Quelle est, aujourd’hui, la stratégie numérique de l’Hôpital Lozère et du GHT 48 ?
Marine Crognier : Nous venons de finaliser le nouveau schéma directeur du système d’information du GHT 48, qui succède à celui arrivé à échéance en 2021. Sa refonte a été retardée par la crise sanitaire, mais ce délai s’est révélé utile : il nous a permis d’intégrer les dernières orientations nationales et les évolutions technologiques majeures. La grande bascule, c’est le passage d’une approche centrée sur l’Hôpital Lozère à une stratégie numérique pensée à l’échelle du GHT, dans une logique de convergence. Le précédent schéma avait déjà permis d’harmoniser nos outils, avec un même DPI pour les hôpitaux et un même DUI pour les EHPAD, tout en respectant les spécificités de la psychiatrie. Cette homogénéisation réduit les coûts d’interopérabilité et facilite le partage sécurisé des données patients.
Quelles sont les principales nouveautés de ce schéma directeur ?
Il acte un véritable changement de gouvernance, votée à l’unanimité, avec désormais une direction du numérique de territoire. Trois volets structurent cette organisation : le SI « classique » pour l’hôpital ; la cybersécurité, désormais pilotée de manière unifiée par un RSSI de territoire ; et les services numériques, qui accompagnent les équipes sur le terrain dans la bonne appropriation des applicatifs métiers – l’objectif étant d’harmoniser les usages et de renforcer l’efficacité collective. Nous intégrons aussi les services socles nationaux issus du programme HOP’EN 2, notamment l’alimentation automatique du DMP à partir des DPI, avec un taux d’identités qualifiées proche de 90 %.
Vous avez également créé un pôle Data et Intelligence artificielle. Quel est son rôle ?
C’est notre chantier le plus structurant. Nous avons mis en place ce pôle pour adresser, de concert, deux domaines désormais indissociables, avec un guichet unique pour les demandes de données et un comité data garant de leur qualité. L’objectif est double, améliorer le pilotage stratégique du GHT et offrir, demain, des outils plus intelligents et intuitifs. À terme, nous voulons intégrer de l’IA générative pour permettre aux utilisateurs de dialoguer directement avec leurs données, via des requêtes en langage naturel. C’est un projet ambitieux, encore en construction, mais il ouvre une dynamique d’innovation et des perspectives inédites pour notre territoire.
Comment se traduit l’organisation numérique du GHT 48 en matière de gouvernance et de ressources humaines ?
Nous nous appuyons sur trois instances : un comité Cybersécurité, un comité des Services numériques associant des référents métiers formés aux applicatifs, et un comité Data qui centralise les demandes et priorise les indicateurs. Cette organisation implique tous les établissements et toutes les CME du GHT, avec un médecin dédié à la sensibilisation de ses pairs. La direction du numérique compte ainsi une quinzaine de collaborateurs : techniciens, RSSI, coordonnateur identitovigilance, médecins, ingénieurs, agents de terrain… À cela s’ajoutent des relais numériques dans chaque établissement, garantissant proximité, cohérence et réactivité.
Rencontrez-vous des difficultés de recrutement pour ces profils numériques ?
Pas vraiment. Bien sûr, certains postes nécessitent des compétences pointues, mais nous parvenons à attirer des talents qualifiés. Notre RSSI, par exemple, est ingénieur en cybersécurité avec deux ans d’expérience. La Lozère offre un cadre de vie très attractif pour les jeunes familles ou les personnes en quête d’une meilleure qualité de vie après un parcours urbain, particulièrement depuis le Covid. On observe d’ailleurs une véritable dynamique de « migration post-urbaine », qui joue en notre faveur ! Le télétravail facilite aussi beaucoup les choses, même si je tiens au collectif en présentiel pour les temps d’équipe. Aujourd’hui, nous pouvons nous appuyer sur des collaborateurs compétents, diplômés et motivés, ce qui est un vrai atout pour consolider nos projets et sécuriser notre système d’information.
Comment le numérique répond-il aux défis d’un territoire rural ?
La télémédecine est un levier majeur, et représente à cet égard un axe central de notre schéma directeur. Nous améliorons constamment notre marché de téléconsultation et de téléexpertise pour l’ensemble du GHT, en travaillant étroitement avec les hôpitaux de proximité, les EHPAD et la ville. Notre objectif est de rendre les distances invisibles : chaque établissement, chaque médecin, doit pouvoir accéder aux spécialités disponibles à l’Hôpital Lozère, sans déplacement.Nous renforçons également les coopérations avec des centres de référence, comme les CHU de Montpellier, Clermont-Ferrand ou Nîmes, pour bénéficier d’expertises plus rares. La présence d’un médecin au sein de la direction numérique facilite l’appropriation des usages par les praticiens.
Le mot de la fin ?
L’Hopital Lozère, établissement support du GHT 48, est très fier de pouvoir proposer ce type d’innovation au niveau du territoire, en matière de gouvernance comme d’accompagnement des utilisateurs. Notre ambition est véritablement d’innover au service de tous, sans uniformiser à marche forcée. Nous construisons une roadmap commune, respectueuse des spécificités de chaque structure. Ce modèle, fondé sur la proximité, la subsidiarité et la convergence, nous permet d’améliorer les parcours, notamment gériatriques et aux urgences, et de proposer des outils avant-gardistes, réellement utiles aux professionnels et aux patients. Au final, c’est cette capacité à tirer parti de l’intelligence collective qui constitue la force de notre GHT.
