© Antoine Sauder - HUS
Pourriez-vous, pour commencer, nous présenter le pôle Biologie, Génétique, Pathologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ?
Pr Jean-Marc Lessinger : Le pôle Biologie, Génétique, Pathologie des HUS est une structure d’envergure, rassemblant 650 professionnels, soit environ 500 équivalents temps plein, répartis sur quatre sites hospitaliers. Il regroupe dix services de biologie médicale, le département d’anatomopathologie, ainsi que deux services cliniques de génétique, intégrés au pôle en raison de leurs liens étroits avec la génétique moléculaire. Le pôle comprend également deux unités dédiées à la recherche clinique et aux essais. Organisé autour des deux grands hôpitaux du CHU, Hautepierre et le Nouvel Hôpital Civil (NHC), il dispose d’un plateau technique à réponse rapide (PTRR) sur chacun de ces sites. Le nouveau PTRR du NHC, engagé en octobre 2023, s’achève après plusieurs mois de travaux en site occupé, menés sans interruption de l’activité ni retard dans la délivrance des résultats aux patients.
Comment est né ce projet de modernisation et comment s’est construite l’organisation qui l’accompagne ?
La réflexion a émergé pendant la crise Covid, entre 2020 et 2021, lorsque l’idée d’une modernisation complète du pôle de biologie s’est imposée. Les HUS ont fait appel à un cabinet de conseil spécialisé dans la réorganisation hospitalière. Ce travail a permis d’élaborer un schéma directeur organisationnel, posant les bases d’une nouvelle logique de production : passer de services fonctionnant en silos à des plateformes mutualisées. Cette démarche a nécessité de longues concertations entre services. En clarifiant que l’identité de chaque discipline serait préservée tout en optimisant un outil de production commun, les équipes ont convergé vers un modèle favorisant l’innovation et le développement de nouveaux tests au service des patients.
Qu’est-ce que plus précisément le PTRR, et de quels équipements est-il composé ?
Le PTRR constitue le cœur du dispositif de biologie générale des HUS : un plateau fonctionnant en continu pour délivrer des résultats en urgence. Sur le site du NHC, il produit près de 10 000 résultats par jour. Dans le cadre du projet de modernisation, le nombre de paramètres disponibles en continu est passé de 91 à 145 grâce à une automatisation complète des flux, du traitement pré-analytique à la récupération post-analytique. Le plateau comprend deux modules pré-analytiques capables de trier, contrôler, déboucher et préparer les tubes avant leur transfert vers un convoyeur central. Trois lignes analytiques – associant biochimie, immunologie, sérologie et hématologie – permettent ensuite d’atteindre des cadences jusqu’à 2 200 tests par heure. En fin de chaîne, une chambre réfrigérée de grande capacité assure le stockage automatisé d’environ 20 000 tubes, accessibles pour des analyses complémentaires ou en attente d’une élimination programmée. L’ensemble est entièrement connecté, garantissant rapidité, sécurité et continuité diagnostique.
Comment l’organisation a-t-elle été repensée suite à l’installation de ce PTRR ?
Le PTRR a transformé l’organisation du plateau autour d’une réception centralisée et d’une automatisation complète du parcours des tubes. Dès leur arrivée, les échantillons sont triés, centrifugés, vérifiés et dirigés automatiquement vers les lignes analytiques, les examens étant déclenchés par la prescription connectée. À l’issue des analyses, les tubes sont rebouchés et stockés dans une grande armoire réfrigérée pour d’éventuels examens complémentaires. Cette organisation linéaire supprime les allers-retours et les tâches sans valeur ajoutée, éliminant presque toutes les manipulations manuelles et les risques biologiques associés. Les flux optimisés et l’automatisation réduisent les déplacements inutiles, recentrent le travail sur des tâches à forte valeur ajoutée et offrent aux équipes un environnement moderne, ergonomique et plus attractif.
La modernisation du plateau entraîne-t-elle une baisse des effectifs ?
