Pour commencer, pourriez-vous nous présenter la PUI de l’Aube ?
Dr Anne Leblanc : Celle-ci compte aujourd’hui 9 préparateurs en pharmacie, un magasinier, un secrétaire et 3 pharmaciens. Elle assurait historiquement la dispensation des médicaments pour les lits et places de l’EPSM, répartis entre Troyes, Romilly-sur-Seine, Bar-sur-Seine et Brienne-le-Château. Le 1er avril 2025, nous avons emménagé dans de nouveaux locaux, devenus nécessaires en raison de l’exiguïté des précédents. Très rapidement, notre périmètre s’est élargi : le 26 juin, nous avons repris la dispensation pour l’hôpital de Bar-sur-Aube, un établissement comprenant des lits de médecine et de SMR, ainsi qu’un EHPAD. Depuis le 1er janvier 2026, nous desservons également un second EHPAD à Brienne-le-Château.
Dr Fabienne Leguay : Au-delà du développement de notre activité – qui concerne désormais 210 lits et places de psychiatrie à l’EPSM de l’Aube, environ 180 lits au CH de Bar-sur-Aube, 68 lits pour la maison d’accueil spécialisé de Brienne-le-Château et 84 lits pour l’EHPAD de Brienne-le-Château –, ce déménagement a aussi été marqué par deux changements majeurs : la mise en place d’une activité de rétrocession auprès du public, et surtout l’introduction de l’automatisation avec un automate de surconditionnement pour la préparation des traitements. Nous pratiquions déjà la dispensation nominative, mais elle était manuelle ; elle est désormais réalisée sous forme de carnets automatisés, ce qui a profondément modifié nos pratiques.
Comment s’est passée l’automatisation ?
Dr Anne Leblanc : Sa mise en place a nécessité de nombreux réglages techniques, ainsi que des travaux d’interfaçage entre nos logiciels et l’automate. Nous avons donc opté pour une montée en charge progressive afin de sécuriser la production et de garantir la qualité de la dispensation. Nous couvrons ainsi aujourd’hui 120 lits, et prévoyons d’en intégrer 130 supplémentaires d’ici l’été.
Dr Fabienne Leguay : Cette automatisation concerne principalement les EHPAD, où les prescriptions sont relativement stables. Mais l’arrivée de l’EHPAD de Brienne-le-Château, qui n’était pas prévue initialement, pose question : nous ne savons pas encore si nous pourrons intégrer ses 84 lits dans l’automate. Cela dépendra notamment de la compatibilité de son logiciel de prescription avec notre outil.
Quels ont été vos principaux défis ?
Dr Fabienne Leguay : L’hétérogénéité des systèmes informatiques entre établissements, notamment avec Bar-sur-Aube, a été un défi majeur. Il a également fallu harmoniser les fiches produits et les livrets thérapeutiques, afin d’éviter les doublons ou une trop grande disparité dans les médicaments utilisés. Nous avons ici travaillé étroitement avec les prescripteurs pour aboutir à une standardisation cohérente.
Dr Anne Leblanc : L'automatisation a aussi entraîné une réorganisation complète de nos processus, y compris sur le plan logistique. Par exemple, les carnets produits par l’automate sont transportés dans des armoires, alors que les traitements étaient auparavant acheminés dans des caisses. Il a donc fallu revoir les circuits de livraison et utiliser des véhicules adaptés. Ce sont des détails en apparence, mais ils ont eu un impact important sur nos équipes.
Dr Anne Leblanc : Celle-ci compte aujourd’hui 9 préparateurs en pharmacie, un magasinier, un secrétaire et 3 pharmaciens. Elle assurait historiquement la dispensation des médicaments pour les lits et places de l’EPSM, répartis entre Troyes, Romilly-sur-Seine, Bar-sur-Seine et Brienne-le-Château. Le 1er avril 2025, nous avons emménagé dans de nouveaux locaux, devenus nécessaires en raison de l’exiguïté des précédents. Très rapidement, notre périmètre s’est élargi : le 26 juin, nous avons repris la dispensation pour l’hôpital de Bar-sur-Aube, un établissement comprenant des lits de médecine et de SMR, ainsi qu’un EHPAD. Depuis le 1er janvier 2026, nous desservons également un second EHPAD à Brienne-le-Château.
Dr Fabienne Leguay : Au-delà du développement de notre activité – qui concerne désormais 210 lits et places de psychiatrie à l’EPSM de l’Aube, environ 180 lits au CH de Bar-sur-Aube, 68 lits pour la maison d’accueil spécialisé de Brienne-le-Château et 84 lits pour l’EHPAD de Brienne-le-Château –, ce déménagement a aussi été marqué par deux changements majeurs : la mise en place d’une activité de rétrocession auprès du public, et surtout l’introduction de l’automatisation avec un automate de surconditionnement pour la préparation des traitements. Nous pratiquions déjà la dispensation nominative, mais elle était manuelle ; elle est désormais réalisée sous forme de carnets automatisés, ce qui a profondément modifié nos pratiques.
Comment s’est passée l’automatisation ?
Dr Anne Leblanc : Sa mise en place a nécessité de nombreux réglages techniques, ainsi que des travaux d’interfaçage entre nos logiciels et l’automate. Nous avons donc opté pour une montée en charge progressive afin de sécuriser la production et de garantir la qualité de la dispensation. Nous couvrons ainsi aujourd’hui 120 lits, et prévoyons d’en intégrer 130 supplémentaires d’ici l’été.
Dr Fabienne Leguay : Cette automatisation concerne principalement les EHPAD, où les prescriptions sont relativement stables. Mais l’arrivée de l’EHPAD de Brienne-le-Château, qui n’était pas prévue initialement, pose question : nous ne savons pas encore si nous pourrons intégrer ses 84 lits dans l’automate. Cela dépendra notamment de la compatibilité de son logiciel de prescription avec notre outil.
Quels ont été vos principaux défis ?
Dr Fabienne Leguay : L’hétérogénéité des systèmes informatiques entre établissements, notamment avec Bar-sur-Aube, a été un défi majeur. Il a également fallu harmoniser les fiches produits et les livrets thérapeutiques, afin d’éviter les doublons ou une trop grande disparité dans les médicaments utilisés. Nous avons ici travaillé étroitement avec les prescripteurs pour aboutir à une standardisation cohérente.
Dr Anne Leblanc : L'automatisation a aussi entraîné une réorganisation complète de nos processus, y compris sur le plan logistique. Par exemple, les carnets produits par l’automate sont transportés dans des armoires, alors que les traitements étaient auparavant acheminés dans des caisses. Il a donc fallu revoir les circuits de livraison et utiliser des véhicules adaptés. Ce sont des détails en apparence, mais ils ont eu un impact important sur nos équipes.
Justement, comment ces changements ont-ils été accueillis par les préparateurs ?
Dr Fabienne Leguay : La réorganisation s’est faite en concertation avec les équipes, qui ont été associées aux décisions et ont pu être force de proposition, facilitant ainsi la conduite du changement. Nous avons également intégré les préparateurs auparavant basés à Bar-sur-Aube en travaillant à l’harmonisation des pratiques, ce qui a favorisé l’adhésion au projet. Nous formons désormais des préparateurs référents sur l’automate, car cet outil requiert des compétences spécifiques.
Avez-vous libéré du temps préparateur grâce à l’automatisation ?
Dr Anne Leblanc : Pas encore réellement : nous sommes toujours en phase de stabilisation des processus et l’arrivée imprévue de l’EHPAD de Brienne-le-Château a accru la charge de travail. À terme toutefois, le temps libéré devrait permettre aux préparateurs de s’investir davantage dans des activités de pharmacie clinique – conciliation médicamenteuse, éducation thérapeutique, entretiens pharmaceutiques – mais aussi dans des démarches qualité en vue de la certification. L’objectif est également de renforcer leur présence auprès des équipes soignantes dans les services. Ces perspectives, envisagées dès la conception du projet, ont d’ailleurs favorisé leur engagement dans la démarche.
Vos équipes sont cependant déjà investies dans l’éducation thérapeutique…
Dr Fabienne Leguay : Nous animons en effet depuis plusieurs années des « Ateliers du médicament » en psychiatrie, sous forme de séances collectives visant à améliorer l’observance, en expliquant l’intérêt des médicaments psychotropes, leurs effets secondaires et la manière de les gérer. Plus largement, nous travaillons sur l’alliance thérapeutique entre le patient et l’équipe médicale. Cette démarche, qui concerne essentiellement les patients en hôpital de jour et en CMP, a d’ailleurs été distinguée par l’OMEDIT dans le cadre du concours « Initiatives en soins pharmaceutiques 2024 ».
