Quels sont, selon vous, les principaux défis du secteur de la santé ?
Christophe Letourmy : Il existe d’abord un défi démographique : la population vieillit et la demande de soins croît, alors même que les nouveaux professionnels aspirent à un meilleur équilibre de vie – ce qui entraîne des tensions budgétaires. À cela s’ajoute un défi clinique. Dans un contexte de pénurie médicale et de surcharge informationnelle, comment les praticiens peuvent-ils prendre les bonnes décisions pour des patients complexes ? Un défi populationnel complète le tableau, pour maintenir la population en meilleure santé et prévenir l’aggravation des pathologies, notamment chroniques. Tous ces enjeux convergent. La technologie peut être un levier, à condition de devenir un facilitateur et non un facteur de complexité supplémentaire. Ce qui n’est pas, d’ailleurs, sans poser un dernier défi, celui de la souveraineté : comment garantir que les technologies et les données restent maîtrisées en France, pour justement rendre cette souveraineté possible ?
Pourquoi la technologie est-elle devenue un facteur de complexité ?
La relation de soin est avant tout une relation humaine. Aujourd’hui, la technologie est parfois perçue comme une barrière entre le médecin et son patient. Le praticien passe beaucoup de temps à saisir des données, tandis que le patient se sent moins écouté. Au lieu de simplifier, la technologie a ajouté une complexité supplémentaire dans la pratique. Softway Medical agit pour inverser cette dynamique, en apportant des solutions réellement facilitatrices et mises au service de l’humain.
Concrètement, comment accompagnez-vous la transformation de la relation de soin ?
Notre priorité est de redonner du temps aux professionnels de santé, en répondant véritablement à leurs besoins métiers. C’est dans cette logique que nous avons développé une IA de synthèse clinique, co-conçue avec le GHICL et capable de générer un résumé clair et concis de l’historique d’un patient. Cette solution est née des besoins du terrain : les équipes traitent des patients aux pathologies complexes, avec une quantité importante d’informations à analyser. Nous sommes également au travail pour intégrer des solutions d’IA ambiante dans notre DPI Hopital Manager. L’enjeu est simple : permettre au praticien de rester centré sur son patient pendant que le système produit un compte-rendu structuré, immédiatement exploitable pour les décisions cliniques.
Ces expérimentations sont réalisées au sein du Lab Innovation. Pourriez-vous nous en parler ?
Le Lab Innovation rassemble plusieurs parties prenantes – clients, écoles, start-ups – et permet de travailler en cycles courts : nous développons des prototypes robustes et testables en conditions réelles auprès d’un nombre restreint d’utilisateurs. Nous les ajustons si nécessaire, puis nous les déployons plus largement. L’IA de synthèse clinique en est un exemple : nous en sommes déjà à la troisième version, enrichie au fil des retours des équipes médicales sur leurs différentes spécialités. C’est ce processus itératif qui garantit des solutions pertinentes et éprouvées avant tout passage à l’échelle.
La transformation des pratiques implique aussi une évolution dans l’usage de la donnée. Pourriez-vous préciser ce point ?
Tout repose d’abord sur la qualité de la donnée, puis sur la manière dont elle est structurée. C’est cette structuration qui permet d’y accéder au bon moment, dans le bon format, et de la rendre réellement exploitable. L’enjeu n’est pas la quantité, mais la capacité à mettre à disposition une information claire, fiable et mobilisable en clinique comme en recherche. Avec l’intégration d’Epiconcept, nous renforçons cette compétence de structuration et de qualification des données au service du soin et de la santé publique. Pour preuve, le projet Deep.Piste, mené en Occitanie avec le CRCDC, le Health Data Hub et HEKA de l’INRIA-INSERM, qui s’appuie sur plusieurs dizaines de milliers de mammographies issues du dépistage organisé, avec pour objectif final de mieux identifier les femmes susceptibles de développer des cancers d’intervalle. Il ne s’agit pas ici de multiplier les données, mais de les structurer pour évaluer des scénarios concrets d’intégration de l’IA : réduction des faux négatifs, limitation des examens complémentaires inutiles et optimisation des parcours. Une donnée bien qualifiée permet ainsi d’améliorer la précision du dépistage comme la qualité du suivi populationnel.
Comment accompagnez-vous également les transformations organisationnelles ?
Pour pallier les effectifs réduits et les budgets contraints, il faut alléger la charge opérationnelle des équipes et rendre les organisations plus fluides. C’est le rôle d’Hopital Manager : automatiser l’élaboration des plannings, optimiser le dimensionnement des équipes, simplifier le codage PMSI, faciliter le pilotage budgétaire et surtout fluidifier les échanges entre professionnels de santé. Dans cet esprit, Hopital Manager a été le premier DPI référencé Ségur vague 2. Nous avons mobilisé une Task Force de plus de 200 experts pour obtenir – dans les délais – notre référencement. Nous sommes même allés au-delà du cadre réglementaire. Nous sommes convaincus que la transformation du système de santé ne peut se faire sans technologies apportant une valeur tangible. Notre ambition est de contribuer à l’ouverture des systèmes afin de créer un lien enrichi qui profite à l’ensemble du système de santé.
Quid des enjeux de souveraineté ?
Aujourd’hui, la souveraineté est une condition de confiance. Softway Medical est une entreprise française, indépendante et qui combine trois métiers complémentaires : éditeur, intégrateur et hébergeur. Nos data centers implantés en France ont été parmi les premiers à obtenir la certification HDS et répondent à toutes les exigences de sécurité. Cette combinaison unique est une vraie force, car elle fluidifie les échanges avec nos partenaires hospitaliers et permet un suivi centralisé.
Le mot de la fin ?
Nous prônons une e-santé réfléchie, fondée sur le discernement. Une technologie mesurée, qui ne vaut que par l’usage qu’elle permet et le temps qu’elle restitue. Notre ambition est d’avoir un impact réel en rendant la pratique professionnelle plus fluide et plus efficace, de faire progresser la recherche et d’apporter une réelle valeur. Grâce à nos solutions, les soignants peuvent mieux soigner, avec des ressources constantes et en concentrant leur énergie là où elle compte vraiment : auprès des patients.
> Plus d'informations sur le site de Softway Medical
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
Christophe Letourmy : Il existe d’abord un défi démographique : la population vieillit et la demande de soins croît, alors même que les nouveaux professionnels aspirent à un meilleur équilibre de vie – ce qui entraîne des tensions budgétaires. À cela s’ajoute un défi clinique. Dans un contexte de pénurie médicale et de surcharge informationnelle, comment les praticiens peuvent-ils prendre les bonnes décisions pour des patients complexes ? Un défi populationnel complète le tableau, pour maintenir la population en meilleure santé et prévenir l’aggravation des pathologies, notamment chroniques. Tous ces enjeux convergent. La technologie peut être un levier, à condition de devenir un facilitateur et non un facteur de complexité supplémentaire. Ce qui n’est pas, d’ailleurs, sans poser un dernier défi, celui de la souveraineté : comment garantir que les technologies et les données restent maîtrisées en France, pour justement rendre cette souveraineté possible ?
Pourquoi la technologie est-elle devenue un facteur de complexité ?
La relation de soin est avant tout une relation humaine. Aujourd’hui, la technologie est parfois perçue comme une barrière entre le médecin et son patient. Le praticien passe beaucoup de temps à saisir des données, tandis que le patient se sent moins écouté. Au lieu de simplifier, la technologie a ajouté une complexité supplémentaire dans la pratique. Softway Medical agit pour inverser cette dynamique, en apportant des solutions réellement facilitatrices et mises au service de l’humain.
Concrètement, comment accompagnez-vous la transformation de la relation de soin ?
Notre priorité est de redonner du temps aux professionnels de santé, en répondant véritablement à leurs besoins métiers. C’est dans cette logique que nous avons développé une IA de synthèse clinique, co-conçue avec le GHICL et capable de générer un résumé clair et concis de l’historique d’un patient. Cette solution est née des besoins du terrain : les équipes traitent des patients aux pathologies complexes, avec une quantité importante d’informations à analyser. Nous sommes également au travail pour intégrer des solutions d’IA ambiante dans notre DPI Hopital Manager. L’enjeu est simple : permettre au praticien de rester centré sur son patient pendant que le système produit un compte-rendu structuré, immédiatement exploitable pour les décisions cliniques.
