Pour commencer, quel regard portez-vous sur l’année écoulée pour l’ACSES ? Et quelles sont vos priorités pour les années à venir ?
Patrice Knuchel : Cette année a été particulièrement positive pour l’association. Nous avions pour priorité de renforcer notre gouvernance, avec l’arrivée d’un nouveau président et une nouvelle dynamique collective. Cette évolution s’est concrétisée par le lancement de plusieurs projets structurants, notamment autour du développement de la formation afin de proposer une offre plus adaptée aux enjeux du secteur.
Mickaël Bourdais : L’ACSES développe aujourd’hui plusieurs partenariats avec des acteurs comme l’EHESP (École des Hautes Études en Santé Publique) ou les Greta, afin de proposer des formations adaptées aux différents niveaux de responsabilité. Nous travaillons également à de nouvelles collaborations, notamment avec les référents sûreté de la police et de la gendarmerie, que nous allons former au niveau national pour leur apporter notre expertise des établissements de santé. Par ailleurs, l’un de nos grands axes de travail concerne la communication et la visibilité de l’association. Nous souhaitons renforcer notre présence, aussi bien auprès de nos adhérents que des acteurs extérieurs. Cela passe notamment par la refonte complète de notre site internet, qui sera dévoilé lors des prochaines Journées d’études. L’objectif est de disposer d’un outil plus moderne, plus accessible et davantage en phase avec les usages actuels.
Plus largement, quelles sont aujourd’hui les grandes problématiques de la sécurité hospitalière ?
Mickaël Bourdais : Les enjeux actuels concernent principalement la sûreté. Les établissements de santé disposent déjà d’un cadre très structuré en matière de sécurité incendie, même si ce travail doit évidemment se poursuivre. En revanche, les problématiques de sûreté évoluent rapidement et doivent désormais devenir une culture partagée par l’ensemble des professionnels. Cela nécessite davantage de sensibilisation, d’information et de formation.
Patrice Knuchel : Les établissements disposent aujourd’hui de nombreux outils techniques pour renforcer la sûreté, comme le contrôle d’accès ou la vidéoprotection. Mais ces dispositifs atteignent rapidement leurs limites s’ils ne s’accompagnent pas d’une véritable culture de sécurité. L’hôpital reste encore perçu comme un lieu totalement ouvert, ce qui peut entraîner certains comportements inadaptés. Il existe donc un important travail de sensibilisation et d’acculturation à mener afin d’intégrer pleinement ces enjeux dans le quotidien des équipes.
Faut-il, selon vous, généraliser la formation à la sûreté pour l’ensemble des professionnels hospitaliers ?
Patrice Knuchel : La sensibilisation à la sûreté doit concerner l’ensemble des professionnels, sans exception. Tous les personnels ont un rôle à jouer dans la sécurité des établissements. Cette montée en compétences doit toutefois se faire par étapes, en ciblant d’abord les secteurs les plus exposés, comme les services d’urgences, particulièrement confrontés aux agressions et aux incivilités. L’objectif est ensuite d’élargir progressivement cette démarche à l’ensemble des équipes.
Mickaël Bourdais : La formation doit se faire à tous les niveaux. Elle concerne bien sûr l’ensemble des professionnels hospitaliers, mais aussi les agents et responsables sécurité. Au-delà de la formation, la qualité des relations avec les partenaires extérieurs est essentielle. Renforcer les liens avec les forces de sécurité intérieures, les services de secours, l’administration pénitentiaire ou encore l’armée facilite la coordination et les interventions lorsqu’un incident survient. Ces coopérations existent déjà à travers différents protocoles, mais elles doivent continuer à se consolider sur le terrain.
Les exercices de crise liés aux actes malveillants devraient-ils être davantage généralisés dans les établissements de santé ?
Mickaël Bourdais : Oui, car c’est précisément lors des exercices que l’on identifie les failles et les axes d’amélioration. Ces mises en situation permettent de tester les organisations, les procédures et la coordination entre les différents acteurs.Cela suppose également que les établissements dégagent du temps pour la formation, la sensibilisation et les exercices. Ces entraînements doivent associer les professionnels hospitaliers mais aussi les forces de sécurité intérieures. Leur organisation reste complexe dans des structures qui fonctionnent 24 heures sur 24, mais ils sont indispensables pour préparer efficacement les équipes à la gestion de situations critiques.
Les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle ou les enjeux de cybersécurité, influencent-elles aussi vos réflexions en matière de sécurité hospitalière ?
Mickaël Bourdais : Oui, ces enjeux prennent une place croissante dans notre quotidien. Les dispositifs de sécurité reposent aujourd’hui sur de nombreux outils connectés : contrôle d’accès, vidéoprotection, anti-intrusion ou encore logiciels de supervision. Cela implique une vigilance renforcée en matière de cybersécurité afin de protéger ces équipements et les données associées. Les services sécurité travaillent donc de plus en plus étroitement avec les directions des systèmes d’information. Cette collaboration est essentielle, notamment pour sécuriser les locaux techniques et les équipements informatiques sensibles, comme les serveurs ou les infrastructures réseau. Les problématiques physiques et numériques sont désormais étroitement liées dans les établissements de santé.
Quels seront les principaux temps forts lors de ces Journées d’études à Besançon ?
Mickaël Bourdais : Les Journées d’études aborderont plusieurs thématiques majeures autour de la sécurité hospitalière. En matière de sécurité incendie, les échanges porteront notamment sur le désenfumage, le contrôle et la réception des installations, ainsi que sur les systèmes d’extinction par brouillard d’eau, une solution de plus en plus utilisée dans les projets de réhabilitation afin de répondre à des contraintes techniques et économiques. Les participants évoqueront également des sujets plus récents, comme les extincteurs au fluor et les panneaux photovoltaïques, en lien avec les évolutions réglementaires et technologiques. Sur le volet sûreté, seront aussi abordés l’organigramme des clés ou encore les interactions entre drones et établissements de santé. L’objectif est de traiter à la fois les enjeux émergents et les problématiques très opérationnelles rencontrées sur le terrain.
Vous évoquerez notamment les panneaux photovoltaïques. Pourquoi ce sujet ?
Patrice Knuchel : Nous sommes ici au croisement des enjeux de sécurité incendie, des nouvelles technologies et des nouveaux risques. C’est le cas, par exemple, des batteries au lithium, qui font l’objet d’une attention particulière depuis plusieurs années à la suite d’incidents survenus en milieu hospitalier. Les panneaux photovoltaïques constituent, quant à eux, une avancée intéressante en matière de production d’énergie, mais ils génèrent également de nouveaux enjeux de sécurité incendie. Leur fonctionnement implique une production continue d’électricité tant qu’ils sont exposés à la lumière, ce qui rend impossible toute coupure totale en cas d’incident. Lorsqu’un départ de feu survient à proximité, l’intervention des secours devient particulièrement complexe, avec des procédures spécifiques et des contraintes importantes sur les moyens d’extinction.
Mickaël Bourdais : Ces installations se développent de plus en plus dans les établissements de santé et doivent donc être pleinement intégrées dans nos réflexions et nos pratiques de sécurité incendie. La difficulté réside souvent dans la combinaison de plusieurs technologies. Sur les parkings, des ombrières photovoltaïques sont par exemple installées pour alimenter des bornes de recharge de véhicules électriques. Or, en cas d’incendie, ces équipements soulèvent des enjeux spécifiques. Une voiture électrique en feu est déjà très complexe à éteindre, et les panneaux photovoltaïques continuent, eux, à produire de l’énergie tant qu’ils sont exposés à la lumière, sans possibilité d’arrêt immédiat. Sans remettre en cause ces technologies, il faut intégrer le fait qu’en cas de départ de feu sur ce type d’installation, les conditions d’intervention deviennent particulièrement complexes dans un environnement hospitalier, où la gestion des patients et l’évacuation ajoutent une difficulté supplémentaire.
Le mot de la fin ?
Patrice Knuchel : L’ACSES s’appuie avant tout sur la force de son réseau et le partage d’expérience entre ses membres pour faire évoluer les pratiques et apporter des réponses concrètes aux problématiques de terrain. Notre rôle consiste aussi à faire remonter cette expertise auprès des instances de tutelle afin de contribuer, lorsque cela est possible, à l’évolution de la réglementation en tenant compte des réalités du terrain. À ceux qui ne nous ont pas encore rejoints, je dirais simplement que l’association constitue une véritable force de proposition et d’évolution pour nos métiers, et qu’elle gagne à être renforcée chaque année.
Mickaël Bourdais : Nous invitons largement tous les professionnels concernés par la sécurité des établissements de soins, quelle que soit leur taille, à nous rejoindre, y compris ceux issus des collectivités territoriales qui gèrent des EHPAD, des établissements médico-sociaux ou des hôpitaux locaux. L’association est ouverte à tous les acteurs investis dans ces missions, qu’ils soient publics ou privés. L’ACSES est avant tout un espace d’échanges d’expériences et de pratiques, destiné à faire évoluer collectivement nos métiers.
