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 <title>Hospitalia, le magazine de l'hôpital pour toute l'actualité et l'information hospitalière</title>
 <subtitle><![CDATA[Hospitalia est le magazine spécialisé pour la e-santé, systèmes d'information hospitaliers, SIH, hygiène hospitalière, confort du patient hospitalisé, blanchisserie hospitalière, pharmacie hospitalière, imagerie médicale, traçabilité hospitalière]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-09T17:56:28+02:00</updated>
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   <title>Hors-Série #4 - L’innovation par et pour les soignants : l’avenir s’écrit aujourd’hui</title>
   <updated>2023-11-21T15:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Hors-Serie-4-L-innovation-par-et-pour-les-soignants-l-avenir-s-ecrit-aujourd-hui_a3922.html</id>
   <category term="Le Magazine en ligne" />
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   <published>2023-11-21T15:15:00+01:00</published>
   <author><name>Admin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/76838496-55390827.jpg?v=1700579053" alt="Hors-Série #4 - L’innovation par et pour les soignants : l’avenir s’écrit aujourd’hui" title="Hors-Série #4 - L’innovation par et pour les soignants : l’avenir s’écrit aujourd’hui" />
     </div>
     <div>
      En juin dernier, le CHU de Bordeaux et France Biotech organisaient les premiers «&nbsp;Rendez-vous de l’innovation paramédicale&nbsp;», un événement unique ouvert à tous les innovateurs pour imaginer, ensemble, l’hôpital de demain.&nbsp;&nbsp; <br />   <br />  Cette manifestation inédite dans notre pays, qui s’est donc attachée à développer de nouvelles synergies entre la communauté hospitalière et les entrepreneurs de la HealthTech, a connu un fort succès, tant pour la richesse de ses échanges que pour les réponses novatrices auxquelles elle a ouvert la voie.&nbsp; <br />   <br />  Pour maintenir et accélérer cette dynamique vertueuse, le CHU de Bordeaux, France Biotech et Hospitalia ont souhaité se pencher, plus en détail, sur l’innovation par et pour les soignants. Conviant des experts de tous bords, cette édition spéciale dresse un large panorama de l’innovation mise au service de la santé, en donnant la parole à ceux qui la vivent, la conçoivent et l’appliquent au quotidien.&nbsp;&nbsp; <br />   <br />  Avec les contributions de Yann Bubien, Franck Mouthon, Luc Durand, Nicolas Grenier, Gilles Duluc, Brigitte Feuillebois, Laurence Laignel, Ludivine Videloup, Valérie Berger, Florence Herry, Perrine Boursin, Marie-Astrid Meyer, Aurore Westphal, Pierre-Henri Haller et Thibault Courgeon.&nbsp; <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style="text-align:center;"><div style="margin:8px 0px 4px;"><a href="https://www.calameo.com/books/0051298736a2b59a3938e" target="_blank">Hors Serie Hospitalia CHU Bordeaux</a></div><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=0051298736a2b59a3938e&mode=mini" width="480" height="300" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency allowfullscreen style="margin:0 auto;"></iframe><div style="margin:4px 0px 8px;"><a href="http://www.calameo.com/" target="_blank"></a></div></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>« Il faut continuer à intégrer des profils variés au sein de notre discipline »</title>
   <updated>2023-09-11T12:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/ Il-faut-continuer-a-integrer-des-profils-varies-au-sein-de-notre-discipline _a3742.html</id>
   <category term="SIS" />
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   <published>2023-09-11T12:55:00+02:00</published>
   <author><name>Aurélie Pasquelin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Praticien hospitalier en santé publique au CHU de Bordeaux, le Docteur Vianney Jouhet s’est très tôt spécialisé en informatique médicale mais aussi, depuis, en santé numérique et intelligence artificielle. Il travaille aujourd’hui activement à la mise en œuvre de l’entrepôt de données de santé de l’institution bordelaise. Rencontre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/72835705-50659126.jpg?v=1684144105" alt="« Il faut continuer à intégrer des profils variés au sein de notre discipline »" title="« Il faut continuer à intégrer des profils variés au sein de notre discipline »" />
     </div>
     <div>
      <strong>Votre parcours est quelque peu atypique. Pourriez-vous nous le dérouler&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Vianney Jouhet&nbsp;:</em></strong> Après six années d’études de médecine, je me suis spécialisé en informatique médicale, d’abord lors de mon internat en santé publique, puis durant ma thèse de médecine qui portait, notamment, sur l'automatisation et l'extraction des informations à partir des registres Cancers de l’ex-région Poitou-Charentes. J’ai ensuite poursuivi mes travaux sur les registres Cancers, en Gironde cette fois, avant de rejoindre un an plus tard le CHU de Bordeaux en tant que praticien hospitalier. Rapidement, une mission m’a été confiée&nbsp;: réfléchir à la mise en place de l’entrepôt de données de santé (EDS) du CHU, et réaliser en parallèle une thèse de science sur la mise en place d’un entrepôt plutôt dédié aux données de cancérologie. À l’issue de celle-ci, donc en 2019, je suis parti en «&nbsp;mobilité&nbsp;» dans des départements d’informatique biomédicale, passant six mois à Paris, au sein du service du Pr Anita Burgun à l’hôpital Necker - Enfants malades et l’Hôpital Européen Georges Pompidou, et six autres mois à Harvard, aux États-Unis, auprès du Pr Paul Avillach dans le laboratoire du Pr Isaac Kohane. <br />   <br />  <strong>Vous êtes depuis revenu au CHU de Bordeaux… </strong> <br />   <br />  Ces expériences passionnantes ont clairement enrichi mon approche et mes travaux qui se concentrent, vous l’aurez compris, sur les entrepôts de données de santé. Depuis 2017 et l’inscription du projet d’EDS dans le projet d’établissement du CHU de Bordeaux, je n’ai d’ailleurs pas arrêté de travailler sur ce chantier qui occupe, aujourd’hui, la majeure partie de mon temps. L’initiative bordelaise est portée par une équipe médicale et non par la direction du système d’information. Sans opposer ces deux unités, qui bien sûr travaillent ensemble sur le projet, cette spécificité favorise la conception d’outils intégrant mieux les contraintes des utilisateurs finaux, soit les médecins chercheurs, les soignants, les biostatisticiens, les data scientists, les épidémiologistes… <br />   <br />  <strong>Où en est ce projet aujourd’hui&nbsp;? </strong> <br />   <br />  Les travaux ont donc démarré en 2017 et ont depuis atteint un stade assez avancé, aussi bien sur le plan technique que de l'organisation et de la gouvernance. La dynamique commence à prendre, avec des outils applicatifs permettant des usages autonomes. Toute notre approche réside d’ailleurs dans cette volonté de développer des outils favorisant l’autonomie des utilisateurs finaux, en toute transparence et basés sur un code ouvert. Cela facilitera la maîtrise des chaînes de traitement dans leur intégralité, afin que les projets de vigilance, de surveillance sanitaire et de recherche soient basés sur des données de qualité. <br />   <br />  <strong>L’EDS est-il déjà en production&nbsp;? </strong> <br />   <br />  Pas encore, mais nous devrons parvenir au cours de l’année 2023, à la phase de déploiement et de mise à disposition pour tous les utilisateurs du CHU. Il faut savoir que depuis 2017, nous avons été plutôt discrets sur nos travaux. Nous n’avons pas beaucoup communiqué à leur sujet, préférant nous concentrer sur le fond du projet, à savoir la création de briques fiables techniquement et qualitativement, qui permettent d’offrir cette autonomisation que nous évoquions précédemment. La plupart de ces modules sont aujourd’hui prêts, et seront progressivement proposés aux premiers utilisateurs. Notre entrepôt n'est donc à ce jour pas en production, mais en montée en charge. Nous recrutons des utilisateurs, pour la plupart issus du CHU et disposant déjà d’une certaine connaissance de ces outils, pour pouvoir faire face aux bugs éventuels et nous les remonter. Une cinquantaine de projets sont en cours pour 100 à 150 utilisateurs réguliers, et 5 000 à 6 000 requêtes sont déjà exécutées sur l'entrepôt. <br />   <br />  <strong><em>Quid </em></strong><strong>de la sécurité des données intégrées à l’EDS&nbsp;? </strong> <br />   <br />  Toutes sont stockées sur les serveurs internes du CHU de Bordeaux. Et, pour nous aligner avec le référentiel de la CNIL paru il y a deux ans, nous réalisons actuellement plusieurs travaux d’aménagement au sein de l’entrepôt.&nbsp; Mais plusieurs mesures de sécurité avaient déjà été mises en place en amont. Par exemple, une gouvernance spécifique et des règles précises s’appliquent aux modalités d’accès aux données. Leur périmètre est à la fois déterminé par la communauté médicale et les services concernés, mais aussi par un comité scientifique et éthique, chargé d'évaluer les projets des candidats. Ce cadre est nécessaire pour garantir un haut niveau de sécurité et accroitre la confiance des usagers. Sur ce point, nous travaillons également à la mise en place d’un «&nbsp;portail de la transparence&nbsp;», qui entend notamment impliquer davantage les usagers dans la gestion des données les concernant. <br />   <br />  <strong>Certains vous décrivent comme <em>«&nbsp;la nouvelle génération de l’informatique médicale&nbsp;»</em>. Qu’en pensez-vous&nbsp;? </strong> <br />   <br />  Je considère plutôt l’informatique médicale comme un continuum rassemblant des personnes de toutes les générations, parfois plus âgées et parfois plus jeunes que moi. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’une spécialité très transversale, comme le montrent nos travaux au CHU de Bordeaux. Nous collaborons bien sûr avec des ingénieurs, mais les médecins sont aussi amenés à manipuler directement les données, et n’hésitent pas à coder lorsque cela est nécessaire. Et c’est d’ailleurs une dimension importante de l’informatique médicale qui doit, en ce qui me concerne, continuer à combiner technique médicale et informatique. Il est néanmoins utile d’intégrer l’ensemble des professionnels de santé aux réflexions autour de l’exploration des données de santé, et non uniquement les médecins. Les infirmiers, les dentistes, les pharmaciens, les maïeuticiens… Chaque spécialité issue du monde des soins a un point de vue différent sur la manière dont sa pratique peut exploiter les données de santé. Il faut donc continuer à élargir les profils recrutés au sein de notre discipline, sans pour autant délaisser les spécialités informatiques. L'avenir, à mon sens, réside justement dans cette capacité à mêler tous ces regards et toutes ces expertises, des personnes très techniques qui apprennent les volets métiers, et des professionnels du soin qui se forment à la dimension technique. C’est la direction vers laquelle nous tendons aujourd’hui, et elle est particulièrement stimulante vu les volumes croissants de candidats pour les masters alliant informatique et santé. <br />   <br />  <em><strong>Article publié dans l'édition de mai 2023 d'Hospitalia&nbsp;<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-60-Les-CHU-fers-de-lance-de-l-innovation_a3613.html" target="_blank">à lire ici.