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  <title>Hospitalia, le magazine de l'hôpital pour toute l'actualité et l'information hospitalière</title>
  <description><![CDATA[Hospitalia est le magazine spécialisé pour la e-santé, systèmes d'information hospitaliers, SIH, hygiène hospitalière, confort du patient hospitalisé, blanchisserie hospitalière, pharmacie hospitalière, imagerie médicale, traçabilité hospitalière]]></description>
  <link>https://www.hospitalia.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>En Normandie, une dynamique collective face au risque infectieux</title>
   <pubDate>Thu, 23 Jul 2026 14:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Aurélie Pasquelin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entre établissements sanitaires et médico-sociaux, les équipes du Groupement hospitalier de territoire (GHT) Caux Maritime déploient une approche transversale de la prévention du risque infectieux. Une organisation singulière, renforcée par un partenariat étroit avec Normand’Hygiène, qui permet d’accompagner aussi bien les hôpitaux que les EHPAD du territoire.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/96444658-67252162.jpg?v=1778164770" alt="En Normandie, une dynamique collective face au risque infectieux" title="En Normandie, une dynamique collective face au risque infectieux" />
     </div>
     <div>
      Mis en place en 2016, le GHT Caux Maritime&nbsp;regroupe trois centres hospitaliers et quatre EHPAD autonomes, réunis sous une direction commune, avec le Centre Hospitalier de Dieppe comme établissement support. Dans ce dispositif, l’équipe opérationnelle d’hygiène occupe une place centrale. Composée d’un praticien hygiéniste, le Dr Stéphanie Rochon-Édouard, et de trois infirmières hygiénistes représentant 2,5&nbsp;équivalents temps plein, elle intervient dans les établissements sanitaires, en lien avec&nbsp;les EHPAD rattachés, via un partenariat avec Normand’Hygiène, réseau régional dédié aux structures médico-sociales.&nbsp;<em>« Notre action repose principalement sur la surveillance des infections, la prévention, l’évaluation et la formation des professionnels.&nbsp;Il s’agit d’un cycle continu »</em>, résume la praticienne. L’organisation s’appuie sur un maillage territorial structuré, chaque site disposant d’un référent en hygiène avec un temps dédié adapté.<em>&nbsp;« Une infirmière est présente à 50&nbsp;% à Saint-Valéry, à 20&nbsp;% à Eu, tandis que la coordination globale est assurée depuis&nbsp;le CH de&nbsp;Dieppe »</em>, précise&nbsp;Stéphanie Rochon-Edouard.&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une dynamique collective à l’échelle du GHT </b></div>
     <div>
      Afin de garantir la cohérence des pratiques, des réunions trimestrielles réunissent l’ensemble des acteurs&nbsp;: médecins&nbsp;hygiénistes, cadres et correspondants en hygiène.&nbsp;<em>« Ces temps d’échange favorisent l’harmonisation des pratiques et le partage des retours d’expérience »</em>, explique Corinne Fillion, infirmière hygiéniste de l’EOH.&nbsp;Cette coordination s’étend au-delà du GHT. L’équipe entretient des liens étroits avec les acteurs du territoire, structures d’hospitalisation à domicile, cliniques, établissements de soins de suite, ainsi que le CHU de Rouen.&nbsp;<em>« Les transferts de patients exigent une communication rigoureuse sur les précautions à mettre en œuvre. Ce travail en réseau est essentiel »</em>, souligne-t-elle.&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Normand’Hygiène : un levier pour les EHPAD </b></div>
     <div>
      Avec quatre EHPAD intégrés à son groupement, le GHT Caux Maritime présente une configuration rare en Normandie. Pour autant, cette spécificité facilite les synergies avec le dispositif Normand’Hygiène, présent dans toute la région et dédié aux établissements médico-sociaux. Infirmière hygiéniste de Normand’Hygiène, Katy Levasseur intervient ainsi dans 19&nbsp;EHPAD, dont quatre du GHT.&nbsp;<em>« Notre rôle est d’accompagner les structures dans la prévention du risque infectieux, de les aider à analyser leurs risques et à monter en compétence »</em>, explique-t-elle.&nbsp;Financé par l’ARS Normandie, le dispositif s’articule autour de trois axes&nbsp;: la prévention, l’accompagnement et la formation. Il soutient notamment les établissements dans l’élaboration du DARI (Document d’analyse et de maîtrise du risque infectieux) et permet une intervention rapide en cas d’épidémie.&nbsp;<em>« Les EHPAD étaient souvent isolés auparavant.&nbsp;Aujourd’hui, la présence d’un référent et d’un appui structuré transforme en profondeur leur fonctionnement »</em>,&nbsp;constate&nbsp;Katy Levasseur.&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des actions concrètes et coordonnées </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/96444658-67252173.jpg?v=1778164838" alt="En Normandie, une dynamique collective face au risque infectieux" title="En Normandie, une dynamique collective face au risque infectieux" />
     </div>
     <div>
      La collaboration entre l’EOH et Normand’Hygiène&nbsp;permet de déployer des projets communs à l’échelle du territoire. Parmi les actions emblématiques&nbsp;figure&nbsp;la campagne annuelle consacrée à l’hygiène des mains, menée au mois de mai dans l’ensemble des établissements.&nbsp;<em>« Des audits et des actions de sensibilisation sont organisés tout au long du mois »</em>, précise Stéphanie Rochon-Édouard. Les patients sont également associés à cette dynamique, notamment via les représentants des usagers.&nbsp;D’autres&nbsp;axes&nbsp;de travail sont également développés, comme&nbsp;l’hygiène bucco-dentaire en EHPAD ou&nbsp;la gestion des excrétas, enjeu&nbsp;majeur&nbsp;dans la prévention des infections liées aux bactéries résistantes.&nbsp;<em>« Ce sujet revêt une importance particulière, car ces germes peuvent se transmettre rapidement lorsque les précautions standards ne sont pas respectées »</em>, rappelle&nbsp;l’hygiéniste.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Entre exigences sanitaires et réalité médico-sociale </b></div>
     <div>
      L’intervention en EHPAD nécessite néanmoins des ajustements spécifiques.&nbsp;<em>« Ces structures sont avant tout des lieux de vie. Il faut trouver un équilibre entre la prévention du risque infectieux et le respect du quotidien des résidents »</em>, souligne&nbsp;Stéphanie&nbsp;Rochon-Édouard. La mise en place du port du masque ou l’installation de solutions hydroalcooliques ont ainsi reposé sur un important travail de pédagogie.&nbsp;«<em> Ces évolutions ont demandé du temps, mais elles sont aujourd’hui mieux acceptées »</em>, constate-t-elle.&nbsp;Les équipes doivent également composer avec des contraintes propres au secteur médico-social&nbsp;: turnover des professionnels, hétérogénéité des moyens,&nbsp;diversité des&nbsp;statuts des établissements…&nbsp;<em>« Chaque structure présente des spécificités qui nécessitent d’adapter les messages et les actions »</em>, ajoute Katy Levasseur.&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des enjeux forts pour les années à venir </b></div>
