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Blanchisserie

Les Journées d’Études de l’URBH se tiennent à Agen jusqu'au au 1er octobre


Rédigé par Joëlle Hayek le Mercredi 29 Septembre 2021 à 11:44 | Lu 188 fois


C’est l’heure du bilan pour les blanchisseries hospitalières, particulièrement touchées par la crise sanitaire et qui tentent désormais d’en tirer des enseignements utiles pour leur avenir. Un objectif qui sera notamment au cœur des 36èmes Journées d’Études de l’Union des Responsables de Blanchisseries Hospitalières (URBH), organisées à Agen du 29 septembre au 1er octobre 2021. Le point avec Andy Nguyen, président de l’association, et Catherine Diallo, coresponsable du programme scientifique aux côtés d’Agnès Souvignet et de Jean-Pierre Bretagnon.



Andy Nguyen, président de l’URBH. ©DR
Andy Nguyen, président de l’URBH. ©DR
Après une année blanche, les Journées d’Études de l’URBH sont de retour à Agen. Quel regard portez-vous sur cette édition 2021 ?
Andy Nguyen : Ces 36èmes Journées seront celles des grandes retrouvailles, et sont donc attendues avec beaucoup d’impatience par notre communauté. Le taux d’inscription laisse d’ailleurs présager d’une belle édition cet automne. Il faut dire que notre profession a toujours été soudée autour du réseau URBH, synonyme de liens sociaux et d’échanges pour des métiers bien souvent exercés de manière isolée. C’est cette dynamique que nous nous attacherons à faire revivre après l’épisode difficile auquel nous avons tous été confrontés, blanchisseurs hospitaliers comme industriels.

Justement, les impacts et enseignements de la crise sanitaire seront l’un des fils rouges du congrès…
Andy Nguyen : Il nous a en effet semblé nécessaire de proposer un espace où nous pourrions échanger sur nos expériences, bonnes et mauvaises, pour les remettre à plat. La pandémie a certes été difficile pour tout le monde, mais elle a été particulièrement enrichissante sur le plan professionnel : les blanchisseries hospitalières ont dû se réorganiser dans l’urgence, mettre en place de nouveaux protocoles, faire face à des ruptures d’équipements de protection individuels, etc. Il nous faut en tirer des enseignements utiles, consolider certains constats et réfléchir aux évolutions qui pourraient être pérennisées.
 

Catherine Diallo, coresponsable du programme scientifique pour les Journées d’Études de l’URBH. ©DR
Catherine Diallo, coresponsable du programme scientifique pour les Journées d’Études de l’URBH. ©DR
Par exemple ?
Catherine Diallo : Au-delà de certains protocoles qui gagneraient à perdurer, en particulier en ce qui concerne l’application des gestes barrière, je citerai notamment le retour en grâce des articles textiles, supplantés depuis déjà plusieurs années par les produits à usage unique. Les pénuries et ruptures d’approvisionnement de la première vague les ont remis au goût du jour, et de nombreux établissements s’interrogent aujourd’hui sur leur maintien qui va, in fine, dans le sens des politiques de protection de l’environnement.

Andy Nguyen : Le seul « risque » lié aux produits réutilisables serait à mon sens le sur-stockage dans les services de soins, auquel il faudra prêter une grande attention. En effet, si l’usage unique peut sans problème être conservé en grandes quantités au sein des unités de soins – sous réserve de disposer, naturellement, d’une filière d’approvisionnement régulière –, ce n’est pas le cas des articles textiles dont le circuit logistique sera alors rompu. Mais il est ici possible de recourir aux puces d’identification Ultra Haute-Fréquence (UHF), qui offrent une visibilité en quasi-temps réel sur l’état des stocks et les pertes. Sur un autre registre, il serait également pertinent de réfléchir au maintien des capacités d’assemblage textile sur site, qui ont démontré toute leur utilité durant la première vague. Nous avons ainsi pu continuer à alimenter les établissements de santé en masques et blouses de protection, à une époque où les soignants étaient complètement démunis.

Le programme scientifique de cette édition 2021 sera donc résolument axé sur l’après-Covid.
Catherine Diallo : Nous évoquerons ce sujet au sens large, c’est-à-dire autant les retours d’expériences que ce que nous comptons en faire. Nous avons tous été concernés par les actions mises en œuvre durant cette période, que nous exercions dans des zones fortement affectées – comme moi-même à Reims, dans une région touchée de plein fouet par la première vague du printemps 2020 – ou relativement épargnées. Notre profession a été mise sur le devant de la scène de manière un peu brutale, à l’instar des autres fonctions support, mais a aussi rapidement démontré sa capacité de mobilisation et d’adaptation. Cet épisode a donc permis de valoriser des métiers de l’ombre, parfois peu considérés. Mais il a, aussi, fait figure de traumatisme collectif.

