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 <title>Hospitalia, le magazine de l'hôpital pour toute l'actualité et l'information hospitalière</title>
 <subtitle><![CDATA[Hospitalia est le magazine spécialisé pour la e-santé, systèmes d'information hospitaliers, SIH, hygiène hospitalière, confort du patient hospitalisé, blanchisserie hospitalière, pharmacie hospitalière, imagerie médicale, traçabilité hospitalière]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-16T07:36:04+02:00</updated>
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   <title>Marie-Georges Fayn publie "L’empowerment des patients. La révolution douce en santé"</title>
   <updated>2025-11-04T16:05:00+01:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Marie-Georges-Fayn-publie-L-empowerment-des-patients-La-revolution-douce-en-sante_a4773.html</id>
   <category term="Actu" />
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   <published>2025-11-04T15:58:00+01:00</published>
   <author><name>Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un plaidoyer pour une démocratie en santé vivante et inclusive.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/92305090-64760411.jpg?v=1762268754" alt="Marie-Georges Fayn publie "L’empowerment des patients. La révolution douce en santé"" title="Marie-Georges Fayn publie "L’empowerment des patients. La révolution douce en santé"" />
     </div>
     <div>
      Cet ouvrage propose une plongée unique dans le processus d’empowerment des patients : comment la vulnérabilité individuelle, loin d’être un frein, devient une force collective capable de transformer durablement notre système de santé. <br />   <br />  À travers des récits inspirants de patients engagés et l’analyse des stratégies mises en œuvre par plus d’une vingtaine d’associations de malades chroniques, l’auteure démontre la puissance de l’action collective, nourrie par l’expérience vécue, l’acquisition de savoirs et la créativité. Ce livre met en lumière la capacité des patients à s’organiser, à co-construire des alternatives, à enrichir la recherche et à faire évoluer pratiques de soins et d’accompagnement. Il rend également hommage aux associations qui militent pour les droits des patients et des usagers. <br />   <br />  Il s’adresse aux professionnels de santé, en formation comme en exercice, ainsi qu’aux institutions qui souhaitent impliquer davantage les patients dans leurs décisions et aux associations de patients. Véritable guide de réflexion et d’action, il invite à reconnaître et soutenir ces dynamiques collectives, véritables moteurs d’innovation sociale et de démocratie en santé. <br />   <br />  ISBN 978-2-8109-1195-3 <br />  Format 14 x 21 • 208 pages <br />  25 € <br />  En librairie le 6 novembre 2025 <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <em>«&nbsp;Dans cet ouvrage captivant, Marie-Georges Fayn nous invite à une &nbsp;réflexion approfondie sur l’une des évolutions majeures de notre époque : l’empowerment des patients. Au fil des dernières décennies, ce mouvement a permis à ces derniers, tant sur le plan individuel que collectif, de s’affirmer et d’exercer leur pouvoir d’agir. En tant qu’observatrice privilégiée de cette transformation, Marie-Georges Fayn nous aide à en comprendre les fondements, tout en en décrivant les multiples facettes, les forces, les faiblesses et les ambiguïtés.&nbsp;»</em> <br />   <br />  Extrait de la préface de&nbsp;Nicolas Brun, cofondateur du Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Autre préface de&nbsp;Yann Bubien, directeur général de l’agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'auteure</b></div>
     <div>
      Écrit par&nbsp;Marie-Georges Fayn, docteure en sciences de gestion. Chercheure associée au laboratoire VAL de Loire Recherche en Management, elle étudie et enseigne les processus d’empowerment individuel et collectif. Elle accompagne le déploiement des nouvelles formes d’engagement citoyen à travers son blog&nbsp;<a class="link" href="https://selfpower-community.com" target="_blank">selfpower-community.com.</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>Relever le défi de l’empowerment infirmier</title>
   <updated>2024-07-03T14:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Relever-le-defi-de-l-empowerment-infirmier_a4134.html</id>
   <category term="Actu" />
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   <published>2024-07-03T14:15:00+02:00</published>
   <author><name>Joëlle Hayek</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Professeure des universités à l’Université Clermont Auvergne, où elle est membre du Laboratoire Clermont Recherche Management (CleRMa), mais aussi co-fondatrice et co-titulaire de la chaire de recherche Santé et Territoires, Corinne Rochette revient, pour Hospitalia, sur le concept d’empowerment infirmier, « véritable marqueur d’innovation organisationnelle » qu’il reste à construire en activant les bons leviers. Rencontre.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/80232402-57948808.jpg?v=1715608385" alt="Relever le défi de l’empowerment infirmier" title="Relever le défi de l’empowerment infirmier" />
     </div>
     <div>