Une diminution progressive des effectifs est attendue, car l’automatisation réduit mécaniquement le nombre de tâches manuelles. L’objectif reste toutefois raisonné. Il s’agit avant tout de maîtriser les coûts de production tout en améliorant la qualité des résultats. Les nouveaux automates, des équipements de dernière génération, renforcent la performance analytique, la rapidité des analyses et la fiabilité des résultats. Le plateau offre également un accès élargi à davantage d’examens 24 h/24 et 7 j/7, un atout essentiel pour un CHU de recours, amené à traiter des demandes que les hôpitaux environnants ne peuvent assurer. La réorganisation s’inscrit donc à la fois dans une logique de performance et d’une amélioration du service médical rendu.
Comment les équipes ont-elles vécu le changement et quelles évolutions pour leurs métiers ?
L’adhésion des personnels a été remarquable. La réduction progressive des effectifs repose sur des départs naturels non remplacés, sans suppression de postes en activité, et l’automatisation permet de réaffecter les techniciens vers des secteurs nécessitant davantage de compétences. Transparence et participation à la conception du nouveau laboratoire ont créé un climat de confiance. Les métiers évoluent également : les techniciens doivent désormais gérer, voire dépanner, des équipements automatisés et connectés. Cette montée en responsabilités et l’usage de technologies de pointe enrichissent leur rôle et renforcent l’intérêt intellectuel et professionnel de leur travail.
Quelles sont les prochaines étapes de la rénovation et la restructuration du LBM ?
La prochaine étape concernera le renouvellement du PTRR et du plateau de l’hôpital de Hautepierre. En parallèle, le laboratoire prévoit de mutualiser et de consolider la chromatographie-spectrométrie de masse dans une plateforme unique, accessible à toutes les disciplines du pôle. Les phases suivantes incluent la création d’une plateforme de séquençage à haut débit mutualisée, ainsi que l’automatisation complète des cultures en microbiologie. L’objectif est de terminer les deux premières phases d’ici 2026-2027, avec des projets intersites pour optimiser le déploiement des équipements. À terme, la rénovation vise à renforcer les organisations, améliorer la performance et le service médical rendu, au bénéfice de l’ensemble du CHU, du GHT et du Grand Est pour les examens spécialisés.
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
Pr Jean-Marc Lessinger : Le pôle Biologie, Génétique, Pathologie des HUS est une structure d’envergure, rassemblant 650 professionnels, soit environ 500 équivalents temps plein, répartis sur quatre sites hospitaliers. Il regroupe dix services de biologie médicale, le département d’anatomopathologie, ainsi que deux services cliniques de génétique, intégrés au pôle en raison de leurs liens étroits avec la génétique moléculaire. Le pôle comprend également deux unités dédiées à la recherche clinique et aux essais. Organisé autour des deux grands hôpitaux du CHU, Hautepierre et le Nouvel Hôpital Civil (NHC), il dispose d’un plateau technique à réponse rapide (PTRR) sur chacun de ces sites. Le nouveau PTRR du NHC, engagé en octobre 2023, s’achève après plusieurs mois de travaux en site occupé, menés sans interruption de l’activité ni retard dans la délivrance des résultats aux patients.
Comment est né ce projet de modernisation et comment s’est construite l’organisation qui l’accompagne ?
La réflexion a émergé pendant la crise Covid, entre 2020 et 2021, lorsque l’idée d’une modernisation complète du pôle de biologie s’est imposée. Les HUS ont fait appel à un cabinet de conseil spécialisé dans la réorganisation hospitalière. Ce travail a permis d’élaborer un schéma directeur organisationnel, posant les bases d’une nouvelle logique de production : passer de services fonctionnant en silos à des plateformes mutualisées. Cette démarche a nécessité de longues concertations entre services. En clarifiant que l’identité de chaque discipline serait préservée tout en optimisant un outil de production commun, les équipes ont convergé vers un modèle favorisant l’innovation et le développement de nouveaux tests au service des patients.
Qu’est-ce que plus précisément le PTRR, et de quels équipements est-il composé ?
