour construire le programme pédagogique de cette édition, nous nous sommes appuyés sur les questionnaires de satisfaction recueillis à l’issue des Journées 2025. Notre certification Qualiopi nous impose de mesurer précisément les attentes des participants, ce qui nous permet d’identifier les sujets qui les préoccupent le plus. Nous nous nourrissons également des remontées du terrain afin de proposer un programme directement utile aux responsables de bionettoyage.

L’un des grands projets de l’ARBS est la rédaction d’un guide national du bionettoyage. Pourquoi était-il nécessaire ?

Il existe déjà plusieurs guides, notamment ceux des CPias, qui sont très complets sur les aspects scientifiques et la prévention du risque infectieux. Nous souhaitons compléter cette approche en proposant un document qui intègre également les dimensions organisationnelles, les pratiques professionnelles, le matériel ou encore le management. L’idée est de produire un guide national utilisable aussi bien par les établissements de santé que par les EHPAD, les structures médico-sociales ou toute autre organisation réalisant des opérations de bionettoyage. Les contraintes varient fortement d’un établissement à l’autre, qu’il s’agisse des effectifs, de l’organisation ou des équipements. Nous voulons donc proposer un document pragmatique, qui aide chacun à prendre les bonnes décisions.

Où en est ce projet aujourd’hui ?

Nous avons été accompagnés par le Dr Philippe Carenco, médecin hygiéniste, qui nous a proposé comme base de travail la structure d’un guide allemand publié en anglais. Cette trame a été traduite puis adaptée par un groupe de travail composé d’adhérents volontaires, qui rédigent désormais les différents chapitres. L’objectif est de publier ce guide à la fin du premier semestre 2027 afin de le présenter officiellement lors des prochaines Journées d’études. Il ne sera donc pas finalisé cette année, mais plusieurs conférences de l’édition 2026 viendront déjà alimenter son contenu, notamment sur les questions d’organisation. 

Justement, l’organisation du bionettoyage constitue l’un des fils rouges de cette édition.

Oui, car c’est un sujet majeur. Les organisations sont aujourd’hui extrêmement disparates. Selon les établissements, certaines tâches sont assurées par les aides-soignants, ailleurs par les agents des services hospitaliers. Certains établissements internalisent totalement le bionettoyage, d’autres externalisent une partie des prestations. Tous ces choix ont un impact direct sur les effectifs, les compétences mobilisées et la charge de travail. Dès la première journée, une session sera consacrée à la présentation des organisations du bionettoyage en établissement de santé. Puis, vendredi, Patrick Vulcano, ingénieur responsable du bionettoyage au centre hospitalier de Valence, présentera un important travail sur le dimensionnement des effectifs. 

En quoi consiste-t-il ?

Nous avons exploité les données issues de nos outils de traçabilité afin de constituer une base de données fiable permettant d’évaluer objectivement la charge de travail. En parallèle, nous avons sollicité plusieurs établissements pour recueillir des informations sur leurs organisations, leurs organigrammes, leurs taux d’encadrement ou encore leurs méthodes de calcul des effectifs. Nous présenterons une première synthèse lors des Journées afin d’encourager davantage d’établissements à participer à cette démarche. Plus nous disposerons de données, plus les indicateurs seront robustes et permettront aux managers de mieux dimensionner leurs équipes.

L’ARBS intervient également désormais directement auprès des établissements ?

Oui. Nous avons été sollicités pour réaliser un audit d’organisation du bionettoyage dans un établissement de santé. C’est une première pour notre association. Ce type de mission est complexe à mettre en œuvre car nos adhérents exercent eux-mêmes dans des établissements publics hospitaliers, mais nous souhaitons développer cette expertise. Notre objectif est d’apporter un regard extérieur et spécialisé sur les organisations. Les établissements restent bien entendu libres des décisions qu’ils prennent ensuite, mais nous pouvons leur apporter un éclairage précieux compte tenu de la diversité des organisations que nous observons partout en France. Si cette première mission aboutit, nous en présenterons un retour d’expérience lors des Journées. 