      <strong>Comment en êtes-vous venue à travailler sur l’<em>empowerment&nbsp;</em>infirmier&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong><em>Pr Corinne Rochette&nbsp;:</em></strong>&nbsp;Cette thématique s’inscrit dans les travaux plus larges de la <a class="link" href="https://clerma.uca.fr/version-francaise/chaire-sante-et-territoires#/admin" target="_blank">chaire Santé et Territoires</a>, créée en avril 2018 et qui porte des projets de recherche autour des problématiques de santé contemporaines en lien avec les territoires, notamment ceux de l’ex-région Auvergne. Son fil conducteur est celui de la santé pour tous, un objectif pouvant être atteint de plusieurs manières, notamment en investissant le champ de l’innovation managériale et des transformations organisationnelles. C’est dans cet axe que s’insèrent les travaux sur l’<em>empowerment</em>&nbsp;infirmier, qui ont d’ailleurs donné lieu à une <a class="link" href="https://hal.inrae.fr/ACL-DEG/hal-03739616v1" target="_blank">thèse&nbsp;soutenue en 2022</a>  par Murrim Ceccato, chercheuse au CleRMa. <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous, pour commencer, nous expliquer cette notion&nbsp;?</strong> <br />   <br />  L’<em>empowerment&nbsp;</em>infirmier trouve ses fondements dans le concept de l’hôpital magnétique*, qui apparaît aux États-Unis au tournant des années 1980, alors que de nombreux hôpitaux nord-américains étaient exposés à des problématiques de pénuries de soignants. L’hôpital magnétique s’articule autour de plusieurs dimensions, dont celles d’un l<em>eadership&nbsp;</em>infirmier de type transformationnel, d’un mode de management participatif favorable à l’<em>empowerment</em>&nbsp;des soignants, d’une autonomisation des soignants dans leur sphère de décision clinique, et d’un climat relationnel collégial avec les médecins. Il s’agit donc, concrètement, de donner aux infirmiers le pouvoir d’agir, de les responsabiliser afin qu’ils puissent trouver une autre place – par rapport à celle qui leur est traditionnellement dévolue – au sein des organisations et de la gouvernance hospitalières.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Quelle est ici la position des hôpitaux français&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Leurs spécificités culturelles et organisationnelles n’ont pas permis aux concepts d’hôpital magnétique et d’<em>empowerment</em>infirmier de s’y ancrer de la même manière qu’en Amérique du Nord. Pour autant, des initiatives commencent à voir le jour, mais elles restent encore assez timides et n’adoptent pas tout à fait le même format. Je pense notamment ici aux infirmiers coordinateurs et, plus récemment, aux infirmiers en pratique avancée (IPA), ce sont là des marqueurs de ces évolutions. Ces actions sont essentiellement portées par les directions des soins. Il reste à instaurer ou renforcer le portage institutionnel, particulièrement pour développer la recherche en sciences infirmières, qui constitue un levier majeur d’<em>empowerment</em>. Cela dit, certains établissements ont déjà sauté le pas. <br />   <br />  <strong>Pourriez-vous évoquer quelques exemples&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Le CHU de Clermont-Ferrand a ainsi sollicité notre chaire pour accompagner les soignants souhaitant s’engager dans des projets de recherche en sciences infirmières. La direction est ici tout à fait disposée à leur permettre de dégager du temps, mais aussi à mettre des ressources méthodologiques à leur disposition. Nous travaillons aussi sur ce champ avec le Cancéropôle Auvergne-Rhône-Alpes (CLARA), qui a d’ailleurs engagé une réflexion plus large sur l’évolution du métier infirmier. Je citerais également le Centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard, à Lyon, où nous travaillons sur les binômes médecin-IPA. Ceux-ci fonctionnent déjà très bien, car ils sont basés sur une confiance mutuelle, une notion d’ailleurs centrale pour l’autonomisation des soignants. L’<em>empowerment</em>&nbsp;des infirmiers est, d’abord et avant tout, une question d’individus&nbsp;: il faut avoir envie de s’y engager, mais il faut aussi qu’il y ait, en face, une réelle volonté de travailler différemment ensemble.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Y a-t-il ici un gap générationnel&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Je ne l’ai pas observé. Il est effectivement possible que certaines habitudes s’installent avec le temps, rendant la remise en question plus difficile. Mais les plus jeunes ne sont pas non plus ceux qui s’engageraient le plus dans des actions favorisant l’<em>empowerment</em>&nbsp;infirmier. Les plus enclins à prendre ce virage sont surtout, à mon sens, des trentenaires ou quadragénaires, qui ont déjà une certaine expérience de l’exercice hospitalier. Ils ont ainsi pu acquérir une bonne connaissance du périmètre d’action de chacun, et surtout nouer des relations de confiance avec les autres métiers hospitaliers puisque, comme je le disais, c’est là la porte d’entrée principale d’un&nbsp;<em>leadership</em>&nbsp;infirmier plus affirmé. <br />   <br />  <strong>Identifiez-vous des leviers qui permettraient d’accélérer cette dynamique&nbsp;?