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
Marine Crognier : Nous venons de finaliser le nouveau schéma directeur du système d’information du GHT 48, qui succède à celui arrivé à échéance en 2021. Sa refonte a été retardée par la crise sanitaire, mais ce délai s’est révélé utile : il nous a permis d’intégrer les dernières orientations nationales et les évolutions technologiques majeures. La grande bascule, c’est le passage d’une approche centrée sur l’Hôpital Lozère à une stratégie numérique pensée à l’échelle du GHT, dans une logique de convergence. Le précédent schéma avait déjà permis d’harmoniser nos outils, avec un même DPI pour les hôpitaux et un même DUI pour les EHPAD, tout en respectant les spécificités de la psychiatrie. Cette homogénéisation réduit les coûts d’interopérabilité et facilite le partage sécurisé des données patients.
Quelles sont les principales nouveautés de ce schéma directeur ?
Il acte un véritable changement de gouvernance, votée à l’unanimité, avec désormais une direction du numérique de territoire. Trois volets structurent cette organisation : le SI « classique » pour l’hôpital ; la cybersécurité, désormais pilotée de manière unifiée par un RSSI de territoire ; et les services numériques, qui accompagnent les équipes sur le terrain dans la bonne appropriation des applicatifs métiers – l’objectif étant d’harmoniser les usages et de renforcer l’efficacité collective. Nous intégrons aussi les services socles nationaux issus du programme HOP’EN 2, notamment l’alimentation automatique du DMP à partir des DPI, avec un taux d’identités qualifiées proche de 90 %.
Vous avez également créé un pôle Data et Intelligence artificielle. Quel est son rôle ?
C’est notre chantier le plus structurant. Nous avons mis en place ce pôle pour adresser, de concert, deux domaines désormais indissociables, avec un guichet unique pour les demandes de données et un comité data garant de leur qualité. L’objectif est double, améliorer le pilotage stratégique du GHT et offrir, demain, des outils plus intelligents et intuitifs. À terme, nous voulons intégrer de l’IA générative pour permettre aux utilisateurs de dialoguer directement avec leurs données, via des requêtes en langage naturel. C’est un projet ambitieux, encore en construction, mais il ouvre une dynamique d’innovation et des perspectives inédites pour notre territoire.
Comment se traduit l’organisation numérique du GHT 48 en matière de gouvernance et de ressources humaines ?
Nous nous appuyons sur trois instances : un comité Cybersécurité, un comité des Services numériques associant des référents métiers formés aux applicatifs, et un comité Data qui centralise les demandes et priorise les indicateurs. Cette organisation implique tous les établissements et toutes les CME du GHT, avec un médecin dédié à la sensibilisation de ses pairs. La direction du numérique compte ainsi une quinzaine de collaborateurs : techniciens, RSSI, coordonnateur identitovigilance, médecins, ingénieurs, agents de terrain… À cela s’ajoutent des relais numériques dans chaque établissement, garantissant proximité, cohérence et réactivité.
Rencontrez-vous des difficultés de recrutement pour ces profils numériques ?
Pas vraiment. Bien sûr, certains postes nécessitent des compétences pointues, mais nous parvenons à attirer des talents qualifiés. Notre RSSI, par exemple, est ingénieur en cybersécurité avec deux ans d’expérience. La Lozère offre un cadre de vie très attractif pour les jeunes familles ou les personnes en quête d’une meilleure qualité de vie après un parcours urbain, particulièrement depuis le Covid. On observe d’ailleurs une véritable dynamique de « migration post-urbaine », qui joue en notre faveur ! Le télétravail facilite aussi beaucoup les choses, même si je tiens au collectif en présentiel pour les temps d’équipe. Aujourd’hui, nous pouvons nous appuyer sur des collaborateurs compétents, diplômés et motivés, ce qui est un vrai atout pour consolider nos projets et sécuriser notre système d’information.
Comment le numérique répond-il aux défis d’un territoire rural ?
La télémédecine est un levier majeur, et représente à cet égard un axe central de notre schéma directeur. Nous améliorons constamment notre marché de téléconsultation et de téléexpertise pour l’ensemble du GHT, en travaillant étroitement avec les hôpitaux de proximité, les EHPAD et la ville. Notre objectif est de rendre les distances invisibles : chaque établissement, chaque médecin, doit pouvoir accéder aux spécialités disponibles à l’Hôpital Lozère, sans déplacement.Nous renforçons également les coopérations avec des centres de référence, comme les CHU de Montpellier, Clermont-Ferrand ou Nîmes, pour bénéficier d’expertises plus rares. La présence d’un médecin au sein de la direction numérique facilite l’appropriation des usages par les praticiens.
Le mot de la fin ?
L’Hopital Lozère, établissement support du GHT 48, est très fier de pouvoir proposer ce type d’innovation au niveau du territoire, en matière de gouvernance comme d’accompagnement des utilisateurs. Notre ambition est véritablement d’innover au service de tous, sans uniformiser à marche forcée. Nous construisons une roadmap commune, respectueuse des spécificités de chaque structure. Ce modèle, fondé sur la proximité, la subsidiarité et la convergence, nous permet d’améliorer les parcours, notamment gériatriques et aux urgences, et de proposer des outils avant-gardistes, réellement utiles aux professionnels et aux patients. Au final, c’est cette capacité à tirer parti de l’intelligence collective qui constitue la force de notre GHT.
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici