Le secteur hospitalier connaît aujourd’hui de profondes mutations. Quels sont, à votre sens, ses principaux défis ?
Guillaume Reynaud : Les systèmes de santé européens font face à des tensions croissantes : vieillissement de la population, hausse des maladies chroniques et neurodégénératives, pression opérationnelle et financière, pénurie de professionnels… En Europe, les plus de 65 ans seront près de 38 millions en 2050, et quelque 14 millions de personnes pourraient être touchées par la maladie d’Alzheimer d’ici 2030. En France, malgré un effort important – 11,4 % du PIB consacré à la santé, au-delà de la moyenne européenne –, les marges d’investissement restent limitées et les équipes hospitalières sont fragilisées. Ces dynamiques complexes exigent des réponses innovantes, domaine dans lequel Dedalus intervient en tant qu’opérateur européen majeur du numérique en santé.
Justement, quel rôle jouez-vous dans cette transformation ?
Nous proposons un écosystème complet couvrant l’ensemble des workflows hospitaliers : dossier patient informatisé, gestion du laboratoire, imagerie médicale, gestion administrative, recherche clinique… Notre ambition est d’alléger la charge cognitive des professionnels, qui passent aujourd’hui jusqu’à 45 % de leur temps sur des outils numériques, avec trop de clics et d’étapes inutiles. Nous développons donc une nouvelle génération de solutions centrée sur la simplification et l’accès à la bonne information au bon moment. Pour cela, nous mobilisons plusieurs leviers d’innovation, comme l’approche Ux-design, l’automatisation des workflows ou encore l’intelligence artificielle. L’objectif n’est plus de saisir mais de prédire, d’assister, de coordonner grâce à des solutions intelligentes et intégrées. Le continuum des soins est au cœur de notre stratégie.
Vous êtes un acteur européen avec un fort ancrage français. Comment cela s’incarne-t-il ?
En France, nous menons plusieurs projets structurants pour co-construire les usages de demain avec les utilisateurs eux-mêmes. Le Command Center en est un exemple emblématique : cette solution de gouvernance par la donnée, véritable tour de contrôle en temps réel, a d’abord été déployée à Madrid en 2023, et est en cours d’adaptation au contexte français avec le CHRU de Nancy, devenu site pilote. Les tableaux de bord et les processus sont conçus avec les équipes, pour répondre aux besoins réels. En imagerie, DeepUnity, notre PACS de nouvelle génération, fait l’objet de partenariats avec le GHT Normandie Centre –-CHU de Caen et les Hospices Civils de Lyon, pour développer de nouveaux usages validés avec les équipes cliniques. Le DPI convergé Care4U suit la même logique : les workflows enrichis par l’IA sont conçus avec les professionnels de santé et validés scientifiquement via le laboratoire ERIOS du CHU de Montpellier. Nous nous appuyons aussi sur nos communautés d’utilisateurs, notamment le club4U issu de la fusion des clubs RESO et DxCare, pour nourrir un dialogue continu sur notre DPI Care4U. Cette boucle itérative garantit la pertinente des fonctionnalités et leur adoption.
L’IA occupe une place importante dans votre stratégie. Pourriez-vous détailler ce point ?
L’intelligence artificielle offre un potentiel considérable pour soutenir les professionnels de santé, simplifier des tâches chronophages et accéder plus rapidement à l’information utile. Nous développons donc des usages concrets autour des modèles LLM, comme la génération automatique de comptes-rendus, l’IA ambiante pour structurer les données en temps réel lors des consultations, ou encore le compagnon numérique, un assistant intelligent capable d’interroger le DPI et de restituer des informations claires et synthétiques. Ces outils sont déjà opérationnels et déployés dans des établissements français. Au-delà du DPI, l’IA ouvre aussi des perspectives en imagerie médicale et en biologie, pour détecter des signaux invisibles ou renforcer les approches préventives. Ces technologies ne sont plus une innovation théorique ; elles sont concrètes et éprouvées, s’imposant comme un nouveau levier d’efficience opérationnelle.
L’efficience opérationnelle sera justement au cœur du D4 Evolution 2026, l’événement annuel de Dedalus France. Comment cette thématique sera-t-elle traitée ?
