HOSPITALIA

Qui décide des machines qu'achète l'hôpital ? 130 industriels et 350 ingénieurs biomédicaux réunis à Rennes du 7 au 9 octobre

Rédaction

Dans un mois, l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux (AFIB) réunit à Rennes, au Couvent des Jacobins, la communauté de l’ingénierie biomédicale hospitalière pour sa 30e édition. Trois jours durant, la profession confronte ses pratiques à un fil rouge : se réinventer pour un futur durable.

Les 77 intervenants viennent de près de vingt CHU et centres de lutte contre le cancer, de l’EHESP, de la Haute Autorité de santé, du groupement régional e-santé de Bretagne, de la centrale d’achat UniHA et de l’étranger, du Québec à Barcelone en passant par la Suisse. Ingénieurs biomédicaux, médecins, pharmaciens, chercheurs et soignants se partagent la parole pendant trois jours.

Mercredi 7 octobre, l’après-midi des plénières. L’ouverture officielle a lieu à 13h45 dans le Grand Auditorium, avec Valérie Moreno, présidente de l’AFIB, et Virginie Valentin, directrice générale du CHU de Rennes. Quatre plénières s’enchaînent ensuite. La première, animée par Julien Brunier et Laurie Marrauld (EHESP), pose le cadre des enjeux environnementaux pour la santé et les technologies biomédicales. Suivent des retours d’expérience d’établissements déjà engagés dans la transition (CHU de Brest, Rennes, Nîmes, Hospices Civils de Lyon, AUB Santé) et une session consacrée à la low tech à l’hôpital. Le Pr Olivier Decaux (CHU de Rennes) clôt l’après-midi sur l’éthique et l’innovation responsable. La soirée accueille la remise des BM d’Or, qui distinguent les projets biomédicaux les plus remarquables de l’année avec quatre prix : Or, Argent, Bronze et Spécial du jury.

Jeudi 8 octobre, la journée des ateliers. Trente-quatre ateliers se déroulent en parallèle de 8h30 à 17h45, répartis en dix parcours thématiques : numérique, achats, ingénieur biomédical réinventé, IA et données, imagerie, biologie, soins critiques, autonomie et rééducation, chirurgie et robotique, cancérologie. Chaque participant compose son propre programme.

Un atelier-débat de près de deux heures interroge la place de l’intelligence artificielle dans le soin, avec des praticiens des CHU de Brest et de Rennes et une philosophe de l’université de Caen : que sommes-nous prêts à déléguer aux algorithmes ? Autre question posée sans détour par le Pr Romain Mathieu, urologue au CHU de Rennes, aux côtés de chirurgiens et d’ingénieurs biomédicaux : un robot chirurgical à tout prix ? Venues du Québec, une médecin-conseil et une ingénieure biomédicale décrivent l’Unité virtuelle de soins, une nouvelle approche de l’hospitalisation expérimentée dans les Laurentides. Deux des six ingénieurs biomédicaux partis au CES de Las Vegas en janvier livrent leur vision du futur. D’autres ateliers abordent le nouveau décret de matériovigilance d’avril 2026, les entrepôts de données de santé avec le Pr Marc Cuggia (CHU de Rennes), les cellules CAR-T en cancérologie, la réanimation à l’ère du numérique en partenariat avec la SRLF et LaSuite, l’espace de travail souverain des agents de l’État.

Vendredi 9 octobre, de la gestion de crise à l’intelligence collective. La matinée s’ouvre sur un témoignage venu de Barcelone. Raquel Canovas Paradell, directrice adjointe des technologies médicales de l’hôpital universitaire Vall d’Hebron, et le Pr Jose Domingo Sanmartin Sierra, président de la société espagnole d’ingénierie clinique (SEEIC), racontent comment les hôpitaux ont traversé le blackout électrique du 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal. Le Dr Franck Renouard poursuit sur les facteurs organisationnels et humains dans les dysfonctionnements hospitaliers. Laurent Mignard, chef d’orchestre, referme le congrès en tirant de son métier des leçons pour le management des talents à l’hôpital.

Un congrès qui applique ce qu’il prêche
L’AFIB a voulu que l’organisation reflète le thème. Restauration responsable, transports en commun privilégiés, limitation des déchets : chaque choix logistique traduit l’engagement de la profession. « Trente éditions, c’est l’âge d’une profession qui a mûri avec l’hôpital. Cette édition dira ce que l’ingénieur biomédical apporte à la transition écologique de l’hôpital, avec des preuves plutôt que des intentions. », indique Valérie Moreno, Présidente de l’AFIB. « À un mois de l’ouverture, le programme est arrêté. Nous avons hâte de vous accueillir à Rennes pour partager et échanger concrètement, sur la place de l’ingénieur biomédical dans la transition écologique à l’hôpital, sans renoncer à l’innovation ni à la qualité des soins. », ajoute Laurent Bourgeois, Président des Journées AFIB 2026.


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