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À Rennes, un CHU plus vert


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Lundi 10 Janvier 2022 à 15:55 | Lu 2465 fois


Créée il y a une dizaine d’années, la Commission Développement Durable du CHU de Rennes œuvre pour la réduction de l’impact environnemental de cet ensemble de 1 900 lits et places. Pour nourrir sa réflexion, elle a récemment réalisé un bilan carbone et repense différents pans de l’activité hospitalière, allant des achats jusqu’aux circuits de traitement des déchets, en passant par l’organisation des soins et des transports.



Guylaine Joliff, ingénieure référente du développement durable et le Dr Lilian Alix, missionné par la CME pour le développement durable. ©Aurélie Pasquelin
Guylaine Joliff, ingénieure référente du développement durable et le Dr Lilian Alix, missionné par la CME pour le développement durable. ©Aurélie Pasquelin
Tri des déchets, achats, transports, énergie, eau… Les secteurs impliqués dans la gestion d’un hôpital sont nombreux et ont chacun un impact environnemental qu’il devient de plus en plus difficile d’ignorer. S’inscrivant dans une approche résolument volontariste, le CHU de Rennes s’est donc doté d’une Commission Développement Durable chargée de faire le lien entre la Commission médicale d’établissement (CME), le projet d’établissement et les différents services hospitaliers. Une structure « née sous l’impulsion du Dr Catherine Meunier à la fin des années 2000 », se souvient Guylaine Joliff, ingénieure référente du développement durable au CHU.

Aujourd’hui à la retraite, le Dr Catherine Meunier fait toujours partie de cette commission, mais elle a passé le relais au Dr Lilian Alix, praticien hospitalier spécialisé en médecine interne, missionné par la CME et épaulé par plusieurs personnes aux profils variés : cadre de santé, pharmacien, directeur des achats… « Le développement durable est un sujet très transversal qui nécessite l’implication de tous, le médical, le paramédical, les métiers administratifs, les travaux… Nous avons besoin d’embarquer tout le monde, tous les métiers et tous les services », insiste-t-il.
 

81 000 tonnes de CO2 émises en 2019

Multipliant les projets, la Commission a mené, en 2020, une étude complète sur les émissions de carbone du CHU au cours de l’année 2019. Accompagnée par un cabinet spécialisé, cette étude incluait les trois scopes, soit les trois niveaux de mesure des émissions. Le troisième niveau, qui porte notamment sur les émissions liées aux achats, n’est pas obligatoire aujourd’hui mais, pour Lilian Alix, « il était nécessaire de l’inclure pour avoir une vision globale de notre empreinte carbone ». Et les résultats sont évocateurs : en 2019, l’établissement a émis 81 000 tonnes de CO2 ou équivalent, avec en tête de liste les achats (44 % des émissions), les déplacements des usagers et des professionnels (37 %) et les consommations énergétiques (11 %).

Partant de ce constat, la Commission a donc créé cinq groupes de travail, chacun chargé d’identifier des pistes et d’élaborer des plans d’action autour d’un thème : les achats, les déplacements, l’énergie, les déchets et enfin le lien entre santé et environnement. « La réalisation du bilan carbone a donné une impulsion forte, fédérant plusieurs initiatives autour d’un seul et même projet », constate Lilian Alix, qui envisage, à terme, de solliciter un accompagnement par un organisme extérieur, afin que la démarche se structure encore davantage.        

Mais les actions au quotidien sont déjà nombreuses. La Commission a ainsi déjà grandement œuvré pour le tri des déchets, et plus récemment les Déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés (DASRI). « Les blocs opératoires ont adopté de nouvelles pratiques et, depuis l’année dernière, de nouvelles affiches de tri ainsi que des imagiers adaptés par secteur ont été réalisés », indique Guylaine Joliff. Le résultat est sans appel : depuis l’instauration de ces initiatives, le CHU a réduit sa production de DASRI de 30 %, un point plus que positif quand on connaît les enjeux financiers et environnementaux inhérents au traitement de ces déchets très spécifiques.
 

© Aurélie Pasquelin
© Aurélie Pasquelin

Le développement durable intégré au projet #NouveauCHURennes

En pleine reconstruction avec son projet #NouveauCHURennes, l’établissement breton y a, tout naturellement, intégré les réflexions liées au développement durable. « Différents labels ont été intégrés au cahier des charges : la certification Haute Qualité Environnementale (HQE) Bâtiment Durable, la certification WELL Building Standard, ou encore le label Énergie + Carbone - (E+C-) », précise Guylaine Joliff, dont le poste dépend de la direction du patrimoine. Matériaux biosourcés, isolation, bois, panneaux solaires, toitures végétalisées, puits de lumière… De nombreuses pistes ont été évaluées pour limiter au mieux l’impact du futur CHU, « tout en assurant le respect des normes de sécurité structurelle inhérente aux bâtiments de soin », ajoute l’ingénieure qui travaille également à la réduction de la consommation énergétique des locaux.

En régulant mieux les modalités d’utilisation des systèmes de ventilation dans les blocs opératoires, les services concernés ont ainsi déjà pu enregistrer une baisse des consommations énergétiques à hauteur de 20 %. Pour aller plus loin, la Commission Développement Durable se penche désormais sur la consommation des écrans et des équipements biomédicaux. Le CHU mène par exemple une analyse du cycle de vie et du bilan carbone d’un équipement de radiologie interventionnelle, afin d’en optimiser la consommation énergétique. « Pour résumer, nous investiguons différents champs en partenariat avec l’industriel : les procédures des usagers, la possibilité de mettre en veille automatique… Notre objectif : disposer du bilan carbone complet pour un équipement donné et sur toute sa durée de vie, avec un focus particulier sur l’usage que nous en faisons au sein du CHU », explique Guylaine Joliff.
 

Juste soin et communication

Ce projet, comme tous ceux menés par la Commission, a sans surprise mobilisé différents professionnels et métiers, non-soignants ou soignants. Ces derniers font d’ailleurs l’objet d’une attention toute particulière, la Commission travaillant à les sensibiliser au concept de « juste soin » pour les prescriptions médicamenteuses, afin d’en limiter l’impact sur le plan environnemental : transports, déchets plastiques, produits polluants, énergie… « La réflexion est engagée dans plusieurs services, dont celui de médecine interne », indique Lilian Alix, qui espère généraliser la démarche à tout l’hôpital. C’est d’ailleurs là un marqueur fort des projets liés au développement durable : la plupart naissent dans un service, avant de s’étendre au reste de l’établissement.

« Nous avons besoin de communiquer en interne et en externe sur les initiatives de chacun », concède Guylaine Joliff, qui compte bien sur le nouvel intranet du CHU pour partager ces projets vertueux, qui vont aujourd’hui de la distribution de gourdes en métal à la réalisation d’un questionnaire sur les habitudes de transport des agents. « Le nombre de projets en lien avec le développement durable est important. C’est une tendance de fond qui touche tous les étages et les secteurs de l’hôpital. Soignants et non-soignants, directeurs, tous sont sensibles à ces enjeux et attendent des réponses efficaces aux problématiques liées à notre responsabilité sociale et environnementale », conclut Lilian Alix.

Article publié dans l'édition de décembre 2021 d'Hospitalia à lire ici.






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