© Vivalto Santé
Comment se définit la stratégie numérique de Vivalto Santé ?
Nicolas Carrié : Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie globale du groupe, première entreprise à mission de l’hospitalisation privée en France. Notre raison d’être – « au service de tous et de façon durable, soigner et accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins et de leur vie, dans le cadre d’un partenariat innovant avec les médecins et grâce à l’engagement des femmes et des hommes du Groupe » – irrigue notre stratégie numérique, qui vise à suivre le patient pendant son hospitalisation, mais aussi au-delà des murs de l’hôpital. Plus concrètement, cette stratégie numérique s’articule autour des quatre axes de notre stratégie Innovation, avec deux priorités transversales : l’interopérabilité des systèmes, pour assurer une circulation fluide des données, et la cybersécurité, indispensable pour protéger les informations des patients.
Pourriez-vous détailler ces axes prioritaires ?
Nicolas Carrié : Le premier axe consiste à soutenir les professionnels médicaux dans leur pratique quotidienne, par exemple via des outils comme l’IA ambiante en consultation, qui automatise la rédaction des comptes-rendus et libère du temps médical. Le deuxième axe vise à améliorer l’expérience des patients, avec l’Espace patient comme projet structurant, pour offrir une interface digitale unifiée avec nos établissements. Le troisième axe porte sur l’amélioration de la qualité de vie au travail de nos collaborateurs, notamment à travers le programme Viv’Agile qui déploie des outils numériques réduisant les tâches répétitives et facilitant la coordination des équipes. Enfin, le quatrième axe concerne la simplification des processus, en priorité au bloc opératoire, pour gagner en fluidité et en efficacité.
Nicolas Bioulou : Sur ce dernier point, nous travaillons avec une start-up pour optimiser la gestion des plannings au bloc. La solution, basée sur l’IA, met en adéquation les compétences, le planning des équipes et le planning opératoire, ce qui améliore la visibilité des soignants sur leurs plannings et contribue à suivre la validation des acquis professionnels. Elle aide aussi les encadrants et les praticiens à mieux anticiper les besoins pour ajuster la planification des programmes opératoires. Déjà déployée dans plusieurs blocs, cette solution doit équiper les dix plus grands établissements du groupe d’ici la fin de l’année, et commence à être étendue aux salles de réveil.
Auriez-vous d’autres exemples sur ce volet de simplification des processus ?
Nicolas Bioulou : Oui, nous travaillons également sur la préparation des interventions et la gestion des dispositifs médicaux. Grâce à des outils de scan et de check-lists, les équipes savent précisément quel matériel préparer pour chaque intervention. Cela sécurise la préparation des interventions, facilite l’intégration des nouveaux professionnels et améliore la traçabilité des consommations ainsi que la gestion des stocks. Nous testons plusieurs solutions, à Saint-Malo, à Nantes et à Bordeaux, en partenariat avec des start-ups locales.
Nicolas Carrié : Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie globale du groupe, première entreprise à mission de l’hospitalisation privée en France. Notre raison d’être – « au service de tous et de façon durable, soigner et accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins et de leur vie, dans le cadre d’un partenariat innovant avec les médecins et grâce à l’engagement des femmes et des hommes du Groupe » – irrigue notre stratégie numérique, qui vise à suivre le patient pendant son hospitalisation, mais aussi au-delà des murs de l’hôpital. Plus concrètement, cette stratégie numérique s’articule autour des quatre axes de notre stratégie Innovation, avec deux priorités transversales : l’interopérabilité des systèmes, pour assurer une circulation fluide des données, et la cybersécurité, indispensable pour protéger les informations des patients.
Pourriez-vous détailler ces axes prioritaires ?
Nicolas Carrié : Le premier axe consiste à soutenir les professionnels médicaux dans leur pratique quotidienne, par exemple via des outils comme l’IA ambiante en consultation, qui automatise la rédaction des comptes-rendus et libère du temps médical. Le deuxième axe vise à améliorer l’expérience des patients, avec l’Espace patient comme projet structurant, pour offrir une interface digitale unifiée avec nos établissements. Le troisième axe porte sur l’amélioration de la qualité de vie au travail de nos collaborateurs, notamment à travers le programme Viv’Agile qui déploie des outils numériques réduisant les tâches répétitives et facilitant la coordination des équipes. Enfin, le quatrième axe concerne la simplification des processus, en priorité au bloc opératoire, pour gagner en fluidité et en efficacité.
