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LES FONCTIONS TECHNIQUES SOUS LA LOUPE DE H360 - RENDEZ-VOUS AUX JOURNÉES HOPITECH 2018


Rédigé par Rédaction le Lundi 17 Décembre 2018 à 16:02 | Lu 564 fois


RÉFÉRENT BIM AU CENTRE HOSPITALIER INTERCOMMUNAL EURE-SEINE - HÔPITAL D’ÉVREUX-VERNON, VALÉRY LEFEBVRE A ÉTÉ ÉLU L’AN DERNIER À LA PRÉSIDENCE DE H360, L’ASSOCIATION NATIONALE DES CADRES ET EXPERTS TECHNIQUES HOSPITALIERS. RENCONTRE.



Valéry Lefebvre, Référent BIM au Centre Hospitalier Intercommunal Eure-Seine - Hôpital d’Évreux-Vernon, Président de H360
Valéry Lefebvre, Référent BIM au Centre Hospitalier Intercommunal Eure-Seine - Hôpital d’Évreux-Vernon, Président de H360

Vous terminez actuellement votre première année à la tête de l’association. Quels projets portez-vous pour ce premier mandat ?

Valéry Lefebvre : Il s’agit, pour l’essentiel, de poursuivre la dynamique impulsée par mon prédécesseur Jean-Noël Niort, Ingénieur hospitalier aux services techniques du Centre de Santé Mentale Angevin CESAME, et qui présidait l’association depuis 2013. Le nouveau Bureau National s’attachera donc à répondre au mieux aux attentes de nos adhérents, en particulier dans le contexte actuel des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT), tout en étant attentif aux autres problématiques et enjeux auxquels ils sont confrontés sur le terrain.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
L’association a par exemple récemment constitué un groupe de travail pour élaborer un guide de préconisations relatif à la mise en place d’une chambre d’isolement ou de contention en psychiatrie. Basé sur les retours d’expérience de cadres, experts techniques et ingénieurs hospitaliers, celui-ci devrait permettre à nos confrères de disposer d’un document support pour la rédaction d’un cahier des charges techniques. Il leur suffira alors de le compléter en l’adaptant aux attentes et aux spécificités de leur établissement. Les premiers travaux seront présentés lors des journées Hopitech, et le guide en tant que tel est attendu à la fin de cette année.

Vous vous penchez également sur le Building Information Modeling (BIM), ou bâtiment intelligent. Pouvez-vous nous en parler ?
Le BIM est effectivement le grand dossier du moment. Cela fait déjà quelques années que le sujet est abordé dans le cadre d’Hopitech, et l’association H360 réfléchit d’ailleurs à la constitution d’un groupe de travail qui lui sera dédié. Ce processus de modélisation des données d’un bâtiment recouvre deux champs : la conception et la construction d’un bâti, et son exploitation durant toute sa durée de vie. Le premier axe est aujourd’hui bien maîtrisé par les maîtres d’œuvre, qui ont ici pris la main sur les maîtres d’ouvrage, lesquels doivent donc développer de nouvelles compétences pour mieux se positionner par rapport aux architectes et cabinets d’études. 


Le second axe est encore en balbutiement.

L’un des grands chantiers actuels a trait à l’articulation des données du BIM avec celles d’OPHELIE, l’outil de pilotage du patrimoine hospitalier développé par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), en collaboration avec l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). Il s’agit, plus concrètement, de réfléchir aux modalités de rattachement des informations contenues dans le BIM avec celles traitées à travers les outils de gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO). Menés sous l’égide de l’ANAP, ces travaux devraient contribuer, à terme, à l’optimisation des coûts de fonctionnement hospitaliers, en rationnalisant la consommation énergétique des bâtiments et en améliorant leur adéquation avec leur environnement. Ce sont autant d’enjeux d’ores-et- déjà pris en compte par les nouvelles constructions, où le recours aux dispositifs connectés (Internet des Objets, ou IoT) représente une voie d’avenir.

Quid des technologies d’intelligence artificielle (IA) ?

Des universitaires et des industriels se penchent actuellement sur la place et le rôle de l’IA dans la gestion patrimoniale de demain. Mais la réflexion n’en est qu’à ses prémices, et il nous faut d’abord avancer sur l’intégration des données du BIM avec celles de la GMAO. Nous aurons alors une meilleure visibilité sur les perspectives apportées par l’exploitation de ces données de masse. L’association H360 n’en mène pas moins une veille technologique en fonction des opportunités locales et nationales. Nous constatons donc que les enjeux liés à la rationalisation énergétique et à l’intégration des nouvelles technologies sont désormais pris en compte dès la conception d’un nouveau bâtiment. Quant aux constructions existantes, elles ne s’engagent sur cette voie que dans le cadre d’un projet de restructuration visant à répondre à un besoin précis.

