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Blanchisserie

À Loches, des pistes pour économiser sur le transport et l'énergie


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Jeudi 2 Février 2023 à 10:47 | Lu 1648 fois


Installée à Loches, en Indre-et-Loire, la blanchisserie Sud Touraine et Brenne traite chaque jour 3,9 tonnes de linge issus de sept établissements du territoire. Ce groupement de coopération sanitaire, dont les locaux ont été entièrement repensés en 2010, s’attache notamment à faire rimer performance économique et performance énergétique. Reportage.



©DR
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Adossé à un épais rideau d’arbres au sud de la Touraine, le site Puygibault du Centre Hospitalier de Loches accueille le centre de gériatrie, l’EHPAD, ainsi que les services de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) et de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAS). C’est également là où est implantée la blanchisserie du Groupement de Coopération Sud Touraine et Brenne, dans un bâtiment datant de 1972 et qui a fait l’objet d’une restructuration totale en 2010. Chaque jour, elle prend en charge 3,9 tonnes de linge, issues de sept établissements sanitaires et médico-sociaux avoisinants : les Centres Hospitaliers de Loches, de Sainte-Maure-de-Touraine et de Châteauroux Le Blanc, et les EHPAD d'Abilly, de La Celle-Guénand, de Ligueil et de Villeloin-Coulangé.
 
« Nous traitons en moyenne 986 tonnes de linge par an, tous types confondus : 38 % de grand plat, 5 % de petit plat, 24 % de linge séché de type éponges et bavoirs, 21 % de linge séché autre – sacs, couvertures, draps housses, alèses canadiennes… –, 11 % de linge en forme (vêtements de travail, chemises d'opérés et tabliers d'office), et 3 % de linge divers », précise Bruno Guizard, responsable de la blanchisserie. Le linge des résidents est quant à lui pris en charge par l’Association des Paralysés de France (APF) sur son site de Notre-Dame-d’Oé, non loin de Tours. « À Puygibault, les process sont très automatisés et standardisés. Il n’est pas forcément très intéressant de traiter le linge des résidents sur place », indique le responsable. Chaque année, le GCS Sud Touraine et Brenne sous-traite ainsi à l’APF 91 700 kg de linge personnel, en provenance des CH de Loches, de Sainte-Maure-de-Touraine et du Blanc.

Bruno Guizard, responsable de la blanchisserie.
Bruno Guizard, responsable de la blanchisserie.

Une structure qui mise sur la formation continue

Représentant 438 kilos par jour en moyenne, ce volume paraît en effet bien léger par rapport aux 3,9 tonnes de linge pris quotidiennement en charge par les 17 agents – soit 16,60 équivalents temps plein – de cette blanchisserie industrielle. L’équipe regroupe d’ailleurs des profils très variés, comme nous l’explique Bruno Guizard. « Certains sont issus de formations en agriculture ou en boucherie », détaille-t-il en ajoutant que « beaucoup sont formés en interne pour être opérationnels sur leur poste ». Si le responsable attache autant d’importance à la formation continue, c’est que lui aussi a un parcours bien particulier : ancien pâtissier chocolatier confiseur, il s’est réorienté à 30 ans pour travailler dans la blanchisserie du Blanc, d’où il est originaire. « Entré un peu par hasard dans le secteur de la blanchisserie, j’y ai apprécié les aspects techniques, logistiques et organisationnels », se souvient l’intéressé, qui s’est alors formé à ce nouveau métier, d’abord avec un CAP, puis un baccalauréat professionnel et enfin un BTS pour atteindre le corps des techniciens hospitaliers supérieurs. « Parti ensuite à Châteauroux et Château-Gontier, je suis revenu dans la région en 2010 pour participer à la restructuration de la blanchisserie du Centre Hospitalier de Loches », poursuit Bruno Guizard.

Restructuration des locaux et des organisations

Peu avant la constitution du GCS – qui a vu le jour en janvier 2013 –, la blanchisserie du site de Puygibault a en effet été entièrement repensée : les locaux ont été rénovés, les équipes réorganisées, et le matériel entièrement renouvelé sur la période 2010-2014. La structure s’est notamment dotée d’un tunnel de lavage divisé en sept modules d’une capacité de 35 kg chacun, et qui traite le linge à 60°C « pour une qualité optimale ». « Efficaces, nos process de traitement du linge n’ont d’ailleurs quasiment pas été revus lors de la crise sanitaire », indique Bruno Guizard en évoquant l’inscription du GCS dans la démarche RABC (Risk Analysis Bio-contamination Control), et la réalisation mensuelle de prélèvements bactériologiques pour s’assurer de la qualité des procédés industriels.
 
Tout est désormais pensé pour que l’activité soit la plus fluide possible. Le linge est par exemple fourni aux établissements adhérents par le GCS sous forme de dotations. Seuls les vêtements professionnels sont équipés d’étiquettes thermocollées ; tous les autres articles sont banalisés et peuvent ainsi être redistribués aux établissements « de manière beaucoup plus simple », explique le responsable de la blanchisserie. Pour faciliter davantage le travail des agents, le linge est également pré-trié dans les services de soins, qui disposent de sacs de couleur pour y déposer les différents types de textiles.
À Loches, des pistes pour économiser sur le transport et l'énergie

Maîtriser ses coûts et ses charges

Pour ses collectes et livraisons, le GCS est équipé de plusieurs véhicules, dont un camion de douze tonnes acquis en location longue durée. Remplacé tous les cinq ans, il est loué avec une maintenance complète et une assistance qui, en cas de panne, assure la fourniture d’un véhicule de remplacement en deux heures seulement. « Même si cela peut sembler étonnant, un tel système est en réalité moins onéreux qu’un achat classique », confie Bruno Guizard, qui apprécie également le fait de « pouvoir prévoir de façon précise les annuités relatives au véhicule ».
 
Cet arbitrage très pragmatique s’inscrit dans une volonté plus large du GCS de maîtriser toujours mieux ses coûts et ses charges. Face aux hausses du coût de l’énergie et des matières premières, la blanchisserie a ainsi revu son contrat lessivier, évitant l’augmentation. Pour le linge, des stocks effectués au début de l’année 2020 « viendront pallier les manques pour encore quelques mois », rassure Bruno Guizard. Quant à l’énergie, et plus particulièrement le gaz, le GCS a choisi de revoir son organisation pour optimiser l’usage des machines. Sa chaudière, qui date de 2001, avait été conservée lors de la restructuration de 2010. Avec plus de vingt ans d’activité derrière elle, elle a finalement été remplacée au début de l’été 2022. « Plus performante, la nouvelle chaudière vapeur consomme 5 à 10% de gaz en moins », décrit Bruno Guizard, convaincu que c’est dans l’optimisation énergétique que les blanchisseries pourront trouver de nouvelles sources d’économie.

Article publié dans l'édition de décembre 2022 d'Hospitalia à lire ici.
 






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