</a>  </strong> </em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.hospitalia.fr/ Il-faut-continuer-a-integrer-des-profils-varies-au-sein-de-notre-discipline _a3742.html" />
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   <title>Au CHU de Bordeaux, le nettoyage sans chimie est déjà une réalité</title>
   <updated>2023-01-24T13:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Au-CHU-de-Bordeaux-le-nettoyage-sans-chimie-est-deja-une-realite_a3578.html</id>
   <category term="Hygiène" />
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   <published>2023-01-24T13:01:00+01:00</published>
   <author><name>Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Souhaitant à la fois réduire son impact environnemental et la pénibilité des métiers du bionettoyage, le CHU de Bordeaux a pris cette année le virage du nettoyage sans chimie, optant ici pour la mop Ultimate 3D Infinite du fabricant français Decitex (59). Un procédé qui tient ses promesses et s’étend progressivement à de nouveaux secteurs, avec l’aval de l’équipe d’hygiène hospitalière.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/69901552-48821400.jpg?v=1672760141" alt="Au CHU de Bordeaux, le nettoyage sans chimie est déjà une réalité" title="Au CHU de Bordeaux, le nettoyage sans chimie est déjà une réalité" />
     </div>
     <div>
      Avec 3&nbsp;041 lits et places répartis entre quatre sites majeurs – les hôpitaux Pellegrin, Haut-Lévêque, Saint-André et Xavier Arnozan –, le CHU de Bordeaux est l’établissement de recours et de référence pour la région Nouvelle-Aquitaine. Totalisant 250 services et des effectifs en conséquence, cet établissement, l’un des trois premiers CHU français en termes d’activité, est engagé depuis quinze ans dans une politique de transformation écologique qui le voit multiplier les initiatives vertueuses, dans une démarche faisant la part belle à la responsabilité sociale et environnementale. Le service bionettoyage est également engagé dans une réflexion de développement durable avec notamment l’exigence de produits écolabélisés, l’introduction du vinaigre et des microfibres pour remplacer certains produits nocifs… <br />  &nbsp; <br />  En 2018, l’unité d’hygiène hospitalière et les sept responsables du bionettoyage ont en outre engagé une réflexion collective afin de limiter le recours à la chimie pour le nettoyage des sols. «&nbsp;<em>Nous souhaitions à la fois mieux formaliser notre engagement en faveur du développement durable en réduisant l’impact environnemental de nos actions, mais aussi améliorer la qualité de vie au travail de nos agents</em>&nbsp;», explique Claudine Soulignac, l’une des responsables du bionettoyage au sein de l’établissement aquitain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des tests concluants effectués par les équipes de bionettoyage</b></div>
     <div>
      Le CHU avait certes déjà revu ses processus pour ne plus désinfecter les sols dans les secteurs d’hospitalisation classique, privilégiant un simple nettoyage avec des détergents écocertifiés. Mais il souhaitait aller plus loin, convaincu qu’&nbsp;«&nbsp;avec des équipements adaptés, il est possible de nettoyer les sols sans chimie&nbsp;», poursuit-elle. L’attention des porteurs du projet s’est rapidement tournée vers le bandeau du fabricant lillois le plus abouti en 2019, l’Ultimate 3D S.Café®, une mop microfibre à base de marc de café recyclé. «&nbsp;<em>Cela faisait in fine écho à notre démarche de Développement Durable</em>&nbsp;», note la responsable en précisant que les bandeaux microfibres de Decitex étaient déjà bien implantés au sein de l’établissement pour le nettoyage avec chimie, «&nbsp;<em>car ce sont les seuls à offrir une qualité en adéquation avec nos exigences</em>&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  En 2019, des tests ont été effectués par les agents de bionettoyage dans trois services d’hospitalisation sur plusieurs semaines. Les agents font le nettoyage du sol sans chimie, et les résultats visuels sont concluants, avec «&nbsp;<em>peu voire pas de différences par rapport à l’utilisation d’un détergent</em>&nbsp;». Deux ans plus tard, en 2021, le bandeau Ultimate 3D S. Café® cède sa place au bandeau Ultimate 3D Infinite&nbsp;composé de fil polyester 100 % recyclé, permettant de faire un pas de plus&nbsp;en faveur du&nbsp;développement durable. La démarche se concrétise pour sa part véritablement en 2022 à travers un premier déploiement, en concertation avec le service d’hygiène hospitalière, dans tous les services de l’hôpital Saint-André et dans deux services à l’hôpital Haut-Lévêque. Puis le Centre Aliénor d’Aquitaine (Pôle ORG), le Pôle Pédiatrique, le Pôle Neurosciences et le Pôle Spécialités Médicales de l’hôpital Pellegrin se joignent à la démarche. «&nbsp;<em>À chaque nouveau déploiement, un représentant de Decitex est venu former les agents et les encadrants de proximité. Il allait également à la rencontre des services précédemment équipés pour répondre à leurs questions éventuelles</em>&nbsp;», détaille Claudine Soulignac.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des sols toujours plus propres</b></div>
