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CONJUGUER INNOVATION TECHNOLOGIQUE ET INNOVATION SOCIALE

Rédigé par Rédaction le Jeudi 25 Avril 2019 à 14:29 | Lu 695 fois


60 ANS DES CHU / LE CHU DE MONTPELLIER





AVEC 1 995 LITS ET 594 PLACES RÉPARTIS ENTRE DOUZE PÔLES HOSPITALO-UNIVERSITAIRES, LE CHU DE MONTPELLIER EST AU CŒUR D’UN TERRITOIRE DE PRÈS DE 900 000 HABITANTS. HÉRITIER D’UNE TRADITION SÉCULAIRE, CET ÉTABLISSEMENT CLASSÉ PARMI LES MEILLEURS CHU DE FRANCE MISE SUR L’INNOVATION ET LA RECHERCHE, TOUT EN PRÉPARANT ACTIVEMENT L’HÔPITAL DE DEMAIN. LES EXPLICATIONS DE SON DIRECTEUR GÉNÉRAL, THOMAS LE LUDEC.

Thomas Le Ludec, Directeur Général
Thomas Le Ludec, Directeur Général
Quels sont à votre sens les principaux atouts du CHU de Montpellier ?
Thomas Le Ludec :
 Ils sont nombreux ! Citons, pour commencer, le dynamisme de sa communauté de chercheurs, qui le posi- tionne au 6ème rang des CHU français en matière de recherche clinique, et à la 2ème place, après l’AP-HP, pour le nombre de patients inclus dans les essais cliniques. Le CHU de Montpellier fédère ainsi 11 centres de référence de maladies rares, participe à plus de 1 200 protocoles de recherche, et a déjà déposé 52 brevets. Il se démarque, d’autre-part, par un savoir-faire historique en matière de formation et continue de développer de nouvelles approches, à l’instar de la plateforme de simulation de dernière génération exploitée en commun avec la Faculté de médecine. 

Sa forte attractivité auprès des internes s’explique notamment par ses nombreux domaines d’excellence. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ? J’évoquerai notamment les neurosciences avec le premier centre français pour la chirurgie cérébrale sur patient éveillé, la neuroradiologie interventionnelle avec le centre de traitement des AVC par thrombectomie, ou encore la neurologie avec un centre d’excellence labellisé sur les maladies neuro-dégénératives. Le CHU de Montpellier se distingue également dans le domaine des thérapies cellulaires avec la coordination de la plateforme de recherche ECell France et du projet européen Respine. Ses activités d’onco-hématologie fédèrent pour leur part plus d’un millier de professionnels, faisant du CHU l’un des huit sites labellisés SIRIC pour la recherche intégrée sur le cancer. Il est, enfin, particulièrement actif sur le champ de la recherche en anesthésie-réanimation, ce qui constitue également un facteur d’attractivité important pour les internes et jeunes médecins de cette spécialité. 

Mais ce ne sont pas les seules forces dont il dispose.
Le CHU est en effet fortement engagé en faveur de la qualité de vie au travail et favorise un dialogue social régulier et riche avec les représentants du personnel. Convaincu que l’innovation technolo- gique et l’innovation sociale se nourrissent l’une de l’autre, j’ai d’ailleurs pris la décision d’allouer, en 2018, une enveloppe de 500 000€ supplémentaires pour prévenir les risques professionnels. Pour toutes ces raisons, la santé représente aujourd’hui une filière d’excellence inscrite au cœur du projet « Montpellier Capital Santé ». Le pacte métropolitain d’innovation conclu avec l’État a ainsi permis au CHU d’obtenir le co-financement de deux projets d’envergure : l’extension de l’Institut de médecine régénérative et de biothérapie pour accueillir un bio-incubateur de start-ups, et l’installation d’une salle innovante en neuroradiologie interventionnelle. 

Pouvez-vous nous citer quelques projets emblématiques ?
L’ambition portée par le projet d’établissement 2018-2022 vise à construire ensemble le CHU de demain. Les TIC étant ici une voie d’avenir, j’ai, par exemple, créé une délégation à l’usage clinique des outils numériques pour favoriser leur diffusion et leur appropriation par les professionnels du CHU. L’enjeu est de taille, non seulement en termes de soins et de recherche, mais aussi pour impliquer les patients le plus en amont possible dans les projets les concernant. Sur le volet patrimonial, le CHU mène un certain nombre de restructurations pour, notamment, regrouper ses activités de biologie médicale sur un site unique, construire un bâtiment dédié aux maladies infectieuses et tropicales, et préparer un projet immobilier destiné à la filière gériatrique. Il est, en parallèle, engagé dans un processus de réingénierie organisationnelle pour mieux préparer sa transition vers un hôpital de parcours : développement des activités ambulatoires, déploiement de l’entrée à J zéro et de la récupération rapide après chirurgie (RRAC), expérimentation de l’hôtel patient, etc. 

Le CHU de Montpellier ambitionne également de regrouper toutes ses activités de court séjour sur un site unique. C’est un projet de long terme, qui devrait se concrétiser d’ici 20 à 25 ans. Il s’appuiera notamment sur la construction d’un nouvel hôpital dans la continuité de Lapeyronie, à horizon 10 ans. Une réflexion est donc dès à présent en cours pour définir les grands principes fonctionnels de ce chantier majeur, qui s’inscrira aussi dans une perspective territoriale en lien avec le GHT Est-Hérault et Sud-Aveyron, les professionnels de ville et les associations de patients. Il s’agit, plus concrètement, d’anticiper ce que sera l’hôpital universitaire du futur, tant en termes de fréquentation que de nouvelles modalités de prise en charge. Les outils numériques joueront ici un rôle structurant pour positionner le CHU de demain au cœur de son territoire, notamment grâce à la télémédecine, mais aussi accélérer l’échange et l’exploitation de données multimodales afin de favoriser l’avènement d’une médecine prédictive et personnalisée. 
 

UN LIEU HISTORIQUE D’EXERCICE DE LA MÉDECINE 
 
• Avec la plus ancienne faculté de médecine du monde occidental toujours en activité, le CHU de Montpellier est l’héritier de plus de mille ans de soins, d’enseignement et de recherche. 
 
• Les premiers témoignages relatifs aux hôpitaux médiévaux datent de 1137 : nés dans une cité marchande, ceux-ci soignent les pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de- Compostelle, Rome ou Jérusalem. Plusieurs établissements sont détruits au XVIème siècle, tandis que l’Hôtel- Dieu Saint-Eloi situé hors des remparts, est rapatrié au centre-ville. Sa notoriété est grande sous l’Ancien Régime, mais cet hôpital général ne s’ouvre aux professeurs de la faculté de médecine qu’à la Révolution. En 1890, ses activités sont transférées dans un nouvel établissement pavillonnaire, renommé hôpital Saint- Eloi en 1976. 
 
• La deuxième moitié du XXème siècle modifie radicalement la physionomie du CHU nouvellement créé. Le vieil hôpital général est abandonné et les hôpitaux Saint-Eloi, La Colombière (construit en 1906) et Bellevue sont profondément rénovés. Quatre nouveaux bâtiments sont édifiés : Gui-de-Chauliac, Antonin-Balmès, Lapeyronie – dont la construction s’échelonne jusqu’au début des années 80 – et Arnaud-de-Villeneuve, dernier-né des hôpitaux de Montpellier. 
 
Source : Histoire des Hôpitaux de Montpellier, de Robert Dumas, avec la collaboration de Marie-Sylvie Grandjouan et Bernard Barral (éditions Sauramps). 

Interview réalisée par Joëlle Hayek dans le numéro 43 d'Hospitalia, magazine à consulter en intégralité ici .





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