Le PTRR constitue le cœur du dispositif de biologie générale des HUS : un plateau fonctionnant en continu pour délivrer des résultats en urgence. Sur le site du NHC, il produit près de 10 000 résultats par jour. Dans le cadre du projet de modernisation, le nombre de paramètres disponibles en continu est passé de 91 à 145 grâce à une automatisation complète des flux, du traitement pré-analytique à la récupération post-analytique. Le plateau comprend deux modules pré-analytiques capables de trier, contrôler, déboucher et préparer les tubes avant leur transfert vers un convoyeur central. Trois lignes analytiques – associant biochimie, immunologie, sérologie et hématologie – permettent ensuite d’atteindre des cadences jusqu’à 2 200 tests par heure. En fin de chaîne, une chambre réfrigérée de grande capacité assure le stockage automatisé d’environ 20 000 tubes, accessibles pour des analyses complémentaires ou en attente d’une élimination programmée. L’ensemble est entièrement connecté, garantissant rapidité, sécurité et continuité diagnostique.
Comment l’organisation a-t-elle été repensée suite à l’installation de ce PTRR ?
Le PTRR a transformé l’organisation du plateau autour d’une réception centralisée et d’une automatisation complète du parcours des tubes. Dès leur arrivée, les échantillons sont triés, centrifugés, vérifiés et dirigés automatiquement vers les lignes analytiques, les examens étant déclenchés par la prescription connectée. À l’issue des analyses, les tubes sont rebouchés et stockés dans une grande armoire réfrigérée pour d’éventuels examens complémentaires. Cette organisation linéaire supprime les allers-retours et les tâches sans valeur ajoutée, éliminant presque toutes les manipulations manuelles et les risques biologiques associés. Les flux optimisés et l’automatisation réduisent les déplacements inutiles, recentrent le travail sur des tâches à forte valeur ajoutée et offrent aux équipes un environnement moderne, ergonomique et plus attractif.
La modernisation du plateau entraîne-t-elle une baisse des effectifs ?
Une diminution progressive des effectifs est attendue, car l’automatisation réduit mécaniquement le nombre de tâches manuelles. L’objectif reste toutefois raisonné. Il s’agit avant tout de maîtriser les coûts de production tout en améliorant la qualité des résultats. Les nouveaux automates, des équipements de dernière génération, renforcent la performance analytique, la rapidité des analyses et la fiabilité des résultats. Le plateau offre également un accès élargi à davantage d’examens 24 h/24 et 7 j/7, un atout essentiel pour un CHU de recours, amené à traiter des demandes que les hôpitaux environnants ne peuvent assurer. La réorganisation s’inscrit donc à la fois dans une logique de performance et d’une amélioration du service médical rendu.
Comment les équipes ont-elles vécu le changement et quelles évolutions pour leurs métiers ?
L’adhésion des personnels a été remarquable. La réduction progressive des effectifs repose sur des départs naturels non remplacés, sans suppression de postes en activité, et l’automatisation permet de réaffecter les techniciens vers des secteurs nécessitant davantage de compétences. Transparence et participation à la conception du nouveau laboratoire ont créé un climat de confiance. Les métiers évoluent également : les techniciens doivent désormais gérer, voire dépanner, des équipements automatisés et connectés. Cette montée en responsabilités et l’usage de technologies de pointe enrichissent leur rôle et renforcent l’intérêt intellectuel et professionnel de leur travail.
Quelles sont les prochaines étapes de la rénovation et la restructuration du LBM ?
La prochaine étape concernera le renouvellement du PTRR et du plateau de l’hôpital de Hautepierre. En parallèle, le laboratoire prévoit de mutualiser et de consolider la chromatographie-spectrométrie de masse dans une plateforme unique, accessible à toutes les disciplines du pôle. Les phases suivantes incluent la création d’une plateforme de séquençage à haut débit mutualisée, ainsi que l’automatisation complète des cultures en microbiologie. L’objectif est de terminer les deux premières phases d’ici 2026-2027, avec des projets intersites pour optimiser le déploiement des équipements. À terme, la rénovation vise à renforcer les organisations, améliorer la performance et le service médical rendu, au bénéfice de l’ensemble du CHU, du GHT et du Grand Est pour les examens spécialisés.
> Article paru dans Hospitalia #71, édition de décembre 2025, à lire ici
© Antoine Sauder - HUS