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  <title>Hospitalia, le magazine de l'hôpital pour toute l'actualité et l'information hospitalière</title>
  <description><![CDATA[Hospitalia est le magazine spécialisé pour la e-santé, systèmes d'information hospitaliers, SIH, hygiène hospitalière, confort du patient hospitalisé, blanchisserie hospitalière, pharmacie hospitalière, imagerie médicale, traçabilité hospitalière]]></description>
  <link>https://www.hospitalia.fr/</link>
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  <dc:date>2026-08-01T17:29:46+02:00</dc:date>
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   <title>Pr Vincent Vuiblet : « La valeur réelle de l’IA dépend de plusieurs conditions »</title>
   <pubDate>Wed, 24 Jun 2026 11:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SIS]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Professeur des Universités et praticien hospitalier en néphrologie, histologie et anatomo-pathologie au CHU de Reims, Vincent Vuiblet est une figure de référence dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la santé, d’ailleurs récemment nommé Ambassadeur IA dans le cadre du plan national « Osez l’IA ». Directeur de l’Institut d’intelligence artificielle en santé (IIAS), il revient sur les travaux menés au sein de cette structure et esquisse quelques pistes concrètes d’application de l’IA au service du soin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/96444024-67251592.jpg?v=1778163034" alt="Pr Vincent Vuiblet : « La valeur réelle de l’IA dépend de plusieurs conditions »" title="Pr Vincent Vuiblet : « La valeur réelle de l’IA dépend de plusieurs conditions »" />
     </div>
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      <strong>Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’IA en santé ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Vincent Vuiblet&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Depuis plusieurs années, je travaille sur l’exploitation des données de santé initialement issues de recherche en histologie spectrale par imagerie vibrationnelle. Ce travail m’a naturellement conduit à utiliser des méthodes proches de celles l’intelligence artificielle pour analyser et valoriser ces données. Progressivement, je me suis interrogé sur la manière dont les professionnels de santé pouvaient non seulement utiliser des outils IA, mais aussi les concevoir ou les co-développer. J’ai alors constaté qu’entre une idée et un produit opérationnel, le chemin était particulièrement complexe pour un clinicien. Avec le soutien du CHU de Reims et de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, nous avons donc fondé l’Institut d’intelligence artificielle en santé (IIAS), avec pour ambition de structurer un écosystème capable d’accompagner les professionnels dans le développement de solutions d’IA en santé. Car – et ce principe guide toujours nos actions – il ne peut y avoir d’IA de confiance sans l’implication des professionnels de santé, qui sont les experts des données cliniques. Nous étions fin&nbsp;2019, et l’IIAS s’est depuis fortement développé.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous dérouler les différentes étapes menées entre 2019 et aujourd’hui ?</strong> <br />   <br />  La première étape, toujours centrale aujourd’hui, a consisté à structurer les données de santé et à en faciliter l’accès. Cela s’est traduit par la mise en place d’un entrepôt de données de santé et la constitution d’un écosystème complet dédié à leur exploitation, regroupant à ce jour près de 70&nbsp;collaborateurs, dont une large majorité d’ingénieurs et de techniciens. Nous avons également créé un incubateur spécialisé en IA en santé, « <a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/PETILLANTe-Sante-accompagne-les-projets-du-territoire-remois_a4269.html" target="_blank">PETILLANTe Santé</a>   », qui accompagne les porteurs de projets et les entreprises dans le développement de solutions fondées sur des données de vie réelle.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous nous en dire plus sur cet incubateur ?</strong> <br />   <br />  « PETILLANTe Santé » intègre un tiers-lieu d’expérimentation labellisé dans le cadre de l’appel à projets France&nbsp;2030. Son rôle est d’évaluer les solutions selon trois dimensions&nbsp;: l’acceptabilité, la performance et l’impact médico-économique. Concrètement, nous accompagnons les projets de bout en bout, depuis la conception jusqu’à l’expérimentation et la valorisation. L’enjeu est de disposer d’une évaluation robuste permettant de distinguer les solutions réellement matures de celles qui ne le sont pas encore. C’est un point essentiel, car les établissements de santé manquent souvent de repères pour juger de la fiabilité des solutions d’IA. Ce tiers-lieu agit donc comme un véritable dispositif de validation et de confiance. <br />   <br />  <strong>Vous avez également développé le programme de formation « PROMESS »…</strong> <br />   <br />  Oui,&nbsp;la formation et l’acculturation des professionnels sont un pilier fondamental.&nbsp;Le programme « PROMESS » répond à cet enjeu en proposant une formation initiale pour les étudiants et une formation continue pour les professionnels en activité, déployée notamment au CHU de Reims. L’objectif est de diffuser une culture de l’IA en santé – ses usages, ses bonnes pratiques, mais aussi ses limites. Dans la continuité de ces actions, nous avons lancé en 2025, avec le soutien de l’ARS Grand Est, « GiulIA », un guichet territorial permettant d’accompagner les professionnels extra-hospitaliers dans leurs projets, de la sensibilisation au déploiement opérationnel. Les usagers hospitaliers ne sont pas en reste&nbsp;: ils sont impliqués dans la gouvernance de l’Institut et peuvent proposer des initiatives. <br />   <br />  <strong>Quels sont les types de projets sur lesquels vous travaillez ?</strong> <br />   <br />  Nous distinguons deux grands ensembles&nbsp;: les projets structurants liés aux données et à l’écosystème IA, et les projets applicatifs qui se répartissent en trois catégories. La première concerne les outils d’aide aux soins, au diagnostic et à la décision médicale. Nous avons par exemple développé un système capable de mesurer automatiquement certaines tumeurs cérébrales en environ 3&nbsp;minutes, contre 30&nbsp;minutes avec les méthodes classiques, améliorant ainsi la rapidité et la qualité des décisions chirurgicales.&nbsp;La deuxième regroupe les outils d’IA au service de l’efficience des soins. Nous avons notamment développé ici un système de transcription automatique des consultations et de génération de comptes rendus, reposant sur trois principes&nbsp;: une souveraineté totale des données, une contextualisation intégrant l’historique du patient, et l’utilisation de modèles légers limitant l’impact environnemental. Enfin, la troisième catégorie concerne les outils visant à optimiser le fonctionnement global du système de santé. Leur impact est plus systémique, car ils agissent sur les parcours de soins et l’allocation des ressources. Le projet « ConcilIA », qui permet de prioriser les patients nécessitant une conciliation médicamenteuse, en est un exemple&nbsp;: il a déjà permis de tripler le nombre d’inadéquations médicamenteuses détectées. <br />   <br />  <strong>Quels sont, à votre sens, les principaux points de vigilance dans le développement d’outils IA en santé ?</strong> <br />   <br />  Si le développement d’un système IA est aujourd’hui à la portée de nombreux data scientists, sa valeur réelle dépend de plusieurs conditions. Il doit d’abord être fondé sur des données multicentriques et représentatives de la population. Il doit ensuite être évalué en conditions réelles, avec une méthodologie rigoureuse garantissant ses performances, son acceptabilité, son intégration dans les pratiques et sa pertinence médico-économique.&nbsp;Plus largement, plusieurs points de vigilance s’imposent&nbsp;: l’éthique, la souveraineté des données, mais aussi le maintien d’une expertise humaine forte.&nbsp;Il est essentiel de préserver l’esprit critique des professionnels de santé afin de pouvoir évaluer et challenger les systèmes d’IA. <br />   <br />  <strong>Un mot, pour finir, sur vos projets à court et moyen terme ?</strong> <br />   <br />  Nous allons poursuivre le déploiement de nos actions auprès des professionnels extra-hospitaliers, avec le soutien de l’Agence régionale de santé Grand Est. En parallèle, nous renforçons notre maillage territorial autour des données et de l’accompagnement, dans une logique de prévention et de responsabilité populationnelle à l’échelle interrégionale. Enfin, nous continuerons à développer des solutions à forte valeur ajoutée pour la prise en charge et l’efficience des soins, tout en favorisant leur&nbsp;valorisation et leur mutualisation au sein du système de santé.&nbsp;Notre ambition reste inchangée&nbsp;: construire collectivement une intelligence artificielle en santé utile, fiable et digne de confiance, capable de transformer les pratiques de façon responsable.  <div>  <div id="ftn1">&nbsp;</div>  </div>  
