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  <title>Hospitalia, le magazine de l'hôpital pour toute l'actualité et l'information hospitalière</title>
  <description><![CDATA[Hospitalia est le magazine spécialisé pour la e-santé, systèmes d'information hospitaliers, SIH, hygiène hospitalière, confort du patient hospitalisé, blanchisserie hospitalière, pharmacie hospitalière, imagerie médicale, traçabilité hospitalière]]></description>
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   <title>Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »</title>
   <pubDate>Mon, 19 May 2025 12:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entre tensions sur les ressources humaines, évolution des pratiques professionnelles, nouvelles attentes sociétales et impératifs de durabilité, les enjeux liés à la prévention du risque infectieux se complexifient. À l’approche du congrès annuel de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), Hospitalia a souhaité faire le point avec le Professeur Jean-Winoc Decousser (hôpital Henri Mondor, AP-HP), membre du Conseil d’administration et du Conseil scientifique de la société savante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/88507035-62680879.jpg?v=1747077317" alt="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" title="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" />
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      <strong>Quels vous semblent être les principaux enjeux en matière de prévention des infections associées aux soins (IAS) à l’hôpital&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>Pr Jean-Winoc Decousser&nbsp;:&nbsp;</strong>Deux grands défis nous mobilisent aujourd’hui : d’une part, les tensions croissantes sur les ressources, qui affectent l’ensemble du système de santé&nbsp;; d’autre part, l’impact environnemental de nos pratiques, qui nous pousse à réinterroger certains paradigmes. Je commencerai par le premier point. Les difficultés actuelles d’accès aux soins entraînent des prises en charge souvent tardives, avec des pathologies plus complexes, des durées d’hospitalisation allongées… autant de facteurs qui augmentent mécaniquement le risque d’IAS. Parallèlement, le manque de personnel soignant complique l’application rigoureuse des bonnes pratiques en matière de prévention, parfois perçues comme une contrainte supplémentaire dans un quotidien déjà surchargé. La volonté de bien faire est là chez l’immense majorité des soignants, mais encore faut-il leur en donner les moyens. Il est crucial que les pouvoirs publics prennent pleinement conscience qu’investir dans la prévention des IAS revient, à terme, à soulager la pression sur notre système de santé.&nbsp;C’est un enjeu à la fois éthique et économique, en raison des conséquences des IAS pour les patients et de leur coût considérable pour la collectivité. <br />   <br />  <strong>Peut-on dire que les précautions d’hygiène sont aujourd’hui perçues comme secondaires par les professionnels de santé&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Pas exactement, mais il faut reconnaître que le contexte actuel complique leur mise en œuvre. Quand les équipes sont en sous-effectif, il devient illusoire de leur demander d’être partout à la fois. On observe aussi une certaine lassitude : les exigences s’accumulent, sans que les moyens suivent.&nbsp;Or, la prévention et le contrôle des infections (PCI) ne relèvent pas uniquement de protocoles techniques&nbsp;–&nbsp;ils ont aussi une forte dimension psychologique et sociale, souvent négligée. L’exemple de la vaccination est éclairant à cet égard. L’adhésion des soignants à la vaccination antigrippale, déjà historiquement limitée, tend à baisser encore lors des crises économiques ou sociales. Cela est d’autant plus regrettable que la vaccination reste un levier majeur de prévention. <br />   <br />  <strong>Vous l’avez mentionné, l’autre grand enjeu concerne l’impact environnemental de la PCI. Que pourriez-vous nous en dire&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Le changement climatique et les effets environnementaux des activités humaines suscitent aujourd’hui une prise de conscience croissante en matière de développement durable. Les établissements de santé n’échappent pas à cette dynamique et sont de plus en plus nombreux à engager une réflexion sur leur responsabilité sociale et environnementale (RSE). Cela les conduit à repenser un certain nombre de pratiques. Mais attention&nbsp;: toutes les actions à visée écologique ne sont pas nécessairement compatibles avec les exigences de la PCI.&nbsp;Une mesure bénéfique pour l’environnement peut, si elle est mal pensée, compromettre la sécurité des soins. <br />   <br />  <strong>Par exemple&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Certaines orientations vont dans le bon sens sur tous les plans : privilégier les traitements administrés par voie orale plutôt qu’intraveineuse, par exemple, permet non seulement de réduire l’empreinte écologique, mais aussi de limiter les risques d’IAS. À l’inverse, abaisser la température des réseaux d’eau pour réduire la consommation énergétique peut accroître le risque de prolifération des légionelles&nbsp;–&nbsp;un compromis dangereux en matière de santé publique. Des solutions existent cependant, comme l’optimisation des purges des réseaux, qui permettent de réduire la consommation d’eau et d’énergie tout en limitant d’éventuels dommages collatéraux.&nbsp;En somme, toute démarche environnementale dans le champ de la PCI doit être pensée en étroite collaboration avec les hygiénistes. C’est la seule manière d’avancer de façon éclairée, sans compromettre la sécurité des soins.