 

Quels sont les impacts de ces évolutions sur les cadres et experts techniques hospitaliers ?
Leur métier acquiert une nouvelle dimension de data analyst, ou analyste de données. Mais les fonda- mentaux restent les mêmes, puisque seule leur maîtrise permettra une intégration pertinente et efficiente des nouvelles technologies. Toutefois, si la formation initiale des ingénieurs et techniciens hospitaliers couvre de plus en plus le maquettage numérique, la domotique et la modélisation BIM, elle porte encore rarement sur le volet ‘exploitation’, alors même que nos confrères sur le terrain sont amenés à recueillir toujours plus de données.

Ce n’est donc pas tant votre métier qui évolue que les outils dont vous disposez.
Pour preuve, peu de nouveaux métiers techniques semblent émerger, si ce n’est les BIM managers, ou coordinateurs BIM. D’autres métiers changent de désignation, à l’instar des dessinateurs hospitaliers désormais devenus des modélisateurs ou, plus largement, des gestionnaires de patrimoine. L’association H360 devra d’ailleurs prochainement fusionner avec l’association TGPH (Techniciens et gestionnaires du patrimoine hospitalier), anciennement ANDEHP (Association nationale des dessinateurs des établissements hospitaliers publics), puisque les métiers que nous fédérons comportent de nombreuses similarités. Unir nos forces nous permettra donc de mieux faire face aux mutations en cours, et éviter que la technologie ne prenne le pas sur l’Homme dans un contexte marqué par une baisse des budgets hospitaliers et donc des effectifs techniques.

Toutes ces mutations que vous évoquez seront au cœur de la prochaine édition d’Hopitech, qui se tiendra à Paris – La Défense du 10 au 12 octobre. Quels en seront les temps forts ? 
Les journées 2018 s’articuleront autour d’un fil rouge : coconstruire l’hôpital de demain avec les métiers supports, qui sont aujourd’hui à la croisée de nombreux enjeux. Un hôpital ne peut en effet fonctionner correctement sans une logistique fluide, quelle que soit l’organisation retenue – internalisation, externalisation ou mutualisation. Ce sera d’ailleurs le thème de la conférence d’ouverture, organisée en partenariat avec l’ANAP. Les autres sessions plénières seront pour leur part consacrées aux GHT, notamment pour évaluer leur impact sur deux champs, la mutualisation des achats et la gestion des ressources humaines. Nous regarderons aussi du côté de nos voisins européens, en particulier la Suisse, la Belgique et le Royaume-Uni, qui témoigneront des effets des regroupements hospitaliers sur leurs fonctions supports. En effet, même si chaque système de santé a des spécificités qui lui sont propres, des enseignements peuvent certainement être tirés des expériences des uns et des autres. Par exemple les hôpitaux britanniques avaient externalisé ces fonctions en masse, et sont progressivement en train de les réinternaliser. Il nous a donc semblé intéressant de nous pencher sur les raisons qui les ont amenés à revoir leur stratégie.

Les thématiques des ateliers sont pour leur part plus spécifiques à chaque fonction support. Pouvez-vous nous en parler ? 
Quelques sujets sont communs à tous les métiers fédérés au sein d’Hopitech, comme la gestion des ressources humaines, la mise en œuvre de l’ambulatoire, le BIM, le Lean Management et les nouveaux outils collaboratifs – qui modifient certes les pratiques, mais participent incontestablement à l’optimisation des organisations. Toutefois, la plupart des ateliers porte en effet sur des cas pratiques spécifiques à chaque métier – organisation, gestion du patrimoine, restauration – tout en s’articulant autour de quatre thématiques transversales : les mutualisations hospitalières, l’hôpital numérique ou
e-hôpital, la qualité des soins, et les démarches durables et responsables. Autres temps fort d’ Hopitech, la remise d’un Prix de l’innovation et d’un Prix du développement durable : les lauréats seront choisis parmi les exposants, sur la base des remontées utilisateurs et après délibération d’un jury d’experts. Avec près de 200 congressistes attendus et une centaine d’exposants, cette nouvelle édition d’Hopitech se positionne donc, une fois de plus, comme un événement incontournable pour tous les techniciens et ingénieurs hospitaliers !
 
Pour plus d'informations : www.hopitech.org 

 
Interview réalisée par  JOËLLE HAYEK
 dans le numéro 42 d'Hospitalia, magazine à consulter en intégralité ici . 







1.Posté par Romain le 24/12/2018 12:02 | Alerter
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Merci pour cette article sur le BIM et l'impact que cela va avoir sur nos services maintenances.

La mise en place d'une GMAO est un grand chantier mais les bénéfices peuvent rapidement se faire ressentir. On a mis en place la GMAO Mobility Work ( https://www.mobility-work.com/fr ) en 2017 et aujourd'hui nous allons la relier a notre maquette BIM.

Cette intégration devrait changer la façon dont nous gérons notre facilité management.





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