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      <strong>« Osez l’IA », pour rendre l’intelligence artificielle plus accessible et concrète</strong> <br />   <br />  Le plan national « Osez l’IA » vise à accélérer la diffusion de l’intelligence artificielle dans toutes les entreprises françaises, en particulier les PME et les TPE, encore peu nombreuses à avoir adopté ces technologies. Pourtant, l’IA constitue un véritable levier de compétitivité, permettant d’améliorer la productivité, d’automatiser certaines tâches et d’exploiter plus efficacement les données. Pour répondre à ces enjeux, l’État s’est fixé des objectifs ambitieux à l’horizon 2030&nbsp;: généraliser l’usage de l’IA dans les grandes entreprises, mais aussi atteindre 80&nbsp;% d’adoption dans les PME/ETI et 50&nbsp;% dans les TPE. <br />   <br />  Le plan repose sur trois axes principaux&nbsp;: sensibiliser les entreprises pour lever les freins et démocratiser l’IA, former largement les professionnels, et accompagner concrètement les entreprises via des financements, des diagnostics et des solutions adaptées. Dans ce cadre, des « ambassadeurs IA » sont mobilisés pour agir au plus près du terrain&nbsp;: ils informent, conseillent et orientent les entreprises, facilitant ainsi leur passage à l’action. L’ambition, à terme, est de faire de cette technologie un outil du quotidien pour toutes les entreprises, de manière à renforcer durablement la compétitivité de l’économie française. <br />  &nbsp;
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      <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-73-L-IA-a-tous-les-etages_a5038.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong>
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   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.hospitalia.fr/Pr-Vincent-Vuiblet- La-valeur-reelle-de-l-IA-depend-de-plusieurs-conditions _a5070.html</link>
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   <title>La transformation numérique sous la loupe de l’écosystème industriel</title>
   <pubDate>Wed, 20 Mar 2024 07:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SIS]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Présidée par Anne-Sophie Bouy (Cegedim), la commission Santé de Numeum, syndicat et organisation professionnelle de l’écosystème numérique en France, représente aujourd’hui 250 entreprises en santé, tous métiers confondus, sur les 2 500 adhérents que compte le syndicat. David Vincent (Softway Medical) et Guillaume Reynaud (Dedalus), deux de ses vice-présidents (avec également Pascal Bécache, Digital Pharma Lab), nous livrent leur analyse des dynamiques actuellement à l’œuvre pour accélérer la e-santé en France, et des défis qu’il reste à relever.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/78502832-56968836.jpg?v=1708535852" alt="La transformation numérique sous la loupe de l’écosystème industriel" title="La transformation numérique sous la loupe de l’écosystème industriel" />
     </div>
     <div>
      <strong>Quel bilan tirez-vous de la vague 1 du Ségur, sur le couloir Établissements de santé&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>David Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Celle-ci a permis d’initier une dynamique positive, et surtout collaborative – ce qui est une grande première&nbsp;! – entre les hôpitaux et cliniques, l’écosystème industriel et les pouvoirs publics (le ministère de la Santé via la DNS et l’ANS, la CNAM, l’ASP…)*. Nous ne pouvons donc que saluer cette dimension innovante, qui fait déjà date. Mais elle n’a pas été de tout repos, en particulier sur les volets administratif et juridique. La vague 1 était donc à la fois intéressante par son côté inédit, et difficile du fait de sa nécessaire adaptation constante à la réalité du terrain. Les dispositifs d’aide financière, eux, n’étaient en revanche pas à la hauteur, eu égard au coût réel du Ségur pour les industriels. La charge de travail pour mener à bien cette première vague a été intense&nbsp;! <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Nous étions heureux de nous y impliquer, car nous étions convaincus de sa nécessité. Pour preuve, en trois ans seulement, la santé numérique a pu atteindre plus de jalons que durant les vingt dernières années. Mais le bilan financier de la vague 1 est incontestablement négatif pour les éditeurs industriels. C’est un constat que nous avons partagé avec les pouvoirs publics, et sur lequel nous serons particulièrement vigilants pour la vague 2. Nos entreprises ne cherchent pas à s’enrichir avec le Ségur. Mais il nous faut maintenir une certaine capacité d’investissement, pour aboutir aux objectifs visés collectivement et continuer de nous développer. <br />   <br />  <strong>Justement, comment envisagez-vous&nbsp;la vague 2&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>David Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Elle&nbsp;sera certainement plus périlleuse que la vague 1 car elle porte de fortes ambitions techniques et technologiques.