</strong> <br />   <br />  Il faudrait déjà faire évoluer la formation des infirmiers, pour y intégrer les enjeux relatifs au management d’un projet de recherche. Les jeunes infirmiers les découvrent souvent à leur arrivée à l’Hôpital. Il y a bien sûr eu quelques avancées notables ces dernières années, par exemple la création en 2019 d’une section du Conseil national des universités pour les sciences infirmières, ou l’ouverture, en mars 2024, de la toute première école universitaire de recherche en sciences infirmières. Mais il serait aussi pertinent d’ouvrir le sujet dès les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Naturellement, il faudrait également aborder les évolutions du métier d’infirmier dans la formation des médecins, afin que l’espace collaboratif avec les soignants soit aussi envisagé sous d’autres angles. Sans oublier la formation des directeurs d’hôpitaux, pour qu’ils soient enclins à leur laisser plus de place dans les instances de gouvernance, et à flécher les ressources financières et temporelles nécessaires à leurs projets. C’est d’ailleurs là un réel défi, car comme vous le savez les budgets et les effectifs hospitaliers sont sous tension. <br />   <br />  <strong>Le mot de la fin&nbsp;?</strong> <br />   <br />  En autonomisant ses soignants, l’Hôpital pourra pleinement tirer profit de l’intelligence collective au bénéfice des patients. Cet&nbsp;<em>empowerment</em>&nbsp;est aussi un levier pour fidéliser son personnel infirmier, en lui offrant un environnement professionnel dans lequel il pourra véritablement progresser et s’épanouir, ce qui renforcera en retour son implication. Tout le monde y gagnera.  <div> <br />  (*)&nbsp;Défini en 2008 par l’American Nurses Credentialing Center comme un&nbsp;<em>«&nbsp;établissement qui satisfait à un ensemble de critères appréciant les pratiques de ressources humaines, organisationnelles et managériales identifiées pour rendre optimal l’exercice professionnel des soignants&nbsp;».</em> <br />   <br />  <strong>&gt; Article paru dans Hospitalia #65, édition de mai 2024,&nbsp;<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-65-Les-innovateurs-investissent-l-hopital_a4100.html" target="_blank">à lire ici&nbsp;</a>  </strong> <br />  &nbsp;</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Les patients partenaires du CHU de Montpellier au cœur d’une campagne de prévention</title>
   <updated>2024-05-02T11:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Les-patients-partenaires-du-CHU-de-Montpellier-au-coeur-d-une-campagne-de-prevention_a4103.html</id>
   <category term="Actu" />
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   <published>2024-05-02T11:29:00+02:00</published>
   <author><name>Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Mission Innovation et Parcours (MIP) du Pôle Transformation et l’Unité Transversale d’Education du Patient (UTEP) du Pôle Santé Publique et Ecologie de la Santé (SPES) ont répondu à un appel à projet de l’ARS Occitanie : « Promouvoir la démocratie en santé » en proposant une co- construction de supports de prévention et de promotion de la santé avec les usagers partenaires.     <div>
      <div title="Page 1">  <div>  <div>Dans le cadre de cette action de prévention, l’UTEP et la MIP ont choisi avec&nbsp;les acteurs de terrain, trois thématiques :  <ul>  	<li class="list">Améliorer les connaissances des patients sur la prise des médicaments</li>  	<li class="list">Prévenir les complications liées au portage des lentilles de contact</li>  	<li class="list">Aider les adolescents en surpoids à améliorer leur hygiène de vie</li>  </ul>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div title="Page 1">  <div>  <div>  <div>  <strong>Patient partenaire : de quoi parle-t-on ?</strong> <br />   <br />  Le patient partenaire se définit comme un patient atteint&nbsp;d’une&nbsp;maladie chronique qui développe au fil du temps des connaissances et des compétences sur sa maladie, le système de soin, et qui est en&nbsp;capacité de les transmettre à ses pairs ainsi qu’aux professionnels de&nbsp;santé. Il peut être formé en ETP ou au partenariat Patient Soignant. Au CHU de Montpellier, 33 patients partenaires sont recensés. <br />  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/79957444-57806986.jpg?v=1714643567" alt="Les patients partenaires du CHU de Montpellier au cœur d’une campagne de prévention" title="Les patients partenaires du CHU de Montpellier au cœur d’une campagne de prévention" />
     </div>
     <div>
      <div title="Page 1">  Ainsi, des vidéos témoignages ont été tournées en mars 2024 auprès de patients afin de partager leurs expériences à propos de leurs maladies.&nbsp;Une vidéo a également été réalisée par l’équipe diététique du CHU sur l’adolescent en surpoids. <br />   <br />  Ces <a class="link" href="https://youtu.be/fcz3j6NT1Y8?si=C1QuTKiaS-Okz_-L" target="_blank">vidéos peuvent être visionnées </a> dans les salles d’attentes, sur la chaine&nbsp;TV interne, sur le site internet du CHU et les réseaux sociaux. <br />   <br />  Des affiches et flyers ont été produits en avril 2024 et diffusés sur le site internet du CHU ainsi que dans les différents services de soins de l’établissement.&nbsp;Les slogans proposés promeuvent l’empowerment (la reprise de pouvoir sur ses actions) des patients pour&nbsp;leur santé. <br />  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div title="Page 3">  <div>  <div>  Cette démarche s’inscrit dans le cadre&nbsp;de la Démocratie en santé prônée par les dernières Lois de santé. Elle&nbsp;associe les usagers du soin, les professionnels et les décideurs publics dans l’élaboration et la mise en œuvre&nbsp;concertées de la politique de santé. <br />   <br />  Des Patients partenaires (dits aussi patients experts), intervenants bénévoles, patients, membres de la Commission des Usagers (CDU) du CHU de Montpellier et de nombreux professionnels ont participé à cette campagne.&nbsp;Chaque intervenant a apporté ses savoirs et expertises sur l’une des thématiques en fonction de son domaine de prédilection pour construire des messages de prévention adaptés et éthiques. <br />   <br />  Cette campagne sera évaluée par l’UTEP en Novembre 2024 et les résultats seront transmis à l’ARS Occitanie. <br />  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Quand le pouvoir vient aux patients-citoyens</title>
