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Pharmacie

Les pharmaciens hospitaliers se donnent rendez-vous au Havre


Rédigé par Joëlle Hayek le Lundi 20 Mai 2024 à 10:38 | Lu 484 fois


À vos agendas ! Les 29, 30 et 31 mai prochains, le Carré des Docks du Havre accueillera la nouvelle édition d’Hopipharm, le congrès francophone de pharmacie hospitalière organisé par le Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh). Un opus dont nous découvrons les temps forts avec le Docteur Cyril Boronad, président de cette organisation professionnelle.





Ces derniers mois ont été marqués par des discussions autour d’un potentiel assouplissement du DES de pharmacie hospitalière. Quelle est ici la position du Synprefh ?

Dr Cyril Boronad : C’est pour nous une attaque inacceptable : il est inimaginable d’ouvrir l’exercice en pharmacie à usage interne (PUI) à des pharmaciens non titulaires du Diplôme d’études spécialisées (DES) ! L’activité pharmaceutique hospitalière nécessite en effet des compétences spécifiques, qui ne peuvent être acquises que par le biais d’une formation adéquate afin de garantir un exercice sécurisé, au bénéfice des patients eux-mêmes. Cette position est d’ailleurs portée de manière collégiale avec les autres syndicats de pharmaciens hospitaliers et d’internes en pharmacie hospitalière. 

Quels autres enjeux vous préoccupent au quotidien ?

Trois thématiques sous-tendent plus particulièrement nos travaux. En premier lieu, l’intégration des technologies numériques, qui n’est pas sans impact sur le fonctionnement de nos systèmes d’information mais aussi sur nos pratiques professionnelles. Ensuite, la prise en compte des enjeux du développement durable et, plus largement, de la responsabilité sociale et environnementale (RSE), pour une gestion raisonnée du cycle de vie des produits de santé. Enfin, l’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail de nos confrères, sur laquelle nous nous sommes d’ailleurs récemment penchés avec le Laboratoire de psychologie, cognition, comportement et communication (LP3C) de l’Université de Rennes. 

Pourriez-vous nous en parler ?

Plus de 1 100 pharmaciens hospitaliers ont répondu à notre enquête, dont les résultats ont été publiés en début d’année. Ainsi, notre spécialité présente des niveaux de bien-être au travail plutôt satisfaisants, mais près d’un tiers des répondants ont néanmoins déclaré des symptômes de burn-out élevés ou très élevés. En cause essentiellement, les interruptions de tâches, auxquelles est confrontée la quasi-totalité des pharmaciens hospitaliers. C’est là un enjeu sur lequel nous nous concentrons désormais, toujours en partenariat avec l’équipe du LP3C, afin de proposer à terme des pistes d’amélioration.

La transformation numérique, que vous évoquez plus haut, sera notamment mise en lumière lors de la prochaine édition d’Hopipharm.

L’assemblée professionnelle du mercredi 29 mai se penchera en effet sur l’impact des nouveaux usages numériques au sein des PUI. Deux sessions de travail se concentreront pour leur part sur des thématiques plus ciblées, l’utilisation de l’intelligence artificielle générative en pratique pharmaceutique, et la mise en place d’un plan de continuité des activités (PCA) en cas de cyber-attaque ou de panne majeure sur le système d’information. Parmi les autres temps forts, je retiendrai notamment la conférence scientifique du 30 mai, qui mettra en lumière le rôle du pharmacien dans la prévention. Sans oublier la conférence francophone, qui réfléchira aux collaborations permettant d’améliorer l’accès aux soins dans les pays du Sud, ainsi que la conférence de clôture qui, le 31 mai, reviendra sur les coopérations territoriales entre PUI. Plusieurs établissements viendront partager ici leur expérience, car il n’y a pas de modèle organisationnel ou juridique idéal. 

Que préconisez-vous ?

Il faut systématiquement partir des besoins locaux pour développer les synergies adéquates et pouvoir ainsi, par exemple, améliorer ses capacités de recrutement, moderniser ses systèmes d’information, ou prendre la voie de l’automatisation – chaque territoire ayant ses propres spécificités et donc ses propres objectifs. Mais il ne s’agit là que d’un aperçu sur un programme particulièrement riche, avec de nombreuses sessions de travail, des ateliers interactifs, des communications orales et le traditionnel parcours DPC. Hopipharm continue de confirmer son attrait auprès de nos collègues et confrères, y compris dans les pays francophones, tout en s’imposant comme un rendez-vous incontournable pour nos partenaires industriels.

Informations, inscriptions et programme sur https://www.hopipharm.fr

> Article paru dans Hospitalia #65, édition de mai 2024, à lire ici 
 

Une édition toujours plus engagée sur la voie de la décarbonation : trois questions au Dr Frédéric Burde, coordinateur de l’équipe d’organisation Hopipharm Le Havre 2024.

En 2023, Hopipharm est devenu le premier congrès médical français à mesurer son bilan carbone pour identifier des marges d’amélioration. Où en est cette réflexion aujourd’hui ?

Dr Frédéric Burde : Le déplacement des congressistes et le fret pour aménager l’exposition technique se sont, sans surprise, imposés comme les principaux postes d’émissions carbone. Aussi avons-nous décidé d’y concentrer notre attention pour l’édition 2024. Nous incitons donc fortement les congressistes à privilégier autant que possible le train, et avons lancé un défi à tous ceux qui choisiront un moyen de transport peu carboné : tentez votre chance en publiant une photo sur les réseaux sociaux du Synprefh (X-Twitter, LinkedIn, Facebook) avec le hashtag #Hopipharm2024. Certains membres du Synprefh ont pour sa part opté pour une solution pour le moins originale : ils comptent rallier le Carré des Docks du Havre en voilier depuis Saint-Malo !

Qu’en est-il du volet Fret ?

Nous privilégions ici des prestataires locaux, et avons également sollicité les exposants en ce sens. Nous leur avons aussi demandé d’évaluer les déplacements de leurs équipes et de leurs équipements, ce qui permettra de nourrir nos propres réflexions. Une quinzaine d’exposants a en outre accepté de documenter précisément l’origine de chaque matériel acheminé pour cette édition 2024, afin que nous puissions affiner nos données et mieux évaluer l’impact carbone réel du fret.

Avez-vous identifié d’autres axes de travail ?

Nous avons effectivement aussi fait des efforts en matière de restauration, en choisissant un traiteur normand qui ne proposera que des produits locaux – ce qui était loin d’être gagné, eu égard à l’inflation actuelle ! Nous sommes toutefois conscients qu’un congrès de l’envergure d’Hopipharm atteindra difficilement le zéro carbone. Pour autant, nous continuerons d’essayer de faire des choix raisonnés pour maîtriser, autant que possible, les postes les plus impactants. Le Synprefh fait ici figure de précurseur, et nous sommes heureux de constater que notre démarche commence à inspirer nos homologues dans d’autres spécialités médicales !






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