COUP DE PROJECTEUR : L’InVS
Caroline Gardette
Directrice Générale Adjointe de l’Institut de veille sanitaire (InVS), Caroline Gardette revient sur les missions de cet indispensable établissement public chargé de surveiller l’état de santé de la population en France.
Hospitalia : L’InVS a quatre missions définies par la loi du 1er juillet 1998. Caroline Gardette : En effet, cette loi - relative au renforcement de la veille sanitaire et au contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l’homme - a d’ailleurs également permis la création de l’AFSSAPS, laquelle surveille les produits de santé. L’InVS, pour sa part, est chargé de la surveillance de l’état de santé de la population en croisant régulièrement différents types d’informations ; de la veille sanitaire, puisque ce croisement permet de déceler les anomalies et par conséquent les menaces potentielles ; de la genèse d’alertes le cas échéant ; et enfin de la contribution, aux côtés du Ministère de la Santé, à la gestion des situations d’urgence sanitaire. Quels sont vos principaux champs d’action ? Ils sont très nombreux, puisque l’InVS s’intéresse à tout ce qui peut menacer la santé humaine ! Cela va des maladies infectieuses (VIH, hépatites B et C, …) aux maladies chroniques et traumatismes (cancer, diabète, …), en passant par la surveillance des risques internationaux et tropicaux (Ébola, dengue, pollution par les pesticides ou le mercure, …), des risques d’origine professionnelle (effets de l’amiante, troubles musculo-squelettiques, …) ou encore des effets de l’environnement sur la santé (pollution de l’air, rayonnements ionisants, …). Pour assurer un suivi efficace de ces différents risques, l’InVS dispose de 17 cellules régionales intégrées aux Agences Régionales de Santé, et travaille avec de nombreux partenaires. Vous avez d’ailleurs déployé, avec la participation de ces derniers, un nouveau système de surveillance en temps réel. Nous avons développé un système de Surveillance Sanitaire des Urgences et des Décès (« SurSaud® »), fondé sur 250 services d’urgence en France, 55 associations du réseau SOS Médecins et 3000 communes dont les états-civils sont informatisés, et qui couvre environ 80% des décès nationaux quotidiens. Ce système est complété par la certification électronique de décès destinée aux médecins hospitaliers, qui a été mise en place en 2008 par l’INSERM. Grâce à cette procédure informatisée, les informations concernant les causes de décès arrivent en temps réel à l’InVS, ce qui nous permet de mieux comprendre les phénomènes de mortalité - sous réserve que ce système soit largement utilisé dans les hôpitaux – et donc de fournir des éléments essentiels aux décideurs pour, par exemple, une gestion de crise. Nous allons également mettre en place, avec les CCLIN et différents établissements, un système de déclaration informatique des Infections Liées aux Soins, pour permettre un partage et une analyse plus rapides de ces informations. Mais il existe beaucoup d’autres systèmes de surveillance, dont certains sont anciens comme celui des 30 maladies à déclaration obligatoire.
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