HOSPITALIA

Au CHU de Lille, un centre d’imagerie repensé pour fluidifier le parcours des patients

Aurélie Pasquelin

Ouvert depuis juillet dernier à proximité de l’hôpital Roger Salengro, le nouveau centre d’imagerie du CHU de Lille marque une avancée majeure dans la modernisation de l’offre diagnostique musculosquelettique. Pensé avec les équipes, accessible aux patients externes et doté d’équipements de très haute technologie, il transforme à la fois l’organisation des flux et les conditions de travail des professionnels.

Depuis l’été 2025, le Centre de consultation et d’imagerie de l’appareil locomoteur (CIAL) accueille ainsi un plateau d’imagerie entièrement dédié à l’activité externe. Implanté à quelques pas de l’hôpital Roger Salengro, ce site ultramoderne vise à simplifier l’accès aux examens spécialisés tout en rendant le parcours des patients plus lisible et plus fluide. Moins d’un an après son ouverture, l’activité est déjà soutenue, avec un volume proche de l’objectif fixé à 20 000 actes musculosquelettiques et pédiatriques par an.

Un centre ouvert vers l’extérieur
Pour les équipes, l’objectif était clair : séparer les flux d’activité et simplifier l’orientation des patients. « Auparavant, nous réalisions dans un même service les examens des patients hospitalisés, des hôpitaux de jour et des externes. Désormais, ce centre est exclusivement dédié à l’activité externe », explique le Pr Anne Cotten, cheffe du service de radiologie et d’imagerie musculosquelettique. Les patients hospitalisés et les actes interventionnels lourds restent pris en charge sur le site de Roger Salengro, tandis que les examens diagnostiques externes sont regroupés dans le nouveau centre. Une répartition qui améliore la lisibilité des parcours, tant pour les patients que pour les professionnels. Le centre dispose d’une entrée dédiée, permettant un accès direct à l’imagerie sans passer par les consultations hospitalières. « Nous souhaitions aussi accueillir des patients qui ne sont pas forcément suivis au CHU, venus uniquement pour un examen d’imagerie », précise Anne Cotten. Cette ouverture s’appuie sur des modalités de prise de rendez-vous diversifiées, notamment en ligne, favorisant une montée en charge progressive de l’activité externe.

Des équipements à la pointe de l’innovation
Le plateau technique réunit en un même lieu l’ensemble des modalités d’imagerie musculosquelettique : radiologie conventionnelle, échographie, scanner et IRM. Sa création s’est accompagnée d’un important renouvellement technologique, avec l’installation d’équipements de dernière génération. Parmi eux, un scanner ultra-haute résolution – encore rare en France –, ainsi que deux IRM : une IRM 3 Tesla dédiée à l’imagerie musculosquelettique et une IRM 1,5 Tesla spécifiquement adaptée à la prise en charge pédiatrique. Ces technologies offrent une résolution spatiale particulièrement fine. « Grâce à l’intelligence artificielle, la qualité des images s’est nettement améliorée. L’IA permet notamment d’accélérer les acquisitions et de réduire les artefacts. Dans un CHU, disposer d’images d’une telle performance est essentiel », souligne Anne Cotten. Le centre renforce également son expertise en imagerie pédiatrique, aves des espaces et un environnement pensés pour les enfants. Des salles d’attente dédiées et un accompagnement personnalisé contribuent ainsi à créer un environnement rassurant, afin de limiter l’anxiété des jeunes patients et améliorer leur prise en charge.

Une organisation repensée pour optimiser les flux
La configuration des locaux a été entièrement revue pour fluidifier les parcours. Les circuits différenciés limitent les croisements de patients, tandis que la proximité des équipements permet d’enchaîner rapidement plusieurs examens si un complément diagnostique est nécessaire. « Lorsqu’un doute apparaît à l’IRM, nous pouvons compléter immédiatement par une échographie ou un autre examen, explique Anne Cotten. L’objectif est d’éviter au maximum de faire revenir le patient ». Cette nouvelle organisation permet également de libérer des créneaux sur le site de Roger Salengro pour développer les actes interventionnels complexes, tels que les vissages ou les thermoablations.

Un projet construit avec les équipes
 La réussite du centre repose en grande partie sur la forte implication des professionnels tout au long du projet. Médecins, manipulateurs et cadres ont été associés aux choix des équipements, à la réflexion sur l’ergonomie des espaces et à l’organisation des flux. « Les manipulateurs ont été impliqués dès le départ, y compris dans le choix des machines. C’est un véritable travail collectif », insiste Anne Cotten. Les locaux ont ainsi été intégralement repensés, avec une architecture favorisant à la fois des circulations fluides et une lumière naturelle, « contribuant à allier efficacité et qualité de vie au travail », souligne la cheffe de service. Pour accompagner la montée en charge, notamment concernant l’accueil de patients externes, les effectifs ont également été renforcés avec le recrutement de onze manipulateurs, six médecins et deux secrétaires médicales.

Un levier pour la recherche et l’innovation
Au-delà de l’amélioration du parcours de soins, le centre constitue aussi un outil stratégique pour la recherche clinique. Les performances des équipements ouvrent de nouvelles perspectives dans l’étude des pathologies osseuses et musculosquelettiques. Plusieurs projets scientifiques sont déjà en cours, en particulier autour de l’analyse fine de la structure osseuse grâce au scanner ultra-haute résolution. « Nous obtenons des images de l’os d’une qualité absolument remarquable, avec des applications potentielles par exemple dans la détection précoce de l’ostéoporose », indique le Pr Cotten. Après plusieurs années de réflexion, la concrétisation de ce centre représente donc une avancée majeure pour le CHU de Lille. « C’est un projet que j’ai commencé à mener il y a presque dix ans. Aujourd’hui, nous disposons d’un outil extrêmement performant, dans un environnement de travail très agréable. C’est une véritable réussite pour toute l’équipe », conclut-elle.  

> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, à lire ici 


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