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Hygiène

Innover avec rigueur : l’approche terrain de Concept Manufacturing


Rédigé par Rédaction le Lundi 5 Janvier 2026 à 12:39 | Lu 128 fois


Concepteur de textiles microfibres haute performance et de matériel de bionettoyage ergonomique, Concept Manufacturing est solidement implanté dans le secteur de la santé. S’appuyant sur l’écoute permanente du terrain, cette entreprise normande défend une approche pragmatique et scientifique pour accompagner et sécuriser la transformation des pratiques, comme l’explique Bertrand Lebeaud, son référent Santé pour la France.



Concept Manufacturing est aujourd’hui reconnu pour ses solutions de bionettoyage. Comment cette aventure a-t-elle commencé ?

Bertrand Lebeaud : Notre histoire est intimement liée à celle du Groupe OTGE et de Netman, spécialiste de l’ultra-propreté fondé en 1977. Lorsque nous lançons Concept Manufacturing en 1998, alors sous le nom de Concept Microfibre, nous partons d’une idée simple : pour concevoir des outils efficaces, il faut connaître le métier de l’intérieur. Nous étions issus du terrain, et cela a donné le ton pour nos textiles microfibres, lavettes et bandeaux, et pour les matériels associés. Dès le début, nous parlions d’ergonomie, d’allègement du port de charge, de réduction des consommations d’eau et de chimie, promouvant notamment la méthode d’imprégnation. Les établissements de santé ont été parmi les premiers à adopter nos solutions, et leur confiance a joué un rôle décisif dans notre développement.

Quelle est votre particularité dans vos liens avec les hôpitaux ?

Nous avons toujours placé l’agent au centre. Dès nos débuts, nous nous rendions dans les établissements, rencontrions les équipes, expliquions les protocoles, accompagnions les changements, et ce fonctionnement n’a jamais cessé. Nous avons également tissé très tôt des liens étroits avec les blanchisseries hospitalières afin de mesurer les impacts globaux des textiles microfibre de nettoyage professionnel. Les études réalisées ont d’ailleurs rapidement confirmé un ensemble de bénéfices. Tout cela s’est traduit immédiatement en gains visibles pour les agents comme pour les services techniques, ce qui explique le succès rapide et durable de ces solutions dans le secteur de la santé. Aujourd’hui encore, nous maintenons cette proximité : nous participons chaque année à des congrès de référence comme ceux de la SF2H, l’URBH et l’ARBS, ainsi qu’à de nombreuses journées régionales d’hygiène – autant d’occasions d’écouter les besoins du terrain et d’orienter nos développements.

À quels défis majeurs faites-vous face dans le monde de la santé ?

Le principal défi reste la tension budgétaire. Les moyens ne correspondent pas toujours aux besoins, et notre rôle est alors de proposer des solutions économiquement réalistes, tout en garantissant un haut niveau d’exigence en matière de prévention du risque infectieux et de confort de travail pour les agents. Nous rappelons fréquemment que l’investissement dans un matériel ergonomique est rentable : un trouble musculo-squelettique dans le secteur du nettoyage coûte en moyenne 21 000 euros d’après la CNAM, et une journée d’arrêt de travail dans la santé avoisine les 2 300 euros selon le livret QVCT du RESAH. Avec le coût d’un seul TMS, un établissement de plusieurs centaines de lits pourrait s’équiper entièrement. Par ailleurs, les ASH sont essentiels : pour les fidéliser, il faut les équiper correctement, leur offrir du matériel confortable, efficace, valorisant, et les former pour leur permettre de comprendre pleinement leur rôle dans la chaîne de prévention des infections.

Vous jouez justement un rôle actif dans la formation et l’accompagnement. Pourriez-vous nous en dire plus ?

La formation est indispensable : même un excellent outil perd sa performance s’il est mal utilisé. Nous avons donc conçu très tôt des protocoles illustrés adaptés aux agents hospitaliers. Nous produisons aussi des vidéos pédagogiques, et intégrons des QR codes sur nos outils, comme dans notre système Sloopy, pour un accès immédiat à l’information. Nous intervenons également sur le terrain, car rien ne remplace l’accompagnement en situation réelle, pour renforcer les compétences et harmoniser les pratiques. Dans un contexte de pénurie d’agents, la formation devient un levier essentiel d’attractivité et de motivation. C’est dans cette logique que nous lancerons prochainement Mission Propreté, un jeu pédagogique développé avec Yolène Rousseau, cadre hygiéniste, pour apprendre de manière plus ludique et engageante.

Vous participez également à de nombreuses études in situ. Pourquoi ?

Parce que notre approche est résolument tournée vers la réalité du terrain. Nous sollicitons bien sûr des laboratoires pour mesurer l’efficacité de nos textiles, selon un protocole adapté à partir de la norme EN 16 615 – adaptation qu’il faut bien garder à l’esprit car cette norme s’applique aux antiseptiques et désinfectants chimiques. Mais nous privilégions les études conduites directement en établissements, car elles reflètent la complexité des usages réels. Au CH de Chambéry, par exemple, une étude en néonatalogie a confirmé la pertinence du nettoyage à la microfibre et l’eau, à condition de l’intégrer dans un protocole structuré. Au CH de Haguenau, deux études menées par le Dr Olivier Meunier ont montré, d’une part, la performance supérieure de la microfibre non tissée pour les surfaces hautes, et d’autre part l’efficacité équivalente d’un nettoyage des surfaces hautes à la microfibre et à l’eau, par rapport à un biocide. Mais, une fois encore, tout cela n’est vrai que si les protocoles sont appliqués avec rigueur.

Ces résultats ouvrent-ils la voie à la généralisation de la microfibre et l’eau pour les surfaces hautes ?

Ils ouvrent une piste intéressante, mais appellent à la prudence. Pour certains secteurs comme les services administratifs, les zones d’accueil ou les établissements médico-sociaux hors période épidémique, cette méthode est tout à fait adaptée. En revanche, il serait prématuré d’envisager une généralisation aux services cliniques. La qualité de l’eau est au centre de la réflexion : les réseaux hospitaliers sont très étendus et parfois segmentés, avec une évolution préoccupante de germes hydrophiles tels que PseudomonasLegionella ou certaines moisissures. L’augmentation progressive de la température des réseaux d’eau, en lien avec le réchauffement climatique, peut aussi favoriser l’émergence de nouveaux pathogènes. Les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux à plaider pour un usage raisonné de la chimie, et nous les soutenons dans la mise en œuvre de processus plus écoresponsables. Mais une évaluation scientifique locale s’impose avant toute modification des pratiques. Nous accompagnons les établissements qui souhaitent mener des essais en fournissant le matériel, en formant les équipes et en aidant à structurer la démarche. Notre approche reste pragmatique et scientifique : innover, oui, mais jamais au détriment de la sécurité microbiologique.

> Contact : info@conceptmanufacturing.fr
> Plus d'informations sur le site de Concept Manufacturing

> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, 
à lire ici 
 

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