Réduire l’empreinte environnementale des établissements de santé ne se limite pas aux bâtiments, aux achats ou à la gestion des déchets. Les soins eux-mêmes mobilisent des dispositifs médicaux, des médicaments, de l’eau et de l’énergie, tout en générant des déchets et des transports. Encore faut-il pouvoir mesurer ces impacts et identifier les marges de manœuvre sans compromettre la qualité et la sécurité des prises en charge. C’est sur ce terrain que se positionne Osmose, une nouvelle plateforme développée à l’initiative de l’ANFH.
L’idée est née de plusieurs années d’accompagnement d’établissements de santé sur les questions de développement durable et d’éco-conception. « Nous avons constaté que les établissements refaisaient souvent les mêmes démarches, chacun de leur côté. Il nous a donc semblé pertinent de capitaliser sur ce travail et de permettre aux professionnels de gagner en autonomie », explique Marc Dumon, délégué régional de l’ANFH Paca.
L’idée est née de plusieurs années d’accompagnement d’établissements de santé sur les questions de développement durable et d’éco-conception. « Nous avons constaté que les établissements refaisaient souvent les mêmes démarches, chacun de leur côté. Il nous a donc semblé pertinent de capitaliser sur ce travail et de permettre aux professionnels de gagner en autonomie », explique Marc Dumon, délégué régional de l’ANFH Paca.
Passer de la description du soin à la mesure de son impact
Osmose s’appuie sur la méthodologie de l’analyse du cycle de vie (ACV). Le professionnel commence par décrire le soin tel qu’il est réalisé : préparation, gestes, matériel utilisé, produits, médicaments, nettoyage, stérilisation, blanchisserie ou encore gestion des déchets. Les données nécessaires sont ensuite puisées dans différentes bases intégrées à la plateforme, notamment pour les dispositifs médicaux et les médicaments. L’utilisateur peut également renseigner certains paramètres propres à son établissement, comme les distances de transport ou certaines consommations.
L’impact environnemental du soin est ensuite traduit à travers trois indicateurs : le changement climatique, la consommation d’eau et la production de déchets. Les résultats peuvent être consultés à l’échelle globale, mais aussi étape par étape ou dispositif par dispositif. « L’objectif n’était pas de demander aux soignants de réaliser eux-mêmes une ACV complexe, mais de leur permettre de décrire leurs pratiques et d’obtenir rapidement une première lecture de leurs impacts », résume Titouan Quinto, chargé du projet développement durable à l’ANFH.
L’impact environnemental du soin est ensuite traduit à travers trois indicateurs : le changement climatique, la consommation d’eau et la production de déchets. Les résultats peuvent être consultés à l’échelle globale, mais aussi étape par étape ou dispositif par dispositif. « L’objectif n’était pas de demander aux soignants de réaliser eux-mêmes une ACV complexe, mais de leur permettre de décrire leurs pratiques et d’obtenir rapidement une première lecture de leurs impacts », résume Titouan Quinto, chargé du projet développement durable à l’ANFH.
Un outil d’aide à la décision, pas un protocole clé en main
La plateforme ne s’arrête toutefois pas au diagnostic. À partir du soin modélisé, Osmose propose des pistes d’amélioration. Celles-ci peuvent être retenues, écartées ou approfondies par l’équipe projet. Des simulations permettent ensuite d’évaluer l’intérêt environnemental de différentes options. La démarche intègre également la faisabilité technique et organisationnelle et, de manière plus indicative, la dimension économique. Les professionnels peuvent ainsi comparer plusieurs scénarios avant de décider des évolutions à apporter au soin.
« Osmose reste un outil d’aide à la décision. Les hypothèses et les modifications proposées doivent être examinées et validées par les professionnels concernés, notamment sur les questions d’hygiène et de sécurité », souligne Fanny Auger, chargée des thématiques hygiène, santé environnementale et éco-conception des soins chez Primum Non Nocere. L’outil ne définit donc pas à lui seul le « bon » protocole. Une fois les modifications retenues, l’équipe doit reconstruire dans la plateforme une version éco-conçue du soin. Elle peut alors comparer ses impacts avec ceux du soin initial et mesurer le gain environnemental associé aux changements envisagés.
