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#SantExpo2026 : de l’assistant conversationnel aux agents intelligents, Dedalus veut redonner du temps aux soignants


Rédigé par Joëlle Hayek le Mercredi 10 Juin 2026 à 16:58 | Lu 83 fois


L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans le quotidien hospitalier. Consultation médicale, imagerie, gestion des lits, documentation clinique… les usages se multiplient et déplacent le débat. L’enjeu, désormais, porte sur son intégration, qui doit être à la fois utile, sécurisée et réellement adaptée aux pratiques des soignants. À l’occasion de SantExpo 2026, Dedalus a partagé sa vision d’un hôpital où le système d’information devient un environnement intelligent, capable d’alléger durablement la charge mentale des équipes médicales.



Le constat de départ est largement partagé : les outils numériques, devenus indispensables, pèsent de plus en plus lourd dans le quotidien des professionnels de santé. « Ils consacrent près de 60 % de leur temps à l’ordinateur, rappelle le Dr Laurent Gout, Directeur des opérations chez Dedalus France. Un médecin me disait récemment qu’elle ne voulait plus dépendre du clavier et de la souris. Elle souhaitait simplement que l’ordinateur soit capable de la comprendre, comme le fait déjà son smartphone. » Cette attente traduit une évolution profonde des usages. L’IA générative est déjà massivement utilisée dans les hôpitaux, souvent en dehors des cadres institutionnels. « Dans un CHU que je ne citerai pas, on compte aujourd’hui près de 700 000 connexions mensuelles à ChatGPT depuis les postes informatiques de l’établissement », souligne Laurent Gout. Pour Amel Mokrani Bois, Directrice Générale de Dedalus France, cette évolution oblige désormais les acteurs du numérique en santé à dépasser les effets d’annonce pour répondre à des besoins opérationnels très concrets. « Au-delà des promesses portées par l’industrie, il est essentiel de s’interroger sur l’intégration réelle de l’IA à l’hôpital et sur son impact au quotidien. »

L’IA ambiante transforme déjà la consultation médicale

Parmi les usages les plus avancés figure l’IA ambiante, qui automatise la documentation clinique pendant les échanges avec le patient. Le médecin peut ainsi se concentrer pleinement sur la consultation pendant que l’IA écoute, structure et génère automatiquement les éléments de compte-rendu. « L’IA ambiante me permet d’expliquer précisément au patient son intervention chirurgicale pendant que le système prend en charge cette tâche administrative », témoigne le Pr Éric Vibert, chirurgien hépatique à l’AP-HP et cofondateur de la chaire innovation BOPA (Bloc Opératoire Augmenté). Les gains dépassent le simple confort d’usage. « Quand elles seront utilisables à l’AP-HP, ce sera un gain de temps pendant la consultation, mais aussi un allègement de la charge des secrétariats, poursuit-il. Finalement, ces technologies permettent aux équipes hospitalières de se recentrer sur des tâches à plus forte valeur humaine. » Une évolution qui participe aussi à une amélioration globale des conditions de travail.

Des bénéfices mesurables sur le terrain

D’autres usages de l’IA ont également trouvé leur place dans les établissements de santé. Au GHT Confluence, une IA de détection des fractures aide par exemple les urgentistes lorsque les radiologues ne sont pas disponibles. « Les bénéfices ont été immédiats : amélioration de la prise en charge des patients, mais aussi diminution des tensions entre les urgentistes et les radiologues », explique Abder Assali, le Directeur des systèmes d’information. L’établissement utilise également l’IA en anatomopathologie pour accélérer l’analyse des lames médicales. « Nous sommes passés d’environ quinze minutes à dix secondes d’analyse par lame », souligne-t-il. En chirurgie, les applications se développent également autour de la préparation opératoire et de la reconstruction anatomique 3D. « Pour une chirurgie du foie, qui dure généralement au minimum six heures, nous estimons le gain de temps à environ une heure par intervention », précise le Pr Vibert. Pour Amel Mokrani Bois, ces retours d’expérience montrent l’importance d’évaluer précisément les bénéfices attendus avant tout déploiement : « Il faut savoir ce que l’on souhaite mesurer : un gain de temps, une amélioration de la qualité des soins, un bénéfice organisationnel ou encore un impact économique ».