> Article paru dans le Hors-Série #9, édition de mai 2026, à lire ici
Patrice Knuchel : Cette année a été particulièrement positive pour l’association. Nous avions pour priorité de renforcer notre gouvernance, avec l’arrivée d’un nouveau président et une nouvelle dynamique collective. Cette évolution s’est concrétisée par le lancement de plusieurs projets structurants, notamment autour du développement de la formation afin de proposer une offre plus adaptée aux enjeux du secteur.
Mickaël Bourdais : L’ACSES développe aujourd’hui plusieurs partenariats avec des acteurs comme l’EHESP (École des Hautes Études en Santé Publique) ou les Greta, afin de proposer des formations adaptées aux différents niveaux de responsabilité. Nous travaillons également à de nouvelles collaborations, notamment avec les référents sûreté de la police et de la gendarmerie, que nous allons former au niveau national pour leur apporter notre expertise des établissements de santé. Par ailleurs, l’un de nos grands axes de travail concerne la communication et la visibilité de l’association. Nous souhaitons renforcer notre présence, aussi bien auprès de nos adhérents que des acteurs extérieurs. Cela passe notamment par la refonte complète de notre site internet, qui sera dévoilé lors des prochaines Journées d’études. L’objectif est de disposer d’un outil plus moderne, plus accessible et davantage en phase avec les usages actuels.
Plus largement, quelles sont aujourd’hui les grandes problématiques de la sécurité hospitalière ?
Mickaël Bourdais : Les enjeux actuels concernent principalement la sûreté. Les établissements de santé disposent déjà d’un cadre très structuré en matière de sécurité incendie, même si ce travail doit évidemment se poursuivre. En revanche, les problématiques de sûreté évoluent rapidement et doivent désormais devenir une culture partagée par l’ensemble des professionnels. Cela nécessite davantage de sensibilisation, d’information et de formation.
Patrice Knuchel : Les établissements disposent aujourd’hui de nombreux outils techniques pour renforcer la sûreté, comme le contrôle d’accès ou la vidéoprotection. Mais ces dispositifs atteignent rapidement leurs limites s’ils ne s’accompagnent pas d’une véritable culture de sécurité. L’hôpital reste encore perçu comme un lieu totalement ouvert, ce qui peut entraîner certains comportements inadaptés. Il existe donc un important travail de sensibilisation et d’acculturation à mener afin d’intégrer pleinement ces enjeux dans le quotidien des équipes.
Faut-il, selon vous, généraliser la formation à la sûreté pour l’ensemble des professionnels hospitaliers ?
Patrice Knuchel : La sensibilisation à la sûreté doit concerner l’ensemble des professionnels, sans exception. Tous les personnels ont un rôle à jouer dans la sécurité des établissements. Cette montée en compétences doit toutefois se faire par étapes, en ciblant d’abord les secteurs les plus exposés, comme les services d’urgences, particulièrement confrontés aux agressions et aux incivilités. L’objectif est ensuite d’élargir progressivement cette démarche à l’ensemble des équipes.
Mickaël Bourdais : La formation doit se faire à tous les niveaux. Elle concerne bien sûr l’ensemble des professionnels hospitaliers, mais aussi les agents et responsables sécurité. Au-delà de la formation, la qualité des relations avec les partenaires extérieurs est essentielle. Renforcer les liens avec les forces de sécurité intérieures, les services de secours, l’administration pénitentiaire ou encore l’armée facilite la coordination et les interventions lorsqu’un incident survient. Ces coopérations existent déjà à travers différents protocoles, mais elles doivent continuer à se consolider sur le terrain.
Les exercices de crise liés aux actes malveillants devraient-ils être davantage généralisés dans les établissements de santé ?
Mickaël Bourdais : Oui, car c’est précisément lors des exercices que l’on identifie les failles et les axes d’amélioration. Ces mises en situation permettent de tester les organisations, les procédures et la coordination entre les différents acteurs.Cela suppose également que les établissements dégagent du temps pour la formation, la sensibilisation et les exercices. Ces entraînements doivent associer les professionnels hospitaliers mais aussi les forces de sécurité intérieures. Leur organisation reste complexe dans des structures qui fonctionnent 24 heures sur 24, mais ils sont indispensables pour préparer efficacement les équipes à la gestion de situations critiques.
Les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle ou les enjeux de cybersécurité, influencent-elles aussi vos réflexions en matière de sécurité hospitalière ?
Mickaël Bourdais : Oui, ces enjeux prennent une place croissante dans notre quotidien. Les dispositifs de sécurité reposent aujourd’hui sur de nombreux outils connectés : contrôle d’accès, vidéoprotection, anti-intrusion ou encore logiciels de supervision. Cela implique une vigilance renforcée en matière de cybersécurité afin de protéger ces équipements et les données associées. Les services sécurité travaillent donc de plus en plus étroitement avec les directions des systèmes d’information. Cette collaboration est essentielle, notamment pour sécuriser les locaux techniques et les équipements informatiques sensibles, comme les serveurs ou les infrastructures réseau. Les problématiques physiques et numériques sont désormais étroitement liées dans les établissements de santé.
Quels seront les principaux temps forts lors de ces Journées d’études à Besançon ?
Mickaël Bourdais : Les Journées d’études aborderont plusieurs thématiques majeures autour de la sécurité hospitalière. En matière de sécurité incendie, les échanges porteront notamment sur le désenfumage, le contrôle et la réception des installations, ainsi que sur les systèmes d’extinction par brouillard d’eau, une solution de plus en plus utilisée dans les projets de réhabilitation afin de répondre à des contraintes techniques et économiques. Les participants évoqueront également des sujets plus récents, comme les extincteurs au fluor et les panneaux photovoltaïques, en lien avec les évolutions réglementaires et technologiques. Sur le volet sûreté, seront aussi abordés l’organigramme des clés ou encore les interactions entre drones et établissements de santé. L’objectif est de traiter à la fois les enjeux émergents et les problématiques très opérationnelles rencontrées sur le terrain.
Vous évoquerez notamment les panneaux photovoltaïques. Pourquoi ce sujet ?
Patrice Knuchel : Nous sommes ici au croisement des enjeux de sécurité incendie, des nouvelles technologies et des nouveaux risques. C’est le cas, par exemple, des batteries au lithium, qui font l’objet d’une attention particulière depuis plusieurs années à la suite d’incidents survenus en milieu hospitalier. Les panneaux photovoltaïques constituent, quant à eux, une avancée intéressante en matière de production d’énergie, mais ils génèrent également de nouveaux enjeux de sécurité incendie. Leur fonctionnement implique une production continue d’électricité tant qu’ils sont exposés à la lumière, ce qui rend impossible toute coupure totale en cas d’incident. Lorsqu’un départ de feu survient à proximité, l’intervention des secours devient particulièrement complexe, avec des procédures spécifiques et des contraintes importantes sur les moyens d’extinction.
Mickaël Bourdais : Ces installations se développent de plus en plus dans les établissements de santé et doivent donc être pleinement intégrées dans nos réflexions et nos pratiques de sécurité incendie. La difficulté réside souvent dans la combinaison de plusieurs technologies. Sur les parkings, des ombrières photovoltaïques sont par exemple installées pour alimenter des bornes de recharge de véhicules électriques. Or, en cas d’incendie, ces équipements soulèvent des enjeux spécifiques. Une voiture électrique en feu est déjà très complexe à éteindre, et les panneaux photovoltaïques continuent, eux, à produire de l’énergie tant qu’ils sont exposés à la lumière, sans possibilité d’arrêt immédiat. Sans remettre en cause ces technologies, il faut intégrer le fait qu’en cas de départ de feu sur ce type d’installation, les conditions d’intervention deviennent particulièrement complexes dans un environnement hospitalier, où la gestion des patients et l’évacuation ajoutent une difficulté supplémentaire.
Le mot de la fin ?
Patrice Knuchel : L’ACSES s’appuie avant tout sur la force de son réseau et le partage d’expérience entre ses membres pour faire évoluer les pratiques et apporter des réponses concrètes aux problématiques de terrain. Notre rôle consiste aussi à faire remonter cette expertise auprès des instances de tutelle afin de contribuer, lorsque cela est possible, à l’évolution de la réglementation en tenant compte des réalités du terrain. À ceux qui ne nous ont pas encore rejoints, je dirais simplement que l’association constitue une véritable force de proposition et d’évolution pour nos métiers, et qu’elle gagne à être renforcée chaque année.
Mickaël Bourdais : Nous invitons largement tous les professionnels concernés par la sécurité des établissements de soins, quelle que soit leur taille, à nous rejoindre, y compris ceux issus des collectivités territoriales qui gèrent des EHPAD, des établissements médico-sociaux ou des hôpitaux locaux. L’association est ouverte à tous les acteurs investis dans ces missions, qu’ils soient publics ou privés. L’ACSES est avant tout un espace d’échanges d’expériences et de pratiques, destiné à faire évoluer collectivement nos métiers.
> Article paru dans le Hors-Série #9, édition de mai 2026, à lire ici