     <div>
      Parmi les priorités actuelles de l’EOH figure la préparation de la certification conjointe des trois établissements sanitaires du GHT, prévue en 2027.&nbsp;<em>« Notre objectif est d’atteindre un haut niveau d’exigence, notamment sur des critères comme l’hygiène des mains »</em>, indique Stéphanie Rochon-Édouard. En parallèle, l’équipe poursuit la surveillance des infections associées aux soins, notamment celles liées aux cathéters ou aux sites opératoires.&nbsp;<em>« Chaque situation fait l’objet d’une analyse afin d’en comprendre les causes et d’éviter leur répétition »</em>, précise la responsable.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p>Au-delà de ces actions, une véritable culture de la prévention se développe progressivement à l’échelle du territoire.&nbsp;<em>« Nous travaillons dans une approche transversale,&nbsp;en&nbsp;associant l’ensemble des professionnels, du médecin à l’agent de bionettoyage.&nbsp;C’est ce qui fait la richesse de notre métier »</em>, confie l’hygiéniste.&nbsp;Une dynamique collective renforcée par les échanges entre pairs, notamment via le réseau régional d’hygiénistes&nbsp;:&nbsp;<em>« le partage d’expériences constitue un levier essentiel pour progresser et faire évoluer durablement les pratiques »</em>,&nbsp;conclut Stéphanie&nbsp;Rochon-Édouard.&nbsp; <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-73-L-IA-a-tous-les-etages_a5038.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong> <br />  <o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.hospitalia.fr/En-Normandie-une-dynamique-collective-face-au-risque-infectieux_a5078.html</link>
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   <title>Jean-Winoc Decousser : «Il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves»</title>
   <pubDate>Tue, 26 May 2026 08:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À quelques semaines du 36ème congrès national de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), prévu du 3 au 5 juin 2026 à Lille Grand Palais, le Professeur Jean-Winoc Decousser, président de la société savante et responsable de l’équipe opérationnelle d’hygiène des Hôpitaux universitaires Henri-Mondor (AP-HP), fait le point sur les travaux en cours et les temps forts de ce rendez-vous incontournable pour la discipline.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/96441797-67249608.jpg?v=1778155245" alt="Jean-Winoc Decousser : «Il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves»" title="Jean-Winoc Decousser : «Il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves»" />
     </div>
     <div>
      <strong>Sur quelles thématiques travaille la SF2H aujourd’hui ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Jean-Winoc Decousser&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Nous travaillons actuellement sur plusieurs problématiques liées à la prévention des infections du site opératoire, dont l’impact est important pour les patients comme pour les établissements. En janvier 2026, nous avons ainsi publié un <a class="link" href="https://www.sf2h.net/publications/avis-relatif-a-lutilisation-de-fils-enduits-de-biocides-prevention-des-iso.html" target="_blank">avis&nbsp;sur les fils de suture enduits de biocides</a>, et nous nous intéressons désormais au dépistage et à la décolonisation du staphylocoque doré avant certaines chirurgies, déjà pratiqués en chirurgie cardiaque et dans certains pays en orthopédie. Nous travaillons également sur les champs opératoires imprégnés d’antiseptique et les pansements à pression négative, tout en explorant de nouvelles pratiques comme le rinçage des plaies opératoires avant fermeture. Cette production traduit une évolution de la SF2H&nbsp;: proposer des avis plus rapides, parfois synthétiques, plutôt que d’attendre la publication de guides entiers de recommandation. Par exemple, sur les fils de suture antiseptiques, les bénéfices étant pressentis, il nous a semblé important de nous positionner rapidement.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Comptez-vous toutefois publier des documents plus complets ?</strong> <br />   <br />  Oui,&nbsp;un travail d’ampleur est en cours sur la prévention du risque infectieux lors des chirurgies réalisées hors bloc. Ce sujet suscite un fort intérêt car il permet de désengorger les blocs, d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les coûts. La chirurgie hors bloc est potentiellement possible lorsque l’intervention ne nécessite ni anesthésie lourde ni système de traitement d’air spécifique. Nous avons consulté de nombreuses sociétés savantes de chirurgie, mais nous ne définirons pas la liste des actes concernés – cela relève de l’expertise des chirurgiens. Nous proposerons en revanche un cadre de bonnes pratiques&nbsp;: organisation, parcours patient, environnement, tenue, suivi… sous forme de guide opérationnel. <br />   <br />  <strong>Une nouvelle commission a également été créée cette année…</strong> <br />   <br />  Oui, la <a class="link" href="https://www.sf2h.net/commissions/tepri-commission-transition-ecologique.html" target="_blank">commission « Transition écologique et prévention du risque infectieux » (TEPRI)</a>, pilotée par la Dr Emmanuelle Joseph dont l’objectif est de structurer et renforcer des travaux déjà engagés sur les enjeux environnementaux. De nombreuses spécialités évoluent en ce sens, et il est essentiel d’avancer collectivement tout en restant vigilants sur la prévention du risque infectieux. Nous avons par exemple récemment signalé une incohérence dans le <a class="link" href="https://www.anap.fr/s/article/referentiel-national-bloc-operatoire-eco-responsable" target="_blank">référentiel de l’ANAP sur les blocs opératoires écoresponsables</a>, qui pouvait entrer en contradiction avec les exigences de prévention du risque infectieux. Cette recommandation a depuis été corrigée, mais cela illustre l’importance de notre rôle. <br />   <br />  <strong>Qu’en est-il de vos collaborations avec les autres sociétés savantes ?</strong> <br />   <br />  Elles sont nombreuses et essentielles&nbsp;: nous travaillons à des avis communs afin d’impliquer les acteurs de terrain et de faciliter l’appropriation des recommandations. Par exemple, nous collaborons avec la Société française de mycologie médicale et le Centre national de référence des mycoses invasives sur&nbsp;<em>Candidozyma auris</em>, une levure multirésistante particulièrement préoccupante, car difficile à éliminer de l’environnement. Nous travaillons également avec les réanimateurs sur les pneumopathies acquises sous ventilation mécanique, et avec les neurochirurgiens sur les méningites nosocomiales. Ces travaux s’appuient aussi sur nos commissions internes, à l’instar de COPERMIC dédiée à la microbiologie de l’environnement, qui va publier un document sur la recherche des bactéries multirésistantes dans l’environnement hospitalier, avec des recommandations adaptées aux moyens des établissements. <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous évoquer votre prochain congrès, qui se tiendra à Lille du 3 au 5&nbsp;juin 2026 ?</strong> <br />   <br />  Cette année encore, le congrès de la SF2H&nbsp;s’annonce&nbsp;comme un rendez-vous majeur pour la discipline. Avec&nbsp;1 200 à 1 500&nbsp;congressistes attendus et plus de 80&nbsp;partenaires industriels, l’édition&nbsp;2026 réunira des professionnels venus de France, mais aussi de Belgique et du Luxembourg, confirmant son envergure internationale.&nbsp;L’intelligence artificielle en sera un axe majeur, car elle représente une véritable opportunité pour notre spécialité. Des logiciels métiers intégrant des outils d’IA permettent déjà d’exploiter de manière autonome les données issues des systèmes d’information hospitaliers, afin d’en extraire des informations pertinentes et de les restituer sous une forme exploitable par les hygiénistes. Par ailleurs, le développement des entrepôts de données ouvre la possibilité d’identifier et de suivre plus efficacement les infections associées aux soins. L’enjeu est de gagner du temps pour libérer des ressources pour la prévention, ce qui positionne l’automatisation comme un levier majeur pour l’avenir de notre spécialité. <br />   <br />  <strong>Justement, comment voyez-vous la prévention du risque infectieux dans les années à venir ?</strong> <br />   <br />  Deux axes me semblent essentiels pour l’évolution de notre discipline&nbsp;: l’accès à des outils numériques performants pour faciliter l’exploitation des données, et la mise à disposition du séquençage génomique couplé à l’intelligence artificielle, afin d’analyser plus rapidement les chaînes de transmission des micro-organismes. Ces technologies sont déjà utilisées dans d’autres disciplines, mais elles restent peu accessibles aux hygiénistes, qui travaillent encore à partir d’indicateurs indirects comme la consommation de solutions hydroalcooliques.&nbsp;Notre objectif est d’accéder à des données fondées sur la transmission réelle des micro-organismes au sein des services, afin de mieux orienter des décisions&nbsp;lourdes de conséquences comme la fermeture de services. Dans le cadre du congrès, nous proposerons d’ailleurs un parcours dédié à la microbiologie, en lien avec des partenaires industriels, afin de mettre en lumière ces avancées technologiques. <br />   <br />  <strong>Est-ce le message que vous souhaitez porter auprès des directions hospitalières ?</strong> <br />   <br />  Oui. Dans un contexte contraint, il sera difficile d’augmenter significativement les effectifs. Il faut donc optimiser les ressources existantes en automatisant certaines tâches pour libérer du temps aux professionnels déjà présents. Aujourd’hui, la prévention du risque infectieux repose encore largement sur l’observation et l’hypothèse. Cette méthode montre ses limites face à la complexité croissante des situations et des parcours de soins. Mais le principal défi de la prévention est qu’elle produit peu d’activité visible&nbsp;: elle évite des événements, ce qui rend difficile la mesure de son impact, et donc sa valorisation. Dans un système hospitalier souvent centré sur l’immédiateté, il est parfois difficile de faire reconnaître l’importance de ces actions tournées vers le moyen et long terme. Nous continuerons bien sûr à défendre la nécessité de renforcer les équipes, partout lorsque cela est possible. En parallèle, nous souhaitons évoluer vers des outils plus modernes, afin de recentrer les hygiénistes sur des missions à forte valeur ajoutée. <br />   <br />  <strong>Durant le congrès, vous évoquerez également l’architecture des espaces de soins. Pourquoi ce choix ?</strong> <br />   <br />  La crise du COVID-19 a montré son importance dans la prévention du risque infectieux. D’ailleurs, du point de vue de l’hygiéniste, le message fondamental reste simple&nbsp;: la chambre individuelle constitue la base de la prévention. Pourtant, elle n’est pas encore systématiquement intégrée dans les projets hospitaliers. Nous aborderons également la question de la ventilation, qui devrait être pleinement prise en compte dès la conception ou la rénovation des établissements de santé. Cela dit, sur le plan architectural, certaines situations sont réellement problématiques sur le terrain. À l’hôpital Henri-Mondor, par exemple, le service de maladies infectieuses est situé au 14ᵉ&nbsp;étage et nécessite l’utilisation d’ascenseurs souvent bondés ; il est en outre à proximité immédiate d’un service accueillant des patients greffés, ce qui pose de vrais problèmes de sécurité. Idéalement, ce type de service devrait être accessible directement depuis l’extérieur, afin de limiter les flux internes et les risques de transmission. D’ailleurs, ces restructurations sont en cours. <br />   <br />  <strong>Vous évoquerez également la prévention du risque infectieux dans les réseaux d’eaux usées. De quoi s’agit-il ? <br />  &nbsp;</strong> <br />  Les circuits d’eaux usées, et en particulier les siphons, constituent des réservoirs importants de micro-organismes. Nous ne pouvons pas les stériliser, et les solutions chimiques ne sont pas satisfaisantes d’un point de vue écologique ni réellement efficaces. Bien qu’il n’existe pas de recommandations claires sur la conduite à tenir, plusieurs pistes sont à l’étude, comme la suppression totale des points d’eau dans les chambres de réanimation. Pour autant, si cette solution permet de limiter les risques, elle soulève aussi d’autres questions pratiques. Une réflexion s’engage également sur la possibilité de préserver un équilibre microbien dans ces réseaux, à la manière du microbiote intestinal, afin de limiter le développement de bactéries pathogènes. Ce sujet, encore sans consensus, sera notamment discuté lors de la session internationale pour essayer de trouver un compromis entre sécurité, efficacité et contraintes de soins.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Le dernier grand axe portera sur les soins critiques…&nbsp;</strong> <br />   <br />  Les services de réanimation concentrent des patients présentant de nombreux facteurs de risque infectieux, en raison de la gravité des pathologies prises en charge et de l’utilisation fréquente de dispositifs invasifs. Des progrès importants ont été réalisés, notamment dans la prévention des infections liées aux cathéters centraux, avec des résultats très encourageants dans de nombreux établissements. En revanche, les pneumopathies acquises sous ventilation mécanique restent un enjeu majeur&nbsp;: elles demeurent parmi les infections les plus fréquentes et les plus graves en réanimation, malgré les améliorations déjà apportées. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin ?</strong> <br />   <br />  Le congrès&nbsp;2026 abordera aussi la vaccination, un enjeu majeur en EHPAD et en long séjour. La crise du COVID-19 a montré qu’il est illusoire d’empêcher totalement l’introduction des virus sans mesures éthiquement discutables. Il faut donc accepter leur circulation tout en limitant les formes graves. Nous disposons aujourd’hui de vaccins efficaces contre la grippe, le COVID-19, le VRS et le pneumocoque. Mais leur déploiement repose sur deux conditions&nbsp;: le remboursement – nous n’y sommes pas encore tout à fait notamment pour le VRS – et l’adhésion des patients et de leurs familles, généralement favorisée par un bénéfice individuel direct. La situation est plus complexe chez les professionnels de santé, avec des taux de vaccination antigrippale très variables selon les métiers, et particulièrement faibles chez les aides-soignants. Au-delà de l’organisation, des facteurs psychologiques et sociaux interviennent, avec parfois une défiance renforcée par les fausses informations. Plus largement,&nbsp;la remise en question de la parole scientifique est préoccupante.&nbsp;La science doit rester fondée sur des données solides, le doute et la rigueur. Face à la montée des discours anti-scientifiques, parfois relayés à des niveaux élevés de responsabilité, il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves. <br />   <br />  &gt;&nbsp;<strong><em>Plus d’informations sur&nbsp;</em></strong><a class="link" href="https://www.sf2h.net/" target="_blank"><strong><em>https://www.sf2h.net</em></strong></a>  &nbsp;&nbsp; <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-73-L-IA-a-tous-les-etages_a5038.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong>  <div>  <div id="ftn3">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/96441797-67249612.jpg?v=1778155253" alt="Jean-Winoc Decousser : «Il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves»" title="Jean-Winoc Decousser : «Il est essentiel de rester ancré dans une approche basée sur les preuves»" />
     </div>
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     </div>
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   <link>https://www.hospitalia.fr/Jean-Winoc-Decousser-Il-est-essentiel-de-rester-ancre-dans-une-approche-basee-sur-les-preuves_a5057.html</link>
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   <title>PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée</title>
   <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Face à la progression mondiale de l’antibiorésistance, la France s’organise pour décloisonner la recherche, la surveillance et l’action publique. Lancé en 2021 dans le cadre de France 2030, le métaréseau PROMISE fédère les acteurs de la santé humaine, animale et environnementale autour d’une approche One Health. La Professeure Marie-Cécile Ploy et le Docteur Bruno François, coordonnateurs du projet, reviennent sur les enjeux scientifiques, cliniques et politiques d’un défi majeur de santé publique.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/94833592-66416836.jpg?v=1771853665" alt="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" title="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" />
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      <strong>Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Je suis microbiologiste clinique, professeure des universités - praticienne hospitalière au CHU de Limoges, où je dirige le service de bactériologie, virologie et hygiène hospitalière. Je dirige également une unité de recherche INSERM - Université de Limoges - CHU de Limoges, consacrée aux résistances aux antimicrobiens, qu’il s’agisse d’antibiotiques ou d’antiviraux. <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Pour ma part, je suis médecin réanimateur au CHU de Limoges. Mon activité est partagée entre la prise en charge de patients en réanimation et la recherche clinique et translationnelle, où je me concentre notamment sur le sepsis et les pneumonies acquises sous ventilation mécanique. Depuis 2008, je coordonne aussi le Centre d’Investigation Clinique labellisé INSERM de Limoges, dont l’axe principal porte sur l’infectiologie des patients en situation critique.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Vous êtes les coordonnateurs de PROMISE. Comment est né ce projet ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>PROMISE a été lancé en novembre 2021 dans le cadre du <a class="link" href="https://ppr-antibioresistance.inserm.fr/wp-content/uploads/2021/04/PPR-Antibioresistance-points-essentiels.pdf" target="_blank">Programme prioritaire de recherche (PPR) sur l’antibiorésistance</a>  &nbsp;porté par l’INSERM. Il s’agit d’un « métaréseau », un réseau de réseaux, visant à rassembler les acteurs de la lutte contre l’antibiorésistance dans une approche One Health, intégrant la santé humaine, animale et environnementale. Il fédère aujourd’hui 120&nbsp;partenaires, dont une quarantaine d’unités de recherche. L’objectif est de créer des passerelles entre des communautés déjà structurées mais qui travaillaient encore trop souvent en silos.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Qu’implique cette approche « réseau de réseaux » sur le terrain ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>En santé humaine, nous collaborons notamment avec les missions du RéPia (PRIMO, SPARES, MATIS, SPIADI), les réseaux de réanimateurs et d’infectiologues, les centres de prévention des infections associées aux soins et les centres régionaux en antibiothérapie. En santé animale, nous travaillons notamment avec le Résapath, réseau de référence pour la surveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales, qui constitue une véritable exception française. En santé environnementale, où il n’existait pas de système structuré, nous avons créé le groupe AMR-Env pour organiser la surveillance. Nous collaborons également avec le GRAIE, association engagée sur les enjeux de santé environnementale et la sensibilisation du public. <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Sur le plan clinique, mon rôle est de favoriser les interactions entre les réseaux de réanimation – OutcomeRea, CRICS-TRIGGERSEP, REA-REZO – et le réseau d’infectiologie RENARCI, pour faire émerger des projets communs et répondre à des appels d’offres nationaux et internationaux. Dans le cadre de PROMISE, nous avons aussi lancé AntibioDEAL, qui relie les acteurs de la recherche précoce (« discovery »). Mais le réel défi est d’assurer la transition entre la découverte en laboratoire et l’application clinique, un processus long, coûteux et toujours incertain.