   <updated>2020-10-19T09:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/Quand-le-pouvoir-vient-aux-patients-citoyens_a2360.html</id>
   <category term="Confort" />
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   <published>2020-10-19T09:57:00+02:00</published>
   <author><name>Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chercheure en sciences de gestion et management, Marie-George Fayn est spécialiste de l’empowerment – ou empouvoirement, comme disent nos cousins québécois – un concept qui s’articule autour de la notion de pouvoir et du processus d’apprentissage pour y accéder. Constatant la montée en puissance de l’empowerment collectif, cette capacité à agir ensemble pour relever un enjeu de façon solidaire et citoyenne, elle vient de fonder le site « selfpower-community.com » pour recenser les travaux et initiatives à ce sujet. Rencontre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/50268960-38851180.jpg?v=1601645160" alt="Quand le pouvoir vient aux patients-citoyens" title="Quand le pouvoir vient aux patients-citoyens" />
     </div>
     <div>
      <strong>Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la notion d’<em>empowerment</em>collectif et comment celle-ci s’est-elle matérialisée dans vos travaux&nbsp;?</strong> <br />  <strong><em>Marie-Georges Fayn&nbsp;:&nbsp;</em></strong>Dans l’exercice de mon métier de communicante en santé pour les établissements hospitaliers, j’interviens auprès de tous les acteurs de la chaîne des soins et bien sûr auprès des patients, à qui la plupart des messages sont adressés. En 20 ans d’exercice, j’ai assisté à la montée en puissance des usagers et de leurs représentants&nbsp;; le malade est passé d’un statut de bénéficiaire de soins, soumis à la parole médicale, à une reconnaissance en tant qu’acteur de sa santé – co-décideur de son traitement. L’identité du patient est désormais plurielle.&nbsp;Sa parole est tout à la fois celle d’un citoyen, d’un consommateur, d’un membre de communautés et d’un&nbsp;participant influent de la société de l’information.Au niveau collectif, j’ai vu s’affirmer le consumérisme de santé. Ce&nbsp;mouvementde défense, de revendication et de proposition est porté par les milliers d’associations qui représentent les personnes malades et handicapées et leurs proches. Ces organisations sont fondées sur l’entraide et la solidarité entre patients. En lutte contre les exclusions, elles sensibilisent l’opinion publique aux conséquences sociales et professionnelles des pathologies. Elles plaident pour une totale transparence de la qualité, de la sécurité, de la recherche, des tarifs. Au départ, elles se sont constituées en contre-pouvoir. Résistantes et revendicatrices, elles sont désormais associées à la définition des orientations de santé. En tant que professionnelle de la communication, il est donc normal que je reste attentive aux comportements de ce public. Et puis comme vous le savez bien, le sujet est complexe mais passionnant. C’est un milieu attachant alors quand je me suis lancée dans un doctorat, je n’ai finalement fait que poursuivre le sillon que j’avais tracé. J’ai choisi d’approfondir mes connaissances sur cette dynamique fascinante qui transforme une vulnérabilité individuelle en une force collective.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Comment avez-vous procédé&nbsp;? Quels enseignements en avez-vous tirés&nbsp;?</strong> <br />  Je me suis immergée tous les week-ends durant plus d’un an sur un forum en ligne de patients souffrant de la thyroïde «&nbsp;Vivre sans thyroïde&nbsp;». Avec leurs autorisations, j’ai suivi les conversations de 21 des plus actifs d’entre eux. J’ai appris le fonctionnement du groupe, ses pratiques, la manière dont il remplit ses missions. J’ai compris comment il construit son réseau, tire parti de l’intelligence collective de ses membres pour augmenter son savoir et ses ressources et constituer un capital communautaire. À travers son activité j’ai déterminé les différentes dimensions de&nbsp;l’<em>empowerment</em>collectif, communautaire, collaboratif– productif et sociétal. Ce palier&nbsp;correspond à la participation de la communauté à la transformation du système de santé.Le forum est un milieu très sensible aux fluctuations du monde extérieur, à l’évolution de la législation, de l’environnement et du progrès scientifique. En cas de crise sanitaire, il fonctionne comme une vigie. Sa réactivité et ses réponses le positionnent clairement comme un maillon incontournable dans la chaîne des soins, comme un véritable opérateur de santé. Tels sont les enseignements que j’ai pu tirer de cette étude empirique et qui sont au cœur de ma thèse. <br />   <br />  <strong>Quels sont à votre sens les principaux enjeux adressés par ce concept et de quelles approches se nourrit-il&nbsp;?