Comment comptez-vous adresser cet enjeu durant les prochaines Journées d’Études ?
Catherine Diallo : Nous avons notamment invité David Azria, qui travaille sur l’amélioration de la confiance dans les organisations, pour évoquer les répercussions sociales de la crise et la manière dont nous, responsables de blanchisseries hospitalières, pourrions remotiver nos équipes. Outre sa conférence plénière, il co-animera un atelier avec Ludovic Denais, du CHU de Bordeaux, pour des échanges plus directs avec les congressistes autour de la notion de résilience. Marc Drezen (Toulouse) et Jean-Pierre Bretagnon (Alès) s’attarderont pour leur part sur les valeurs mises en lumière par la crise sanitaire (cohésion, débrouillardise, etc.) et sur leurs conséquences pour nos blanchisseries. Mais il nous faut désormais aussi aller de l’avant et relancer la locomotive, avec des projets fédérateurs et des outils pour les mettre en place, comme la méthode KAIZEN ou le management visuel de la performance. Ce sera l’autre grand axe de nos Journées.

Comment se matérialisera-t-il ?
Andy Nguyen : Nous mettrons notamment l’accent sur le tout-séché, une évolution technologique aujourd’hui regardée avec beaucoup d’attention. Après la blanchisserie de Mont-de-Marsan, la première à avoir sauté le pas en France en s’inspirant de nos confrères québécois, puis celles de Poitiers et d’Agen – inaugurée en janvier 2020 et que les congressistes auront l’occasion de visiter le 30 septembre –, de plus en plus de constructions neuves s’interrogent sur cette orientation qui permet, notamment, de mettre en place un tri au propre particulièrement pertinent dans le contexte actuel. Il est certes possible de combiner tout-séché et tri au sale, mais les gains en termes de gestion des flux seront moindres. Le concept doit à mon sens être adopté dans son intégralité, et une table ronde sera consacrée à ce sujet.

Catherine Diallo : Autre sujet qui permettra de se projeter vers l’avenir, l’inscription dans une démarche de certification RABC selon la norme NF EN 14065. La très large majorité des blanchisseries hospitalières met aujourd’hui en application les principes RABC, sans pour autant être certifiée. Or cela permettra de valoriser l’engagement des équipes – et de remotiver les troupes. Pour soutenir cette dynamique, nous remettrons désormais des trophées aux blanchisseries certifiées RABC. Les 36èmes Journées d’Études primeront par exemple celle de Rouen, certifiée en 2020 malgré la crise sanitaire. Rappelons d’ailleurs ici que l’URBH est, depuis deux ans, en mesure d’effectuer des audits de certification validés par l’AFNOR.

Justement, en parlant de RABC : l’URBH travaille aujourd’hui à l’actualisation des guides de la fonction linge. Comment procédez-vous ?
Catherine Diallo : Nous avons d’ores-et-déjà presque terminé la réactualisation du Guide de la Fonction Linge en EHPAD, un travail mené par Jean-Michel Lebugle, du CH de Selles-sur-Mer, et Agnès Souvignet, qui gère la blanchisserie de la Maison de Retraite de la Loire. La nouvelle version sera prochainement publiée sur le site de l’URBH. En ce qui concerne le Guide de la Fonction Linge au sens large, nous avons souhaité travailler par chapitre, en priorisant les réactualisations. Nous commencerons par la partie sur l’environnement, qui fait d’ailleurs écho à nos différents groupes de travail – rejets de substances dangereuses dans l’eau (RSDE), énergie, circuit de recyclage des textiles usagés, etc.

Andy Nguyen : Les problématiques environnementales s’inscrivent, à juste titre, dans un contexte règlementaire de plus en plus exigeant, dont les évolutions régulières font écho aux orientations stratégiques nationales. Mais, aussi justifiées soient-elles, ces nouvelles contraintes exigent des réponses méthodologiques pour accompagner leur mise en œuvre. C’est ce que nous nous attellerons à proposer aux membres de l’URBH avec cette première réactualisation. Nous tâcherons par la suite de mettre à jour un chapitre par an, en fonction des demandes remontées du terrain.

Le mot de la fin ?
Catherine Diallo : Nous vous donnons donc rendez-vous à Agen du 29 septembre au 1er octobre, pour nous retrouver et renouer après une année difficile. Rappelons que l’URBH est désormais un organisme de formation référencé DataDock : la participation aux Journées d’Études peut donc être prise en charge au titre de la formation professionnelle. Dans cette même optique, nous nous sommes également engagés dans une certification Qualiopi. Nous vous réservons de nombreuses autres nouveautés au cours des prochains mois, pour pouvoir échanger tout au long de l’année et continuer à faire vivre notre réseau.

- Informations, inscriptions et programme sur www.urbh.net.

Article publié dans l'édition de septembre 2021 d'Hospitalia à lire ici.
 






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