Nicolas Bioulou : Sur ce dernier point, nous travaillons avec une start-up pour optimiser la gestion des plannings au bloc. La solution, basée sur l’IA, met en adéquation les compétences, le planning des équipes et le planning opératoire, ce qui améliore la visibilité des soignants sur leurs plannings et contribue à suivre la validation des acquis professionnels. Elle aide aussi les encadrants et les praticiens à mieux anticiper les besoins pour ajuster la planification des programmes opératoires. Déjà déployée dans plusieurs blocs, cette solution doit équiper les dix plus grands établissements du groupe d’ici la fin de l’année, et commence à être étendue aux salles de réveil.
Auriez-vous d’autres exemples sur ce volet de simplification des processus ?
Nicolas Bioulou : Oui, nous travaillons également sur la préparation des interventions et la gestion des dispositifs médicaux. Grâce à des outils de scan et de check-lists, les équipes savent précisément quel matériel préparer pour chaque intervention. Cela sécurise la préparation des interventions, facilite l’intégration des nouveaux professionnels et améliore la traçabilité des consommations ainsi que la gestion des stocks. Nous testons plusieurs solutions, à Saint-Malo, à Nantes et à Bordeaux, en partenariat avec des start-ups locales.
© Vivalto Santé
Concernant l’Espace patient évoqué plus haut : pourriez-vous détailler le projet ?
Nicolas Bioulou : Il existe depuis plusieurs années, mais une nouvelle impulsion a été donnée en 2023 avec une refonte complète de l’application et du back-office, car l’outil sert autant aux patients qu’aux professionnels. Le déploiement se fait en trois phases. La première étape, en cours de finalisation, a porté sur la dématérialisation des démarches administratives (préadmission, livret d’accueil, facturation), pour fluidifier les parcours et limiter les déplacements. La deuxième phase, désormais bien avancée, concerne le suivi médical et paramédical du parcours de soins – questionnaires préopératoires, préparation du séjour, suivi postopératoire, notamment de la douleur – avec une remontée directe des données dans le dossier patient. La troisième étape, qui sera mise en œuvre à partir de 2027, élargira ce suivi au parcours de santé, avec l’intégration d’éléments personnalisés de prévention et d’accompagnement au long cours.
Quels retours observez-vous ?
Nicolas Bioulou : L’accueil est très positif. Plus de 60 % des démarches administratives sont aujourd’hui digitalisées, et ce taux atteint 70 % dans certains sites. Nous avons bien entendu maintenu des accueils physiques sur rendez-vous pour ceux qui le souhaitent. Pour les soignants, l’intérêt majeur réside dans l’intégration directe et structurée des données patients dans le dossier informatisé, ce qui évite la ressaisie et permet des alertes pertinentes. Cela favorise un suivi plus ciblé et personnalisé, en recentrant le travail des soignants sur les patients qui en ont le plus besoin. À ce jour, 22 établissements sont équipés. Nous déployons la solution dans un nouvel établissement toutes les trois semaines, avec un objectif de 33 sites d’ici la fin de l’année et 100 % des établissements éligibles en 2027.
Quels sont vos prochains chantiers numériques ?
Nicolas Carrié : Notre priorité est de finaliser le déploiement d’un core model digital cohérent, sécurisé et interconnecté pour l’ensemble du groupe, afin de faciliter le travail des équipes locales et l’intégration progressive de nouvelles briques numériques. Ce socle est déjà en place dans 84 % des établissements, avec une cible de 100 % en 2027. Nous structurons également une stratégie IA avec une gouvernance dédiée et une réflexion à l’échelle européenne, pour identifier les projets les plus prometteurs. Cela dit, au-delà de l’IA ambiante, nous utilisons déjà l’IA pour analyser les verbatims des patients dans les enquêtes de satisfaction et piloter des plans d’action. Cette démarche a d’ailleurs démarré en France, et est en cours d’extension en Europe.
Qu’en est-il de vos projets autour de la data ?
Nicolas Carrié : En 2026, nous créerons un entrepôt de données de santé pour structurer et valoriser nos données, notamment pour la recherche clinique – un domaine dans lequel Vivalto Santé est déjà très bien positionné. Avec l’arrivée prochaine de l’Espace européen des données de santé, cela renforcera notre participation à des projets de recherche à grande échelle. La mise en place d’un système d’information très structuré représente ici un prérequis majeur, c’est pourquoi nous y avons travaillé en amont. Mais l’enjeu clé reste cependant l’accompagnement au changement : pour acculturer les équipes aux nouveaux usages IA et data, nous avons récemment lancé un « permis IA » et désigné des « Ambassadeurs IA » dans les établissements.
Nicolas Bioulou : Il existe depuis plusieurs années, mais une nouvelle impulsion a été donnée en 2023 avec une refonte complète de l’application et du back-office, car l’outil sert autant aux patients qu’aux professionnels. Le déploiement se fait en trois phases. La première étape, en cours de finalisation, a porté sur la dématérialisation des démarches administratives (préadmission, livret d’accueil, facturation), pour fluidifier les parcours et limiter les déplacements. La deuxième phase, désormais bien avancée, concerne le suivi médical et paramédical du parcours de soins – questionnaires préopératoires, préparation du séjour, suivi postopératoire, notamment de la douleur – avec une remontée directe des données dans le dossier patient. La troisième étape, qui sera mise en œuvre à partir de 2027, élargira ce suivi au parcours de santé, avec l’intégration d’éléments personnalisés de prévention et d’accompagnement au long cours.
Quels retours observez-vous ?
Nicolas Bioulou : L’accueil est très positif. Plus de 60 % des démarches administratives sont aujourd’hui digitalisées, et ce taux atteint 70 % dans certains sites. Nous avons bien entendu maintenu des accueils physiques sur rendez-vous pour ceux qui le souhaitent. Pour les soignants, l’intérêt majeur réside dans l’intégration directe et structurée des données patients dans le dossier informatisé, ce qui évite la ressaisie et permet des alertes pertinentes. Cela favorise un suivi plus ciblé et personnalisé, en recentrant le travail des soignants sur les patients qui en ont le plus besoin. À ce jour, 22 établissements sont équipés. Nous déployons la solution dans un nouvel établissement toutes les trois semaines, avec un objectif de 33 sites d’ici la fin de l’année et 100 % des établissements éligibles en 2027.
Quels sont vos prochains chantiers numériques ?
Nicolas Carrié : Notre priorité est de finaliser le déploiement d’un core model digital cohérent, sécurisé et interconnecté pour l’ensemble du groupe, afin de faciliter le travail des équipes locales et l’intégration progressive de nouvelles briques numériques. Ce socle est déjà en place dans 84 % des établissements, avec une cible de 100 % en 2027. Nous structurons également une stratégie IA avec une gouvernance dédiée et une réflexion à l’échelle européenne, pour identifier les projets les plus prometteurs. Cela dit, au-delà de l’IA ambiante, nous utilisons déjà l’IA pour analyser les verbatims des patients dans les enquêtes de satisfaction et piloter des plans d’action. Cette démarche a d’ailleurs démarré en France, et est en cours d’extension en Europe.
Qu’en est-il de vos projets autour de la data ?
Nicolas Carrié : En 2026, nous créerons un entrepôt de données de santé pour structurer et valoriser nos données, notamment pour la recherche clinique – un domaine dans lequel Vivalto Santé est déjà très bien positionné. Avec l’arrivée prochaine de l’Espace européen des données de santé, cela renforcera notre participation à des projets de recherche à grande échelle. La mise en place d’un système d’information très structuré représente ici un prérequis majeur, c’est pourquoi nous y avons travaillé en amont. Mais l’enjeu clé reste cependant l’accompagnement au changement : pour acculturer les équipes aux nouveaux usages IA et data, nous avons récemment lancé un « permis IA » et désigné des « Ambassadeurs IA » dans les établissements.
Quels sont, selon vous, les principaux défis du numérique en santé ?
Nicolas Carrié : J’en vois trois. D’abord, l’interopérabilité, en interne et avec les outils nationaux et européens. Ensuite, la cybersécurité, car les risques augmentent mécaniquement avec la multiplication des outils numériques. Nous investissons fortement sur ce champ, auditons régulièrement notre maturité, et continuons à former et à sensibiliser nos équipes, car elles sont un maillon essentiel de la sécurité. Enfin, le troisième et dernier défi concerne la mise du numérique au service de la prévention. Vivalto Santé est d’ailleurs précurseur sur ce sujet : nous avons été le premier parrain du Fonds Patient Autonome de Bpifrance et soutenons plusieurs start-ups innovantes dans ce domaine.
Quels leviers mobiliser pour que le numérique améliore réellement la qualité des soins ?
Nicolas Bioulou : Un outil n’a d’impact que s’il est approprié par ses utilisateurs. L’accompagnement du changement est donc véritablement déterminant, en partant du terrain. À cet égard, la gouvernance de Vivalto Santé, qui associe fortement les médecins et les représentants des usagers à tous les niveaux, est un atout majeur. Nous n’innovons pas pour innover, mais pour répondre à des besoins réels, en co-construction avec les professionnels, les usagers et l’écosystème.
Comment voyez-vous l’évolution du numérique dans la santé dans les 5 à 10 prochaines années ?
Nicolas Carrié : Le numérique prendra une place encore plus centrale dans nos vies, et la santé n’y échappera pas. Mais deux conditions seront clés : la souveraineté et la sécurité, dans une approche éthique et responsable, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle. Nous y sommes particulièrement vigilants chez Vivalto Santé et, dans le cadre de notre stratégie RSE, évaluons aussi systématiquement l’impact carbone des outils numériques. Il s’agit toujours d’arbitrer en conscience la balance bénéfice-risque avant de déployer une technologie.
Nicolas Bioulou : Vivalto Santé repose sur une « troisième voie » forte, avec des praticiens engagés au sein d’un comité médical stratégique qui porte une vision de long terme. Car, au-delà de l’organisation des parcours, les technologies numériques transformeront en profondeur la pratique médicale elle-même. Nous utilisons déjà la robotique en chirurgie urologique et digestive, et ces systèmes s’étendent désormais à d’autres spécialités pour améliorer la précision des gestes et la qualité des soins. La télésurveillance, déjà déployée en oncologie, s’élargira également à d’autres pathologies chroniques, permettant de passer d’une médecine réactive à une médecine plus proactive et anticipatrice. C’est l’un des grands défis des prochaines années : dépasser une approche centrée sur des épisodes de soins pour construire une prise en charge continue, inscrite dans le temps long et adaptée aux besoins de chacun. Nous ne sommes qu’au début de cette révolution technologique, mais les perspectives ouvertes sont déjà majeures.
> Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026, à lire ici
Nicolas Carrié : J’en vois trois. D’abord, l’interopérabilité, en interne et avec les outils nationaux et européens. Ensuite, la cybersécurité, car les risques augmentent mécaniquement avec la multiplication des outils numériques. Nous investissons fortement sur ce champ, auditons régulièrement notre maturité, et continuons à former et à sensibiliser nos équipes, car elles sont un maillon essentiel de la sécurité. Enfin, le troisième et dernier défi concerne la mise du numérique au service de la prévention. Vivalto Santé est d’ailleurs précurseur sur ce sujet : nous avons été le premier parrain du Fonds Patient Autonome de Bpifrance et soutenons plusieurs start-ups innovantes dans ce domaine.
Quels leviers mobiliser pour que le numérique améliore réellement la qualité des soins ?
Nicolas Bioulou : Un outil n’a d’impact que s’il est approprié par ses utilisateurs. L’accompagnement du changement est donc véritablement déterminant, en partant du terrain. À cet égard, la gouvernance de Vivalto Santé, qui associe fortement les médecins et les représentants des usagers à tous les niveaux, est un atout majeur. Nous n’innovons pas pour innover, mais pour répondre à des besoins réels, en co-construction avec les professionnels, les usagers et l’écosystème.
Comment voyez-vous l’évolution du numérique dans la santé dans les 5 à 10 prochaines années ?
Nicolas Carrié : Le numérique prendra une place encore plus centrale dans nos vies, et la santé n’y échappera pas. Mais deux conditions seront clés : la souveraineté et la sécurité, dans une approche éthique et responsable, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle. Nous y sommes particulièrement vigilants chez Vivalto Santé et, dans le cadre de notre stratégie RSE, évaluons aussi systématiquement l’impact carbone des outils numériques. Il s’agit toujours d’arbitrer en conscience la balance bénéfice-risque avant de déployer une technologie.
Nicolas Bioulou : Vivalto Santé repose sur une « troisième voie » forte, avec des praticiens engagés au sein d’un comité médical stratégique qui porte une vision de long terme. Car, au-delà de l’organisation des parcours, les technologies numériques transformeront en profondeur la pratique médicale elle-même. Nous utilisons déjà la robotique en chirurgie urologique et digestive, et ces systèmes s’étendent désormais à d’autres spécialités pour améliorer la précision des gestes et la qualité des soins. La télésurveillance, déjà déployée en oncologie, s’élargira également à d’autres pathologies chroniques, permettant de passer d’une médecine réactive à une médecine plus proactive et anticipatrice. C’est l’un des grands défis des prochaines années : dépasser une approche centrée sur des épisodes de soins pour construire une prise en charge continue, inscrite dans le temps long et adaptée aux besoins de chacun. Nous ne sommes qu’au début de cette révolution technologique, mais les perspectives ouvertes sont déjà majeures.
> Article paru dans Hospitalia #72, édition de février 2026, à lire ici