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/94833592-66416837.jpg?v=1771853717" alt="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" title="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" />
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      <strong>Au-delà de la mise en réseau, quelles sont vos priorités ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>L’un des axes majeurs est de renforcer et d’intégrer la surveillance dans une logique One Health.&nbsp;Avant PROMISE, on recensait en France 48&nbsp;initiatives distinctes de surveillance, sans réelle coordination globale.&nbsp;Nous développons donc, avec l’INRIA, une plateforme de données pour centraliser et harmoniser ces informations. Par ailleurs, la formation et la sensibilisation constituent un autre pilier. Nous avons créé un diplôme universitaire en antibiorésistance dans une approche One Health, désormais dans sa troisième promotion. Nous menons aussi des actions de communication vers le grand public et les décideurs politiques. PROMISE est d’ailleurs cité dans plusieurs objectifs de la feuille de route interministérielle 2024–2034 « Prévention et réduction de l’antibiorésistance », ce qui témoigne d’une reconnaissance institutionnelle forte. <br />   <br />  <strong>Comment qualifieriez-vous la situation actuelle de l’antibiorésistance en France ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:&nbsp;</em></strong>La situation est contrastée. Comparée à certains pays d’Europe du Sud ou d’Asie, la France reste relativement préservée. En réanimation, l’antibiorésistance existe, mais elle est probablement moins importante qu’il y a vingt ans grâce aux efforts de prévention. D’ailleurs, les infections les plus fulminantes en réanimation sont souvent dues à des bactéries encore sensibles. En revanche, les établissements de long séjour et les EHPAD sont particulièrement exposés, en raison du vieillissement, des polypathologies et de la prise répétée d’antibiotiques – qui modifient le microbiote. Il faut aussi rappeler que résistance ne signifie pas nécessairement virulence&nbsp;: les bactéries très résistantes peuvent perdre en agressivité. Néanmoins, certaines résistances, notamment chez les bactéries à Gram négatif, posent de véritables défis. <br />   <br />  <strong>Quels leviers doivent alors être activés en priorité ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Le principal déterminant reste la consommation excessive d’antibiotiques – et la France demeure fortement consommatrice. Or l’antibiorésistance est un phénomène adaptatif&nbsp;: plus on utilise d’antibiotiques, plus on sélectionne de résistances. Plusieurs facteurs expliquent cette surconsommation dans notre pays&nbsp;: une image encore trop positive des antibiotiques, un principe de précaution très ancré dans la culture médicale française, et une confusion fréquente entre colonisation bactérienne et infection réelle. Un effort massif de pédagogie est donc nécessaire. La question de l’intégration du coût écologique et sociétal de l’antibiorésistance dans le prix des antibiotiques mérite aussi d’être posée. <br />   <br />  <strong>Sortir de l’antibiorésistance suppose donc, en partie, de sortir de l’antibiothérapie classique. Quelles alternatives se dessinent ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Les bactériophages, utilisés depuis longtemps dans certains pays d’Europe de l’Est, constituent une piste intéressante, notamment dans les infections osseuses ou profondes, mais les niveaux de preuve restent hétérogènes et leur cadre réglementaire est complexe. Les approches les plus prometteuses sont probablement les peptides antimicrobiens et les anticorps monoclonaux. Ces derniers présentent l’avantage d’être très ciblés et de ne pas générer de pression de sélection comparable à celle des antibiotiques. Mais leur développement est extrêmement coûteux, et plusieurs programmes ont été interrompus faute de rentabilité économique. Un soutien politique fort est donc ici indispensable.
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/94833592-66416850.jpg?v=1771853692" alt="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" title="PROMISE : l’antibiorésistance, un défi systémique qui exige une réponse coordonnée" />
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      <strong>PROMISE a-t-il un équivalent européen ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Pas à ma connaissance. Nous participons toutefois activement à des projets européens, notamment l’action conjointe <a class="link" href="https://eu-jamrai.eu" target="_blank">EU-JAMRAI</a>, qui regroupe 30&nbsp;pays et 128&nbsp;partenaires, pour soutenir la mise en œuvre d’actions concrètes contre l’antibiorésistance. Au sein d’AMR-Env dans PROMISE, nous avons testé cinq indicateurs de surveillance environnementale en France, avec l’ambition qu’ils puissent devenir une norme AFNOR. Parallèlement, des membres de ce groupe contribuent au <a class="link" href="https://www.eionet.europa.eu" target="_blank">réseau européen EIONET</a>  &nbsp;(<em>European environment information and observation network</em>), qui travaille également sur des indicateurs de surveillance. Il est à noter qu’une réglementation européenne imposera prochainement la surveillance de l’antibiorésistance dans les eaux usées des villes de plus de 100 000&nbsp;habitants. <br />   <br />  <strong>L’approche One Health peut-elle tout résoudre ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>L’approche One Health est essentielle&nbsp;car elle reconnaît l’interconnexion entre santé humaine, animale et environnementale. Elle est d’ailleurs promue depuis 2015 par l’OMS et renforcée par l’alliance quadripartite associant OMS, OMSA, FAO et PNUE.&nbsp;Mais elle ne remplace pas les actions spécifiques à chaque secteur. Il faut conjuguer vision globale et interventions ciblées. <br />   <br />  <strong>Il n’existe donc pas de solution unique à l’antibiorésistance…&nbsp;</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>En effet. Il faut des actions complémentaires et coordonnées à l’échelle internationale. La communication joue également un rôle clé. La EU-JAMRAI a récemment publié l’ouvrage de sensibilisation&nbsp;<em>Sketching Antimicrobial Resistance</em>, réunissant 30&nbsp;illustrateurs européens. En France, le GRAIE contribue également à cette dimension pédagogique à travers des dessins sur les enjeux environnementaux liés à l’antibiorésistance, et PROMISE avec la mission MATIS a créé un <a class="link" href="https://www.antibioresistance-une-seule-sante.fr" target="_blank">mini-site d’informations illustrées</a>, avec l’idée de produire prochainement une bande dessinée.&nbsp; <br />   <br />  <strong>La prévention concerne-t-elle vraiment tout le monde ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Oui. Des efforts sont d’ailleurs à faire auprès des décideurs hospitaliers&nbsp;: les travaux en sciences humaines montrent qu’ils ne sont pas suffisamment sensibilisés. Pourtant, investir dans la prévention des infections – notamment via les équipes opérationnelles d’hygiène et les équipes mobiles d’antibiothérapie – réduit les infections nosocomiales, la durée des séjours et la consommation d’antibiotiques.&nbsp;Ces bénéfices sont documentés par l’OCDE.&nbsp;Il est également essentiel d’associer les patients. Des initiatives comme&nbsp;<em>The AMR Narrative</em>&nbsp;au Royaume-Uni, ou le recueil de témoignages publié par l’OMS pour donner la parole à des patients confrontés à ces infections, montrent l’impact de ces récits qui peuvent sensibiliser efficacement le grand public. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Marie-Cécile Ploy&nbsp;:</em></strong>&nbsp;La lutte contre l’antibiorésistance est un combat de longue haleine. Elle nécessite un engagement continu, une coordination internationale et, surtout, un portage politique de haut niveau pour maintenir ce sujet au rang de priorité sanitaire mondiale. <br />   <br />  <strong><em>Dr Bruno François&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Nous savons globalement ce qu’il faudrait faire&nbsp;: mieux prévenir, mieux surveiller, mieux former et soutenir l’innovation. La difficulté réside dans la mise en œuvre concrète.&nbsp;PROMISE constitue une première étape pour décloisonner les acteurs. Mais son impact ne sera durable que s’il s’inscrit dans le temps long, avec une coordination nationale forte, des financements adaptés et un engagement politique clair. Dans un contexte de fragilisation des grandes instances internationales, il appartient aujourd’hui à chaque pays de s’approprier ces enjeux et d’agir à son niveau. <br />   <br />  <strong><em>&gt;&nbsp;Plus d’informations sur&nbsp;<a class="link" href="https://amr-promise.fr/fr/" target="_blank">https://amr-promise.fr/fr/</a>  </em> <br />   <br />  &gt; Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-72-Nouveaux-procedes-ces-innovations-qui-redessinent-le-quotidien-hospitalier_a4924.html" target="_blank">à lire ici&nbsp;</a>  </strong> <br />  &nbsp;
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   <photo:imgsrc>https://www.hospitalia.fr/photo/art/imagette/94833592-66416836.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hospitalia.fr/PROMISE-l-antibioresistance-un-defi-systemique-qui-exige-une-reponse-coordonnee_a4940.html</link>
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   <title>Dr Arnaud Florentin : cap sur l’hygiène hospitalière 2.0</title>
   <pubDate>Tue, 17 Feb 2026 14:02:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À mesure que les établissements de santé se transforment, les hygiénistes, longtemps vus comme les garants des bonnes pratiques, deviennent aussi des architectes du changement. Sur le terrain, ils doivent composer avec des outils numériques de plus en plus puissants, des attentes générationnelles renouvelées et une exigence croissante de durabilité. À l’intersection de ces mutations, le Docteur Arnaud Florentin, MCU-PH à l’Université de Lorraine et au CHRU de Nancy, revient sur les leviers concrets qui permettent de moderniser la prévention du risque infectieux sans en perdre le sens.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/93153661-65149751.jpg?v=1765524533" alt="Dr Arnaud Florentin : cap sur l’hygiène hospitalière 2.0" title="Dr Arnaud Florentin : cap sur l’hygiène hospitalière 2.0" />
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      <strong>Pourriez-vous, pour commencer, nous présenter vos activités universitaires ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Arnaud Florentin&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Je suis maître de conférences - praticien hospitalier (MCU-PH) à l’Université de Lorraine, où je dirige le Département « Hygiène et risques associés aux soins et environnementaux ». Je suis également rattaché à l’unité mixte de recherche 1319&nbsp;INSPIIRE (« Interdisciplinarité en santé publique, interventions &amp; instruments de mesure complexes – Région Est »), qui associe l’Université de Lorraine et l’INSERM et où je travaille plus particulièrement avec l’axe AntibioVac pour la prévention de l’antibiorésistance et la promotion vaccinale. Ces dernières années, mes travaux de recherche se sont surtout tournés vers l’exploitation des données informatisées pour améliorer tant la surveillance que la gestion du risque infectieux à l’hôpital. Dans ce cadre, j’ai récemment effectué une mobilité au CPias d’Île-de-France (mission SPICMI) pour explorer l’usage du SNDS dans la prévention des infections du site opératoire et réfléchir aux meilleures stratégies de valorisation de ces données. <br />   <br />  <strong>Qu’est-ce qui motive votre intérêt pour le big data en santé ?</strong> <br />   <br />  C’est un enjeu contemporain majeur. Pendant longtemps, le frein principal était l’accès aux données. Aujourd’hui, elles sont disponibles en quantité et en qualité croissantes, et cette dynamique va encore s’amplifier avec les entrepôts de données de santé. Le big data s’intègre parfaitement avec mes autres axes de travail autour de la surveillance et de la recherche interventionnelle. Pour évaluer l’impact réel des actions sur le terrain, il faut une surveillance fine et réactive, et l’exploitation des données massives a précisément ici une valeur ajoutée déterminante. D’ailleurs, le 36<sup>ème</sup>&nbsp;congrès de la SF2H, qui se tiendra en juin 2026 à Lille, mettre notamment l’accent sur les opportunités offertes par l’intelligence artificielle et les nouveaux outils du numérique. <br />   <br />  <strong>Le métier même d’hygiéniste hospitalier évolue. Quels défis cela implique-t-il ?</strong> <br />   <br />  Le métier change effectivement en profondeur, sous l’effet combiné des avancées technologiques, de l’évolution de la médecine et des enjeux sociétaux, mais aussi des évolutions démographiques. Autrefois majoritairement occupée par des médecins ou pharmaciens spécialistes en santé publique, notamment en épidémiologie, la spécialité bénéficie aujourd’hui d’une richesse accrue grâce à la diversification des profils qui la rejoignent. Ce changement nécessite de nouveaux outils pour répondre à de nouveaux besoins, de nouvelles appétences ou façons de travailler, plus centrées sur le terrain et l’action que sur la méthodologie d’analyse des données. Par ailleurs, le recueil des indicateurs de surveillance tend à s’automatiser progressivement. Nous serons donc moins mobilisés sur la collecte et davantage sur l’interprétation et la valorisation des données. Pour que ces informations se traduisent en actions locales pertinentes, il faut que les professionnels de terrain sachent en extraire des enseignements concrets. Cela suppose de repenser notre stratégie de surveillance&nbsp;: quelles données collecter, à quelle fréquence, et comment disposer de signaux précoces pour détecter rapidement les tendances infectieuses, même si les données ne sont pas encore consolidées à 100&nbsp;% ? Les indicateurs actuels répondent avant tout à des besoins nationaux. Il est indispensable de disposer également, au niveau local, de données accessibles rapidement pour mettre en œuvre sans délai les actions correctrices nécessaires. <br />   <br />  <strong>Cette transformation est-elle déjà mise en œuvre ?</strong> <br />   <br />  Oui. Au CHRU de Nancy, en lien avec un projet de recherche MACABAO dont je suis coordonnateur et associant hygiénistes, infectiologues, microbiologistes et pharmaciens, l’établissement s’est équipé d’un logiciel expert qui traite et nous transmet des données locales en temps quasi réel. Cela nous permet de réagir très rapidement à une hausse des cas infectieux, bien avant que ces signaux n’apparaissent dans les outils nationaux.&nbsp;C’est précisément là que se situe l’avenir de notre spécialité&nbsp;: pouvoir exploiter les données directement à la source, sans avoir à les retraiter,&nbsp;pour gagner en réactivité, en exhaustivité et en pertinence. La technologie existe, s’améliore constamment et commence à se diffuser sur le terrain. Il faut à présent que les équipes de prévention du risque infectieux se l’approprient et lui trouvent des applications pratiques. <br />   <br />  <strong>Quels autres défis observez-vous sur le terrain ?</strong> <br />   <br />  L’un des enjeux majeurs concerne le maintien durable des précautions standards. L’observance de l’hygiène des mains diminue, avec la réapparition de certaines infections comme celle à&nbsp;<em>S. aureus</em>&nbsp;que nous avions vu fortement chuter. Cette tendance, visible dans de nombreux établissements de santé français, est clairement mise en évidence par l’indicateur ICSHA de consommation de solutions hydroalcoolique. Mais les chiffres relayés aux services de soins n’ont plus le même impact, tant les équipes y sont habituées. Cela nous invite sans doute à repenser nos méthodes de sensibilisation, en adoptant des approches plus variées et multifactorielles. La ludopédagogie, par exemple, pourrait offrir un meilleur ancrage des messages. Les formations par simulation, très efficaces en formation initiale en santé, pourraient aussi trouver leur place en hygiène hospitalière. Encore faut-il disposer de ressources en nombre suffisant au sein des établissements… <br />   <br />  <strong>Qu’entendez-vous par là ?</strong> <br />   <br />  Nous formons aujourd’hui moins de médecins hygiénistes, et cela mérite réflexion. Peut-être faudrait-il repenser la perception de la spécialité pour attirer les jeunes générations. Une piste pourrait être de mieux valoriser ses différentes facettes et de mettre l’accent sur sa transversalité. Certains volets, comme la recherche, le big data ou les approches comportementales, restent peu visibles, alors même qu’ils pourraient réintéresser des profils issus de la santé publique. Il est crucial de valoriser ces aspects innovants et de montrer les collaborations possibles avec d’autres disciplines, comme la psychologie ou la sociologie, qui nous permettent aujourd’hui de mieux comprendre les freins aux bonnes pratiques. <br />   <br />  <strong>Cette méconnaissance de la spécialité explique-t-elle entièrement la désaffection des médecins pour l’hygiène hospitalière ?</strong> <br />   <br />  Un autre enjeu tient sans doute à la nature répétitive et temporaire de nos actions. Il faut constamment répéter les messages, ce qui demande un investissement important pour des résultats qui ne durent pas toujours. L’accompagnement des équipes sur le terrain est aussi plus exigeant qu’auparavant. Cette présence, cependant, a des bénéfices certains&nbsp;: elle permet de changer la perception de notre spécialité, qui n’est pas là pour contrôler, mais pour accompagner. Et c’est d’ailleurs parce que nous sommes au contact des soignants que nous avons pu développer de nouvelles approches, comme l’auto-évaluation des services, qui renforce à la fois l’implication des équipes et notre rôle d’accompagnateur.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Dans le même esprit, vous repensez complètement votre approche des protocoles.&nbsp;</strong> <br />   <br />  Traditionnellement, le principe classique est d’écrire ce que l’ont fait et de faire ce que l’on écrit. Mais cette rigueur peut parfois se retourner contre nous en noyant les équipes sous une surcharge documentaire. Aujourd’hui, nous essayons de privilégier des formats clairs et synthétiques, qui permettent de saisir l’essentiel d’un coup d’œil, et diversifions les supports pour nous adapter aux attentes des nouvelles générations, qui ne consultent pas l’information de la même manière que les précédentes. Simplifier nos messages constitue un réel défi, mais il faut parfois accepter de ne pas tout écrire, car une documentation trop lourde peut inhiber la réflexion et limiter l’appropriation des bonnes pratiques. <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous préciser ce point ?</strong> <br />   <br />  Il est préférable d’enseigner la logique et la philosophie derrière les protocoles, pas seulement les étapes à suivre.&nbsp;Les check-lists restent utiles, mais il faut recentrer l’attention sur l’essentiel. Comprendre le « pourquoi » de chaque action est particulièrement important pour les nouvelles générations, qui n’hésitent d’ailleurs pas à nous challenger. Il ne s’agit plus de transmettre des instructions, mais d’accompagner dans la compréhension des concepts et dans l’analyse critique des nombreuses sources d’information disponibles, qu’elles soient issues du web ou générées par IA. En mettant l’accent sur le raisonnement humain plutôt que sur la mémorisation, les schémas de conduite appropriés seront naturellement appliqués sur le terrain. <br />   <br />  <strong>Sur un autre registre, vous copilotez la Commission Désinfection. Sur quels sujets travaillez-vous aujourd’hui ?</strong> <br />   <br />  La commission, que je co-anime avec Pascale Chaize, se concentre sur la désinfection des locaux, des surfaces et des dispositifs médicaux. Nos deux derniers avis, publiés en avril 2025, illustrent bien comment&nbsp;l’innovation industrielle peut transformer les pratiques… à condition d’être correctement encadrée. Le premier porte sur l’eau ozonée produite sur site, séduisante par son positionnement écoresponsable, mais nécessitant des clarifications sur ses conditions d’usage et son efficacité sur le terrain. Le second concerne la microfibre réutilisable, de plus en plus plébiscitée pour réduire l’empreinte chimique et hydrique des établissements. Mais elle ne pourra pas totalement remplacer les désinfectants chimiques pour les activités et zones à risque élevé. La commission travaille d’ailleurs à la réactualisation du guide des désinfectants pour y intégrer, notamment, les procédés de désinfection (comme la désinfection par UVc) et les enjeux de durabilité. Si le bon usage des désinfectants chimiques deviendra à mon sens un enjeu majeur pour les années à venir, comme l’est aujourd’hui le bon usage des antibiotiques, l’idéal serait, à terme, de pouvoir évaluer et comparer toutes les techniques de désinfection sur l’efficacité, le coût et l’impact environnemental, afin de choisir le procédé le plus adapté à chaque situation.&nbsp; <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-71-Comment-l-industrie-transforme-l-hopital_a4826.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong> <br />  &nbsp;
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hospitalia.fr/photo/art/imagette/93153661-65149751.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hospitalia.fr/Dr-Arnaud-Florentin-cap-sur-l-hygiene-hospitaliere-2-0_a4842.html</link>
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   <title>À Bourg-en-Bresse, une dynamique collective au service de la prévention</title>
   <pubDate>Wed, 11 Feb 2026 14:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Aurélie Pasquelin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, l’Équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière (EOHH) porte une approche territoriale ambitieuse de prévention du risque infectieux. Engagée à l’échelle du Groupement hospitalier de territoire (GHT) Bresse-Haut-Bugey, elle conjugue expertise médicale, actions de terrain et pédagogie innovante pour diffuser durablement les bonnes pratiques auprès des équipes soignantes.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/93154213-65150173.jpg?v=1765528420" alt="À Bourg-en-Bresse, une dynamique collective au service de la prévention" title="À Bourg-en-Bresse, une dynamique collective au service de la prévention" />
