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Infirmières En Colère : un député réagit !

Rédigé par Rédaction le Mardi 7 Juillet 2015 à 17:13 | Lu 1408 fois
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Inquiète de la baisse constante des effectifs soignants dans les établissements de santé, la communauté des Infirmières En Colère a adressé, le 8 juin dernier, une lettre au Premier Ministre. Si la réponse de Matignon se fait attendre, Alain Bocquet, Député-Maire de Saint-Armand-les-Eaux, a su les entendre. Des échanges à découvrir ci-dessous.


Infirmières En Colère : un député réagit !

La lettre des Infirmières En Colère (08 juin 2015)

« Monsieur le Premier ministre,
 
L’annonce, faite ces dernières heures, de 100 000 contrats aidés supplémentaires, pour un coût lui aussi supplémentaire estimé à un milliard d’euros pour les finances publiques et donc les contribuables que nous sommes, nous pose question.
 
Nous n’avons fait Sciences Po ni l’ENA, certes. Mais nous sommes infirmières et nous savons compter.
 
Parmi les plus de cinq millions de chômeurs ou sans emploi dans notre pays, il semble bien que de plus en plus de nos collègues infirmières, notamment jeunes diplômées en soient les victimes. Leur formation a aussi eu un coût élevé, mais justifié, pour le contribuable. Après avoir donc dépensé pour les former, l’Etat continue à dépenser pour les indemniser, sans les faire travailler !
 
Ne serait-il pas plus utile et surtout plus efficace, monsieur le Premier ministre, de les payer d’une manière ou d’une autre pour quelles rendent service à la population en exerçant cette profession ?
 
En effet, depuis des années, les services hospitaliers ont été saignés à blanc et la volonté des Gouvernements successifs de faire baisser la facture en supprimant des postes au mépris de la sécurité des patients et des personnels, au détriment de la qualité des soins qui devient en vrai enjeu de Santé Publique, tout cela sur le dos de celles et ceux qui – au quotidien – sont épuisés physiquement et psychologiquement, et, écœurés de devoir soigner dans des conditions lamentables.
 
En vous remerciant par avance et respectueusement, monsieur le Premier ministre, de lire ces quelques lignes pleines de bon sens citoyen et de pensées sonnantes mais non trébuchantes pour nos salaires bloqués depuis plus de cinq années !
 
Les Infirmières En Colère »
 

La réponse d’Alain Bocquet, Député-Maire de Saint-Armand-les-Eaux (03 juillet 2015)

« J'ai bien reçu votre mail et j'ai pris connaissance avec attention de vos observations quant à la situation professionnelle des infirmières et du courrier adressé à Monsieur Manuel VALLS, Premier ministre.
 
Vous soulignez entre autres, que les services hospitaliers manquent de personnel, les gouvernements successifs ayant supprimé les postes au mépris de la sécurité des patients et des salariés, au détriment de la qualité des soins et des conditions de travail.
 
Dans le prolongement, je vous prie de trouver, sous ce pli, copie du courrier que j'ai adressé, avec d'autres parlementaires, à Madame Marisol TOURAINE, Ministre de la Santé.
 
Je ne manquerai pas de vous communiquer la réponse qui me sera apportée ».

Le courrier adressé à la Ministre de la Santé par Alain Bocquet (Député du Nord), Jean-Jacques Candelier (Député du Nord), Marc Dolez (Député du Nord), Éric Bocquet (Sénateur du Nord), Michelle Demessine (Sénatrice du Nord) et Dominique Watrin (Sénateur du Pas-de-Calais) -19 mai 2015

« Madame la Ministre,
 
C'est avec beaucoup d'inquiétude mais aussi beaucoup d'incompréhension que nous avons pris connaissance par voie de presse, des mesures drastiques imposées aux hôpitaux publics et qui vont frapper plus fortement que d'autres la région Nord-Pas-de-Calais.
 
Ainsi c'est 33 M€ d'économies qui vont être réalisées au détriment de la santé publique de la population par le « virage ambulatoire» amenant une réduction du nombre de lits pour des séjours encore plus courts.
Autre source d'économies: la masse salariale où là encore, le Nord-Pas-de-Calais se situe parmi les régions auxquelles le gouvernement demande le plus d'efforts, avec les conséquences en termes d'emplois, de missions à assumer avec moins de personnel du fait du non remplacement des départs à la retraite.
 
Autant d'orientations qui se traduiront par une dégradation supplémentaire intolérable des conditions de travail des personnels soignants, techniques, administratifs et des conditions d'accueil et de traitement des usagers.
 
Faut-il vous rappeler Madame la Ministre, les indicateurs de santé du Nord-Pas-de-Calais?
 
Faut-il vous rappeler que l'espérance de vie y est de quatre années inférieure à celle de la moyenne nationale? Que la région a le triste record du plus grand nombre de décès par maladie veineuse, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, diabète.... Que le pourcentage d'accidents vasculaires cérébraux (AVe) est le plus élevé avec 59.5 décès pour 100000 habitants contre 45.8 nationalement.
 
La péréquation des moyens affectés à la santé publique s'impose plus que jamais puisque la situation loin de s'améliorer se dégrade.
 
Lors de votre venue à Lille en janvier 2014, les Elus Communistes et Républicains vous avaient alertée sur la nécessité d'une véritable stratégie territoriale de santé pour la région, adaptée aux enjeux spécifiques.
 
La Fédération hospitalière de France, qui revendique d'ailleurs un plan d'urgence pour le Nord-Pas- de-Calais l'a rappelé: « la moitié des établissements publics sont dans une situation difficile» et les dix neuf hôpitaux de la région ont de plus en plus de mal à boucler leur budget; le système de la tarification à l'activité doit être revu, système d'économie à outrance et véritable plaie pour les hôpitaux publics tenus d'accueillir l'ensemble de la population.
 
Tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat, nous l'avons rappelé lors des débats sur le projet de loi « Santé » dont le premier écueil concernait les moyens financiers.
 
Nous ne pouvons accepter que « moderniser » le système de santé se traduise par la réduction drastique des moyens et que l'austérité préside systématiquement aux politiques mises en œuvre. Accepter ce fait c'est confirmer que les choix ne seront pas en phase avec les réalités et les besoins recensés mais contribueront au contraire à creuser davantage écarts, retards et inégalités.
 
Il existe pourtant des alternatives à cette insoutenable austérité en créant de nouvelles recettes. Propositions que nous ne cessons de réitérer lors de l'examen des différents textes présentés au Parlement notamment le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
 
Il s'agit entres autres d'appliquer aux revenus financiers, c'est-à-dire aux dividendes et intérêts, les taux de cotisations sociales patronales actuellement appliqués aux salaires, mesure devant être complétée par un dispositif incitatif de modulation des cotisations sociales des employeurs en fonction de leur politique salariale d'investissement et de création d'emplois.
 
Ceci est une piste pertinente puisque les dividendes en France et en Europe ne cessent de progresser, la France étant le pays européen où l'on a versé le plus de dividendes au cours du deuxième trimestre 2014.
 
Pourquoi refuser nos propositions qui permettaient de dégager 110 milliards de recettes nouvelles, en réduisant également les exonérations de cotisations sociales patronales qui coûtent plusieurs milliards d'euros par an et n'ont pas fait preuve de leur efficacité.
 
Tous vos choix favorisent le patronat au détriment du peuple, toutes catégories confondues! Alors, osez une grande réforme fiscale!
 
L’ensemble de la population du Nord-Pas-de-Calais attend des mesures fortes.
 
C'est pourquoi, nous demandons d'organiser une réunion de travail dans notre région avec l'ensemble des professionnels, des élus locaux et des partenaires afin qu'il soit possible de mettre en œuvre une stratégie se donnant l'objectif et les moyens de répondre aux attentes prioritaires de nos concitoyens.
 
Nous vous prions de recevoir, Madame la Ministre, l'assurance de notre haute considération ».
 
Infirmières En Colère : un député réagit !





1.Posté par Marie-Ange PANGAUD le 09/07/2015 08:06 | Alerter
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Professeur en collège , je constate en vous lisant que les services publics de santé et d'éducation sont logés à la même enseigne et soumis à la même logique comptable.Partout sous couvert de modernisation et de réforme on rabote jusqu'à l'os les moyens alloués pour répondre aux exigences des traités européens dictés par les lobbys de la finance internationale.Ne devrions nous pas unir nos forces pour alerter et mobiliser nos concitoyens et résister tous ensemble pour reconstruire un grand service public de santé et d'éducation auquel l'immense majorité des citoyens reste très attachée ? Une grande manif citoyenne pour l'hôpital et pour l'école, cela aurait de l'allure et un impact médiatique certain qui permettrait peut-être de faire entendre un autre discours. Il nous faut entrer en résistance.

Marie-Ange PANGAUD
Professeur Agrégé d'Allemand et mère de deux aspirants médecins

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