Ces expérimentations sont réalisées au sein du Lab Innovation. Pourriez-vous nous en parler ?
Le Lab Innovation rassemble plusieurs parties prenantes – clients, écoles, start-ups – et permet de travailler en cycles courts : nous développons des prototypes robustes et testables en conditions réelles auprès d’un nombre restreint d’utilisateurs. Nous les ajustons si nécessaire, puis nous les déployons plus largement. L’IA de synthèse clinique en est un exemple : nous en sommes déjà à la troisième version, enrichie au fil des retours des équipes médicales sur leurs différentes spécialités. C’est ce processus itératif qui garantit des solutions pertinentes et éprouvées avant tout passage à l’échelle.
La transformation des pratiques implique aussi une évolution dans l’usage de la donnée. Pourriez-vous préciser ce point ?
Tout repose d’abord sur la qualité de la donnée, puis sur la manière dont elle est structurée. C’est cette structuration qui permet d’y accéder au bon moment, dans le bon format, et de la rendre réellement exploitable. L’enjeu n’est pas la quantité, mais la capacité à mettre à disposition une information claire, fiable et mobilisable en clinique comme en recherche. Avec l’intégration d’Epiconcept, nous renforçons cette compétence de structuration et de qualification des données au service du soin et de la santé publique. Pour preuve, le projet Deep.Piste, mené en Occitanie avec le CRCDC, le Health Data Hub et HEKA de l’INRIA-INSERM, qui s’appuie sur plusieurs dizaines de milliers de mammographies issues du dépistage organisé, avec pour objectif final de mieux identifier les femmes susceptibles de développer des cancers d’intervalle. Il ne s’agit pas ici de multiplier les données, mais de les structurer pour évaluer des scénarios concrets d’intégration de l’IA : réduction des faux négatifs, limitation des examens complémentaires inutiles et optimisation des parcours. Une donnée bien qualifiée permet ainsi d’améliorer la précision du dépistage comme la qualité du suivi populationnel.
Comment accompagnez-vous également les transformations organisationnelles ?
Pour pallier les effectifs réduits et les budgets contraints, il faut alléger la charge opérationnelle des équipes et rendre les organisations plus fluides. C’est le rôle d’Hopital Manager : automatiser l’élaboration des plannings, optimiser le dimensionnement des équipes, simplifier le codage PMSI, faciliter le pilotage budgétaire et surtout fluidifier les échanges entre professionnels de santé. Dans cet esprit, Hopital Manager a été le premier DPI référencé Ségur vague 2. Nous avons mobilisé une Task Force de plus de 200 experts pour obtenir – dans les délais – notre référencement. Nous sommes même allés au-delà du cadre réglementaire. Nous sommes convaincus que la transformation du système de santé ne peut se faire sans technologies apportant une valeur tangible. Notre ambition est de contribuer à l’ouverture des systèmes afin de créer un lien enrichi qui profite à l’ensemble du système de santé.
Quid des enjeux de souveraineté ?
Aujourd’hui, la souveraineté est une condition de confiance. Softway Medical est une entreprise française, indépendante et qui combine trois métiers complémentaires : éditeur, intégrateur et hébergeur. Nos data centers implantés en France ont été parmi les premiers à obtenir la certification HDS et répondent à toutes les exigences de sécurité. Cette combinaison unique est une vraie force, car elle fluidifie les échanges avec nos partenaires hospitaliers et permet un suivi centralisé.
Le mot de la fin ?
Nous prônons une e-santé réfléchie, fondée sur le discernement. Une technologie mesurée, qui ne vaut que par l’usage qu’elle permet et le temps qu’elle restitue. Notre ambition est d’avoir un impact réel en rendant la pratique professionnelle plus fluide et plus efficace, de faire progresser la recherche et d’apporter une réelle valeur. Grâce à nos solutions, les soignants peuvent mieux soigner, avec des ressources constantes et en concentrant leur énergie là où elle compte vraiment : auprès des patients.
> Plus d'informations sur le site de Softway Medical
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici








