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Biologie

Aux JFBM 2021, les biologistes ont réfléchi à leur avenir 


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Lundi 28 Février 2022 à 16:02 | Lu 165 fois


Initialement prévue en 2020, la 4ème édition des Journées Francophones de Biologie Médicale (JFBM) s’est récemment tenue à Rennes. Articulée autour de plusieurs débats et ateliers, cette rencontre a notamment été l’occasion de revenir sur les nouvelles dynamiques nées avec la crise sanitaire, qui imposent aujourd’hui une réflexion globale sur le rôle du biologiste. Un enjeu dont la spécialité s’est d’ores et déjà saisie pour piloter son avenir.



©AP
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« Bouleversement brutal », « sidération »… Lors des Journées Francophones de Biologie Médicale (JFBM), les qualificatifs ne manquaient pas pour décrire ces derniers mois et l’état dans lequel se sont retrouvés les biologistes. Pour sa quatrième édition, l’événement, qui se tenait à Rennes, s’est longuement penché sur la crise sanitaire et ses effets à court et long terme. « Nous avons vécu une première phase de crise, où tout s’est arrêté sauf le Covid, puis une phase plus longue, où les autres pathologies sont revenues et où nous avons dû tout gérer en même temps », s’est ainsi remémoré le Pr Jean-Paul Feugeas président du Syndicat National des Médecins Biologistes de Centre Hospitalier Universitaire (SNMB-CHU).

« Mars 2020 a sûrement été le mois le plus riche de ma carrière professionnelle, nous nous sentions utiles à la population », a ajouté le Dr Jérôme Grosjean, biologiste médical au Centre Hospitalier Métropole Savoie. « Malgré les pénuries, le manque de personnel, la publication accélérée de décrets et l’ambiance environnante, nous avons relevé le défi grâce à l’engagement des équipes, à un effort financier inédit, et à nos capacités d’adaptation pour réorganiser le pré-analytique, l’analytique et le post-analytique », a pour sa part constaté le Dr Céline Delavallée, biologiste pour le groupe Inovie et représentante de la Société Française de Biologie Clinique (SFBC).
 

« Une reconnaissance accrue »

Cette forte adaptabilité des biologistes médicaux a d’ailleurs été saluée par la grande majorité des intervenants lors des JFBM bretonnes. Hélène Monasse, sous-directrice de la politique des produits de santé et de la qualité des pratiques et des soins au ministère des Solidarités et de la Santé a, par exemple, rendu hommage à « la réactivité et l’adaptation des biologistes médicaux, face au changement de dimension et d’organisation dû à la situation ». Stéphane Mulliez, le directeur de l’Agence Régionale de Santé Bretagne, a quant à lui rappelé qu’ « au-delà de l’importante montée en charge, nécessaire pour effectuer des tests auprès du grand public, les laboratoires de biologie médicale (LBM) ont également répondu présents lors de suspicions de foyers épidémiques, en EHPAD, dans les abattoirs, les écoles, les collèges… ». Pour lui, si l’expertise des biologistes médicaux « était bien connue avant la crise », ces derniers mois ont amené « une reconnaissance accrue » de leurs capacités d’organisation. Pour le grand public, la crise sanitaire a aussi permis de se familiariser davantage avec le métier et les missions des biologistes médicaux.
 

Déjà de premières leçons tirées

Malgré toutes les réussites de ces derniers mois, « nous ne sommes pas parvenus à tout faire parfaitement. Il faut s’interroger pour ne pas répéter ces erreurs », a noté Philippe Piet, président du Conseil central de la section G (pharmacien biologiste) de l’Ordre National des Pharmaciens. « Nous n’étions pas prêts, nous avons perdu beaucoup de temps au début de la crise », constate d’ailleurs Céline Delavallée, ainsi que plusieurs de ses confrères. Si beaucoup souhaitent aujourd’hui une meilleure préparation au risque épidémique, force est de constater que l’essor du numérique pourrait ici, comme lors de la crise sanitaire, apporter une aide non négligeable au secteur.
 

Le boom technologique rebat les cartes

Utilisation d’un système d'information national de dépistage, comme SI-DEP, généralisation de la prise de rendez-vous en ligne, enregistrement des données par smartphone, développement de la télémédecine, consultations en ligne, réunions en visioconférence… Nul doute que les outils numériques se sont aujourd’hui installés de façon pérenne dans le paysage sanitaire. « S’il a été possible de répondre aussi bien à la crise sanitaire, c’est aussi grâce à des systèmes d’information étendus », a rappelé Cédric Carbonneil, chef du service d'évaluation des actes professionnels à la Haute Autorité de Santé (HAS).

« L’écosystème actuel n’est plus le même qu’il y a quelques mois. Aujourd’hui, les systèmes sont plus smart, digitalisés, connectés et mieux propices aux échanges », constate pour sa part le Pr Damien Gruson, directeur du Pôle de microbiologie médicale aux Cliniques Universitaires Saint-Luc de Bruxelles. Pour le spécialiste, si ces nouveaux outils appellent un cadre légal européen « pour valoriser le rôle du biologiste », ils offrent d’ores et déjà de nouvelles applications « pour contrôler les productions en interne, optimiser les laboratoires, fluidifier les parcours de soin ».  
 

Les biologistes, pilotes des évolutions à venir

« Bien sûr, l’augmentation des usages numériques pose la question de la place du biologiste, mais cette dernière doit, pour moi, rester centrale. Le biologiste doit prendre part à cette évolution, rester au centre de la démarche et même piloter le changement », a conseillé Lyse Santoro membre du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), lors de son intervention. « Le tsunami de l’innovation arrive et, pour que le biologiste reste un pilier du parcours patient en termes de qualité, de fiabilité et d’accompagnement, il va falloir repenser son rôle », a ajouté Muriel Dahan, également membre du CSIS. Pour résumer, les deux femmes appellent à une révision du modèle existant pour que les biologistes soient « pilotes de l’évolution », et qu’ « avec les industriels et les médecins, ils œuvrent pour mieux accompagner le patient ».

En recentrant le rôle du biologiste, en consolidant sa place au cœur du diagnostic, voire en développant de nouvelles missions sur le champ thérapeutique, les biologistes médicaux comptent donc bien évoluer pour faire face aux changements en cours. « Nous avons un bel avenir devant nous, où l’augmentation technologique nous offrira un rôle central dans le soin », prévoit Damien Gruson. « Le virus a réussi à créer un réseau dans lequel nous nous sommes découverts. Nous avons travaillé main dans la main, et il faut aujourd’hui poursuivre dans cette voie pour le bien du patient », a déclaré en fin de congrès le Dr Carole Poupon, présidente du Syndicat National des Biologistes des Hôpitaux (SNBH). « Le boom technologique entraînera une évolution certaine de notre métier, c’est pour cela que nous devons nous saisir maintenant de ces sujets. Si notre métier doit changer, changeons-le nous-mêmes », a-t-elle conclu.

Article publié dans l'édition de février 2022 d'Hospitalia à lire ici.






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