Le mardi 16 décembre, le CHU de Rennes a officiellement inauguré l’un des outils les plus stratégiques de son futur hôpital : la plateforme logistique (PLA). Invisible pour les patients mais essentielle au fonctionnement quotidien du site, cette infrastructure concentre des innovations rares en France, et inédites à cette échelle dans le monde hospitalier. « Modernisation, innovation et maîtrise de l’impact environnemental sont au cœur du projet », a résumé Léonard Dupé, directeur des achats et de la logistique du CHU, lors de l’inauguration. L’enjeu est de taille : accompagner la montée en puissance du nouveau CHU et de son centre chirurgical interventionnel (CCI), tout en réduisant l’empreinte carbone et en sécurisant l’approvisionnement des unités de soins.
Une réponse à des infrastructures arrivées à bout de souffle
La création de cette plateforme logistique s’inscrit directement dans le schéma directeur immobilier du nouveau CHU. Sur le site historique de Pontchaillou, les anciens magasins généraux et l’organisation éclatée des flux ne répondaient plus aux exigences d’un hôpital moderne : multiplication des camions, locaux dispersés, impossibilité d’automatiser les transports et de rationaliser les circuits. Avec la nouvelle PLA, implantée à l’emplacement des anciens magasins, le CHU s’est doté d’une structure unique de 6 200 m², relié à l’ensemble des nouveaux bâtiments par une galerie logistique souterraine de 350 mètres, véritable colonne vertébrale des flux. L’objectif : centraliser, automatiser et fluidifier les circulations, tout en réduisant drastiquement le trafic des véhicules autour des bâtiments de soins. « La construction de la plateforme logistique a été anticipée pour proposer une solution opérationnelle dès l’ouverture du CCI », rappelle Anne Gerbeau, adjointe au directeur de la logistique. Dès janvier 2025, les premiers flux ont ainsi pu transiter par ce nouveau hub, en amont de l’inauguration officielle.
Une logistique automatisée au service des soignants
Sobre dans son architecture, performante sur le plan environnemental, la plateforme logistique du CHU de Rennes a été pensée pour conjuguer efficacité et durabilité. En centralisant et en automatisant les flux, elle limite le nombre de déplacements de camions et réduit l’empreinte carbone des activités logistiques. Bardage métallique, toiture végétalisée et intégration paysagère viennent compléter cette approche. « Les technologies retenues permettent d’allier performance économique et réduction des émissions de CO₂ », souligne Virginie Valentin, directrice du CHU.
Au cœur du dispositif, la galerie logistique souterraine et les véhicules automatisés (AGV – Automated Guided Vehicles) jouent un rôle central. Ces robots transportent le linge, les repas, les produits hôteliers et, à terme, certains produits pharmaceutiques, depuis la plateforme vers les bâtiments de soins. Ils déposent ensuite les contenants dans des paliers logistiques d’étage, où des référents prennent le relais pour la distribution dans les unités. « Entre la plateforme et le CCI, un AGV met environ 20 minutes pour effectuer un trajet », précise la direction de la logistique. À pleine capacité, jusqu’à 25 AGV et 1 000 contenants par jour transiteront par deux gares – l’une dédiée aux flux « propres », l’autre aux flux « sales ». Des ascenseurs bifaces, spécialement conçus, permettent aux véhicules automatisés de monter et descendre dans les bâtiments sans intervention humaine.
Une première mondiale pour le traitement des déchets de soins
L’innovation la plus spectaculaire de la plateforme se situe dans sa zone dédiée au traitement des déchets. Le CHU de Rennes est aujourd’hui le premier hôpital au monde à avoir mis en place un système combinant aspiration pneumatique et banalisation in situ des DASRI (déchets d’activités de soins à risque infectieux). Concrètement, dans les unités du CCI, les sacs de DASRI sont déposés dans des trappes sécurisées à chaque étage. Ils sont ensuite aspirés à près de 70 km/h dans un réseau de tubes souterrains jusqu’à la plateforme logistique. Là, ils sont broyés et chauffés à plus de 200 °C afin d’être neutralisés et assimilables à des ordures ménagères.
« Nous traitons ainsi près de 300 tonnes de DASRI par an directement sur site », explique Léonard Dupé. Sur les 420 tonnes produites annuellement, environ 85 % peuvent être banalisées, les exclusions concernant principalement les déchets métalliques et certains produits chimiques. L’impact économique et environnemental est majeur : le traitement des DASRI coûtant en moyenne cinq fois plus cher que celui des déchets ménagers, le CHU anticipe une économie annuelle d’environ 400 000 euros, avec un retour sur investissement estimé à quinze ans. À cela s’ajoute la suppression des camions spécialisés pour le transport des DASRI, réduisant à la fois les émissions et les nuisances. Pour le Pr Jean-Yves Gauvrit, président de la CME, le bénéfice est également sanitaire : « Le système automatisé d’évacuation des déchets améliore significativement l’hygiène et la sécurité. C’est une véritable première mondiale ».
« Nous traitons ainsi près de 300 tonnes de DASRI par an directement sur site », explique Léonard Dupé. Sur les 420 tonnes produites annuellement, environ 85 % peuvent être banalisées, les exclusions concernant principalement les déchets métalliques et certains produits chimiques. L’impact économique et environnemental est majeur : le traitement des DASRI coûtant en moyenne cinq fois plus cher que celui des déchets ménagers, le CHU anticipe une économie annuelle d’environ 400 000 euros, avec un retour sur investissement estimé à quinze ans. À cela s’ajoute la suppression des camions spécialisés pour le transport des DASRI, réduisant à la fois les émissions et les nuisances. Pour le Pr Jean-Yves Gauvrit, président de la CME, le bénéfice est également sanitaire : « Le système automatisé d’évacuation des déchets améliore significativement l’hygiène et la sécurité. C’est une véritable première mondiale ».
Des métiers qui évoluent, un outil qui attire
La mise en service de la plateforme logistique entraîne une transformation en profondeur des métiers. Nouveau système de traitement des déchets, élargissement des références prises en charge, automatisation des flux… Les équipes doivent s’adapter à un environnement plus technologique et interconnecté. De nouvelles fonctions émergent – référents logistiques d’étage, superviseurs d’AGV, conducteurs de lignes de traitement des déchets… – tandis que les compétences évoluent vers davantage de pilotage et de supervision des processus automatisés. Cécile, agente logistique, l’a souligné lors de l’inauguration : « C’est un bel outil de travail qui va nous permettre d’avancer. Il correspond aux valeurs du CHU et à l’attention portée à la qualité de vie au travail. » Un argument supplémentaire pour renforcer l’attractivité de l’établissement.
Pensée dès l’origine comme une infrastructure évolutive, la plateforme logistique accompagnera les prochaines phases du nouveau CHU de Rennes, notamment l’ouverture du bâtiment Femme-Mère-Enfant prévue en 2028, qui bénéficiera à son tour du transport pneumatique du linge et des déchets. Une preuve supplémentaire que, derrière les coulisses, loin du regard des patients, la logistique est déjà au cœur de l’hôpital de demain.
Pensée dès l’origine comme une infrastructure évolutive, la plateforme logistique accompagnera les prochaines phases du nouveau CHU de Rennes, notamment l’ouverture du bâtiment Femme-Mère-Enfant prévue en 2028, qui bénéficiera à son tour du transport pneumatique du linge et des déchets. Une preuve supplémentaire que, derrière les coulisses, loin du regard des patients, la logistique est déjà au cœur de l’hôpital de demain.
Le Nouveau CHU de Rennes
Le projet #NouveauCHURennes a pour ambition de moderniser et de rassembler, sur le site de Pontchaillou, l’ensemble des activités de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). Son objectif : proposer une offre de soins hyperspécialisés adossée à une recherche et une formation d’excellence, dans un environnement hospitalier entièrement repensé. Lancé fin 2015, ce vaste programme immobilier s’étend sur 32 hectares et s’organise en trois grandes phases – démolition, réhabilitation, construction – afin de transformer progressivement le site historique sans interrompre l’activité de soins. La première étape majeure a été franchie en mars dernier avec l'ouverture du Centre Chirurgical Interventionnel (CCI). Véritable cœur opératoire du nouveau CHU, il regroupe 36 salles opératoires, 14 salles interventionnelles, 5 salles d'endoscopie, ainsi que 108 lits de soins critiques et 240 lits d'hospitalisation de chirurgie. La prochaine étape structurante verra l’ouverture du pôle Femme-Mère-Enfant, attendue en 2028 et qui offrira des infrastructures modernes adaptées aux besoins de la maternité et de la pédiatrie.
Nouvelle plateforme logistique du CHU de Rennes : chiffres-clés
Le projet #NouveauCHURennes a pour ambition de moderniser et de rassembler, sur le site de Pontchaillou, l’ensemble des activités de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). Son objectif : proposer une offre de soins hyperspécialisés adossée à une recherche et une formation d’excellence, dans un environnement hospitalier entièrement repensé. Lancé fin 2015, ce vaste programme immobilier s’étend sur 32 hectares et s’organise en trois grandes phases – démolition, réhabilitation, construction – afin de transformer progressivement le site historique sans interrompre l’activité de soins. La première étape majeure a été franchie en mars dernier avec l'ouverture du Centre Chirurgical Interventionnel (CCI). Véritable cœur opératoire du nouveau CHU, il regroupe 36 salles opératoires, 14 salles interventionnelles, 5 salles d'endoscopie, ainsi que 108 lits de soins critiques et 240 lits d'hospitalisation de chirurgie. La prochaine étape structurante verra l’ouverture du pôle Femme-Mère-Enfant, attendue en 2028 et qui offrira des infrastructures modernes adaptées aux besoins de la maternité et de la pédiatrie.
Nouvelle plateforme logistique du CHU de Rennes : chiffres-clés
- Surface : 6 200 m²
- Galerie logistique souterraine : 350 m
- Capacité AGV (robots transporteurs) : 25 véhicules et 1 000 contenants/jour
- Temps moyen d’un trajet entre plateforme et le CCI : 20 minutes
- Déchets DASRI traités sur place : 300 tonnes/an sur 420 tonnes produites
- Économie annuelle estimée sur le traitement des déchets : 400 000 €
> Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026, à lire ici










