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Blanchisserie

« La certification RAL offre une garantie supplémentaire pour tous »


Rédigé par Rédaction le Lundi 2 Novembre 2020 à 10:16 | Lu 286 fois


Depuis maintenant cinq ans, la blanchisserie inter-hospitalière de l’Alsace du Nord (GIP-BIHAN) est certifiée RAL-GZ 992/1 et RAL-GZ 992/2 par l’institut allemand Hohenstein pour l’ensemble de son process de traitement du linge hospitalier : hygiène, lavage et qualité. Un choix qui lui a permis de faire face à la crise sanitaire sans modifier ses organisations. Rencontre avec Joseph Kurtz, responsable de la blanchisserie.



Joseph Kurtz, responsable de la blanchisserie inter-hospitalière de l'Alsace du Nord. ©DR
Joseph Kurtz, responsable de la blanchisserie inter-hospitalière de l'Alsace du Nord. ©DR
Pouvez-vous nous présenter votre structure ? 
Joseph Kurtz : La Blanchisserie Inter-Hospitalière de l’Alsace du Nord (BIHAN) est un Groupement d’Intérêt Public (GIP) qui emploie 32 personnes et compte une dizaine d’adhérents, parmi lesquels des EHPAD, une clinique, un établissement de soins psychiatriques… Nous traitons, en moyenne, 5,5 tonnes de linge par jour que ce soit du linge plat, en forme ou résident. Les particularités de nos établissements adhérents font que, contrairement à la majorité des blanchisseries hospitalières, nous traitons principalement du linge éponge et du linge séché, qui représentent, à eux deux, la moitié de ces 5,5 tonnes journalières.  

Depuis cinq ans, vous êtes qualifiés RAL par l’institut Hohenstein pour vos processus. Cette certification n’étant pas obligatoire, pourquoi avoir fait ce choix ? 
Cette question, beaucoup de confrères me la posent – regardant parfois la BIHAN comme une blanchisserie venue d’un autre monde. La raison en est pourtant simple : notre structure étant proche de la frontière avec l’Allemagne, et étant moi-même en charge des relations franco-allemandes pour l’Union des Responsables de Blanchisseries Hospitalières (URBH), je m’intéresse toujours beaucoup à ce que font nos voisins allemands. Il faut savoir que là-bas, toute blanchisserie souhaitant travailler avec les hôpitaux doit posséder cette certification. Quand j’ai été nommé responsable de la BIHAN, il y a sept ans, je voulais essayer de mettre cela en place au sein de notre blanchisserie. Les adhérents et le directeur, Yannick Fogel, ont tout de suite approuvé.C’étaitun vrai projet fédérateur, y compris auprès des agents dont le travail a été mis en valeur, et qui ont aussi mieux identifié et maîtrisé les différentes étapes des processus de traitement du linge.

Comment cette mise en place s’est-elle déroulée ? 
Avant d’obtenir la certification, nous avons travaillé pendant six mois avec l’institut Hohenstein afin d’évaluer nos méthodes et définir les changements à y apporter pour obtenir la qualification. Une fois ces modifications effectuées, approuvées, validées et contrôlées, nous avons reçu la certification pour une période donnée, soit deux ans. Pour la faire perdurer, l’institut revient tous les ans afin d’effectuer un contrôle complet sur une cinquantaine de paramètres : les machines, le linge, les agents… 

Quels ont été les retours des tutelles en France ? 
La certification impliquant des contrôles annuels de la part de l’institut Hohenstein, les contrôles des tutelles, et plus particulièrement de la Haute Autorité de Santé (HAS), sont plus rapides, plus faciles. Nos échanges avec les équipes d’hygiène hospitalière ont également été facilités puisqu’elles savent qu’un contrôle annuel est effectué. Elles connaissent nos pratiques en détail et peuvent donc s’y baser pour éditer leurs recommandations et conseils. 

Quel est le coût du déploiement de cette certification ? 
Le contrôle de l’institut Hohenstein, indispensable à l’obtention de la certification, a effectivement un coût, environ 5 000 euros par an. À cela, il faut ajouter l’utilisation de produits spécifiques certifiés et référencés par le Robert Koch Institut(RKI). On estime que le surcoût est d’un ou deux centimes par kilogramme de linge traité. Ce qui est somme toute négligeable comparé à l’assurance sanitaire qu’offrent l’emploi de ces produits et les processus qui en découlent. 

Cette assurance a-t-elle été un atout dans l’application des mesures liées à la crise sanitaire ? 
Effectivement, alors que nous sommes dans une région qui a été particulièrement touchée par le SARS-CoV-2, les inquiétudes étaient grandes, que ce soit de la part de nos adhérents que de nos agents. Grâce à la certification, nous avons pu, dès le début, rassurer tous les acteurs et partenaires de notre blanchisserie. Autre avantage indéniable, nous n’avons pas eu à modifier nos process. Dans les zones sales et au tri du linge, nous avons, bien sûr, augmenté les moyens de protection et plus particulièrement les Équipements de Protection Individuels (EPI) mais en dehors de cela, nous n’avons pas changé notre manière de travailler. Nous utilisions déjà des sacs hydrosolubles et effectuions également un double lavage à 60°C. Il n’était donc pas nécessaire de revoir nos protocoles. 

Certains de vos collègues en France ont, eux, dû adapter leurs process…
Plusieurs blanchisseries françaises ont, en effet, augmenté la température de lavage et/ou le dosage de leurs produits – se rapprochant souvent des dosages et des produits certifiés RKI. Ce qui démontre assurément l’importance de cette qualification, mais pose également un problème de taille à ces établissements : comment et quand revenir aux anciens dosages, aux anciennes méthodes ? 

Pensez-vous que, suite à cet épisode, d’autres vont sauter le pas et demander la certification ?
Je ne sais pas, mais la situation est propice à un tel raisonnement, surtout pour ceux qui sont passés à une utilisation de dosages RKI ou similaires. En France, le système est plus orienté vers des démarches qualifiées plutôt que des contrôles qualité. Pourtant, même si elle n’est pas obligatoire et peut parfois sembler inutile, la certification RAL a, pour moi, un atout de taille par rapport à une certification de management de la qualité ISO 9001, puisqu’elle intègre toute une série de contrôlesqui offrent, en fin de compte, une garantie supplémentaire, autant pour les agents que pour les adhérents. 

Encourageriez-vous les autres BIH française à demander une telle certification ? 
Je suis pour la certification et je la défends, mais je salue également le fait que nous soyons tous indépendants avec des manières de travailler différentes, suivant les adhérents, les contraintes et les situations de chacun. En tant que membre de l’URBH en charge des relations franco-allemandes, je suis pour une collaboration forte avec nos voisins allemands et plus particulièrement avec la FWL*, l’équivalent allemande de l’URBH. Nos dernières rencontres n’avaient pas forcément abouti, mais j’espère que suite à la crise sanitaire, nous pourrons relancer ce partenariat et ainsi échanger pour profiter de l’expérience de chacun.  


* Fachverband für Wascherei-, Textil- und Versorgungsmanagement, Association professionnelle pour les manager de blanchisserie, du textile et de la gestion des achats. 




 

Le GIP BIHAN est l'un des deux établissements certifiés RAL en France. ©DR
Le GIP BIHAN est l'un des deux établissements certifiés RAL en France. ©DR

Deux établissements français certifiés RAL

Deux blanchisseries hospitalières et inter-hospitalières sont aujourd’hui qualifiées RAL en France : le GIP BIHAN ainsi que la blanchisserie de l’hôpital de Sélestat, elle aussi située en Alsace, non loin de Strasbourg. Une telle proximité géographique entre les deux établissements n’est pas due au hasard. Tous deux proches de la frontière allemande, ils ont également tous les deux choisi d’être qualifiés RAL par l’institut Hohenstein, basé à côté de Stuttgart, en Allemagne. Pour Joseph Kurtz, cette situation s’explique aussi par la barrière de la langue, car « si les référentiels existent en français, les publications sont pour la plupart éditées et mises à jour en anglais et en allemand »




Article publié sur le numéro de septembre d'Hospitalia à consulter ici
 






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