Pour Philippe El-Saïr, président de la Conférence des DG de CHU et directeur général du CHU de Nantes, les CHU sont devenus de véritables plateformes stratégiques, au service non seulement de leurs missions historiques mais aussi de l’innovation et du développement territorial. « Les initiatives qui émergent au sein des 33 CHU de France montrent qu’ils sont en première ligne de l’innovation en santé, contribuant à la réindustrialisation du pays et au développement économique des territoires », explique-t-il. Face à aux enjeux de souveraineté sanitaire, le rapprochement entre CHU et HealthTech n’est plus un choix, mais un impératif majeur : « Le partenariat entre les CHU et France Biotech – entre l’hôpital public et l’industrie – est plus nécessaire que jamais. »
Le succès de cette collaboration se mesure à l’adhésion croissante des professionnels de santé et des acteurs académiques. Sur le terrain ou comme lors de rendez-vous comme le CHU HealthTech Connexion Day, qui a rassemblé près de 1 000 participants cette année, contre 400 lors de sa première édition. « La forte mobilisation des professionnels donne tout son sens à cette dynamique », ajoute Philippe El-Saïr, qui souligne la volonté d’apprendre de chaque initiative, « avec humilité et sans langue de bois ». Du côté de l’industrie, le rapprochement avec les CHU est perçu comme un accélérateur d’innovation. Frédéric Girard, président de France Biotech, rappelle que la France compte près de 2 800 start-ups innovantes en santé, dont la majorité des technologies provient du monde académique. Les CHU, premières plateformes de développement clinique et futurs utilisateurs, sont donc des partenaires naturels. « Ils peuvent nous faire gagner du temps pour accélérer l’industrialisation », explique-t-il. Les CHU deviennent ainsi des vecteurs de diffusion de l’innovation dans les territoires, contribuant à intégrer efficacement les solutions dans des organisations complexes.
Le succès de cette collaboration se mesure à l’adhésion croissante des professionnels de santé et des acteurs académiques. Sur le terrain ou comme lors de rendez-vous comme le CHU HealthTech Connexion Day, qui a rassemblé près de 1 000 participants cette année, contre 400 lors de sa première édition. « La forte mobilisation des professionnels donne tout son sens à cette dynamique », ajoute Philippe El-Saïr, qui souligne la volonté d’apprendre de chaque initiative, « avec humilité et sans langue de bois ». Du côté de l’industrie, le rapprochement avec les CHU est perçu comme un accélérateur d’innovation. Frédéric Girard, président de France Biotech, rappelle que la France compte près de 2 800 start-ups innovantes en santé, dont la majorité des technologies provient du monde académique. Les CHU, premières plateformes de développement clinique et futurs utilisateurs, sont donc des partenaires naturels. « Ils peuvent nous faire gagner du temps pour accélérer l’industrialisation », explique-t-il. Les CHU deviennent ainsi des vecteurs de diffusion de l’innovation dans les territoires, contribuant à intégrer efficacement les solutions dans des organisations complexes.
L’innovation organisationnelle : un pilier trop longtemps sous-estimé
Mais l’innovation ne se limite pas à la technologie ou au développement de nouvelles thérapies. Floriane Rivière, directrice générale du CHU de Tours, insiste sur l’importance de l’innovation organisationnelle, qui « vise à transformer les organisations pour mieux répondre aux besoins des patients et renforcer l’attractivité des métiers. » Depuis la pandémie Covid, les hôpitaux traversent une crise de sens, et l’innovation apparaît comme un levier pour les rendre plus agiles et plus apprenants. Elle permet de questionner les modes de coopération, la gouvernance, la formation et l’accompagnement des parcours de soins pour créer « un cercle vertueux », où chaque innovation contribue à l’amélioration durable du système. Portant la voix des start-ups, Virginie Fortineau, spécialiste de l’ingénierie des flux, met en avant trois conditions pour réussir l’innovation organisationnelle à l’hôpital : proposer une rupture technologique et méthodologique, accompagner le changement de manière partenariale, et travailler sur le long terme. « Une innovation de rupture demande du temps ; elle exige un partenariat de confiance construit sur la durée », précise-t-elle.