</strong> <br />  Pensé au niveau collectif, l’<em>empowerment&nbsp;</em>se rapproche du rapport de force entre une communauté et les autorités sanitaires, sociales, économiques, politiques. Quand il se manifeste de manière moins clivante, il ouvre sur une alliance pour la co-construction de projets et l’instauration de relations horizontales. Il peut aussi caractériser la capacité d’une association à créer ses propres ressources. Ainsi, l’AFM-Téléthon qui, outre la publication et la mise à disposition de la communauté scientifique internationale des premières cartes du génome humain en 1992, a créé deux laboratoires, Généthon pour la thérapie génique et I Stem pour la recherche cellulaire – ainsi qu’une unité de bioproduction de thérapie génique et cellulaire, Yposkesi. Enfin, au niveau sociétal, il inspire des propositions de réforme. Par exemple l’affaire du Lévothyrox® a inspiré quatre requêtes fondamentales à l’association «&nbsp;Vivre sans thyroïde&nbsp;»&nbsp;: le droit de connaître la vérité, la demande que la parole scientifique ne soit plus considérée comme la seule source de légitimité, la volonté de participer aux décisions des instances et le refus du monopole accordé à un laboratoire pharmaceutique pour une molécule fabriquée par d’autres entreprises. À titre individuel l’<em>empowerment</em>se rapproche de l’éducation thérapeutique, des soins centrés sur la personne et ses aptitudes (<em>Patient Centered Care</em>) ou de la décision médicale partagée, respectueuse des préférences du patient (<em>Shared Decision Making</em>). Ces notions relèvent d’un&nbsp;<em>empowerment</em>responsabilisant. <br />   <br />  <strong>Vous proposez de contribuer à ces réflexions à travers le site «&nbsp;selfpower-community&nbsp;». Pouvez-vous nous en parler&nbsp;?</strong> <br />  J’ai créé ce site car&nbsp;l’<em>empowerment</em>individuel et collectif se déploie dans un grand nombre d’activités. Pas seulement en santé.On retrouve ce concept dans des secteurs très variés comme l’éducation populaire numérique, le développement durable, le féminisme, le tourisme participatif… À chaque fois, c’est le même scénario&nbsp;: un citoyen rencontre un obstacle ou décide de se saisir d’une question de société, il réunit un groupe et ensemble ils se soutiennent, dépassent les difficultés, créent des solutions alternatives et se mobilisent pour rendre le monde plus juste, plus équitable et pour faire que les règles soient citoyennement négociées. Pour rendre compte de la richesse de ce modèle de participation directe, j’ai créé une plateforme, à la fois&nbsp;fil d’actualité et média-support&nbsp;d’une recherche dédiée à&nbsp;l’<em>empowerment</em>&nbsp;sous toutes ses formes. Les personnes qui s’y connectent pourront&nbsp;découvrir&nbsp;une sélection d’articles sur l’<em>empowerment</em>en tant que placement financier, en tant que vecteur de développement local, en tant que levier de résistance contre les GAFAM (Google Amazon, Facebook, Apple, Microsoft)… Les internautes ont aussi la possibilité de suivre et de participer à mes travaux de recherche – en application justement des principes d’<em>empowerment</em>&nbsp;! <br />   <br />  <strong>Quels enseignements tirez-vous, aujourd’hui, de la crise sanitaire du Covid-19 et comment pensez-vous les intégrer à vos travaux&nbsp;?</strong> <br />  En cette période de doute, de tensions sociales,&nbsp;il est important de souligner l’apport des espaces de réflexion et d’action collectives citoyennes.Alors que la Covid-19 a accéléré le repli sur soi, la sortie de la crise peut être l’occasion de réinventer des modèles de concertation et de participation directes en s’inspirant des dynamiques d’<em>empowerment</em>collectif.Ne serait-ce que pour assurer une meilleure prévention.&nbsp;Ainsi, une étude anglaise*<font color="#0782c1"><span style="caret-color: rgb(7, 130, 193);">&nbsp;</span></font>a montré que les personnes qui pensent collectif adoptent plus facilement les gestes barrières, que les discours qui mettent l’accent sur l’<em>empowerment&nbsp;</em>collectif et sur le «&nbsp;nous ensemble&nbsp;» préparent&nbsp;mieux&nbsp;l’opinion publique à accepter les directives.Et enfin qu’un état d’esprit collectif pourrait bien faire la différence lors des futures crises de santé publique… <br />   <br />  <strong>Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’<em>empowerment</em>collectif réussi&nbsp;?&nbsp;</strong> <br />  Je pense notamment à l’AFM-Téléthon, déjà citée plus haut, et à sa contribution exemplaire au progrès scientifique, matérialisée par sa capacité à créer une unité de production de biomédicaments – soit les molécules les plus complexes à fabriquer – et à en conserver la gouvernance. Mais aussi aux&nbsp;<em>Living labs</em>de la Fédération Française des Diabétiques, ces laboratoires d’un nouveau style où le malade est présent du début à la fin des processus de création, de fabrication et de diffusion des innovations. Sans oublier les facultés de médecine qui ont recruté des patients enseignants (Lyon Est, Montpellier, Sorbonne Université, Paris XII et&nbsp;Paris XIII…)&nbsp;: intégré au corps professoral, le patient devient l’éducateur du médecin et je trouve la démarche très forte. Dans ce cas, ce sont les doyens qui favorisent l’<em>empowerment</em>du patient et sa reconnaissance par les futurs médecins. J’évoquerai pour finir&nbsp;un décret qui doit paraître et pour lequel les associations de patients se sont battues. Grâce à cette avancée législative, les malades qui se sont vus refuser des soins par les médecins pourront&nbsp;saisir<em>une commission de conciliation pour&nbsp;</em>d’éventuelles sanctions contre ces professionnels. Les associations de patients réclamaient la publication de décret depuis des années, en&nbsp;application de la loi&nbsp;HPST, dite Bachelot,&nbsp;du 21 juillet 2009. Il s’agit d’un exemple d’<em>empowerment&nbsp;</em>au niveau sociétal avec transformation des règles au profit des patients. <br />   <br />  <strong>Quels sont aujourd’hui les freins à la généralisation de ces démarches&nbsp;? Quels leviers activer pour les accompagner&nbsp;?</strong> <br />  Les principaux freins sont les crispations sur les anciennes pratiques, la peur d’innover, le refus d’expérimenter&nbsp;<em>des solutions alternatives</em>,&nbsp;l’habitude de se contenter d’un discours, l’incapacité à penser et à construire le pouvoir en commun, les réticences pour ouvrir des négociations citoyennes… Quant aux leviers, je retiendrai l’humilité et l’esprit d’ouverture.&nbsp;Le premier pas consiste à reconnaître que personne ne maîtrise toutes les dimensions d’un problème, ni toutes ses conséquences, tout particulièrement dans les secteurs complexes du sanitaire et du médico-social.Par exemple, au niveau local, les nouvelles organisations de soins doivent être préparées dans la concertation. Chaque fois que des transformations ont lieu, en particulier à l’échelle locale, il faudrait prendre l’habitude de convier les citoyens et en premier lieu, ceux qui seront le plus affectés par les décisions et accepter de penser les problèmes et les alternatives avec eux.&nbsp; <br />  Au niveau individuel, pour que le patient participe effectivement aux prises de décision concernant sa santé, il faut aussi qu’en interne les équipes soient soutenues avec notamment des accès à l’information, à de réelles marges de manœuvre et qu’elles bénéficient de formations au coaching, au processus d'apprentissage mutuel, à l’animation de communautés, à la co-conception d’outils numériques de suivi… <br />  Quant aux services de soins spécialisés, ils pourraient prendre l’habitude de suivre régulièrement, une heure par semaine, les échanges sur les forums des communautés de patients concernés par leur activité afin de repérer les signaux faibles, avant-coureurs de grondements plus puissants, identifiables par le nombre de fils ouverts sur le même sujet et par l’importance des réactions. Ils pourraient aussi entrer en contact avec les modérateurs de ces forums, échanger sur les difficultés rencontrées par certains patients, les consulter sur les grands projets… <br />   <br />  <strong>Quelles seront vos prochaines étapes&nbsp;?</strong> <br />  Je me concentre actuellement sur la rédaction d’un nouvel article scientifique [deux ont déjà été publiés**<font color="#0782c1"><span style="caret-color: rgb(7, 130, 193);">,</span></font>&nbsp;NDLR]. Cette fois-ci, une publication internationale est envisagée. J’aimerais aussi lancer un appel aux professionnels et aux communautés de patients qui liront cet article pour qu’ils renseignent mon enquête en ligne. Leurs contributions sont précieuses et feront avancer la recherche sur l’empowerment. Enfin, j’espère pouvoir aussi développer des projets de formation et de rencontres avec VALLOREM, le laboratoire&nbsp;Val de Loire Recherche en Management (EA 6296)de Tours-Orléans auquel je suis associée. <br />   <br />   <br />  <em>Pour participer à l’enquête en ligne&nbsp;:</em> <br />  <a class="link" href="https://selfpower-community.com/prenez-part-a-une-recherche-sur-lempowerment-collectif/">https://selfpower-community.com/prenez-part-a-une-recherche-sur-lempowerment-collectif/</a>  <br />  &nbsp; <br />   <br />  <span style="margin: 0px; padding: 0px; caret-color: rgb(62, 62, 62); color: rgb(62, 62, 62); text-align: justify; font-family: &quot;Helvetica Light&quot;; -webkit-font-kerning: none;">Article publié sur le numéro de septembre d'Hospitalia à consulter&nbsp;<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-50-Comment-reinventer-l-hopital_a2329.html" target="_blank">ici</a>.&nbsp;</span><br style="margin: 0px; padding: 0px; text-align: justify; caret-color: rgb(156, 29, 29); color: rgb(156, 29, 29); font-family: &quot;Helvetica Light&quot;;" />  &nbsp;  <div>&nbsp;  <div id="ftn1">*Mikey Biddlestone, Ricky Green, Karen M. Douglas.&nbsp;<em>Cultural orientation, power, belief in conspiracy theories, and intentions to reduce the spread of COVID</em><em>‐</em><em>19</em>.&nbsp;British Journal of Social Psychology, 2020; DOI:&nbsp;10.1111/bjso.12397. <br />  **(1) Fayn M.G., des Garets V. et Rivière A. (2019),&nbsp;<em>Vers une compréhension approfondie de l’empowerment du consommateur : clarification conceptuelle et enrichissement théorique,&nbsp;Revue Française de Gestio<strong>n</strong></em>,&nbsp;<em>45</em>(278), p.121-145 (HCERES A / FNEGE 2 / CNRS 3). <br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;(2) Fayn M.G, des Garets V. et Rivière A. (2017),&nbsp;<em>Mieux comprendre le processus d’empowerment du patient</em>,&nbsp;<em>revue Recherches en Sciences de Gestion – Management Sciences – Ciencias de Gestión</em>, N°119, p.55-73, (HCERES B / FNEGE 3 / CNRS 4). <br />  &nbsp;</div>  </div>  
