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Pharmacie

Hopipharm 2026 : « Apporter des réponses utiles aux enjeux de la spécialité »


Rédigé par Joëlle Hayek le Mardi 19 Mai 2026 à 11:49 | Lu 95 fois


Du 27 au 29 mai 2026, Montpellier accueillera la nouvelle édition d’Hopipharm, le Congrès francophone de référence en pharmacie hospitalière. Organisé par le Synprefh, le Syndicat national des pharmaciens en établissements de santé, il réunira plus de 1 700 professionnels autour des enjeux scientifiques, techniques et professionnels de la discipline, comme nous l’expliquent le Dr Cyril Boronad, président du Synprefh, et le Pr Pascal Bonnabry, président du conseil scientifique d’Hopipharm 2026.



Sur quels sujets travaille aujourd’hui le Synprefh ?

Dr Cyril Boronad : Nous concentrons nos travaux sur deux enjeux majeurs, dans la continuité des thématiques de l’an dernier. Le premier concerne la proposition de loi sur l’aide à mourir, et plus particulièrement la question de la clause de conscience, qui exclut aujourd’hui les pharmaciens hospitaliers alors qu’elle existe pour les médecins et les infirmiers. Introduite puis validée par le Sénat, elle a été supprimée lors de la seconde lecture à l’Assemblée nationale. Nous poursuivons donc nos échanges avec les pouvoirs publics afin de défendre ce principe essentiel. Il s’agit avant tout de permettre à chacun de ne pas participer au dispositif s’il le souhaite, tout en garantissant l’accès des patients à ce droit grâce à l’engagement d’autres professionnels. La seconde lecture au Sénat étant prévue mi-mai, nous ferons un point lors de notre assemblée syndicale en marge d’Hopipharm.

Et votre second sujet de préoccupation ?

Dr Cyril Boronad : Il concerne les ressources pharmaceutiques en PUI et les conditions d’exercice. En 2025, un projet de décret avait suscité de vives inquiétudes, car il envisageait d’autoriser à un pharmacien non spécifiquement formé à exercer en PUI, notamment en EHPAD. Ce projet a été suspendu, et nous sommes aujourd’hui engagés dans une concertation avec les pouvoirs publics pour apporter des réponses durables aux difficultés de ressources humaines dans les établissements de santé. Nos travaux s’articulent notamment autour du soutien démographique via la formation des internes, de la mutualisation et de la coopération entre PUI à l’échelle des territoires et, dans le cadre d’une mission confiée à la Pr Véronique Maupoil-David et à moi-même, d’une réflexion sur un second DES ou des passerelles vers le DES de pharmacie hospitalière. 

Vous préparez en parallèle la prochaine édition d’Hopipharm. Pourriez-vous nous en parler ?

Pr Pascal Bonnabry : L’édition 2026 s’annonce très prometteuse, avec un programme riche et des signaux très positifs. Nous avons notamment reçu près de 900 propositions de communications, dont environ 630 retenues, un record qui illustre l’engagement des participants et constitue une véritable richesse pour le congrès. L’intelligence artificielle occupera une place centrale et sera traitée sous deux angles complémentaires. D’abord, une approche stratégique qui croisera les regards d’Anne Ferrer, la directrice générale du CHU Montpellier – un établissement très engagé sur ces sujets – et du Pr David Morquin, directeur médical du pôle Transformation, aux côtés d’un pharmacien président de CME et d’une patiente partenaire. Ensuite, une approche plus opérationnelle permettra aux congressistes d’identifier des outils concrets, à travers des ateliers en petits groupes autour de cas d’usage du quotidien.

Et concernant plus largement l’innovation ?

Pr Pascal Bonnabry : Plusieurs sessions y seront consacrées. Nous aborderons notamment l’impression 3D de médicaments et de dispositifs médicaux, avec des apports méthodologiques et pratiques. Une autre session portera sur les systèmes d’aide à la décision pharmaceutique, de plus en plus intégrés aux dossiers patients informatisés. Ces outils, de plus en plus soutenus par l’IA, permettent de détecter les situations à risque et d’aider les pharmaciens à concentrer leur expertise sur les cas complexes.

Dr Cyril Boronad : Dans cette continuité, nous mettrons également en lumière des collègues hospitaliers ayant développé, de leur propre initiative, des outils et concepts innovants, parfois jusqu’à en faire des projets entrepreneuriaux ou industriels. Nous proposerons trois retours d’expérience concrets afin d’inspirer et d’enrichir les pratiques des participants.

Quels seront les autres temps forts ?

Pr Pascal Bonnabry : Une session sera dédiée aux situations d’urgence et de catastrophe, avec des retours d’expérience marquants : le RAID sur le Bataclan, un pharmacien hospitalier suisse sur l’incendie à Crans-Montana, et un collègue du CHU de Nîmes sur la gestion d’un hôpital mobile à Mayotte, après l’ouragan Chido. Ces témoignages permettront d’alimenter la réflexion des congressistes et de renforcer leur capacité d’anticipation et de réponse en situation de crise. 

Dr Cyril Boronad : Les enjeux RSE seront également au cœur d’un atelier dédié aux stratégies de préservation de l’environnement, notamment dans le cadre de la stérilisation et la production pharmaceutique, en présence de la Pr Valérie Sautou. Par ailleurs, nous veillons à intégrer cette dimension dans l’organisation même du congrès, en portant une attention particulière à la composition des repas, à l’aménagement de l’exposition technique et au choix d’une destination accessible en train.

Qu’en est-il de la conférence francophone et de la conférence scientifique ?

Pr Pascal Bonnabry : La conférence francophone, historiquement centrée sur les enjeux Nord-Sud, traitera cette année des problématiques d’accès aux médicaments à l’échelle mondiale : ruptures d’approvisionnement au Nord, difficultés d’accès et médicaments falsifiés au Sud, et contraintes spécifiques liées aux délais d’approvisionnement dans les territoires d’outre-mer. La conférence scientifique, quant à elle, sera consacrée à la prise en charge des cancers, avec un focus sur l’IA pour la personnalisation des traitements et sur l’immunologie. Elle permettra aussi d’explorer des innovations encore non disponibles en pratique clinique et leurs impacts à venir sur les PUI.

Le mot de la fin ?

Dr Cyril Boronad : Hopipharm proposera également une session sur la vaccination et le rôle du pharmacien hospitalier, ainsi que des formations certifiantes autour de la déprescription, des anti-infectieux et du patient diabétique. Un volet important sera par ailleurs consacré à la qualité de vie au travail, avec un retour sur le télétravail en PUI et une enquête sur les astreintes, afin d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain. Cette année encore, Hopipharm s’annonce donc comme un rendez-vous riche et fédérateur, avec une édition 2026 construite au plus près des pratiques et des réalités de terrain et qui entend apporter des réponses utiles aux enjeux de la spécialité.

Informations sur https://www.hopipharm.fr  et sur https://www.synprefh.org

> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, 
à lire ici 
 

Hopipharm 2026 : « Apporter des réponses utiles aux enjeux de la spécialité »






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