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Imagerie

The French Radiologist, la radiologie expliquée à tous


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Lundi 22 Novembre 2021 à 11:06 | Lu 506 fois


Interne en radiologie, Sophie-Hélène Zaimi est « The French Radiologist » sur les réseaux sociaux. Active sur Twitter, Instagram, Youtube et Tik Tok, elle raconte son quotidien et compte bien « détruire les clichés » sur sa spécialité.



« Se faire plaisir sans pression », tout en expliquant et en partageant sa passion pour la radiologie, tel est le crédo de Sophie-Hélène Zaimi. Interne en radiologie, actuellement en poste à l’hôpital Cochin, elle a créé « The French Radiologist », une identité forte qui se décline sur Twitter, Instagram, Youtube et Tik Tok. Sophie-Hélène y explique sa spécialité et raconte son métier, « parce qu’il est important de casser les clichés ».

Sur des publications spontanées – « sans préparation ni programmation » comme elle aime à le rappeler –, elle partage son quotidien, mais aussi ses connaissances. Et la démarche plaît, puisque la jeune femme enregistre plus de 4 000 abonnés sur Twitter et presque 57 900 sur Instagram.
 

Passion radiologie

« J’ai toujours voulu faire médecine, sans savoir vers quelle spécialité me tourner », raconte l’intéressée qui, après un baccalauréat au lycée Henri IV de Paris, intègre l’Université Paris Descartes. « Je me suis alors essayée à plusieurs spécialités. La radiologie m’a beaucoup plu, car, contrairement à la partie soins où l’on applique un traitement à la lettre, il faut ici chercher, trouver les indices pour poser le bon diagnostic », confie la jeune femme. Interne en radiologie depuis 2017, Sophie-Hélène Zaimi est ainsi passée par plusieurs établissements, dont le CHRU de Tours, le CH de Châteauroux-Le Blanc, le CHR d’Orléans et plus récemment l’hôpital Cochin de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP).
 

300 abonnés « du jour au lendemain »

« The French Radiologist » voit le jour en mars 2018, alors qu’elle était en poste dans la région Centre-Val-de-Loire. « Au début, j’avais créé un compte Instagram pour moi, pour garder facilement en mémoire des images spécifiques, des situations particulières d’imagerie dynamique », raconte l’interne, qui à cette époque alimentait assez peu ce qu’elle utilisait pour l’essentiel comme une « bibliothèque d’images ». Et puis un jour, elle répond aux questions d’un ami, lui aussi interne, via cette page. « Il a partagé mes explications et j’ai eu 300 abonnés du jour au lendemain », sourit-elle. Sophie-Hélène perçoit rapidement l’intérêt que peut susciter ce partage de connaissances. Face à l’engouement, elle poursuit les publications à visée pédagogique avant d’élargir à ses propres impressions et à la description de son quotidien. « Le fait de me montrer, de révéler mon identité, a été une interrogation forte, au début. J’avais peur de la manière dont cela pouvait être perçu, mais je n’ai finalement eu aucun problème, et je suis bien contente de pouvoir aujourd’hui assumer ce pan de ma vie », explique-t-elle.
 

« Rendre la réalité accessible à tous »

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir pris ce virage puisqu’aujourd’hui, les comptes Twitter et Instagram abordant la médecine se multiplient. Une tendance que Sophie-Hélène « salue » car estime-t-elle, « il faut avant tout démystifier nos métiers ». La jeune femme en est convaincue : « En ce qui concerne la radiologie, il faut expliquer pour casser des préjugés très tenaces ». Elle insiste, par exemple, sur « la bienveillance » de ce milieu et « l’esprit de compagnonnage » qui règne lors de l’internat. « Lorsque j’étais au CHR d’Orléans, j’avais une à deux gardes par semaines, ce qui était très difficile. Mais tout le monde était logé à la même enseigne, c’est aussi cela, l’esprit de nos services », note-t-elle. Ces gardes, Sophie-Hélène les relate d’ailleurs sur les réseaux sociaux, montrant des images de la chambre de la garde, détaillant les horaires où elle a été réveillée, racontant le sommeil par intermittence… « J’essaie de rendre la réalité accessible à tous », commente l’interne, ravie de constater que « même les “moldus” [non-initiés, NDLR] de la médecine s’y intéressent ».

Cette volonté d’expliquer a conduit la jeune femme à monter, il y a deux ans, une chaîne Youtube où elle vulgarise, là aussi, des concepts médicaux liés à l’imagerie. Malgré une certaine réussite, le projet est pour l’instant en pause car, outre son aspect « très chronophage », il est aussi limité par l’accès aux images et la possibilité de les partager sur les réseaux sociaux. « Il est très compliqué de montrer des images de patients, cela implique des questionnements juridiques complexes. C’est pour cela que je ne montre pas de vraies images, prises dans l’hôpital où je suis en poste », indique la future radiologue. « Plus tard, si j’ai mon propre cabinet, j’essaierai peut-être d’en parler à certains patients pour obtenir leur accord, mais je préfère en attendant me limiter à des images génériques », ajoute-t-elle.
 

L’IA au cœur de la radiologie d’aujourd’hui et de demain

Car c’est là son objectif : ouvrir son cabinet d’imagerie médicale tout en gardant un pied à l’hôpital, « un lieu unique où l’on peut échanger et se former ». « Il est pour moi important d’y rester, mais j’aimerai aussi me confronter à l’émulation intellectuelle offerte par le secteur privé », indique la jeune femme. Dans ce futur cabinet, elle compte résolument miser sur l’Intelligence Artificielle, un sujet qu’elle aborde régulièrement sur les réseaux sociaux et considère comme « incontournable en radiologie aujourd’hui et encore plus demain ». « J’entends certains s’inquiéter du fait que les radiologues soient un jour remplacés par l’IA. Or ces peurs ne sont à mon sens pas justifiées : l’IA est tout simplement un outil qui permettra d’aller plus vite, en particulier pour les tâches les plus simples et les plus nombreuses, comme la détection de fractures, insiste Sophie-Hélène Zaimi. L’IA seule est impossible. Ne serait-ce qu’en termes de responsabilité juridique mais aussi sur les plans éthique et technique, il faudra toujours une validation médicale humaine. La machine ne remplacera pas l’homme pour ce type de décisions, nous ne sommes pas dans un film de science-fiction ».

Article publié dans l'édition de septembre 2021 d'Hospitalia à lire ici.






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