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   <link rel="alternate" href="https://www.hospitalia.fr/Quand-le-pouvoir-vient-aux-patients-citoyens_a2360.html" />
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   <title>L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main</title>
   <updated>2018-06-05T11:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hospitalia.fr/L-empowerment-ou-quand-le-patient-reprend-sa-sante-en-main_a1504.html</id>
   <category term="Actu" />
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   <published>2018-06-05T10:48:00+02:00</published>
   <author><name>Admin</name></author>
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    <![CDATA[
Fondatrice du site www.reseau-chu.org, qui présente l’actualité des 32 CHU de France, et dernièrement de www.reseau-hopital-ght.fr, Marie-Georges Fayn poursuit, en parallèle, une recherche en marketing de la santé. Doctorante au sein du Laboratoire Vallorem(1), elle étudie l’empowerment des patients. Rencontre. PAR JOËLLE HAYEK     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/22764459-25320376.jpg?v=1528190039" alt="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" title="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" />
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      <strong>﻿Que recouvre plus précisément ce terme d’empowerment ? <br />  Marie-Georges Fayn :</strong> Notion relativement récente, l’empowerment des patients désigne l’accroissement de la capacité d’agir de la personne malade. Ce gain en autonomie se traduit par la participation aux décisions qui la concernent, une plus grande maîtrise de son avenir et l’affirmation d’un nouveau rapport avec la société. Certains traduisent cela par « encapacitation » ou « autonomisation ». Mais ces termes désignent un état, et me semblent donc impropres à caractériser une démarche qui s’inscrit dans un processus en plusieurs temps. Il serait à mon sens plus correct de parler « d’empouvoirement », à l’instar du canadien Gilles Paquet(2). <br />  &nbsp; <br />  <strong>Vous avez justement formalisé le processus en quatre temps(3) de la démarche d’émancipation qu’est l’empowerment. Pouvez-vous nous en parler ?</strong> <br />  La première phase est individuelle : le patient prend conscience de sa pathologie et des limites des réponses apportées par l’offre de soins existante. Refusant de se résigner, il s’engage dans une quête d’information. Débute alors la phase 2, dite collective : le patient se rend sur des forums de discussion, où il interagit avec une communauté active de personnes confrontées aux mêmes difficultés que lui. Échangeant de pair à pair avec des patients experts, il acquiert un savoir expérientiel plus large. Son engagement se structure dans le cadre d’une communauté où il prend part à des actions militantes pour défendre sa cause et ses droits. Il continue en parallèle de s’informer, mais sa quête est désormais plus spécialisée. C’est le troisième temps. <br />  &nbsp;
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/22764459-25320377.jpg?v=1528189755" alt="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" title="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" />
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      <strong>En quoi consiste-t-il, plus particulièrement ?</strong> <br />  Cette phase, scientifique voit le malade rapprocher son expérience de vie des expertises médicales. Devenant lui-même patient-ressource, il participe à la création du savoir collaboratif. Il entre alors dans la quatrième et dernière phase : le temps productif. Prenant appui sur ce capital communautaire unique, il investit de nouveaux espaces dont il était jusque-là exclu, comme la recherche-innovation et le développement de nouveaux produits et services. Le patient propose alors des solutions plus adaptées à ses particularités, et peut s’investir à tous les stades de la production et de la vente.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>Les effets de ce cheminement quelque peu initiatique d’un patient vers son propre « empouvoirement » se répercutent donc au niveau sociétal.</strong> <br />  L’élargissement des prêts bancaires aux personnes en rémission de cancer représente un bon exemple de ce mouvement : très sensibles aux conséquences sociales de la maladie, les patients se constituent en véritable forrce d’évolution de la société. L’empowerment des patients ouvre ainsi la voie à une nouvelle génération de citoyens engagés et solidaires, maîtrisant les ressources de l’expertise et des actions collectives, et capables d’influencer les organisations pour proposer des alternatives aux solutions existantes. Vigies constantes, ils exigent de co-construire, d’égal à égal, un système d’où leur parole ne sera pas exclue. Mais cette démarche requiert un investissement en temps, en énergie, et en apprentissage. C’est pourquoi elle concerne avant tout les patients souffrant de pathologies chroniques, même s’il s’agit d’une tendance de fond qui peut potentiellement s’appliquer à tous les patients, en se nourrissant du développement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). <br />  &nbsp;