La 8ème édition du D4 Evolution, le 22 janvier à Paris, aura pour thème « L’hôpital augmenté à la recherche de l’efficience opérationnelle ». Cette journée immersive combinera des ateliers pratiques, des témoignages d’experts et des retours d’expérience pour explorer comment concilier innovation, qualité des soins et bien-être des équipes. L’intelligence artificielle, la gouvernance par la donnée et la réutilisation des informations seront au centre des discussions. L’événement sera également l’occasion de faire des annonces majeures visant à repenser durablement les organisations hospitalières.
Quels sont vos enjeux prioritaires pour prochaines années ?
Principalement la modernisation de nos solutions logicielles, tant au niveau des fonctionnalités que des architectures. Nous investissons fortement dans des architectures robustes et scalables, notamment Kubernetes, soutenue au niveau européen pour son haut niveau de résilience et de sécurité. Nous accompagnons également les hôpitaux dans la montée en compétence sur ces environnements. En parallèle, nous travaillons activement sur le concept de cloud souverain européen, parfaitement aligné avec notre propre vision pour proposer des solutions sécurisées et pérennes, à la fois conformes aux standards européens et aux exigences nationales.
Justement, comment conciliez-vous ce double enjeu ?
Les enjeux technologiques nécessitent une capacité de développement importante et une puissance de feu considérable. Nous disposons donc d’un pôle R&D mondial, qui conçoit des solutions selon un modèle centralisé, garantissant les fonctionnalités fondamentales et les socles technologiques. Dedalus consacre d’ailleurs un milliard d’euros tous les cinq ans, soit plus de 200 millions d’euros chaque année, pour soutenir le développement de ces logiciels et infrastructures. En parallèle, nous nous appuyons sur pôle R&D français, basé à Bordeaux et chargé de répondre aux attentes spécifiques des établissements de santé du territoire. Cette organisation nous permet de participer à des initiatives européennes comme le futur Espace européen de données de santé (EEDS), tout en contribuant aux travaux autour des normes internationales (Snomed-CT, OpenEMR, FHIR…) et aux initiatives nationales, comme la démarche CI-SIS de l’Agence du numérique en santé. Seul un acteur ayant ce positionnement européen et national peut agir de manière aussi transversale et cohérente. C’est la grande force du groupe Dedalus, qui peut ainsi soutenir la transformation des systèmes de santé à travers toute l’Europe.
> Plus d'information sur le site de Dedalus
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
Guillaume Reynaud : Les systèmes de santé européens font face à des tensions croissantes : vieillissement de la population, hausse des maladies chroniques et neurodégénératives, pression opérationnelle et financière, pénurie de professionnels… En Europe, les plus de 65 ans seront près de 38 millions en 2050, et quelque 14 millions de personnes pourraient être touchées par la maladie d’Alzheimer d’ici 2030. En France, malgré un effort important – 11,4 % du PIB consacré à la santé, au-delà de la moyenne européenne –, les marges d’investissement restent limitées et les équipes hospitalières sont fragilisées. Ces dynamiques complexes exigent des réponses innovantes, domaine dans lequel Dedalus intervient en tant qu’opérateur européen majeur du numérique en santé.
Justement, quel rôle jouez-vous dans cette transformation ?
Nous proposons un écosystème complet couvrant l’ensemble des workflows hospitaliers : dossier patient informatisé, gestion du laboratoire, imagerie médicale, gestion administrative, recherche clinique… Notre ambition est d’alléger la charge cognitive des professionnels, qui passent aujourd’hui jusqu’à 45 % de leur temps sur des outils numériques, avec trop de clics et d’étapes inutiles. Nous développons donc une nouvelle génération de solutions centrée sur la simplification et l’accès à la bonne information au bon moment. Pour cela, nous mobilisons plusieurs leviers d’innovation, comme l’approche Ux-design, l’automatisation des workflows ou encore l’intelligence artificielle. L’objectif n’est plus de saisir mais de prédire, d’assister, de coordonner grâce à des solutions intelligentes et intégrées. Le continuum des soins est au cœur de notre stratégie.
Vous êtes un acteur européen avec un fort ancrage français. Comment cela s’incarne-t-il ?