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/88507035-62680880.jpg?v=1747077260" alt="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" title="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" />
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      <strong>Vous évoquiez plus haut la nécessité de remettre en question certains paradigmes…&nbsp;</strong> <br />   <br />  La réutilisation de dispositifs à usage unique est ici un exemple éloquent. Les expérimentations en cours nécessitent toutefois de nombreux ajustements avant d’envisager un déploiement à grande échelle. Mais l’idée même de remettre en question ce qui semblait jusqu’ici intangible illustre bien l’essence de la démarche scientifique : interroger, tester, faire évoluer les pratiques à mesure que les connaissances progressent. Ce processus n’est pas toujours aisé, car certaines habitudes sont profondément ancrées. Il faut faire preuve de fermeté lorsque les preuves scientifiques sont solides pour maintenir l’existant, mais aussi rester ouvert à l’évolution, tant des savoirs que des réalités de terrain, et mobiliser tous les leviers à notre disposition.&nbsp; <br />   <br />  <strong>La formation de tous les professionnels de santé&nbsp;joue ici un rôle majeur. Comment relever le défi&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Les tensions sur les effectifs soignants compliquent évidemment la donne. Heureusement, de nouvelles approches pédagogiques se développent, à l’instar des webinaires organisés par le JePPRI – la commission des jeunes professionnels de la prévention du risque infectieux de la SF2H –, qui constituent une alternative efficace aux formations classiques en présentiel. Nous misons également sur des outils plus interactifs et ludiques, tels que les jeux sérieux, ou des dispositifs immersifs comme la «&nbsp;chambre des erreurs&nbsp;». Ces formats permettent non seulement de toucher un public plus large, mais aussi de mieux adapter les messages à certains métiers auprès desquels ils étaient parfois peu entendus. C’est notamment le cas des aides-soignants. Notre société savante, historiquement fondée sur une collaboration étroite entre médecins et infirmiers, gagnerait sans doute à mieux les intégrer. Car la prévention du risque infectieux est l’affaire de tous, à tous les niveaux du soin. <br />   <br />  <strong>Un mot, pour finir, sur le prochain congrès national de la SF2H, qui se tiendra du 4 au 6 juin à Marseille&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Particulièrement riche, l’édition 2025 mettra l’accent sur le partage d’expérience, avec plus de 1 700 participants et plus de 80 partenaires industriels attendus.&nbsp;L’intérêt scientifique est également en nette progression&nbsp;: nous avons reçu 380 soumissions d’abstracts cette année, contre 320 en 2024. Le programme s’articulera autour de quatre grandes thématiques&nbsp;: la prévention du risque infectieux chez le nouveau-né et la personne âgée, deux populations particulièrement vulnérables ; la prévention des infections du site opératoire, avec un point sur les nouvelles recommandations ; les soins écoresponsables, un sujet en plein essor mais qui nécessite, comme nous l’avons vu, une réelle réflexion sur la balance bénéfice-risque ; et enfin, la tuberculose, toujours d’actualité, en lien avec les infectiologues. Six prix seront également décernés pour récompenser les meilleures contributions, qu’elles soient médicales ou paramédicales. Une bourse de recherche en soins paramédicaux viendra également encourager l’innovation dans ce domaine. Ce congrès s’annonce, une fois encore, comme un rendez-vous incontournable pour faire avancer la prévention du risque infectieux et renforcer la dynamique collective autour de la PCI. <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #69, édition de mai 2025,&nbsp;</strong><strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-69-L-hopital-techno_a4485.html">à lire ici</a>  &nbsp;</strong> <br />  &nbsp;
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/88507035-62680887.jpg?v=1747077318" alt="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" title="Pr Jean-Winoc Decousser : « Il faut rester ouvert à l’évolution des savoirs et des réalités de terrain »" />