« Osmose reste un outil d’aide à la décision. Les hypothèses et les modifications proposées doivent être examinées et validées par les professionnels concernés, notamment sur les questions d’hygiène et de sécurité », souligne Fanny Auger, chargée des thématiques hygiène, santé environnementale et éco-conception des soins chez Primum Non Nocere. L’outil ne définit donc pas à lui seul le « bon » protocole. Une fois les modifications retenues, l’équipe doit reconstruire dans la plateforme une version éco-conçue du soin. Elle peut alors comparer ses impacts avec ceux du soin initial et mesurer le gain environnemental associé aux changements envisagés.
Capitaliser plutôt que repartir de zéro
L’un des principaux enjeux affichés par les concepteurs d’Osmose est désormais de mutualiser les travaux réalisés dans les établissements. Une bibliothèque collaborative doit permettre aux utilisateurs de consulter des soins déjà analysés et, à terme, des protocoles éco-conçus validés. Cette fonctionnalité doit notamment s’appuyer sur un comité d’experts composé de professionnels hospitaliers issus de différentes disciplines : hygiène, pharmacie, anesthésie ou encore direction hospitalière. Sa mission sera notamment de vérifier qu’un soin proposé au partage ne présente pas de risque pour la qualité ou la sécurité des prises en charge.
Au lancement, environ 60 analyses de cycle de vie ont déjà été réalisées et une centaine d’impacts de dispositifs médicaux modélisés. L’objectif annoncé est d’atteindre, dans un délai d’un an et demi à deux ans, environ 100 analyses correspondant aux soins les plus fréquemment réalisés à l’hôpital. Le nombre pourrait ensuite continuer à progresser en fonction des demandes et des travaux menés par les établissements. « L’idée est que les établissements ne repartent pas de zéro. Un travail réalisé et validé quelque part pourra servir de point de départ ailleurs », explique Titouan Quinto.
Au lancement, environ 60 analyses de cycle de vie ont déjà été réalisées et une centaine d’impacts de dispositifs médicaux modélisés. L’objectif annoncé est d’atteindre, dans un délai d’un an et demi à deux ans, environ 100 analyses correspondant aux soins les plus fréquemment réalisés à l’hôpital. Le nombre pourrait ensuite continuer à progresser en fonction des demandes et des travaux menés par les établissements. « L’idée est que les établissements ne repartent pas de zéro. Un travail réalisé et validé quelque part pourra servir de point de départ ailleurs », explique Titouan Quinto.
Une plateforme encore appelée à évoluer
Osmose est accessible gratuitement aux établissements publics français adhérents de l’ANFH. L’ouverture initiale des comptes passe par l’organisme, avant que les établissements puissent créer eux-mêmes des accès pour leurs équipes. Des tutoriels, des vidéos et des webinaires d’accompagnement sont également prévus pour faciliter la prise en main. À ce stade, la priorité est donc de faire vivre l’outil et d’enrichir progressivement sa base de données. Trente établissements ont participé à une phase de test de six mois, entre décembre 2025 et juin 2026, afin d’évaluer et d’ajuster les fonctionnalités de la plateforme.
Reste désormais à voir comment Osmose sera investi par les professionnels et dans quelle mesure les analyses réalisées pourront effectivement se traduire par des évolutions de pratiques. Car, au-delà de la capacité à mesurer les impacts, l’enjeu de l’éco-conception des soins réside dans la mise en œuvre : identifier des alternatives, les tester collectivement et s’assurer qu’elles restent compatibles avec les exigences de qualité et de sécurité des prises en charge.
> Plus d’informations sur le site d’Osmose.
Reste désormais à voir comment Osmose sera investi par les professionnels et dans quelle mesure les analyses réalisées pourront effectivement se traduire par des évolutions de pratiques. Car, au-delà de la capacité à mesurer les impacts, l’enjeu de l’éco-conception des soins réside dans la mise en œuvre : identifier des alternatives, les tester collectivement et s’assurer qu’elles restent compatibles avec les exigences de qualité et de sécurité des prises en charge.
> Plus d’informations sur le site d’Osmose.