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      Au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, l’hygiène hospitalière s’envisage désormais à l’échelle du territoire. Sous l’impulsion du Dr Nathaly Canu, infectiologue et responsable de l’EOHH, la structure s’est transformée au fil des années en une véritable équipe GHT.&nbsp;<em>« Chacun de mes collègues a des missions dans les autres établissements du groupement, ce qui permet d’harmoniser nos procédures et de renforcer le travail commun »</em>, souligne-t-elle. Composée de trois praticiens, trois infirmières hygiénistes, une secrétaire et une référente en hygiène hôtelière, l’équipe s’appuie sur un fonctionnement résolument coopératif, fondé sur le partage&nbsp;des compétences et des expériences.<o:p></o:p> <br />   <br />  Cette organisation, pensée pour dépasser les murs du site principal de Fleyriat, favorise la cohérence des pratiques et la transversalité à l’échelle du GHT.&nbsp;<em>« L’une de nos infirmières, Élodie Debourg-Colignon, intervient par exemple à Pont-de-Vaux »</em>, illustre le Dr Stéphanie Berthet, pharmacienne hygiéniste. Deux infirmières sont ainsi dédiées à temps plein au site de Fleyriat, tandis que la troisième partage son activité entre deux établissements du groupement.&nbsp;<em>« J’interviens moi-même sur Pont-de-Vaux et Fleyriat</em>,&nbsp;poursuit-elle.&nbsp;<em>Nos missions, nos protocoles et nos actions sont partagés, dans un esprit d’harmonisation et d’entraide. »&nbsp;</em><o:p></o:p>
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     <div><b>Des rôles complémentaires au service du collectif </b></div>
     <div>
      Au fil du temps, chaque membre a développé une expertise spécifique.&nbsp;<em>« Je pilote la surveillance des infections nosocomiales, tandis que d’autres gèrent l’environnement ou les référencements produits »</em>, explique Nathaly Canu. Mais la souplesse reste de mise.&nbsp;<em>« Nous sommes interchangeables, c’est l’une des forces de l’équipe »</em>, insiste Stéphanie Berthet. L’EOHH se distingue également par la présence d’une référente en hygiène hôtelière.&nbsp;<em>« Elle forme au bionettoyage et intervient aussi dans les EHPAD du GHT. C’est un atout majeur pour tout ce qui touche à la gestion de l’environnement et à la montée en compétence des agents »</em>, ajoute la praticienne.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des relais dans les services pour une action démultipliée</b></div>
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      Pour renforcer son efficacité, l’équipe s’appuie sur un réseau de correspondants en hygiène.&nbsp;<em>« Nous intervenons auprès des ASH, aides-soignants, infirmiers et auxiliaires de puériculture de chaque service, et y disposons à chaque fois d’un ou plusieurs relais »</em>, décrit Lucie Eymard, l’une des infirmières hygiénistes de l’EOHH.&nbsp;«<em> Ces correspondants locaux participent à trois réunions annuelles, reçoivent une newsletter mensuelle et jouent un rôle clé dans la diffusion des bonnes pratiques au quotidien »</em>, complète Nathalie Jacquet, également infirmière hygiéniste au sein de l’EOHH.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p> <br />   <br />  Ce réseau a notamment permis une large mobilisation lors de la Journée mondiale de l’hygiène des mains&nbsp;2025. Lauréat national du prix RéPIA, l’hôpital a été récompensé pour son affiche « Dribble les microbes, marque contre les bactéries ! », créée par le service de réanimation.&nbsp;<em>« Nous avons co-construit l’événement avec nos référents, en associant les services volontaires autour d’ateliers et d’une production visuelle »</em>,&nbsp;raconte Nathalie Jacquet.&nbsp;<em>« Ce concours a été l’occasion de développer des formats courts, ludiques et très fédérateurs, pour à la fois mobiliser les équipes et renforcer les connaissances »</em>,&nbsp;ajoute Lucie Eymard.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p>
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     <div><b>Former autrement : simulation et jeux sérieux </b></div>
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      La formation constitue l’autre pilier de l’action de l’EOHH.&nbsp;<em>« Nous animons plusieurs journées dédiées à l’hygiène et à la prévention des infections associées aux soins, avec des ateliers pratiques sur les gestes du quotidien »</em>, décrit Nathalie Jacquet. Escapes games, ateliers immersifs, simulations… les formats sont volontairement interactifs, en lien avec le CPias Auvergne-Rhône-Alpes.&nbsp;<em>« Ces outils permettent de renouveler l’approche pédagogique, rendant les messages plus concrets et plus durables »</em>, souligne le Dr Nathaly Canu.&nbsp;&nbsp;<o:p></o:p> <br />   <br />  Un escape game consacré à la vaccination antigrippale a même été créé avec la médecine du travail.&nbsp;«<em> Il a beaucoup de succès auprès des agents, qui peuvent échanger entre eux et poser des questions.&nbsp;Certains choisissent parfois de se faire vacciner à l’issue de la session »</em>,&nbsp;confie Stéphanie Berthet, convaincue que&nbsp;<em>« la formation ne peut plus se limiter aux traditionnels cours et diaporamas. S’il est nécessaire de garder des connaissances théoriques, il faut aussi mobiliser, faire expérimenter et impliquer, ce qui facilite en retour l’apprentissage. »&nbsp;</em><o:p></o:p>
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     <div><b>Une dynamique d’équipe qui rayonne </b></div>
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      Pour compléter ces actions, l’équipe a lancé les « Mardi de l’hygiène », des formations flash de 30&nbsp;minutes, accessibles sur simple inscription.&nbsp;<em>« Les formats courts répondent mieux aux contraintes du terrain,</em> constate Lucie Eymard.<em>&nbsp;Chaque mois, un thème est défini avec nos correspondants&nbsp;: les précautions complémentaires, la désinfection, le port des gants… L’objectif est de maintenir un lien constant avec les services. »&nbsp;</em><o:p></o:p> <br />   <br />  <em>« Même en intervenant sur plusieurs sites, notre objectif est de multiplier les initiatives tout en proposant les mêmes supports, la même méthode et le même état d’esprit&nbsp;: accompagner les professionnels et faire évoluer les pratiques »</em>, résume Élodie Debourg-Colignon, dernière arrivée au sein de l’équipe. Entre rigueur scientifique, pédagogie active et créativité, l’équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière de Bourg-en-Bresse montre que la prévention peut être un puissant levier d’innovation et de cohésion au sein d’un GHT.<o:p></o:p>
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      <strong>Le CH de Bourg-en-Bresse et le GHT Bresse-Haut-Bugey</strong>&nbsp; <br />   <br />  Établissement support du GHT Bresse-Haut-Bugey, le Centre hospitalier de Bourg-en-Bresse (CHB) est l’hôpital public de référence de l’Ain. Il regroupe l’hôpital de Fleyriat et la résidence Émile Pélicand, un EHPAD doté d’unités Alzheimer. Le CHB compte plus de 2 000&nbsp;professionnels, 421&nbsp;lits et places en MCO, 55 en SMR, 86 en USLD et 138 en EHPAD.&nbsp; <br />   <br />  Il joue un rôle central dans la coordination des soins et la mise en œuvre du projet médical partagé du GHT, qui associe le CHB, les Centres hospitaliers du Haut-Bugey, d’Hauteville, de Pont-de-Vaux et de Meximieux, le Centre hospitalier Ain Val de Saône, ainsi que les EHPAD de Cerdon, de Coligny, et de Montrevel-en-Bresse.&nbsp;&nbsp;
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      <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-71-Comment-l-industrie-transforme-l-hopital_a4826.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong>
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   </description>
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   <link>https://www.hospitalia.fr/A-Bourg-en-Bresse-une-dynamique-collective-au-service-de-la-prevention_a4850.html</link>
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