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      <strong><em>Trois questions au Dr Pierre Parneix, président de la SF2H.</em></strong> <br />   <br />  <strong>Vous avez présidé la SF2H entre 2015 et 2019, puis à nouveau à partir de 2021. Quels ont été, selon vous, les moments forts de ce second mandat ?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Pierre Parneix&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Celui-ci a été marqué par plusieurs temps forts. Je retiens d’abord la révision du&nbsp;<em>Guide de prévention de la transmission par voie respiratoire</em>, publiée en octobre 2024. Tirant les enseignements de la crise Covid, elle dépasse l’opposition classique « air vs gouttelettes » pour affirmer l’importance de la qualité de l’air intérieur comme levier majeur de prévention. Autre étape essentielle&nbsp;: la création du JePPRi, notre commission des jeunes professionnels. Leur engagement renforce notre dynamisme et donne une nouvelle visibilité à notre spécialité. Avec 1 223 adhérents en 2024, la SF2H atteint un record, reflet d’une dynamique positive appelée à se poursuivre. <br />   <br />  <strong>Et le congrès ?</strong> <br />   <br />  Il s’impose plus que jamais comme le rendez-vous phare de l’année. La richesse du programme scientifique, alliée à une forte implication de nos partenaires industriels, en fait un lieu d’échanges et d’innovations. L’édition 2025 s’annonce particulièrement prometteuse, avec une exposition technique complète et un focus sur la vaccination, sujet central sur lequel la SF2H souhaite fournir une information fiable et pédagogique pour soutenir le terrain. <br />   <br />  <strong>Vous êtes également responsable du CPias Nouvelle-Aquitaine. Quels sont vos axes de travail ?</strong> <br />   <br />  Plusieurs problématiques mobilisent aujourd’hui l’ensemble des CPias, à commencer par l’arrivée de&nbsp;<em>Candida auris</em>. Concernant spécifiquement le CPias Nouvelle-Aquitaine, nous travaillons notamment sur la prévention et la prise en charge des infections par voies veineuses périphériques, avec la diffusion d’outils concrets et des partenariats renforcés avec les CRAtb, les Centres régionaux en antibiothérapie. L’enjeu, aujourd’hui, est d’accélérer la prise en charge des patients. Malgré les progrès techniques, des failles de communication persistent&nbsp;: des informations essentielles ne sont parfois pas transmises à la bonne personne, au bon moment. Ce point constitue un axe d’amélioration majeur, qui dépasse le champ de notre spécialité, mais sur lequel il est crucial d’agir.
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   <title>« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »</title>
   <pubDate>Wed, 29 May 2024 09:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hygiène]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À quelques semaines de l’ouverture du XXXIVème congrès national de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), qui se tiendra cette année du 5 au 7 juin au Centre Prouvé de Nancy, Hospitalia a rencontré le Docteur Pierre Parneix, président de la société savante et responsable du CPias Nouvelle-Aquitaine, pour faire le point sur les enjeux de la discipline et revenir sur quelques temps forts du congrès.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/80252115-57958779.jpg?v=1715669525" alt="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" title="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" />
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      <strong>Quels sujets occupent actuellement la SF2H&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Pierre Parneix</em></strong>&nbsp;: La prévention du risque infectieux, bien sûr, qui demeure au cœur de nos préoccupations, dans les structures de soins mais aussi auprès du grand public. L’on peut à cet égard déplorer qu’en population générale, les «&nbsp;bonnes&nbsp;» habitudes acquises à la suite de la crise Covid se soient perdues. Je pense notamment ici à l’hygiène des mains qui, un temps, était devenue un geste réflexe. Il aurait été utile de la maintenir, mais il aurait aussi fallu, pour cela, conserver des distributeurs de produits hydro-alcooliques fonctionnels au sein de l’espace public. Toujours est-il que pour poursuivre et pérenniser les actions de prévention et de contrôle des infections (PCI), il nous faut continuer à inscrire notre discipline dans une dynamique positive. Le réseau des Jeunes professionnels de la prévention du risque infectieux (JePPRI) s’y emploie très bien, multipliant les actions et les animations pour susciter, avec succès, l’intérêt des jeunes générations. Pour notre part, nous œuvrons toujours pour la création d’un statut d’infirmier de pratique avancée (IPA) en PCI, qui permettra d’acquérir et de valoriser de nouvelles compétences. Cela nous semble, aussi, être une manière opportune de faire face aux défis à venir dans le domaine de la sécurité des soins. <br />   <br />  <strong>Justement, l’un de ces défis consiste à mieux articuler les enjeux du contrôle de l’infection, avec ceux du développement durable. Comment les adressez-vous&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Cette problématique mobilise en effet beaucoup les professionnels de la prévention du risque infectieux, d’autant qu’elle trouve un réel écho auprès des autres spécialistes et métiers hospitaliers. Le développement durable s’est ainsi fortement, et naturellement, implanté au sein de notre société savante, qui compte bien y prendre part. Par exemple, nous travaillons à réduire l’impact carbone de notre congrès national qui, comme tout événement de cette envergure, est par essence non durable.&nbsp;Chercher à être les moins impactants sur le plan écologique est pour nous un devoir, et nous avons déjà identifié plusieurs actions en ce sens pour l’édition 2024, qui se tiendra du 5 au 7 juin prochains à Nancy. Comme je le soulignais, cette tendance se matérialise aussi dans les pratiques professionnelles, où la notion d’éco-responsabilité occupe désormais une place majeure. Nous l’observons, par exemple, dans la volonté de réduire le recours aux produits chimiques et, plus globalement, de privilégier des formulations moins nocives pour l’environnement.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Cette dimension durable sera au cœur de la session internationale, qui est toujours un temps fort du congrès. Pourriez-vous nous en parler&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Nous évoquerons notamment le retraitement des dispositifs médicaux à usage unique, un enjeu qu’il nous semble utile d’adresser dans un contexte de raréfaction des ressources et des matières premières – ce qui suscite des inquiétudes croissantes chez les spécialistes médicaux, nombreux à utiliser des dispositifs très sophistiqués sur le plan électrique et électronique, pour lesquels l’usage unique est longtemps resté la règle. Or ces équipements critiques ne sont pas produits dans notre pays. Nous ne sommes donc pas à l’abri de ruptures, à l’instar de celles que nous connaissons déjà pour certains médicaments. Pourtant, le retraitement des dispositifs à usage unique est autorisé par la règlementation européenne, et plusieurs pays ont déjà sauté le pas. Mais la France restait en retrait. Notre législation sur la prévention du risque infectieux a en effet été mise en place à la suite du scandale sanitaire de la Clinique du Sport qui, comme vous le savez, était dû à des dispositifs médicaux mal stérilisés. L’attentisme français est donc compréhensible.
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/80252115-57958780.jpg?v=1715669589" alt="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" title="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" />
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      <strong>La donne a toutefois changé.</strong> <br />   <br />  Face aux risques de pénuries, les autorités ont en effet compris que des évolutions étaient nécessaires. La Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 a donc ouvert la voie au retraitement des dispositifs médicaux à usage unique, qui devrait être expérimenté à l’AP-HP, aux Hospices Civils de Lyon et au CHU de Bordeaux. Mais il ne s’agit pas, non plus, d’ouvrir toutes les vannes&nbsp;: ces dispositifs ne pourront être retraités que par un prestataire offrant toutes les garanties de sécurité sanitaire. Il sera d’ailleurs tenu de les soumettre à une nouvelle procédure de marquage CE, engageant ainsi sa responsabilité en cas de dysfonctionnement. À ce jour, un seul industriel européen, implanté en Allemagne, est en mesure de mener à bien cette tâche complexe. La SF2H a visité ses installations et constaté la rigueur de ses processus. Pour autant, une fois l’expérimentation parvenue à son terme, il nous faudra construire une filière efficace, afin que chaque établissement souhaitant retraiter ses dispositifs médicaux à usage unique puisse le faire en toute confiance, et dans des délais maîtrisés. Ce sont autant d’enjeux que nous évoquerons lors de la session internationale, avec des retours d’expériences de nos confrères européens. <br />   <br />  <strong>Que dit cette évolution des tendances actuelles en matière de prévention du risque infectieux&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Nous assistons clairement à un changement de paradigme. Longtemps, l’interdiction systématique était la règle, particulièrement à l’Hôpital où le risque infectieux est souvent synonyme de conséquences délétères pour les patients. Des assouplissements sont désormais en cours, mais il nous faut les mettre en œuvre intelligemment afin d’assurer, autant que possible, la maîtrise de ce risque. Ces évolutions sont, nous l’avons vu, imposées par le contexte actuel, avec une attention marquée portée à la notion de responsabilité sociale et environnementale. Nous avons évoqué le cas des dispositifs médicaux à usage unique, mais les exemples sont nombreux. Ainsi, la réutilisation des eaux usées traitées était également interdite dans les établissements de santé et les structures accueillant des publics fragiles. Des changements sont également en cours ici, avec comme double objectif d’alléger la pression sur les ressources d’eau naturelle, tout en maintenant la sécurité sanitaire des populations.