     <div>
      Cet accompagnement est d’autant plus nécessaire que «&nbsp;<em>cette nouvelle méthode impose une gestuelle différente&nbsp;: plutôt que de détruire chimiquement les micro-organismes et les salissures présents sur le sol, il s’agit désormais de les retirer en les encapsulant dans la microfibre</em>&nbsp;», ajoute-t-elle. L’efficacité de la technologie Decitex réside en effet dans l’alliance de deux facteurs, l’un, mécanique, pour décoller les salissures en profondeur, l’autre, capillaire, pour les capter et les emprisonner en attendant leur élimination lors du traitement de la mop lors du cycle de lavage. «&nbsp;<em>C’est au final le bandeau qui travaille plutôt que l’agent. Celui-ci a donc besoin d’utiliser moins de force pour manipuler le balai</em>&nbsp;», complète la responsable du bionettoyage qui y voit un autre avantage&nbsp;: au fil de leur nettoyage à l’eau avec l’Ultimate 3D Infinite, les sols deviennent visuellement plus propres car «&nbsp;<em>les résidus de détergent et de micro-organismes avaient fini par constituer un biofilm qui en avait terni la couleur. Cette couche est en train d’être retirée, nous le voyons car le sol s’éclaircit</em>&nbsp;». Ce constat est partagé par les agents de bionettoyage eux-mêmes&nbsp;: «&nbsp;<em>les sols sont lustrés</em>&nbsp;», indique l’un, «<em>&nbsp;ils sont beaucoup moins encrassés au fil du temps&nbsp;</em>», souligne l’autre, il est plus facile de récupérer «&nbsp;le sable, la poussière et surtout les tâches résistantes&nbsp;», abonde un troisième.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des bénéfices sur toute la ligne</b></div>
     <div>
      Autre avantage, et non des moindres, la pré-imprégnation de la mop microfibre Ultimate 3D Infinite est largement inférieure à celle d’une mop classique&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous utilisons désormais un litre d’eau pour dix bandeaux, ce qui allège considérablement les chariots des agents. C’est là un gain non négligeable pour un métier par définition physique, où les risques de troubles musculo-squelettiques sont déjà très présents</em>&nbsp;», insiste Claudine Soulignac. Un encadrant du Pôle Pédiatrique souligne également la diminution du risque de glissades, «&nbsp;<em>du fait d’un temps de séchage du sol écourté</em>&nbsp;». Sans oublier, naturellement, les économies réalisées sur l’achat de produits détergents, et surtout la réduction des risques associés à des erreurs de dosages lors de leur dilution. «&nbsp;<em>Cela nous permet de préserver notre santé</em>&nbsp;», sourit un agent de l’hôpital Pellegrin. D’autant que sans utilisation de chimie, la «&nbsp;<em>pollution de l’air</em>&nbsp;»&nbsp;est réduite et par conséquent l’inhalation de substances chimiques diminue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une évolution des pratiques qui « va dans le sens de l’histoire »</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/69901552-48821432.jpg?v=1672760182" alt="Au CHU de Bordeaux, le nettoyage sans chimie est déjà une réalité" title="Au CHU de Bordeaux, le nettoyage sans chimie est déjà une réalité" />
     </div>
     <div>
      «<em>&nbsp;À l’hôpital, le nettoyage sans chimie va incontestablement dans le sens de l’histoire. Bien sûr, pour les secteurs sensibles équipés de systèmes de traitement de l’air, comme les blocs opératoires, la réanimation ou l’oncohématologie, nous en restons encore à la désinfection des sols avec détergent-désinfectant chimique. Peut-être passerions-nous également le cap, mais des tests supplémentaires devront préalablement être menés par l’unité d’hygiène hospitalière</em>&nbsp;», indique Claudine Soulignac. La responsable du bionettoyage met toutefois en lumière un point de vigilance à son sens essentiel pour tous ceux souhaitant prendre le virage du nettoyage sans chimie&nbsp;: «&nbsp;<em>Dans les établissements de santé, l’utilisation de la chimie pour le traitement des sols est très ancrée dans les mœurs. Passer à un simple nettoyage à l’eau peut être déroutant pour les agents, et impose de prendre le temps de les informer et de répondre à leurs interrogations. Nous avons pour notre part multiplié les formations pratiques&nbsp;: ils ont ainsi pu constater que la microfibre et l’eau retiraient des salissures alors même que le sol leur semblait être visuellement propre</em>&nbsp;». Cet effort de communication doit également s’étendre aux soignants, afin que cette évolution des pratiques soit correctement perçue et comprise par tous. «&nbsp;<em>Au final, seul le procédé diffère. L’objectif est le même, et la mop microfibre Ultimate 3D Infinite obtient sans conteste de très bons résultats</em>&nbsp;», conclut-elle. <br />   <br />  <em>&gt; Plus d'informations sur le <a class="link" href="https://www.decitex.com/fr/" target="_blank">site de Decitex</a>.</em> <br />   <br />  <em style="color: rgb(62, 62, 62); font-family: Helvetica, sans-serif; text-align: justify;"><strong>Article publié dans l'édition de décembre 2022 d'Hospitalia&nbsp;<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-59-Nouveaux-modeles-Nouvelles-organisations_a3532.html" target="_blank">à lire ici.</a>  </strong></em><br style="margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(62, 62, 62); font-family: Helvetica, sans-serif; text-align: justify;" />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.hospitalia.fr/Au-CHU-de-Bordeaux-le-nettoyage-sans-chimie-est-deja-une-realite_a3578.html" />
