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Génération Y médicale :
les PU-PH, un autre monde pour 4 jeunes médecins sur 10

Rédigé par Rédaction le Lundi 9 Mai 2016 à 11:49 | Lu 515 fois
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La génération Y toute en contrastes, qui nourrit chaque jour un choc culturel autour de la pratique de l’exercice médical, marque-t-elle la vraie fin du mandarinat et des PU-PH en médecine, ces médecins « tout-puissants » ? What’s Up Doc s’est penché sur le sujet et a sondé* les jeunes médecins...


PU-PH : une bonne raison de quitter le CHU ?

Deux jeunes médecins sur 10 voient dans les PU-PH « une bonne raison de quitter le CHU » et 4 sur 10 les situent « dans un autre monde, en tout cas pas le leur ». Ainsi, si les grands patrons ne sont pas voués à disparaître, il semble que la représentation de leur figure, celle du mandarin, évolue fortement.
 
« Depuis la nuit des temps, le stéréotype du jeune agité méprisant ses pères et rêvant d’un nouveau monde fait des ravages : étonnant qu’on s’en surprenne encore », plaisante le Dr Matthieu Durand, dans son édito, et pourtant... on assiste réellement à un « choc des cultures » en médecine aujourd’hui.
 
Ainsi, pour le Dr Alice Deschenau, rédactrice en chef de What’s up Doc également psychiatre : « Les dirigeants d’aujourd’hui aspirent à recruter des médecins fidèles, performants, qui doivent se plier aux règles et consignes... Les jeunes médecins sont impatients, veulent arriver vite, ne pas être débordés par le travail, avoir plus de temps pour leur vie privée ». On voit donc aisément tout le paradoxe et le choc de générations qui ne se comprennent pas.
 
De fait, les résultats du sondage exclusif mené par What’s Up Doc auprès des jeunes médecins sont clairs. Pour ces derniers, le début de carrière idéal c’est « chercher d’abord ce qui me plait le plus » pour 68 % des répondants, puis « avoir assez de temps pour soi » pour 44 %, et pour plus de 3 sur 10 « prendre le temps, ne pas s’engager trop vite ». À noter que l’argent ne se place qu’en quatrième position, avec seulement 15 % des sondés répondant que leur début de carrière idéal c’est « trouver ce qui rémunère le mieux ».
 
De même, la philosophie du soin s’est transformée : « Avec les nouvelles lois pour les patients comme la démarche qualité,́ la médecine s’est industrialisée. Elle a perdu de son sacré », analyse Jean-Louis Terra, PU-PH de psychiatrie et chef de service au centre hospitalier Le Vinatier, à Lyon. Auparavant « on avait la responsabilité de plusieurs dizaines de patients. On ne considérait pas les soins de la même manière, on prenait beaucoup plus de risques, et souvent au détriment des malades. Il en résultait un sentiment d’être un peu à part. La vie à l’hôpital était la vie des médecins », explique Jean-Louis Terra.
 
Si cette perception « un peu à part » était l’un des fondements de la hiérarchie médicale, cette dernière est aujourd’hui remise en cause et ce dès la formation. « La génération Y, consomm’actrice de réseaux sociaux, recherche des processus de formation transversaux. Elle a compris que la vérité et le savoir sont présents partout et pas uniquement issus de leurs enseignants », indique Alice Deschenau.

Une génération connectée

La génération Y, c’est la génération « why », éprise de questionnements, la génération numérique et connectée, pour laquelle le savoir est à portée de clic.
 
Cet accès à l’information change le rapport à l’autorité́, à la hiérarchie, car jusqu’alors c’était le savoir qui donnait le pouvoir. « Les jeunes médecins aujourd'hui deviennent de vrais navigateurs du savoir plutôt que des disques durs d'apprentissage par cœur. Ils comptent sur les nouvelles technologies pour les aider dans leur travail, ce qui peut aussi libérer du temps de relation humaine en plus pour le face-à-face avec les patients », explique Cécile Monteil, pédiatre, blogueuse et start-upeuse.
 
Autant dire qu’avec un deuxième cerveau dans la poche mais pas sa langue, la génération Y a de quoi irriter et bousculer ses aînés, notamment dans le secteur très hiérarchisé de la santé.
 
De fait, le même sondage mené par Whats’Up Doc nous apprend que pour les jeunes médecins, la e-santé est une réalité. L’affirmation « au boulot jamais sans mon smartphone ou ma tablette ! » recueillant l’adhésion de plus 7 sondés sur 10 alors que « encore très lointain, pour l’heure je nage dans la paperasse » ne rassemble que 2 jeunes médecins sur 10.
 
Au final, désinvolte, numérique, impertinente, la nouvelle génération est également moins corvéable et moins conventionnelle : « N’étant pas décidés à entrer dans les moules bien coulés et préparés par nos aînés, nous voulons écrire non pas notre carrière mais notre métier », analyse le Dr Matthieu Durand, directeur de la rédaction.

Dis, c’est quoi un jeune médecin ?

Externe, interne, remplaçant, jeune installé... à quoi correspond la définition du jeune médecin ? Pour y répondre, What’s Up Doc a tout simplement demandé à ses lecteurs de répondre à la question suivante: «Pour vous, jusqu’à quel âge est-on un ‘jeune médecin’ ? ». Leur réponse est évidente : 36 ans, soit pile l’âge retenu des premiers de la génération Y, qui sont nés en 1980 !
 
*Sondage auto-administré sur le web auprès de jeunes médecins, du 18 au 24 avril 2016. 323 répondants, moyenne d’âge 30 ans, 49% de femmes et 51% d’hommes.
 

À découvrir sur www.whatsupdoc-lemag.fr




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