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Focus : le rapport 2025 de l’ONVS

Rédaction

Dans les hôpitaux, les EHPAD, les services d’urgence ou encore les cabinets libéraux, la violence s’impose désormais comme une réalité structurelle du système de santé français. Le rapport 2025 de l’Observatoire national des violences en santé (ONVS), fondé sur les données 2023-2024, met en lumière une progression continue des agressions subies par les professionnels et les établissements. Il révèle une dégradation profonde des conditions d’exercice des soignants et interroge la capacité du système à protéger ceux qui le font fonctionner au quotidien.

En 2024, l’ONVS a recensé 20 961 signalements de violences, contre 19 640 l’année précédente, soit une hausse de près de 7 %. Cette augmentation touche aussi bien les atteintes aux personnes que les dégradations matérielles. Les violences verbales, menaces, intimidations et agressions physiques restent largement majoritaires. Le rapport souligne également une aggravation générale de la gravité des faits signalés. Cette évolution s’explique à la fois par une meilleure utilisation de la plateforme de déclaration et par une montée réelle des tensions depuis la crise sanitaire du Covid-19. 

Les établissements publics demeurent les plus exposés. Ils concentrent près des deux tiers des structures déclarantes et l’immense majorité des incidents recensés. Les services psychiatriques apparaissent comme les plus touchés, représentant à eux seuls près de 30 % des signalements. Les urgences, confrontées à des situations de stress extrême, à l’attente prolongée et à une forte pression sociale, figurent également parmi les secteurs les plus vulnérables. Les établissements médico-sociaux connaissent eux aussi une progression importante des violences, même si le rapport estime que ces structures restent encore largement sous-déclarantes. 

Des pratiques inégales de signalement
L’étude met également en évidence de fortes disparités territoriales. Les Hauts-de-France enregistrent une hausse de 50 % des signalements entre 2023 et 2024, tandis que la Bretagne progresse de 40 %. À l’inverse, certaines régions comme la Normandie ou l’Île-de-France affichent une baisse relative. Pour l’ONVS, ces écarts ne traduisent pas seulement des différences de violence réelle, mais aussi des pratiques inégales de signalement selon les territoires et les établissements.Le rapport insiste surtout sur un problème majeur : la sous-déclaration persistante des violences, notamment dans le secteur libéral. Les professionnels de ville ne représentent qu’un peu plus de 3 % des signalements enregistrés. Isolement professionnel, lourdeur administrative, méconnaissance des dispositifs ou multiplication des plateformes de déclaration expliquent en partie cette situation. L’ONVS considère cette faiblesse comme un biais méthodologique important qui empêche encore de mesurer précisément l’ampleur du phénomène. 

« Tolérance zéro »
Au-delà des chiffres, le document alerte sur les conséquences humaines et organisationnelles de cette violence quotidienne. Les agressions fragilisent la relation entre soignants et patients, accentuent la perte d’attractivité des métiers de santé et alimentent le sentiment d’abandon d’une partie des personnels. L’apparition croissante de violences numériques sur les réseaux sociaux élargit encore le champ des menaces auxquelles les professionnels doivent faire face.Face à cette situation, le rapport défend une stratégie de « tolérance zéro » et appelle à renforcer la coordination entre les agences régionales de santé, les ordres professionnels et les établissements. L’objectif est double : améliorer la remontée d’informations et transformer les données collectées en véritables outils de prévention. 

> Article paru dans le Hors-Série #9, édition de mai 2026, à lire ici


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