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   <title>4CE, le partage d’informations au service de la recherche</title>
   <updated>2022-06-24T14:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/4CE-le-partage-d-informations-au-service-de-la-recherche_a3239.html</id>
   <category term="SIS" />
   <photo:imgsrc>https://www.hospitalia.fr/photo/art/imagette/64464663-46206340.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-24T14:42:00+02:00</published>
   <author><name>Aurélie Pasquelin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Né en mars 2020, le Consortium for Clinical Characterization of Covid-19 by Electronics health records (4CE) a permis de réaliser plusieurs études à partir de données agrégées de soins courants issues de 342 hôpitaux. En France, l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) et le CHU de Bordeaux ont participé à cette aventure qui a réuni une centaine de chercheurs, répartis dans huit pays.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/64464663-46206332.jpg?v=1652188729" alt="4CE, le partage d’informations au service de la recherche" title="4CE, le partage d’informations au service de la recherche" />
     </div>
     <div>
      <em>«&nbsp;</em><em>Générer des connaissances afin d’informer les médecins, les épidémiologistes et le public sur le Covid-19 grâce aux données de soins courants&nbsp;»</em>, tel est l’objectif que s’est fixé le <em>Consortium for Clinical Characterization of Covid-19 by Electronics health records</em> (4CE). Créé à l’initiative du département d’informatique biomédicale de la Faculté de médecine de l’université Harvard, aux États-Unis, il regroupe plus d’une centaine de membres, répartis dans huit pays&nbsp;: les États-Unis, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Brésil et Singapour. <br />   <br />  En développant une architecture pour analyser les données de soins courants sans partager de données individuelles, les membres du consortium ont pu étudier les chiffres concernant 342 hôpitaux, et représentant un peu plus de 350 000 patients. En France, deux centres hospitalo-universitaires ont participé à ce groupe de travail&nbsp;: l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris et le CHU de Bordeaux. <em>«&nbsp;</em><em>Tout est parti d’une invitation à une visioconférence organisée par le Professeur Isaac Kohane, directeur du département d’informatique biomédicale de Harvard&nbsp;»</em>, se souvient Bertrand Moal, interne au CHU de Bordeaux, en charge du suivi de 4CE au sein de l’établissement. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Partage de données agrégées</b></div>
     <div>
      À la suite de cet appel, les actions du consortium s’enchaînent rapidement&nbsp;: en quatre semaines, un premier article est publié autour d’une étude reposant sur des données simples et démographiques de patients atteints de Covid-19. Pour autant, <em>«&nbsp;</em><em>le rythme insufflé a mobilisé encore plus fortement tous les acteurs&nbsp;»</em>, poursuit Bertrand Moal qui insiste&nbsp;: <em>«&nbsp;si un tel déploiement a été aussi rapide, c’est aussi parce que la technologie était présente et que les entrepôts de données étaient matures&nbsp;»</em>. Au CHU de Bordeaux, comme à l’AP-HP, les services de gestion des entrepôts de données ont ainsi participé aux différentes étapes des travaux du consortium, avec notamment la création de standards communs de données individuelles, l’agrégation des données, puis la centralisation de ces données agrégées. <br />   <br />  Cette agrégation des données a d’ailleurs représenté l’un des enjeux centraux d’une démarche qui a fédéré plusieurs pays. <em>«&nbsp;Le consortium n’a pas créé de grande de base de données centrale, bien au contraire&nbsp;: dans chacun des entrepôts existants au sein des différents centres participants, une structure commune permet de décrire les patients atteints du Covid&nbsp;»</em>, décrit Bertrand Moal. À Bordeaux, les données pseudonymisées sont ainsi agrégées, c’est-à-dire compilées avec d’autres, pour en tirer des statistiques larges qui sont ensuite partagées avec les membres du consortium, suivant les besoins des études menées. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des données servant plusieurs travaux en parallèle</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/64464663-46206340.jpg?v=1652188729" alt="4CE, le partage d’informations au service de la recherche" title="4CE, le partage d’informations au service de la recherche" />
