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Le CHIC de Castres-Mazamet mise sur le numérique


Rédigé par Aurélie Pasquelin le Lundi 15 Mai 2023 à 11:21 | Lu 509 fois


Face à la multiplication d’enjeux structurants qu’ils sont appelés à relever de concert, de plus en plus d’établissements de santé optent pour une politique tournée vers une intégration des outils numériques à large échelle. C’est notamment le cas du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet, qui porte un axe e-santé fort au sein duquel la notion d’interopérabilité occupe une place de choix.



Le Dr Jean-Christophe Steinbach, Directeur des Systèmes d’Information et directeur du Département d’Information Médicale du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet. ©DR
Le Dr Jean-Christophe Steinbach, Directeur des Systèmes d’Information et directeur du Département d’Information Médicale du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet. ©DR
Télémédecine, suivi des patients à domicile, optimisation du parcours patient… Les technologies numériques appliquées à la santé s’intègrent chaque jour davantage aux pratiques des équipes hospitalières, quelle que soit la typologie de leur établissement d’exercice. « La e-santé permet de résoudre des problématiques que l’on ne parvenait pas forcément à traiter auparavant, qu’il s’agisse d’enjeux territoriaux, de gestion et de coordination des parcours, ou de besoins liés à des pathologies très spécifiques », constate le Dr Jean-Christophe Steinbach, Directeur des Systèmes d’Informations (DSI) et directeur du Département d’Information Médicale (DIM) du Centre Hospitalier Intercommunal (CHIC) Castres-Mazamet. Cet établissement support du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) Cœur d’Occitanie a, depuis déjà plusieurs années, opté pour une stratégie basée sur une intégration forte des solutions de santé numérique.

Sécuriser les soins…

En lien avec l’école d’ingénieurs en e-santé ISIS, elle-même implantée à Castres, la Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) du CHIC s’est par exemple dotée d’un outil digitalisé pour le pilotage des erreurs médicamenteuses. Pendant des années, celles-ci, qu’elles aient eu ou non des conséquences pour le patient, étaient consignées dans un classeur par les équipes soignantes. Dans le cadre de ses travaux, une doctorante de l’ISIS s’est alors interrogée sur les apports potentiels du numérique pour « sortir du format papier » et « adopter une vision transversale, intégrant notamment les témoignages des différents services », avait noté en juin dernier le Dr Marie-Hélène Cléostrate, pharmacienne responsable de la PUI du CHIC, lors de l’Université de la e-santé organisée chaque année à Castres-Mazamet. Une réflexion qui s’est, depuis, concrétisée avec succès.

… et fluidifier le parcours patient

Et c’est loin d’être le seul exemple de l’intégration réussie des technologies numériques au sein du centre hospitalier occitan. Plus récemment, celui-ci s’est aussi équipé d’une solution de télémédecine pensée pour les résidents en EHPAD. Face à la saturation des services d’urgences hospitalières, et surtout à la multiplication des transferts nocturnes faute de ressources suffisantes au sein des EHPAD, les équipes du CHIC ont mis en place un procédé spécifique pour assurer le suivi des personnes âgées, y compris la nuit. Intervenant en dehors des heures de présence d’un infirmier ou d’un médecin dans l’EHPAD, un garde infirmier rattaché à sept établissements, peut désormais être sollicité par les structures confrontées à des situations potentiellement problématiques.

« Ce professionnel se déplace sur site pour toute demande d'intervention non programmée la nuit, et réalise une téléconsultation avec le médecin des urgences », avait résumé l’été dernier le Dr Philippe Schneider, médecin urgentiste et référent Télémédecine pour le CHIC Castres-Mazamet. « Ces infirmiers sont équipés de plusieurs dispositifs connectés, une tablette, un saturomètre, un fréquencemètre, un électrocardiogramme, un stéthoscope… ce qui leur permet de transmettre facilement certaines données cliniques aux urgentistes via TéléO, la plateforme régionale de télémédecine », ajoute aujourd’hui le Dr Jean-Christophe Steinbach.  

« Organiser correctement les flux d’information »

En ce qui concerne la modalité Télémédecine, le CHIC a donc opté pour une plateforme territoriale développée par le Groupement d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) en Occitanie. Mais d’autres outils numériques cohabitent au sein de l’établissement. « La DSI intervient in fine assez peu dans la conduite du changement : de nombreuses technologies déployées sont relativement autonomes et les professionnels de santé se les approprient rapidement », constate le Dr Jean-Christophe Steinbach en indiquant que ses actions en matière de gestion et d’intégration des outils de e-santé s’effectuent pour l’essentiel sous sa casquette de responsable DIM : « Il ne s’agit pas uniquement de bien identifier les solutions. Il convient, aussi et surtout, d’en délimiter les usages et d’organiser correctement les flux d'information ». Car, aussi autonomes soient-elles, ces applications tierces produisent un certain nombre de données potentiellement exploitables. Elles doivent donc être triées dans « un souci de cohérence », avant d’être potentiellement réintégrées au système d’information du CHIC et inscrites dans les dossiers des patients concernés.

La recherche d’une cohérence d’ensemble

C’est d’ailleurs avec cet enjeu en ligne de mire que les équipes du CHIC ont fortement réfléchi à l’interopérabilité entre le système d’information hospitalier et les différents outils numériques qui lui sont rattachés. Trois flux principaux sont aujourd’hui enregistrés pour « garantir une cohérence d’ensemble entre ces solutions et le dossier patient informatisé » : l’identité du patient, les modalités d’intégration des données dans le dossier patient informatisé, et la production d’étiquettes pour faire le lien entre toutes ces briques. « Bien qu’elle soit difficile à mettre en œuvre dans le cadre des consultations ou des prises en charge réalisées à distance, cette création d’étiquettes est nécessaire pour facturer les actes effectués, mais aussi déposer les bonnes informations dans le bon dossier », explique le responsable en soulignant les gains majeurs en termes de fluidité, de traçabilité et de confort de vie.

« Dans le domaine des soins comme dans celui des fonctions support, le numérique apporte certes son lot de bouleversements, mais il offre aussi une meilleure maîtrise des processus », indique le Dr Jean-Christophe Steinbach en insistant sur la nécessité de « repenser » ces process : « L’un des plus gros écueils a certainement trait à des efforts de réorganisation non aboutis. Pour optimiser un outil et ses usages, une réflexion doit impérativement être menée autour des procédures, des organisations et des pratiques afin de prévenir certains biais et tirer pleinement profit de la technologie ».

Article publié dans l'édition de mai 2023 d'Hospitalia à lire ici.
 






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