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Autre moment attendu par les congressistes&nbsp;: la présentation des travaux de la SF2H sur la prévention des risques respiratoires. Pourriez-vous nous en parler&nbsp;?</strong> <br />   <br />  C’est typiquement un sujet de l’ère post-Covid. Nous avions déjà évoqué quelques pistes lors du congrès 2023, mais nous pourrons désormais présenter nos travaux plus en détail, car le futur Guide de prévention des transmissions respiratoires est en cours de finalisation et devrait paraître en septembre. Sa rédaction a associé des ingénieurs, des spécialistes de la qualité de l’air et des membres de l’INRS, et ce croisement des regards est en lui-même un nouveau paradigme. La SF2H compte d’ailleurs bien continuer à s’ouvrir à d’autres cultures. Par exemple, dans le cadre de nos travaux sur la prévention des risques liés à l’eau, nous cherchons à nous rapprocher des ingénieurs hospitaliers pour réfléchir à l’optimisation des réseaux, mais aussi des constructeurs afin de, peut-être, améliorer la conception des siphons, qui sont souvent contaminés par des bactéries résistantes.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Ce XXXIV<sup>ème&nbsp;</sup>congrès mettra également l’accent sur les dispositifs de pédagogie ludique, et particulièrement les&nbsp;<em>escape games</em>, qui rencontrent un succès croissant au sein des établissements de santé…</strong> <br />   <br />  Les approches ludo-éducatives suscitent effectivement un réel intérêt sur le terrain, avec de nombreux dispositifs développés en interne. Lors de notre appel à candidatures, nous avons reçu pas moins de 23 dossiers&nbsp;! La mission MATIS prévoit d’ailleurs d’effectuer un recueil des outils existants, qui devraient à terme être accessibles via une base de données nationale. Notre prochain congrès proposera quant à lui plusieurs animations pédagogiques, sur la prévention du risque infectieux mais aussi, par exemple, la prévention des risques psycho-sociaux, qui représente aujourd’hui un réel point de vigilance au sein des établissements de soins. Aucune spécialité n’est épargnée, y compris la nôtre. Cette problématique a déjà été traitée par la SF2H sous l’angle des ratios, car des équipes en sous-effectifs sont à risque de&nbsp;<em>burn-out</em>. Mais nos recommandations ne sont malheureusement pas appliquées.&nbsp;
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/80252115-57958812.jpg?v=1715669589" alt="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" title="« La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins »" />
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      <strong>Quelle est aujourd’hui la situation sur le terrain&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Il est difficile de disposer ici de chiffres précis, car le système de recueil national des effectifs hygiénistes n’est plus alimenté. Une enquête menée par notre société savante a toutefois mis en lumière la persistance d’un sous-dimensionnement des équipes, qui peut certainement être expliqué par les difficultés de recrutements au sein des établissements de santé. Il est donc plus que jamais nécessaire d’identifier les risques psycho-sociaux en amont, car&nbsp;l’épuisement professionnel n’est pas sans impact sur la qualité et la sécurité des soins.&nbsp;À titre d’exemple, le CPias Nouvelle-Aquitaine a récemment effectué une analyse de la pratique professionnelle des équipes d’hygiène hospitalière, afin d’évaluer les difficultés éventuelles et mettre en œuvre les mesures adéquates. Ces travaux seront d’ailleurs lauréats du prochain Prix Paramédical ce qui, nous l’espérons, favorisera leur réplication. <br />   <br />  <strong><em>Quid</em>&nbsp;des sessions autour de l’antibiorésistance&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Les résistances bactériennes représentent un enjeu constant. Mais la situation a changé, car nous avons perdu la maîtrise complète qui était la règle il y a encore seulement quelques années. Il n’est plus rare, désormais, de voir des établissements débordés par une épidémie de bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe). Un virage est désormais en cours pour s’adapter à cette nouvelle réalité, en lien avec nos capacités réelles de traitement et les moyens dont nous disposons. À cet égard, il est dommage que les logiciels métiers facilitant la collecte et l’exploitation des données ne soient pas plus largement utilisés. Ils sont certes un coût, mais celui-ci est sans commune mesure avec le retour sur investissement, y compris et surtout en termes de santé publique. Toujours est-il que l’antibiorésistance ne peut plus être traitée comme elle l’était il y a une décennie.