Vers un modèle économique partagé et soutenable
Pour autant, les modalités de diffusion de l’innovation – quelle qu’elle soit – doivent encore être structurées. Comme le précise Florence Favrel-Feuillade, directrice générale du CHU de Brest, l’innovation doit désormais démontrer sa valeur économique autant que sa valeur clinique : « Il devient nécessaire d’être plus sélectif dans les projets retenus, en intégrant systématiquement la notion de retour sur investissement, ce qui contribuera d’ailleurs à diffusion les innovations plus largement. » Elle insiste également sur l’importance de discuter tôt du modèle économique entre hôpitaux et start-up, « un sujet qui arrive souvent trop tard et qui peut devenir un frein majeur. » Ce cadre partenarial devrait, notamment, inclure les modalités de « valorisation des établissements participant au co-développement des solutions. » Stéphane Tholander, pour France Biotech, rappelle quant à lui l’importance d’associer les tiers-lieux d’expérimentation et les centrales d’achat afin de créer des modèles soutenables et reproductibles : « Les ressources réelles des établissements sont déterminantes pour bâtir des modèles économiques pertinents ».
Les CHU, pivots territoriaux de l’innovation en santé
À Bordeaux, terre d’accueil du 4ème CHU HealthTech Connexion Day, le rôle des CHU comme pivots territoriaux de l’innovation est particulièrement visible. Vincent Nicolas Delpech, directeur général du CHU, souligne que l’innovation répond à des enjeux locaux concrets : ruptures dans les parcours de soins, engorgement, inégalités d’accès ou pénuries de personnel. « L’innovation n’est pas un luxe : c’est une nécessité », affirme-t-il. En Nouvelle-Aquitaine, des partenariats entre l’industrie et des acteurs comme l’IHU Liryc – dédié aux maladies du rythme cardiaque – permettent ainsi de mettre en place un diagnostic précoce et un suivi décentralisé des patients, mais aussi de proposer de nouveaux dispositifs innovants pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque avancée.
Selon Arnaud Mascarell, entrepreneur partenaire de l’IHU, l’interopérabilité technique et humaine est toutefois essentielle pour que chaque acteur du territoire puisse coopérer efficacement : « Il est impératif de développer des standards européens adaptés à la nature des données de santé. L’interopérabilité humaine, c’est-à-dire la volonté d’interagir les uns avec les autres, est tout aussi cruciale ». S’il admet qu’il reste encore du chemin pour « faire de la France une grande nation de l’innovation en santé », Frédéric Girard estime, pour sa part, que la dynamique actuelle est déjà remarquable : « Finalement, l’innovation en santé sous sa forme actuelle n’a qu’une dizaine d’années. Aujourd’hui, elle irrigue le quotidien des hôpitaux : les innovations sont présentes au cœur même des pratiques. Nous sentons une véritable émulation et beaucoup d’enthousiasme ! »
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
Selon Arnaud Mascarell, entrepreneur partenaire de l’IHU, l’interopérabilité technique et humaine est toutefois essentielle pour que chaque acteur du territoire puisse coopérer efficacement : « Il est impératif de développer des standards européens adaptés à la nature des données de santé. L’interopérabilité humaine, c’est-à-dire la volonté d’interagir les uns avec les autres, est tout aussi cruciale ». S’il admet qu’il reste encore du chemin pour « faire de la France une grande nation de l’innovation en santé », Frédéric Girard estime, pour sa part, que la dynamique actuelle est déjà remarquable : « Finalement, l’innovation en santé sous sa forme actuelle n’a qu’une dizaine d’années. Aujourd’hui, elle irrigue le quotidien des hôpitaux : les innovations sont présentes au cœur même des pratiques. Nous sentons une véritable émulation et beaucoup d’enthousiasme ! »
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici









