Pourquoi le passage à l’échelle est-il devenu un enjeu majeur en matière d’IA en santé ?
Arnaud Have : De nombreux projets en intelligence artificielle émergent aujourd’hui dans les établissements de santé, portés par des équipes souvent dispersées et peu coordonnées. Ces initiatives manquent alors de cohérence globale et d’alignement avec les projets d’établissement. Cette situation rappelle les débuts de l’informatisation hospitalière, marqués par une prolifération d’outils sans vision d’ensemble. Même si l’IA facilite certains aspects comme l’interopérabilité, la question de la convergence se pose déjà. Elle doit être anticipée pour éviter une nouvelle fragmentation et permettre une véritable industrialisation.
Concrètement, comment relever ce défi ?
Le passage à l’échelle suppose d’abord une stratégie IA claire, servant de cadre pour structurer et prioriser les initiatives en cohérence avec les orientations globales. Weliom a par exemple accompagné le GHT de Vendée en alignant la stratégie IA avec les projets d’établissements, médicaux, de soins et informatiques. Cette démarche s’est appuyée sur l’analyse des cas d’usage et l’évaluation de la valeur créée, un point encore trop peu anticipé. Il est pourtant essentiel d’intégrer dès le départ des indicateurs d’impact, qu’il s’agisse de qualité des soins ou de qualité de vie au travail.
Pour vous, la stratégie IA doit surtout s’inscrire dans une logique territoriale…
C’est une conviction forte, partagée avec l’écosystème de La Poste Santé & Autonomie. Le GHT est une base, mais il doit aussi s’articuler avec les acteurs de ville, les GRADeS et les ARS pour un véritable passage à l’échelle. Plusieurs projets illustrent cette approche. En Centre-Val de Loire, GérIA, mené avec le CHU de Tours et l’ensemble des acteurs territoriaux, est parti d’une segmentation de la population pour structurer des parcours gériatriques entre la ville et l’hôpital. L’IA intervient ensuite comme levier, avec une évaluation d’impact pensée dès l’origine. Dans les Pays de la Loire, un projet avec le CHU d’Angers, le GRADeS Pays de la Loire, le Gérontopôle PDL sur la nutrition des personnes âgées suit la même logique, partant des besoins locaux pour construire des parcours territoriaux et identifier des cas d’usage où l’IA serait pertinente. Ici, l’ambition est de créer un véritable « hub de coordination territoriale ». La logique est identique à Grenoble, où le CHU, le GRADeS, des structures de ville et LPSA se sont positionnés sur la prévention concernant le diabète et l’insuffisance cardiaque.
Le mot de la fin ?
L’approche par cas d’usage territoriaux est la plus efficace pour générer des projets à fort impact, accélérer leur déploiement et favoriser leur réplicabilité, avec des adaptations locales. La segmentation des populations est ici déterminante et un prérequis à toute réflexion, car tous les cas d’usage ne sont pas pertinents partout. Enfin, au-delà de ces enjeux de structuration, le déploiement de l’IA pose aussi des défis RH majeurs : acculturation, évolution des métiers, nouvelles compétences… Ces sujets seront au cœur des échanges à SantExpo, avec une Agora dédiée à l’IA en santé le 19 mai à 14h, ainsi que des échanges autour de son intégration dans les organisations et de l’évolution des compétences.
> Rendez-vous du 19 au 21 mai à Paris Expo Porte de Versailles, sur le stand F46 de La Poste Santé & Autonomie
> Plus d'informations sur le site de Weliom
> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, à lire ici
Arnaud Have : De nombreux projets en intelligence artificielle émergent aujourd’hui dans les établissements de santé, portés par des équipes souvent dispersées et peu coordonnées. Ces initiatives manquent alors de cohérence globale et d’alignement avec les projets d’établissement. Cette situation rappelle les débuts de l’informatisation hospitalière, marqués par une prolifération d’outils sans vision d’ensemble. Même si l’IA facilite certains aspects comme l’interopérabilité, la question de la convergence se pose déjà. Elle doit être anticipée pour éviter une nouvelle fragmentation et permettre une véritable industrialisation.
Concrètement, comment relever ce défi ?
Le passage à l’échelle suppose d’abord une stratégie IA claire, servant de cadre pour structurer et prioriser les initiatives en cohérence avec les orientations globales. Weliom a par exemple accompagné le GHT de Vendée en alignant la stratégie IA avec les projets d’établissements, médicaux, de soins et informatiques. Cette démarche s’est appuyée sur l’analyse des cas d’usage et l’évaluation de la valeur créée, un point encore trop peu anticipé. Il est pourtant essentiel d’intégrer dès le départ des indicateurs d’impact, qu’il s’agisse de qualité des soins ou de qualité de vie au travail.
Pour vous, la stratégie IA doit surtout s’inscrire dans une logique territoriale…
C’est une conviction forte, partagée avec l’écosystème de La Poste Santé & Autonomie. Le GHT est une base, mais il doit aussi s’articuler avec les acteurs de ville, les GRADeS et les ARS pour un véritable passage à l’échelle. Plusieurs projets illustrent cette approche. En Centre-Val de Loire, GérIA, mené avec le CHU de Tours et l’ensemble des acteurs territoriaux, est parti d’une segmentation de la population pour structurer des parcours gériatriques entre la ville et l’hôpital. L’IA intervient ensuite comme levier, avec une évaluation d’impact pensée dès l’origine. Dans les Pays de la Loire, un projet avec le CHU d’Angers, le GRADeS Pays de la Loire, le Gérontopôle PDL sur la nutrition des personnes âgées suit la même logique, partant des besoins locaux pour construire des parcours territoriaux et identifier des cas d’usage où l’IA serait pertinente. Ici, l’ambition est de créer un véritable « hub de coordination territoriale ». La logique est identique à Grenoble, où le CHU, le GRADeS, des structures de ville et LPSA se sont positionnés sur la prévention concernant le diabète et l’insuffisance cardiaque.
Le mot de la fin ?
L’approche par cas d’usage territoriaux est la plus efficace pour générer des projets à fort impact, accélérer leur déploiement et favoriser leur réplicabilité, avec des adaptations locales. La segmentation des populations est ici déterminante et un prérequis à toute réflexion, car tous les cas d’usage ne sont pas pertinents partout. Enfin, au-delà de ces enjeux de structuration, le déploiement de l’IA pose aussi des défis RH majeurs : acculturation, évolution des métiers, nouvelles compétences… Ces sujets seront au cœur des échanges à SantExpo, avec une Agora dédiée à l’IA en santé le 19 mai à 14h, ainsi que des échanges autour de son intégration dans les organisations et de l’évolution des compétences.
> Rendez-vous du 19 au 21 mai à Paris Expo Porte de Versailles, sur le stand F46 de La Poste Santé & Autonomie
> Plus d'informations sur le site de Weliom
> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, à lire ici