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Que préconisez-vous&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Peut-être faudrait-il différencier notre stratégie selon la dangerosité du pathogène. Par exemple, la présence du gène de résistance NDM-1, qui s’est diffusé dans plusieurs types de bactéries, est plus problématique, car plus complexe à traiter, que d’autres mécanismes de résistance. Ces réflexions seront également évoquées au cours de notre congrès, qui se penchera en outre sur la prévention des infections urinaires, elles-mêmes identifiées comme l’un des principaux réservoirs de bactéries multi-résistantes (BMR), notamment au sein des EHPAD. Sur ce dernier point, si la prévention du risque infectieux a incontestablement progressé dans les établissements médico-sociaux, particulièrement grâce aux Équipes mobiles d’hygiène (EMH), la marge de progression demeure importante, sur la friction hydro-alcoolique, la vaccination, etc. Mais nous sommes optimistes car les EMH sont soutenues et financées par les pouvoirs publics&nbsp;; elles ont donc vocation à s’étendre encore. Ce dispositif est en outre très favorablement accueilli par les équipes des EHPAD, tout en étant source de satisfaction pour les professionnels y exerçant. Les IDE hygiénistes sont, par exemple, de plus en plus nombreux à demander à rejoindre une EMH. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin&nbsp;?</strong> <br />   <br />  La prévention du risque infectieux est aujourd’hui à la croisée des chemins, pour toutes les raisons que nous venons d’évoquer.&nbsp;Le pragmatisme est plus que jamais de mise pour à la fois relever les enjeux actuels et mieux anticiper ceux à venir.&nbsp;Les défis sont certes nombreux, mais la volonté d’y faire face collectivement est bien réelle. Et, si nous avons bien sûr des sujets d’inquiétudes, notamment en ce qui concerne un dimensionnement adéquat des effectifs hygiénistes afin que les professionnels sur le terrain puissent mener à bien les nombreuses missions qui sont les leurs, nous sommes aussi heureux de constater que notre discipline attire de jeunes médecins et de jeunes infirmiers véritablement engagés pour la santé publique. La relève semble assurée&nbsp;! <br />   <br />  <strong><em>&gt;&nbsp;<a class="link" href="https://www.sf2h.net" target="_blank">Plus d’informations sur le congrès 2024 et l’actualité de la SF2H.</a>  </em> <br />   <br />  &gt; Article paru dans Hospitalia #65, édition de mai 2024,&nbsp;</strong><a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-65-Les-innovateurs-investissent-l-hopital_a4100.html" target="_blank">à lire ici&nbsp;</a>  <br />  &nbsp;
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   <link>https://www.hospitalia.fr/La-prevention-du-risque-infectieux-est-aujourd-hui-a-la-croisee-des-chemins_a4147.html</link>
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   <title>« La crise sanitaire a permis d’identifier de nouvelles attentes »</title>
   <pubDate>Wed, 17 May 2023 09:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Hayek</dc:creator>
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   À vos agendas ! D’ici quelques semaines – les 31 mai, 1er et 2 juin –, le parc des expositions Lille Grand Palais accueillera le XXXIIIème Congrès de la Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H). Évoquant les temps forts de cet événement très couru par les hygiénistes hospitaliers et les professionnels de la prévention du risque infectieux, le Dr Pierre Parneix, président de la société savante, revient également sur les enjeux actuels de la spécialité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/72837296-50660484.jpg?v=1684146885" alt="« La crise sanitaire a permis d’identifier de nouvelles attentes »" title="« La crise sanitaire a permis d’identifier de nouvelles attentes »" />