L’ouverture internationale figure également parmi les nouveautés de cette édition. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Nous accueillerons, pour la première fois, l’Association Hygiène et Salubrité en santé du Québec. Son président, Julien Rajotte, sera d’ailleurs présent pendant toute la durée des Journées. Le regard québécois est particulièrement intéressant. Là-bas, on parle davantage de « salubrité » que de bionettoyage, avec une approche très scientifique. Cette association se situe finalement à la croisée de ce que représentent l’ARBS et la SF2H en France. Ces échanges permettront à chacun d’enrichir ses pratiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Les probiotiques feront aussi l’objet d’une conférence très attendue.

Le Dr Philippe Carenco présentera les premiers retours d’expérience sur cette approche encore très récente en France. Quelques expérimentations sont en cours, notamment au CHU de Tours, tandis que le CHU de Toulouse prépare également son déploiement. Les probiotiques soulèvent encore beaucoup de questions car ils concernent la désinfection des surfaces haute, où le risque de transmission est plus important. Les établissements restent donc prudents, faute de recul scientifique suffisant. Nous avions déjà connu une certaine réticence lors du développement de l’éconettoyage, même si celui-ci concernait principalement les sols, où les enjeux microbiologiques sont différents. Aujourd’hui, il faut avancer avec méthode, sélectionner les secteurs d’expérimentation les plus pertinents et travailler en étroite collaboration avec les équipes opérationnelles d’hygiène. 

Parmi les autres temps forts figure une conférence consacrée au management. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Nous proposerons une intervention originale d’Émile Ntamack, joueur international et entraîneur de rugby à XV, aujourd’hui manager de la formation du Stade Toulousain, autour du thème « Management, collectif et performance ». Lorsque nous avions échangé en vue de son intervention, il avait expliqué combien le travail des jardiniers conditionnait la qualité du terrain et, par conséquent, la performance des joueurs. Il avait établi un parallèle avec le bionettoyage : c’est un travail de l’ombre, souvent peu visible, mais pourtant indispensable au bon fonctionnement de l’hôpital. Cette réflexion sera complétée par l’intervention d’Éric Gardet, enseignant à l’ESG de Toulouse, qui présentera la boîte à outils du manager en bionettoyage. Le travail de Patrick Vulcano sur le dimensionnement des effectifs s’inscrit également dans cette logique d’accompagnement managérial.

L’ARBS présentera également une charte de prévention des conflits d’intérêts. Pourquoi cette démarche ?

Nous sommes tous prescripteurs de produits dans nos établissements, parfois sur des marchés représentant plusieurs centaines de milliers d’euros. Dans le même temps, notre association travaille avec de nombreux partenaires industriels qui soutiennent nos Journées d’études. Il nous paraissait indispensable de formaliser un cadre clair afin de prévenir toute situation pouvant être interprétée comme un conflit d’intérêts. Nous avons donc confié la rédaction de cette charte à un cabinet d’avocats. C’est une démarche de transparence, mais aussi de protection, pour l’association comme pour ses adhérents.

Quels seront les prochains chantiers de l'ARBS après ces Journées ?

Nous sommes déjà pleinement mobilisés sur plusieurs dossiers majeurs : la finalisation du guide national, les travaux sur le dimensionnement des effectifs, la préparation de notre audit de surveillance Qualiopi, mais aussi l’organisation des Journées 2027, qui se tiendront à Nîmes, et même de l’édition 2028. Nous participerons également aux Journées du Resah autour de la transition écologique en santé, fin septembre. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus sollicités par les acteurs de la formation : l’AFPA nous a demandé de contribuer à la révision de certains contenus pédagogiques et le ministère de l’Éducation nationale nous a associés à des travaux sur les programmes du baccalauréat professionnel en hygiène et environnement. Ces sollicitations témoignent de la reconnaissance croissante du bionettoyage comme une véritable expertise. Notre ambition est d’accompagner cette professionnalisation en proposant des références nationales, des outils concrets et des espaces d’échange qui répondent aux attentes du terrain.

Plus d’informations sur le site de l’ARBS.

Journées ARBS 2026 : « Nous voulons structurer les pratiques du bionettoyage à l’échelle nationale »






Nouveau commentaire :
Facebook Twitter









CONTACT

HOSPITALIA

Immeuble Newquay B / B35
13 rue Ampère
35800 Dinard 
Tél : 02 99 16 04 79
Email : contact@hospitalia.fr

Abonnement :
abonnement@hospitalia.fr