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      <img src="https://www.hospitalia.fr/photo/art/default/22764459-25320396.jpg?v=1528189853" alt="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" title="L'empowerment, ou quand le patient reprend sa santé en main" />
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      <strong>Comment cette évolution culturelle est-elle accueillie par les professionnels de santé ?</strong> <br />  Celle-ci s’inscrit dans un long cheminement législatif en faveur de la démocratie sanitaire. Les équipes médicales et soignantes y sont donc de mieux en mieux sensibilisées. Celles qui font l’effort de voir la maladie à travers les yeux du patient, définissent avec lui une stratégie thérapeutique qui tienne compte de son projet de vie. Mais cela suppose qu’elles aient eu le temps de reconsidérer leur rôle pour ne pas être uniquement prestataires d’un acte médical, mais un accompagnant, un référent. Pour beaucoup, l’échange d’égal à égal avec un patient a quelque chose de déstabilisant. Or, pour qu’il y ait véritablement coopération, pour qu’une nouvelle alliance thérapeutique soit nouée, il faut que chacun y mette les formes et sache apprendre de l’autre. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Quels autres points de vigilance identifiez-vous ?</strong> <br />  Une difficulté a justement trait au positionnement des équipes médicales et soignantes vis-à-vis de la multiplicité des profils qu’ils prennent en charge : les patients-experts coexistent avec des patients dépendants ou souffrant de pathologies neurologiques ; un même patient peut par ailleurs avoir des besoins relationnels différents selon les temps de son parcours, aigus ou en routine. On attend beaucoup des professionnels de santé, qu’ils sachent s’adapter en temps réel au comportement de leur interlocuteur – ce qui suppose une agilité particulière, en plus de leur qualité d’humanité. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Justement, comment mieux prendre en considération la parole du patient ?</strong> <br />  Peut-être faudrait-il organiser des rencontres soignant/soigné, pour identifier les décalages éventuels entre la vision du professionnel de santé – focalisée sur l’aspect médical de la prise en charge –, et celle du patient, qui mettra par exemple plutôt l’accent sur les séquelles et les difficultés rencontrées au quotidien. Certaines équipes sont bien conscientes de cet écart, et vont jusqu’à consulter les forums de discussion pour identifier des problématiques parfois sous-estimées. Le patient a justement ici un rôle à jouer, en partageant avec les soignants sa connaissance des communautés agissantes. Par ailleurs, pourquoi ne pas mettre à profit les TIC pour réaliser des enquêtes régulières sur la qualité de vie des patients, pour interroger les aidants, les soignants de ville, et tous ceux qui ont une place à prendre dans le processus de soins ? Les professionnels de santé pourront alors mieux se familiariser avec l’écosystème d’une pathologie, où le volet médical ne représente qu’une dimension parmi d’autres. <br />  <strong>&nbsp; <br />  Les représentants des usagers n’ont-ils pas également là un rôle à jouer ?</strong> <br />  Les sièges qui leur sont désormais réservés dans les conseils de surveillance des hôpitaux ou les conseils territoriaux de santé des Agences Régionales de Santé (ARS) traduisent la reconnaissance de leur pouvoir par les autorités publiques. Mais, une fois consultés par exemple pour les projets de santé régionaux, leurs propositions sont-elles véritablement prises en compte ? C’est là un autre point de vigilance. Les priorités dégagées par les tutelles répondent, en premier lieu, à des enjeux organisationnels. Or les patients connaissent bien les réalités locales et peuvent imaginer des solutions pragmatiques qui mériteraient le statut « d’expérimentations organisationnelles innovantes du système de santé ». Dans une démocratie sanitaire avancée comme la nôtre, l’aménagement du territoire s’envisage dans de nouveaux cadres où les patients-citoyens ont toute leur place. <br />  &nbsp; <br />  <em>1 - Sous la direction des Professeurs Véronique des Garets et Arnaud Rivière, au sein du laboratoire VALLOREM Val de Loire Recherche en management (EA6296) – IAE (Institut d’Administration des Entreprises) de l’Université François Rabelais de Tours. <br />  2 - Gilles PAQUET, « La gouvernance en tant que manière de voir : le paradigme de l’apprentissage collectif » (2001). Linda CARINAL et Caroline ANDREW, La démocratie à l’épreuve de la gouvernance, Les Presses de l’Universités d’Ottawa, 9-55. <br />  3 - Travaux publiés dans la revue académique Recherches en Sciences de Gestion (Numéro 119, novembre 2017).</em>
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      <em style="caret-color: rgb(62, 62, 62); color: rgb(62, 62, 62); font-family: Helvetica, sans-serif; text-align: justify;">Interview réalisée par Joëlle Hayek dans le numéro 41 d'Hospitalia, magazine à consulter en intégralité<a class="link" href="https://www.hospitalia.fr/Hospitalia-41-Mai-2018_a1432.html" target="_blank">&nbsp;ici</a>.</em> <br />   <br />  &nbsp;
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