Une IA intégrée aux workflows hospitaliers

Pour fonctionner réellement à l’hôpital, l’IA doit toutefois s’intégrer directement dans les usages existants. « Aujourd’hui, les professionnels de santé doivent déjà jongler avec un très grand nombre d’applications, rappelle Abder Assali. Si les solutions d’IA sont dès le départ intégrées au DPI, alors les gains de temps seront réels et l’adoption beaucoup plus rapide. » Pour répondre à cette problématique, Dedalus s’appuie notamment sur un partenariat avec Corti, spécialiste de l’IA médicale. « La plateforme Corti fonctionne comme une véritable boîte à outils IA intégrée directement dans les workflows cliniques », explique Mikaël Grynszpan, Directeur des ventes France chez Corti. La solution combine trois briques principales : la reconnaissance vocale et l’écoute ambiante ; l’IA générative pour structurer et synthétiser l’information ; et l’IA agentique orientée vers la décision augmentée. « Nous proposons l’ensemble de ces modèles sous forme d’API afin qu’ils puissent être intégrés nativement dans les DPI Dedalus », précise-t-il.

Buddy, du DPI passif au copilote intelligent

C’est dans cette logique que s’inscrit Buddy, l’assistant IA développé par Dedalus et qui sera intégré dans son dossier patient informatisé de nouvelle génération Care4U fin 2026. « L’objectif est de faire évoluer le DPI d’un outil passif vers un véritable copilote intelligent capable d’assister activement les soignants dans leurs tâches quotidiennes », explique Laurent Gout. Concrètement, Buddy sera capable de prendre automatiquement des notes pendant une consultation, de générer des comptes-rendus, de préparer les lettres de sortie, de structurer des textes libres ou encore d’extraire des informations pertinentes pour le codage hospitalier. Mais l’ambition va plus loin qu’un simple assistant conversationnel. Dedalus travaille sur une nouvelle génération d’IA dites « agentiques », capables non seulement de comprendre le contexte clinique, mais aussi de raisonner et de se coordonner. « L’agent peut analyser le contexte, orchestrer des actions, planifier des taches et soumettre des actions tout en contribuant à la prise de décision en lien avec différentes bases de connaissances, explique Vincent Planat, Senior Technologist et Business Architect chez Dedalus France. Nous passons d’une logique centrée sur les LLM à une véritable architecture d’agents IA. »

De l’assistance à l’orchestration multi-agents

Dedalus entend désormais appliquer cette logique multi-agents à l’ensemble des organisations hospitalières. Dans son Command Center, différents agents IA pourront demain collaborer pour identifier des tensions capacitaires, proposer des réaffectations de lits et fluidifier les parcours patients associés. « Un agent peut détecter des tensions sur les lits disponibles, un autre proposer des réaffectations, puis le système orchestre différents agents spécialisés pour optimiser les décisions », explique Vincent Planat. La même approche est en cours de développement pour l’imagerie médicale. Dedalus développe notamment des workflows adaptatifs capables de s’ajuster automatiquement au contexte clinique de chaque patient. « Nous passons d’un workflow statique à un workflow dynamique, piloté par un cockpit intelligent », explique Anna-Cécilia Vlachomitrou, Head of Innovation chez Dedalus. La plateforme DeepUnity Adaptive Imaging doit ainsi permettre d’orchestrer différents agents selon le contexte clinique du patient et les besoins du radiologue. Leslaboratoires de biologie médicale ne seront pas en reste, avec des agents dédiés à la saisie des demandes d’analyses, à l’assistance à la validation biologique ou encore à la génération de comptes-rendus vulgarisés pour les patients. Mais Dedalus insiste sur un point : l’humain reste au centre du dispositif. « Une validation et une supervision humaines demeurent indispensables pour garantir la pertinence des propositions formulées par les agents IA », rappelle Vincent Planat.

Une transformation qui impose encore des garde-fous

Malgré les avancées, les intervenants accueillis sur le stand Dedalus durant SantExpo rappellent que l’industrialisation de ces usages soulève encore plusieurs défis. Le premier concerne les infrastructures techniques. Le Pr Éric Vibert évoque par exemple les difficultés rencontrées autour de la réalité augmentée au bloc opératoire : « Sur le papier, les perspectives étaient extrêmement intéressantes. Mais dans la pratique, nous sommes encore limités par les infrastructures et les capacités de calcul disponibles. » Les questions juridiques restent également ouvertes. « Il existe encore un flou important autour de la responsabilité en cas d’erreur produite par une IA », rappelle Abder Assali. Enfin, une question plus profonde traverse l’ensemble des débats : celle de la place du médecin et de l’évolution de son rôle face à l’intelligence artificielle. « Tout le monde souhaite bénéficier d’un assistant intelligent, mais chacun craint aussi d’être remplacé », observe Laurent Gout. Pour le Pr Éric Vibert, l’IA ne remplacera pourtant jamais ce qui constitue le cœur du soin : « Le médecin reste avant tout un artisan de la relation humaine. Paradoxalement, je pense que l’IA pourrait redonner encore plus d’importance à la médecine clinique et à l’empathie. » C’est probablement là que se situe aujourd’hui le véritable enjeu de l’IA hospitalière : non pas remplacer les soignants, mais leur permettre de redevenir pleinement soignants.






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