&nbsp;D’après nos estimations, la charge de travail pour la mener à bien sera multipliée par deux voire trois, ce qui représentera un défi de taille, pour l’écosystème industriel comme pour les établissements de santé. Pour autant, les grilles tarifaires annoncées pour la vague 2 n’ont, semble-t-il, pas évolué, ce qui nous questionne&nbsp;: comment accompagner correctement les nouveaux usages dans un calendrier aussi contraint, sans un réel appui financier par les pouvoirs publics&nbsp;? La qualité a un coût. <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Nous pouvons d’ailleurs déplorer que les programmes nationaux se matérialisent comme des plans exceptionnels, dont l’empilement s’impose à un écosystème industriel et des établissements de santé déjà mobilisés sur de nombreux autres chantiers. Peu de temps est finalement laissé pour les comprendre et pouvoir les implémenter de manière optimale. C’est un sujet que nous évoquons régulièrement avec la puissance publique&nbsp;: il faut plus de visibilité sur l’ensemble des réformes de l’État et leur cohérence calendaire, Ségur inclus.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Avez-vous identifié des difficultés particulières du côté des établissements de santé&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>David Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Celles-ci sont justement à mettre en regard avec le point que nous venons d’évoquer. Cela fait plusieurs années que nous sommes embolisés par l’accumulation de réformes et d’évolutions règlementaires, qui ont quasi toutes un impact en matière de virage numérique, et donc sur nos propres développements. Or nos plans d’action sont habituellement déclinés deux à trois ans à l’avance. Cette anticipation est rendue difficile par l’amoncellement des textes, et cela se ressent auprès de nos clients. Comment donner de la visibilité aux établissements de santé, qui eux aussi doivent se mettre en ordre de marche, si nous en manquons&nbsp;nous-mêmes ? Nos équipes ont été surchargées de travail, celles des DSI des hôpitaux aussi. D’un côté comme de l’autre, quasiment tous les projets de développement numérique, hors Ségur, ont été mis à l’arrêt pour pouvoir tenir le calendrier. <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Il faut aussi rappeler que les industriels français sont non seulement tenus d’appliquer les évolutions législatives françaises, mais aussi européennes. C’est par exemple le cas de la règlementation applicable aux dispositifs médicaux, ce qui se traduira par des tensions supplémentaires sur nos équipes de recherche et développement – alors même qu’elles seront mobilisées par la vague 2 Ségur. Un meilleur alignement entre les dynamiques françaises et européennes serait grandement apprécié… D’autant que nous équipes terrain seront, elles, certainement mobilisées pour accompagner les établissements de santé dans la compréhension des attendus de la vague 2, comme elles l’ont fait pour la vague 1 – un travail, d’ailleurs, non pris en compte dans les financements Ségur.  <div>&nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/78502832-56968848.jpg?v=1708535900" alt="La transformation numérique sous la loupe de l’écosystème industriel" title="La transformation numérique sous la loupe de l’écosystème industriel" />
     </div>
     <div>
      <strong>Identifiez-vous des leviers particuliers pour accélérer la transformation numérique de notre système de santé&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>David Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Le premier levier est sans surprise financier&nbsp;: la santé numérique doit bénéficier d’un budget pérenne, à la hauteur de l’enjeu, là où elle est aujourd’hui essentiellement financée par des subventions issues de plans exceptionnels – ce qui est quelque peu en contradiction avec la volonté de la positionner comme un étendard national. Le deuxième levier a trait à la gouvernance du virage numérique au sein des établissements de santé. Un projet de transformation numérique aboutit mieux lorsqu’il est porté par la direction générale. Or il est encore, trop souvent, délégué à des personnels n’ayant pas véritablement de pouvoir décisionnaire, ce qui est problématique lorsqu’il faut arbitrer entre des intérêts divergents et prioriser les actions. Un autre levier serait à mobiliser du côté des industriels, qui doivent, aussi, s’attacher à mieux comprendre les besoins et les attentes des utilisateurs et se positionner à leurs côtés pour devenir de véritables partenaires stratégiques efficients. <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Le co-développement des nouveaux outils et usages, et leur validation en conditions réelles, sont plus que jamais nécessaires.&nbsp;Ce qui impose deux prérequis. Du côté des industriels, et comme nous l’avons déjà évoqué, il nous faut disposer d’une visibilité à suffisamment long terme pour pouvoir mettre en œuvre des plans d’action cohérents. De celui des établissements de santé, il faudrait accentuer l’acculturation numérique des équipes, en particulier la communauté médicale, avec des profils experts positionnés au bon niveau hiérarchique. Il est en outre nécessaire de mener à terme certains projets fondamentaux, comme la convergence informatique des GHT, pour que nous puissions justement disposer d’une base solide sur laquelle construire les usages de demain. Le futur programme HOP’EN 2 devrait probablement permettre de finaliser cette convergence, démarrée en 2016. <br />   <br />  <strong>D’autres pistes quant à la contribution des industriels au virage numérique&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Daniel Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Qu’il s’agisse des projets Ségur ou des autres programmes nationaux, notre mission première est de fournir les solutions les plus agiles, les plus fluides et les plus interconnectées possible, qui soient les mieux orientées sur les usages professionnels. D’où la nécessité de les co-développer avec les utilisateurs finaux car, rappelons-le aussi, des outils numériques bien conçus, ont un impact favorable sur la qualité de vie et les conditions de travail des soignants. C’est pour nous un réel point de vigilance. Nous sommes aussi attentifs à ne pas passer à côté des révolutions technologiques en cours, comme l’intelligence artificielle pour laquelle les attentes sont nombreuses. Mais comme vous le savez, l’innovation a un coût, et ni nos budgets ni ceux des établissements de santé ne sont illimités… <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;En tout état de cause, les adhérents de Numeum rêvent tous de participer à la co-construction de l’hôpital de demain. Il faudrait néanmoins lisser la bande passante pour que nous puissions, à la fois, continuer de poser ses fondamentaux technologiques, et créer dès à présent les innovations qui élargiront son champ des possibles. L’écosystème industriel a été au rendez-vous de tous les projets et programmes nationaux, car tout retard de notre côté aurait été préjudiciable aux établissements de santé. Mais pour mettre toutes nos équipes sur le pont, il nous a fallu retarder certains développements pourtant très attendus. Un équilibre est à trouver pour que nous puissions rapidement proposer de nouveaux services à haute valeur ajoutée. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Daniel Vincent&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Le numérique&nbsp;est aujourd’hui devenu un élément central dans le quotidien d’un établissement de santé. Il n’y a pas de retour en arrière. Pour autant, il est encore trop souvent perçu comme une source de coûts, alors qu’il représente en réalité une opportunité précieuse pour renforcer la qualité des prises en charge, améliorer l’efficience des organisations, et faciliter le quotidien des équipes. Il&nbsp;impose certes des financements importants&nbsp;– même si la part qui lui est allouée par les budgets hospitaliers est bien en deçà de ce que nous pouvons observer ailleurs en Europe ou en Amérique du Nord –,&nbsp;mais il promet également d’importants retours sur investissement. <br />   <br />  <strong><em>Guillaume Reynaud&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Nous devons travailler de concert avec les établissements de santé pour le démontrer. Cela passera par une confiance mutuelle dans les outils, les usages, la sécurité des systèmes, la qualité des données produites, etc., mais aussi par une vision partagée de ce que sera la santé numérique de demain, pour les professionnels de santé comme pour les citoyens-patients, que nous sommes tous. En tout état de cause, l’écosystème industriel est pleinement mobilisé pour jouer le rôle qui est le sien dans cette transformation.  <div> <br />  <em>(*)&nbsp;DNS&nbsp;: Délégation ministérielle au numérique en santé. ANS&nbsp;: Agence du numérique en santé. CNAM&nbsp;: Caisse nationale de l’assurance maladie. ASP&nbsp;: Agence de service et de paiement.</em> <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #64, édition de février 2024,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-64-Quelle-dynamique-pour-promouvoir-la-transformation-numerique_a4035.html">à lire ici&nbsp;</a>  </strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.hospitalia.fr/La-transformation-numerique-sous-la-loupe-de-l-ecosysteme-industriel_a4049.html</link>
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