Dr Fabienne Leguay : La réorganisation s’est faite en concertation avec les équipes, qui ont été associées aux décisions et ont pu être force de proposition, facilitant ainsi la conduite du changement. Nous avons également intégré les préparateurs auparavant basés à Bar-sur-Aube en travaillant à l’harmonisation des pratiques, ce qui a favorisé l’adhésion au projet. Nous formons désormais des préparateurs référents sur l’automate, car cet outil requiert des compétences spécifiques.
Avez-vous libéré du temps préparateur grâce à l’automatisation ?
Dr Anne Leblanc : Pas encore réellement : nous sommes toujours en phase de stabilisation des processus et l’arrivée imprévue de l’EHPAD de Brienne-le-Château a accru la charge de travail. À terme toutefois, le temps libéré devrait permettre aux préparateurs de s’investir davantage dans des activités de pharmacie clinique – conciliation médicamenteuse, éducation thérapeutique, entretiens pharmaceutiques – mais aussi dans des démarches qualité en vue de la certification. L’objectif est également de renforcer leur présence auprès des équipes soignantes dans les services. Ces perspectives, envisagées dès la conception du projet, ont d’ailleurs favorisé leur engagement dans la démarche.
Vos équipes sont cependant déjà investies dans l’éducation thérapeutique…
Dr Fabienne Leguay : Nous animons en effet depuis plusieurs années des « Ateliers du médicament » en psychiatrie, sous forme de séances collectives visant à améliorer l’observance, en expliquant l’intérêt des médicaments psychotropes, leurs effets secondaires et la manière de les gérer. Plus largement, nous travaillons sur l’alliance thérapeutique entre le patient et l’équipe médicale. Cette démarche, qui concerne essentiellement les patients en hôpital de jour et en CMP, a d’ailleurs été distinguée par l’OMEDIT dans le cadre du concours « Initiatives en soins pharmaceutiques 2024 ».
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce projet de modernisation ?
Dr Anne Leblanc : Son pilotage a été complexe : il a fallu organiser le déménagement, coordonner les équipes techniques et informatiques, et travailler étroitement avec les équipes médicales et paramédicales des établissements nouvellement desservis. Nous avons aussi dû gérer la fermeture de la pharmacie de Bar-sur-Aube – il est prévu que l’équipe pharmaceutique assure une permanence sur le site initial –, et construire de A à Z le circuit du médicament pour le nouvel EHPAD, auparavant approvisionné par une officine. Ces derniers mois ont donc été intenses, mais nous visons une stabilisation d’ici la fin de l’année.
Dr Fabienne Leguay : Nous nous apprêtons désormais à relever un nouveau défi : le changement de dossier patient informatisé. L’EPSM de l’Aube sera l’établissement pilote avant un déploiement progressif dans les autres établissements des Hôpitaux Champagne Sud. Il s’agira donc d’un chantier stratégique pour notre pharmacie, car nos activités reposent largement sur l’informatique. Notre expérience pourrait d’ailleurs être utile à la PUI du CH de Troyes pour préparer sa propre transition, même si nous avons chacun nos spécificités. Nous pourrons ainsi contribuer concrètement à l’évolution de nos établissements, en tirant les enseignements de chaque étape pour mieux préparer l’avenir.
> Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026, à lire ici
Dr Anne Leblanc : Son pilotage a été complexe : il a fallu organiser le déménagement, coordonner les équipes techniques et informatiques, et travailler étroitement avec les équipes médicales et paramédicales des établissements nouvellement desservis. Nous avons aussi dû gérer la fermeture de la pharmacie de Bar-sur-Aube – il est prévu que l’équipe pharmaceutique assure une permanence sur le site initial –, et construire de A à Z le circuit du médicament pour le nouvel EHPAD, auparavant approvisionné par une officine. Ces derniers mois ont donc été intenses, mais nous visons une stabilisation d’ici la fin de l’année.
Dr Fabienne Leguay : Nous nous apprêtons désormais à relever un nouveau défi : le changement de dossier patient informatisé. L’EPSM de l’Aube sera l’établissement pilote avant un déploiement progressif dans les autres établissements des Hôpitaux Champagne Sud. Il s’agira donc d’un chantier stratégique pour notre pharmacie, car nos activités reposent largement sur l’informatique. Notre expérience pourrait d’ailleurs être utile à la PUI du CH de Troyes pour préparer sa propre transition, même si nous avons chacun nos spécificités. Nous pourrons ainsi contribuer concrètement à l’évolution de nos établissements, en tirant les enseignements de chaque étape pour mieux préparer l’avenir.
> Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026, à lire ici