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      Partant des données partagées, les équipes partenaires mènent en effet plusieurs études en parallèle. Issues de données de soins courants, elles sont moins précises que des études observationnelles classiques. Néanmoins, <em>«&nbsp;</em><em>ce type d'étude apporte des pistes, dévoile un bruit non négligeable qui peut être précisé plus tard&nbsp;»</em>, indique Bertrand Moal. À Bordeaux, l’interne a ainsi pu se baser sur ces données pour rédiger sa thèse relative aux patients de 18 à 50 ans, ayant développé un syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA) après une infection au Covid-19. <em>«&nbsp;</em><em>J'ai développé un code simple qui permet de trier ces patients dans chacun des centres, d'obtenir des données, de les comparer avec des populations de contrôle, et de partager les résultats agrégés pour une analyse fédérée&nbsp;»</em>, explique l’ancien ingénieur. Alors que seuls 26 patients entraient dans son étude au sein du CHU de Bordeaux, l’interne a pu, grâce à 4CE, réunir une cohorte de 1 000 patients. <em>«&nbsp;</em><em>Le niveau de preuve est réellement différent&nbsp;»</em>, ajoute-t-il, en soulignant que <em>«&nbsp;</em><em>la coopération internationale offre aussi la possibilité de comparer les cas dans différents lieux et contextes&nbsp;»</em>. <br />  &nbsp;
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     <div><b>Un projet international </b></div>
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      Et le nombre d’études continue de se multiplier&nbsp;: à Bordeaux sur les SDRA, à Boston sur la pédiatrie ou à Singapore sur l’insuffisance rénale. À chaque fois, l’équipe porteuse du projet centralise les recherches, tandis que les autres agrègent, préparent et actualisent leurs données propres avant de les envoyer aux chercheurs concernés. <em>«&nbsp;</em><em>L'un des points forts de ce consortium a été de créer une communauté&nbsp;»</em>, insiste Bertrand Moal. Chaque vendredi, à 14h, une cinquantaine de personnes se réunit ainsi en visioconférence pour échanger sur l’avancée des différents travaux. <em>«&nbsp;</em><em>Ces moments, couplés à des réunions plus spécifiquement consacrées à chaque étude, nous ont permis d’échanger avec les experts en charge des données dans chacun des centres&nbsp;»</em>, ajoute l’interne, insistant sur la qualité des données et la nécessité de dialoguer pour <em>«&nbsp;</em><em>connaître leurs particularités et expliquer leurs potentiels de différence&nbsp;»</em>. <br />   <br />  Tant que l’épidémie de SARS-CoV-2 perdure, cette démarche devrait bien se poursuivre et peut-être même s’étendre car, comme le rappelle Bertrand Moal, <em>«&nbsp;</em><em>tous ont en tête les premiers résultats rapides&nbsp;»</em>. La démarche, qui a su mobiliser les équipes en pleine crise sanitaire mondiale, ne s’essouffle pas&nbsp;: aujourd’hui encore, ils sont près d’une cinquantaine à se connecter tous les vendredis à 14h pour la réunion hebdomadaire. Un groupe qui pourrait s’étoffer, car les scientifiques continuent de solliciter des établissements de santé pour qu’ils intègrent le dispositif. <em>«&nbsp;</em><em>Si l’établissement dispose d’un entrepôt de données de santé mature, le reste – structure, méthodologie, etc. – est assez simple à mettre en place&nbsp;»</em>, assure Bertrand Moal, persuadé qu’<em>«&nbsp;</em><em>il y a un intérêt non négligeable à ce que ce type de méthode se développe encore davantage à l’avenir&nbsp;»</em>. <br />   <br />  <em>Article publié dans l'édition de mai 2022 d'Hospitalia <a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-57-Ceux-qui-revolutionnent-l-hopital_a3207.html" target="_blank">à lire ici. </a>  </em>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.hospitalia.fr/4CE-le-partage-d-informations-au-service-de-la-recherche_a3239.html" />
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   <title>« Panique à l’hôpital », l’initiative ludique du CHU de Limoges</title>
   <updated>2022-03-28T12:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/ Panique-a-l-hopital --l-initiative-ludique-du-CHU-de-Limoges_a3150.html</id>
   <category term="Hygiène" />
   <photo:imgsrc>https://www.hospitalia.fr/photo/art/imagette/62702899-45380119.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-03-28T12:02:00+02:00</published>
   <author><name>Joëlle Hayek</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quelques mois avant la crise Covid, l’Équipe Opérationnelle d’Hygiène (EOH) du CHU de Limoges avait imaginé « Panique à l’hôpital », un jeu de plateau portant sur la gestion d’une infection à risque épidémique et la prévention de l’antibiorésistance. Pour en savoir plus, nous avons rencontré les Docteurs Nathalie Pestourie, responsable de l’EOH, et Camille Bataille, qui est à l’origine de cette initiative et est désormais en poste au CHU de Bordeaux.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/62702899-45380119.jpg?v=1646061517" alt="« Panique à l’hôpital », l’initiative ludique du CHU de Limoges" title="« Panique à l’hôpital », l’initiative ludique du CHU de Limoges" />
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      <strong>Pourriez-vous, pour commencer, nous présenter l’EOH du CHU de Limoges&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> Intégrée au service de bactériologie, virologie et hygiène de l’établissement, celle-ci est composée d’un praticien hospitalier à temps plein – en l’occurrence moi-même –, d’un Maître de conférence des universités praticien hospitalier (MCU-PH), d’un assistant spécialiste partagé avec le CPias Nouvelle-Aquitaine, poste occupé jusqu’en octobre dernier par Camille Bataille qui a depuis rejoint le CHU de Bordeaux, de trois infirmiers Diplômés d’État, et d’une conseillère en vie sociale et familiale travaillant, notamment, à la prévention du risque infectieux dans les fonctions support. L’Équipe Opérationnelle d’Hygiène intervient sur les cinq sites du CHU de Limoges. Pour ma part, j’interviens également sur les CH de Saint-Junien et de Saint-Yrieix-la-Perche (direction commune avec le CHU de Limoges) dans le cadre d’un pôle inter-établissements, et je suis responsable d’une l’Équipe Mobile d’Hygiène (EMH), plus particulièrement dédiée à l’accompagnement des EHPAD de la Haute-Vienne. <br />   <br />  <strong>Lors du dernier congrès de la SF2H en octobre dernier, vous aviez présenté «&nbsp;Panique à l’hôpital&nbsp;», un jeu sérieux développé en interne. Pourriez-vous nous en parler&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Camille Bataille&nbsp;:</em></strong> Celui-ci est né dans le cadre de la Semaine de Sécurité du Patient (SSP) de novembre 2019, alors organisée sur le thème de la résistance aux antibiotiques. Nous cherchions une idée novatrice pour à la fois répondre à cette problématique et y sensibiliser nos équipes. Or, quelque temps auparavant, lors de la Nuit européenne des chercheurs, j’avais participé avec l’Université de Limoges au développement d’un jeu destiné aux collégiens et lycéens. L’idée d’un jeu de plateau traitant de l’antibiorésistance, et plus globalement de la prévention des infections associées aux soins (IAS), s’est donc rapidement imposée. Nous avions imaginé quatre scénarios mais seuls deux avaient finalement été proposés&nbsp;: la grippe et la pneumopathie acquise sous ventilation mécanique. Le format du jeu et son aspect visuel – très réussi et qui représente les différents secteurs de l’hôpital – ont été travaillés avec le service communication du CHU. Il a ensuite été proposé durant quatre après-midis de la SSP, pour des sessions qui duraient environ 20 minutes. 64 soignants y ont participé, avec des retours très positifs. <br />   <br />  <strong>En quoi consiste plus concrètement ce jeu pédagogique&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Camille Bataille&nbsp;:</em></strong> Tout commence avec une fiche décrivant le cas clinique d’un patient hospitalisé et présentant des signes d’IAS. L’objectif est donc de découvrir de laquelle il s’agit, avec quel agent infectieux et par quel mode d’infection, en se déplaçant sur le plateau à l’aide d’un dé pour obtenir des indices. Des cases marquées «&nbsp;?&nbsp;» permettent de découvrir un indice supplémentaire en répondant à des questions sur la résistance aux antibiotiques, sensibilisant par l’occasion les joueurs à cet enjeu de santé publique. Une fois la partie terminée, ceux-ci se rendent à «&nbsp;l’unité hygiène&nbsp;» du jeu pour déterminer les précautions standard et complémentaires à mettre en place pour prévenir la transmission croisée de l’agent infectieux concerné. <br />   <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> Le jeu a vraiment eu beaucoup de succès, tant au niveau esthétique que par l’échange créé. Il est en outre adaptable et réutilisable à souhait par d’autres équipes, en modifiant par exemple les questions des cases «&nbsp;?&nbsp;» ou en élargissant les scénarios à d’autres événements indésirables associés aux soins. Très ludique, ce format peut donc se révéler intéressant pour diffuser des messages clés contribuant à la qualité et la sécurité des soins. Nous envisagions d’ailleurs d’évaluer son impact sur les connaissances des personnels, mais cet objectif a été quelque peu laissé de côté avec l’arrivée de la crise épidémique. Cela dit, une fois la situation revenue à la normale, nous aimerions mieux le faire connaître et en faire bénéficier d’autres équipes et d’autres établissements. <br />   <br />  <strong>Justement, quel regard portez-vous sur l’épidémie en tant que spécialistes de l’hygiène hospitalière&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> Le virus a eu un impact positif sur notre spécialité, dans le sens où l’hygiène des mains s’est systématisée dans les secteurs sanitaire et médico-social&nbsp;; même les résidents en EHPAD la mettent en œuvre. &nbsp;Le port du masque est partout entré dans les mœurs, du moins le masque chirurgical qui est également largement porté à l’extérieur de l’hôpital&nbsp;; cela est encore un peu difficile pour les mesures de protection respiratoire spécifiques à nos activités, comme le port du FFP2. Il faudra, naturellement, voir ce qui en restera une fois la crise terminée. J’espère en tout cas que le Covid aura suffisamment désacralisé le port du masque pour que celui-ci devienne un geste naturel, en particulier lors de symptômes respiratoires ou pour réaliser un soin rapproché. Sur un autre registre, j’ai également constaté que mes étudiants en première année des disciplines médicales et paramédicales sont plus au fait que leurs prédécesseurs sur certaines questions, comme justement les masques, les mesures barrière, le <em>contact tracing</em>, les solutions hydro-alcooliques… Ils arrivent désormais avec un certain bagage, ce qui nous aide beaucoup. <br />   <br />  <strong><em>Dr Camille Bataille&nbsp;:</em></strong> La crise a également eu un impact positif pour la prévention des BHRe&nbsp;: elle a ainsi permis aux soignants de mieux comprendre les concepts de porteur asymptomatique, de <em>contact tracing</em>, etc. Ce sont des enjeux essentiels pour prévenir et maîtriser la diffusion de ces micro-organismes. Nous y travaillions depuis déjà plusieurs années mais il subsistait quelques freins. Ils ont dans une certaine mesure été levés avec le Covid&nbsp;: les soignants sont plus réceptifs à ces notions, ils peuvent faire des parallèles entre la gestion du SARS-CoV2 et celle des BHRe. Cela dit, plusieurs établissements constatent une diminution des BHRe lors des vagues Covid, puis une inversion une fois le pic épidémique passé. Cette tendance est probablement à mettre en regard avec un meilleur respect des mesures barrière durant ces périodes. Elle n’en doit pas moins être mesurée et objectivée. <br />   <br />  <strong>Pour en revenir à l’antibiorésistance&nbsp;: où en sommes-nous aujourd’hui&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> L’épidémie a sans doute eu un impact négatif sur le bon usage des antibiotiques, même si l’on n’en mesure pas encore l’impact&nbsp;: aujourd’hui encore, des antimicrobiens sont prescrits en cas de suspicion de Covid, alors que cela n’est pas recommandé. Lorsque la crise se sera calmée, il faudra probablement remettre la question de l’antibiorésistance sur le devant de la scène. Il sera à mon sens également nécessaire de reprendre la gestion des excrétas, autre grande oubliée de ces deux dernières années. La mission MATIS du RéPias a d’ailleurs proposé à ce sujet une boîte à outils très intéressante, mais celle-ci n’avait pas pu être mise en œuvre correctement. Peut-être faudra-t-il la promouvoir à nouveau, avec les autres boîtes à outils MATIS, d’autant que l’hygiène hospitalière est aujourd’hui mieux identifiée au sein des établissements de santé. <br />   <br />  <strong>Qu’entendez-vous par là&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Camille Bataille&nbsp;:</em></strong> Depuis la crise sanitaire, les directions hospitalières, les soignants, connaissent mieux leur EOH et sont plus réceptifs à nos messages. Encore faudrait-il que nous ayons suffisamment de moyens pour pouvoir faire un réel travail de fond, sans nous en tenir uniquement à la gestion ponctuelle d’une situation de crise – même si nous savons répondre à ce type de problématique. Mettre en œuvre une véritable politique de prévention des IAS nécessite des investissements à la hauteur des enjeux. Or le contexte est difficile pour l’hygiène hospitalière, comme pour toutes les autres spécialités médicales. <br />   <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> Cela dit, et même si notre spécialité est mieux reconnue, nous devrons poursuivre la réflexion pour continuer de trouver de bons axes de communication, en particulier auprès de la communauté médicale qui, en comparaison des paramédicaux, est plus demandeuse de données scientifiques. Or l’hygiène hospitalière n’est pas aussi dogmatique&nbsp;: des preuves existent en ce qui concerne l’efficacité des mesures barrière, mais elles ne sont pas chiffrées. Nous savons tous qu’il est plus sûr de réaliser une intervention chirurgicale au bloc opératoire plutôt que sur le parvis de l’hôpital. Pour autant, il ne viendrait à l’esprit de personne de mettre en place un essai comparatif entre ces deux méthodes… <br />   <br />  <strong>Évoquons, pour terminer, une autre réflexion en cours au sein de votre spécialité&nbsp;: l’éco-responsabilité. Que pouvez-vous nous en dire&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Dr Nathalie Pestourie&nbsp;:</em></strong> Cette tendance de fond date d’avant le Covid et doit se poursuivre puisqu’il s’agit, après tout, d’un enjeu d’avenir qui dépasse les seuls hygiénistes. Depuis quelques décennies, les produits à usage unique se sont généralisés à l’hôpital, mais sont-ils véritablement nécessaires partout&nbsp;? Ils sont par exemple justifiés pour la gestion des excrétas, où le risque infectieux est important. Mais pour d’autres activités, il est possible de recourir à des produits réutilisables, comme les sur-blouses en tissu – sous réserve de pouvoir les traiter correctement en blanchisserie. De la même manière, le recours systématique aux solutions désinfectantes pour l’entretien des locaux doit être repensé, en privilégiant des produits justement plus écoresponsables, comme un lavage à la microfibre et à l’eau. Un réajustement est nécessaire, d’autant que la crise l’a souligné avec encore plus d’acuité&nbsp;: la prévention des risques infectieux ne doit pas faire l’impasse sur celle des risques environnementaux. <br />   <br />  <em>Article publié dans l'édition de février 2022 d'Hospitalia <a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-56-2022-prets-pour-un-nouveau-depart_a3115.html" target="_blank">à lire ici. </a>  </em> <br />  &nbsp;
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