Les Échos Études : IA en santé, l'industrialisation commence
Rédaction
Avec une croissance annuelle de 35 % à 40 %, le marché mondial de l'IA en santé est entré dans une dynamique de déploiement accéléré. Pour les industriels tout comme les payeurs, la bascule d'une phase pilote vers un passage à l'échelle est en cours. Mais la maturité des acteurs reste inégale. C'est ce que révèle la nouvelle étude des Echos Études, « IA et santé : stratégies gagnantes et perspectives », qui analyse les stratégies des industriels de la santé et des organismes complémentaires.
Trois niveaux de maturité coexistent dans l'industrie pharmaceutique. D’un côté, les grands groupes déploient l'IA à l'échelle de l'entreprise, avec une gouvernance structurée et des plateformes propriétaires, mais se heurtent à la complexité de leurs organisations et de leurs systèmes existants. De l’autre, les laboratoires de taille intermédiaire avancent par initiatives isolées, contraints par des budgets et des compétences limités. Enfin, les TechBio, nées à l'intersection de la biologie et de l'IA, construisent leurs pipelines thérapeutiques dès la conception grâce à l'IA, avec la vitesse pour avantage et la réglementation pour principal frein. La multiplication des partenariats entre Pharma d’une part, et Big Tech ou TechBio d’autre part, avec des engagements pluriannuels de l'ordre du milliard d'euros, illustre une course à la différenciation technologique désormais engagée à grande échelle.
Des gains documentés, des freins avant tout organisationnels
Entre 60 et 110 milliards de dollars : c'est la valeur économique annuelle que l'IA générative pourrait représenter pour les industriels pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux. Les industriels de la santé accélèrent : ils prévoient d'investir 1,6 % de leurs revenus en IA en 2026, contre 0,8 % en 2025. Les gains de productivité sont déjà mesurables : en R&D, les structures pionnières compriment significativement les délais de drug discovery. Pourtant, les freins au passage à l'échelle, majoritairement organisationnels, sont nombreux : résistance au changement, qualité hétérogène des données, évolution non anticipée des métiers et dépendance technologique croissante.
2030 : l'IA agentique comme prochain seuil de rupture
À l'horizon 2030, l'étude identifie l'IA agentique (capable d'enchaîner des workflows métier complets de bout en bout) comme le prochain vecteur de transformation pour l'ensemble des fonctions : market access, force de vente, marketing… Ce déploiement s'opère sous contrainte réglementaire croissante : l'EU AI Act impose traçabilité et supervision humaine, tandis que l'EHDS ouvrira progressivement l'accès secondaire aux données de santé européennes d'ici mars 2029. Il soulève en parallèle un enjeu de souveraineté technologique (modèles, données, infrastructures) particulièrement structurant pour les acteurs européens.
L'IA en santé en 3 chiffres clés
• 60 à 110 Md$
Valeur économique annuelle que l'IA générative pourrait générer pour les industriels pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux
• 35 à 40 %
Croissance annuelle du marché mondial de l'IA en santé sur la décennie
• 1,6%
Part des revenus que l'industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux prévoit d'investir en IA en 2026, contre 0,8 % en 2025.
• 60 à 110 Md$
Valeur économique annuelle que l'IA générative pourrait générer pour les industriels pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux
• 35 à 40 %
Croissance annuelle du marché mondial de l'IA en santé sur la décennie
• 1,6%
Part des revenus que l'industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux prévoit d'investir en IA en 2026, contre 0,8 % en 2025.
Source : Les Échos Études