En France, nous menons plusieurs projets structurants pour co-construire les usages de demain avec les utilisateurs eux-mêmes. Le Command Center en est un exemple emblématique : cette solution de gouvernance par la donnée, véritable tour de contrôle en temps réel, a d’abord été déployée à Madrid en 2023, et est en cours d’adaptation au contexte français avec le CHRU de Nancy, devenu site pilote. Les tableaux de bord et les processus sont conçus avec les équipes, pour répondre aux besoins réels. En imagerie, DeepUnity, notre PACS de nouvelle génération, fait l’objet de partenariats avec le GHT Normandie Centre –-CHU de Caen et les Hospices Civils de Lyon, pour développer de nouveaux usages validés avec les équipes cliniques. Le DPI convergé Care4U suit la même logique : les workflows enrichis par l’IA sont conçus avec les professionnels de santé et validés scientifiquement via le laboratoire ERIOS du CHU de Montpellier. Nous nous appuyons aussi sur nos communautés d’utilisateurs, notamment le club4U issu de la fusion des clubs RESO et DxCare, pour nourrir un dialogue continu sur notre DPI Care4U. Cette boucle itérative garantit la pertinente des fonctionnalités et leur adoption.
L’IA occupe une place importante dans votre stratégie. Pourriez-vous détailler ce point ?
L’intelligence artificielle offre un potentiel considérable pour soutenir les professionnels de santé, simplifier des tâches chronophages et accéder plus rapidement à l’information utile. Nous développons donc des usages concrets autour des modèles LLM, comme la génération automatique de comptes-rendus, l’IA ambiante pour structurer les données en temps réel lors des consultations, ou encore le compagnon numérique, un assistant intelligent capable d’interroger le DPI et de restituer des informations claires et synthétiques. Ces outils sont déjà opérationnels et déployés dans des établissements français. Au-delà du DPI, l’IA ouvre aussi des perspectives en imagerie médicale et en biologie, pour détecter des signaux invisibles ou renforcer les approches préventives. Ces technologies ne sont plus une innovation théorique ; elles sont concrètes et éprouvées, s’imposant comme un nouveau levier d’efficience opérationnelle.
L’efficience opérationnelle sera justement au cœur du D4 Evolution 2026, l’événement annuel de Dedalus France. Comment cette thématique sera-t-elle traitée ?
La 8ème édition du D4 Evolution, le 22 janvier à Paris, aura pour thème « L’hôpital augmenté à la recherche de l’efficience opérationnelle ». Cette journée immersive combinera des ateliers pratiques, des témoignages d’experts et des retours d’expérience pour explorer comment concilier innovation, qualité des soins et bien-être des équipes. L’intelligence artificielle, la gouvernance par la donnée et la réutilisation des informations seront au centre des discussions. L’événement sera également l’occasion de faire des annonces majeures visant à repenser durablement les organisations hospitalières.
Quels sont vos enjeux prioritaires pour prochaines années ?
Principalement la modernisation de nos solutions logicielles, tant au niveau des fonctionnalités que des architectures. Nous investissons fortement dans des architectures robustes et scalables, notamment Kubernetes, soutenue au niveau européen pour son haut niveau de résilience et de sécurité. Nous accompagnons également les hôpitaux dans la montée en compétence sur ces environnements. En parallèle, nous travaillons activement sur le concept de cloud souverain européen, parfaitement aligné avec notre propre vision pour proposer des solutions sécurisées et pérennes, à la fois conformes aux standards européens et aux exigences nationales.
Justement, comment conciliez-vous ce double enjeu ?
Les enjeux technologiques nécessitent une capacité de développement importante et une puissance de feu considérable. Nous disposons donc d’un pôle R&D mondial, qui conçoit des solutions selon un modèle centralisé, garantissant les fonctionnalités fondamentales et les socles technologiques. Dedalus consacre d’ailleurs un milliard d’euros tous les cinq ans, soit plus de 200 millions d’euros chaque année, pour soutenir le développement de ces logiciels et infrastructures. En parallèle, nous nous appuyons sur pôle R&D français, basé à Bordeaux et chargé de répondre aux attentes spécifiques des établissements de santé du territoire. Cette organisation nous permet de participer à des initiatives européennes comme le futur Espace européen de données de santé (EEDS), tout en contribuant aux travaux autour des normes internationales (Snomed-CT, OpenEMR, FHIR…) et aux initiatives nationales, comme la démarche CI-SIS de l’Agence du numérique en santé. Seul un acteur ayant ce positionnement européen et national peut agir de manière aussi transversale et cohérente. C’est la grande force du groupe Dedalus, qui peut ainsi soutenir la transformation des systèmes de santé à travers toute l’Europe.
> Plus d'information sur le site de Dedalus
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici