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      <strong>Pourriez-vous, pour commencer, évoquer les principales thématiques sur lesquelles travaille la SF2H aujourd’hui&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Dr Pierre Parneix&nbsp;:</em></strong> Les chantiers sont nombreux&nbsp;! Nous continuons à préparer l’avenir avec la promotion de notre spécialité auprès des nouvelles générations, notamment à travers la commission JePPRI (Jeunes professionnels de la prévention du risque infectieux), qui commence à avoir des correspondants régionaux et des valences paramédicales. Pour accélérer cette dynamique déjà exemplaire, nous cherchons encore à améliorer le contenu de la Formation Spécialisée Transversale «&nbsp;Hygiène et prévention de l’infection, Résistances, Vigilances&nbsp;», et réfléchissons à la manière dont nous pourrions élargir le recrutement des futurs spécialistes de la prévention et du contrôle des infections (PCI). Le développement des Infirmiers de Pratique Avancée (IPA) en hygiène hospitalière mobilise également notre attention, et nous demeurons optimistes malgré une mise en œuvre plus lente que souhaité. <br />   <br />  <strong>Ces derniers mois, vous avez également répondu à plusieurs saisines du Ministère...</strong> <br />  Citons notamment la sortie, en janvier 2023, de recommandations relatives aux besoins de formation des professionnels de santé en charge des programmes PCI, qui elles-mêmes font suite à la publication d’un premier rapport, en janvier 2022, sur le rôle et les missions des Équipes Opérationnelles d’Hygiène (EOH) et des Équipes Mobiles d’Hygiène (EMH). Sur ce dernier point, la SF2H avait préconisé des ratios nationaux, que nous appelons à mettre en application. C’est d’ailleurs un dossier que nous suivons de près en lien avec la mission MATIS, pour disposer d’un état des lieux sur le terrain et pouvoir identifier les éventuelles difficultés. <br />   <br />  <strong><em>Quid</em> des indicateurs que vous comptez prochainement publier à destination des établissements de santé&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Après les indicateurs du programme PCI pour le secteur médico-social, dévoilés en juillet 2022, nous nous concentrons en effet désormais sur le monde sanitaire. Au-delà des gains attendus en termes d’efficience et de pilotage, ces indicateurs devraient également permettre à notre spécialité de passer un cap stratégique, celui du déploiement de logiciels métiers spécialisés. Aujourd’hui peu implantés au sein des hôpitaux français, ceux-ci permettraient pourtant de faciliter la collecte de données et donc de recentrer les professionnels de la PCI sur leur expertise. Les CHU de Limoges et de Nancy font d’ailleurs ici figure de pionniers, et les bénéfices constatés plaident déjà en faveur d’une généralisation. Autre chantier, et non des moindres, la constitution d’un référentiel de certification applicable à notre spécialité, et qui se doit d’être à la fois pragmatique et en adéquation avec sa dimension transversale. Sans oublier la mise à jour des recommandations Air et Gouttelettes, pour tenir compte des enseignements du Covid. Une première mouture sera présentée à l’occasion de notre prochain Congrès national, et le document final devrait être finalisé d’ici la fin de l’année. <br />   <br />  <strong>Quels enjeux adressez-vous sur ce champ précis&nbsp;?</strong> <br />   <br />  La crise sanitaire s’est traduite par l’acquisition de nouvelles connaissances sur les modes de diffusion des gouttelettes, tout en permettant d’identifier de nouvelles attentes en termes d’analyse du risque infectieux pour la mise en œuvre des protocoles adaptés – choix des appareils de protection respiratoire et réalisation de Fit Tests lorsqu’applicables, systèmes de ventilation, etc. Il nous faut donc réactualiser nos recommandations pour tenir compte de cette nouvelle réalité et, peut-être aussi, éviter une certaine cacophonie à l’avenir. D’ailleurs, notre prochain Congrès évoquera notamment le sujet à travers la session internationale, qui verra plusieurs pays européens témoigner de leur expérience du Covid et de la manière dont ils ont relevé les défis de la pandémie. Nous espérons ainsi pouvoir avancer tous ensemble sur les modalités de prévention des crises futures. <br />   <br />  <strong>L’actualité récente vous impose également de porter une attention accrue à la microbiologie environnementale, qui fait désormais l’objet d’une commission spécifique. </strong> <br />   <br />  C’est en effet une dimension importante de notre métier. Or nous savons, par exemple, qu’entre le réchauffement climatique, le vieillissement des réseaux d’eau chaude sanitaire, et la nécessité de limiter les consommations énergétiques, le risque Légionnelles est voué à augmenter. Sur un autre registre, il y a encore beaucoup trop de décès liés aux voies veineuses périphériques, faute d’application des bonnes pratiques de suivi microbiologique – une session du Congrès portera spécifiquement sur ce sujet. En tout état de cause, la SF2H et la Société Française de Microbiologie travaillent de concert pour réfléchir à une stratégie à la fois préventive et curative. Le risque infectieux doit certes être maîtrisé en amont mais, lorsqu’il survient, il nous faut également pouvoir en atténuer les conséquences pour les patients. Ceux-ci doivent notamment être mieux sensibilisés aux signes cliniques à surveiller, à travers des supports pédagogiques simples et associant à chaque fois que possible les personnes de confiance. Le Congrès évoquera d’ailleurs aussi la contribution des usagers, un point que nous comptons développer fortement dans les mois et années à venir. <br />   <br />  <strong>Les usagers sont-ils demandeurs d’une telle démarche&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Les patients souhaitent effectivement être mieux associés aux actions de prévention et de contrôle du risque infectieux. L’audit Pulp Friction, réalisé par la mission MATIS autour de l’hygiène des mains, a par exemple relevé que 70 % des usagers estiment avoir un rôle à jouer sur ce champ précis. Cette attente a d’ailleurs été entendue par les pouvoirs publics, qui expérimentent actuellement le recueil d’un indicateur portant sur les patients acteurs de leur hygiène des mains, sur le modèle d’i-Satis pour le recueil de la satisfaction des patients hospitalisés. Il nous faut donc continuer à muscler l’appropriation des patients pour tout ce qui a trait aux stratégies PCI, afin de mettre en œuvre une dynamique positive et associative. Comme je le disais, il est ici nécessaire de créer des dispositifs d’information accessibles à tous, mais aussi de mettre en œuvre une pédagogie itérative car la capacité d’écoute d’une personne fragilisée par la maladie est elle-même évolutive. <br />   <br />  <strong>Revenons un instant sur les EMH, rapidement évoquées plus haut. Où en sont ces dispositifs aujourd’hui&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Comme nous le verrons au cours du prochain Congrès, la tendance se poursuit et s’accélère, avec toujours plus d’EMH créées et une volonté, partagée par les territoires concernés, de couvrir 100 % des besoins sur le champ médico-social. Il s’agit d’ailleurs d’un domaine gratifiant pour les professionnels de la PCI, car leur expertise est ici attendue et recherchée. Mais il nous faut aller plus loin encore, en facilitant par exemple l’accès à la téléexpertise médicale pour diagnostiquer rapidement certaines pathologies comme la gale, et limiter leur diffusion épidémique. La question du modèle médico-économique se pose, bien sûr, mais rappelons que c’est l’absence de diagnostic précoce qui fait l’épidémie. <br />   <br />  <strong>Un mot sur les EMA, les Équipes Multidisciplinaires d’Antibiothérapie, qui se créent également dans les territoires&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Les EMA offrent aujourd’hui un appui précieux pour véhiculer des messages de prévention auprès des praticiens libéraux, ce qui est en soi assez difficile. De plus en plus d’Équipes Multidisciplinaires d’Antibiothérapie et d’Équipes Mobiles d’Hygiène mènent en outre leurs actions de manière concertée et synergique, pour créer des dynamiques positives à l’échelle d’un territoire. Cette tendance aussi devrait s’accélérer, bien que les dispositifs EMA ne fassent pas encore l’objet d’un financement pérenne. Une évaluation devrait néanmoins avoir lieu dans quatre ans et tous les espoirs sont permis. La période est à l’optimisme car, pour la première fois, la Stratégie nationale de prévention des infections et de l’antibiorésistance a été déclinée en feuille de route par chaque Agence Régionale de Santé, avec des objectifs opérationnels structurants et des cibles clairement identifiées. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Les problématiques évoquées au cours de cet échange, mais aussi de nombreuses autres thématiques, seront au cœur du prochain Congrès national de la SF2H. Nous avons construit un programme ambitieux, qui permettra de découvrir des projets et des initiatives notables mises en œuvre par les professionnels de la PCI, de bénéficier des avis et analyses d’experts, de participer à des ateliers pédagogiques et, <em>in fine</em>, de continuer à se former et s’informer sur les enjeux de cette spécialité si riche. Nous vous y attendons nombreux&nbsp;! <br />   <br />  <strong><em>- Inscriptions, informations et programme sur </em></strong><a class="link" href="http://www.sf2h.net" target="_blank"><strong><em>www.sf2h.net</em></strong></a>   <div> <br />  <em><strong>Article publié dans l'édition de mai 2023 d'Hospitalia&nbsp;<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-60-Les-CHU-fers-de-lance-de-l-innovation_a3613.html" target="_blank">à lire ici.</a>  </strong> </em></div>  
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